RD Congo. Félix Tshisekedi n’a pas insulté Moïse Katumbi
PARLONS-EN. Nous savons tous que l’interview de Félix Tshisekedi sur Top Congo est sans contredit la sortie médiatique la plus problématique de l’homme depuis le début de son second mandat. Les propos tenus continuent de faire couler beaucoup d’encre et de salive.
Les partisans de Moïse Katumbi ainsi que plusieurs journalistes et commentateurs reprochent à Félix Tshisekedi d’avoir insulté l’ancien gouverneur du Katanga en le qualifiant de « borderline ». Autrement dit, une personne présentant un trouble de la personnalité limite. Tout en comprenant la colère et l’indignation que de tels propos ont provoquées dans une partie de l’opinion congolaise, je me sens obligé ici de faire l’avocat du diable.
Personnellement, je ne crois pas que Félix Tshisekedi a insulté Moïse Katumbi en utilisant le mot « borderline ». Il faut replacer l’utilisation du mot dans son contexte. Dans l’interview, Félix parle de la posture des leaders de l’opposition et de l’ancien président Joseph Kabila vis-à-vis de son régime depuis les élections chaotiques de décembre 2023. Laissant entendre que les opposants ne sont pas intéressés à accepter sa main tendue, il déclare que Moïse Katumbi « était prêt à faire la même chose (ou il a même fait la même chose) » que Martin Fayulu, mais «grâce évidemment à la pression des siens, il a accepté que son parti rentre dans les institutions, mais lui reste borderline ».
Le contexte dans lequel le mot « bordeline » est utilisé permet d’affirmer que Félix Tshisekedi n’a pas insulté Moïse Katumbi. Selon toute vraisemblance, il n’avait pas non plus l’intention de le faire. «Borderline» ici n’est pas utilisé dans le sens psychiatrique du terme. D’ailleurs, il suffit d’analyser les gestes et l’expression faciale de Félix pour s’en apercevoir. La parole peut être trompeuse mais le langage corporel, qui est en grande partie inconscient, ne ment pas. Au moment de dire « borderline », Félix fait un geste de la main qui peut facilement s’interpréter comme suit : « Katumbi aza penza clair te », pour dire les choses à la manière kinoise.
Bref. En déclarant que Moïse Katumbi est « bordeline », Félix Tshisekedi ne fait pas allusion à l’état psychique supposément dérangé de l’ancien gouverneur mais bien à son positionnement politique qui, selon lui, est ambigu, pour ne pas dire indécis. Or le mot « borderline », au sens figuré, peut aussi signifier ambiguë, ambivalent, problématique, inconstant, pas clair, etc.
Il ne sert donc à rien de polémiquer inutilement à ce sujet. L’interview, en elle-même, est un véritable désastre; pas besoin d’exagérer…
Je bois mon lait nsambarisé…
Par Patrick Mbeko

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