Les FARDC et la MONUSCO traquent la milice CRP à Djugu

Les FARDC et la MONUSCO traquent la milice CRP à Djugu

L’armée congolaise (FARDC), appuyée par la MONUSCO, a lancé jeudi 9 avril des opérations contre la milice « Convention pour la révolution populaire » (CRP) dans les zones de Lodha et Fataki, dans le territoire de Djugu (Ituti). Un bilan provisoire fait état d’un militaire FARDC tué, 15 miliciens capturés et 22 armes récupérées.  Les casques bleus se sont également déployés pour sécuriser les sites de déplacés dans la zone.  Les menaces de la milice CRP se sont intensifiées ces derniers jours dans les localités de Lodha, Fataki et Bule, situées à environ 100 kilomètres au nord de Bunia, dans le territoire de Djugu. Pour faire face à cette situation, les FARDC ont lancé une opération contre ce groupe armé de Thomas Lubanga. Selon des sources sécuritaires, des affrontements ont été signalés depuis jeudi matin entre Fataki et Lodha, ainsi que dans les zones de Bule et Kaa. Au cours de ces combats, un soldat des FARDC a été tué. Quinze miliciens ont été capturés et 22 armes récupérées. À ce stade, les éléments de la CRP seraient en débandade et en repli dans la zone. La MONUSCO patrouille De son côté, la MONUSCO a intensifié ses patrouilles robustes, notamment au carrefour Lodha-Djaiba, afin de bloquer les mouvements des combattants. L’objectif est de protéger le site de déplacés de Lodha, régulièrement menacé par cette milice, qui accuse ses occupants de collaborer avec les FARDC. Par ailleurs, une autre unité des casques bleus a été déployée vers Bule pour renforcer la protection des civils. Ces patrouilles ont contribué à dissuader les groupes armés et à renforcer la sécurité des habitants. Radio Okapi

RD Congo/Mort de Willy Ngoma : que comprendre et à quoi s’attendre ?

RD Congo/Mort de Willy Ngoma : que comprendre et à quoi s’attendre ?

PARLONS-EN. La mort de Willy Ngoma, le très bavard porte-parole du M23, tué, dit-on, lors d’une frappe de drone attribuée aux FARDC, suscite des réactions pour le moins contrastées. Entre les soutiens du pouvoir à Kinshasa qui s’en réjouissent ouvertement et les critiques du régime qui adoptent une posture attentiste, l’observateur neutre que je suis s’interroge : que s’est-il réellement passé à Rubaya, et que révèle cet épisode dans la séquence politico-militaire en cours ? Willy Ngoma a-t-il réellement été atteint par une frappe de drone des FARDC ? Si tel est le cas, comment expliquer l’absence d’images alors que ce type d’opération s’accompagne souvent, volontairement ou non, d’enregistrements qui circulent rapidement ? Plus encore, pourquoi le gouvernement congolais demeure-t-il étonnamment silencieux sur une action qui, si elle était confirmée, constituerait un succès militaire et symbolique ? Cet effacement est-il un choix tactique, un signe de prudence diplomatique, ou l’indice que la version la plus répandue n’épuise pas la vérité des faits ? Autre interrogation : pourquoi le Rwanda, principal soutien du M23, adopte-t-il un mutisme aussi calculé ? Faut-il y voir la volonté de ne pas assumer publiquement un revers, de préserver une marge de dénégation, ou de préparer une riposte sans s’exposer sur le terrain diplomatique ? Autant de questions qui, au-delà du sort d’un homme, renvoient à une interrogation plus large : assiste-t-on à un simple épisode de guerre, ou au signal d’un tournant dans la dynamique du conflit et dans la bataille des récits qui l’accompagne ? Deux observations s’imposent. Tout d’abord, Ngoma, comme Corneille Naanga, n’était que le visage congolais d’un dispositif politico-militaire qui n’a de congolais que le nom. Autrement dit, un figurant sur un échiquier dont il ne maîtrisait ni les articulations ni les subtilités. Sa mort, en soi, n’est donc pas un événement majeur. Mais elle pourrait devenir un casus belli pour le Rwanda et le M23, contraints récemment de battre en retraite sous la pression américaine après la prise d’Uvira. De là découlent deux hypothèses. La première : une opération sous faux drapeau Rwanda/M23 (sorte de règlement de compte interne) visant à attribuer à Kinshasa la responsabilité de l’escalade militaire qui suivrait la mort de Ngoma ⸺ ce qui placerait les États-Unis dans une position délicate. Le régime de Paul Kagame a souvent excellé dans l’art d’attribuer à autrui la responsabilité des crimes commis par ses hommes. Pendant la guerre civile au Rwanda, l’ancienne rébellion tutsie du FPR, aujourd’hui au pouvoir à Kigali, n’hésitait pas à assassiner des personnes qu’elle avait en aversion, parfois en se déguisant en forces régulières, uniquement pour multiplier les occasions d’accuser le président Habyarimana, que la presse internationale vouait déjà à la réprobation. Kagame a réédité ce type de procédé au Zaïre, entre juillet et octobre 1996, pour justifier l’invasion des forces de l’AFLD encadrées par l’armée rwandaise. La seconde hypothèse est celle d’une guerre totale assumée par Kinshasa, avec le soutien de ses partenaires. Si tel est le cas, alors la suite des événements ne dépendra pas de la capacité du M23 à maintenir sa cohésion, mais de la manière dont Kigali, son parrain, choisira de réagir. Et quoi qu’il advienne, l’arbitrage final appartiendra à Washington, partenaire des deux capitales dans l’exploitation des minerais critiques de la RDC. Je bois mon lait nsambarisé… Par Patrick Mbeko

RD Congo : Willy Ngoma, porte-parole de l’AFC/M23, tué à Rubaya

RD Congo : Willy Ngoma, porte-parole de l’AFC/M23, tué à Rubaya

Willy Ngoma, le porte-parole militaire de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars, a été tué dans la nuit de lundi à mardi à Rubaya, dans la province du Nord-Kivu. Selon plusieurs sources, le dirigeant militaire du M23 aurait été visé par un drone lors d’une opération aérienne attribuée aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Sa mort intervient treize mois après la prise de Goma par le groupe armé. Comme le souligne Radio Okapi, Willy Ngoma figurait sur la liste des personnes sanctionnées par le Conseil de sécurité des Nations unies pour entrave au processus de paix et violations des droits humains. « Il avait aussi été visé en décembre 2023 par les États-Unis pour violation des droits de l’homme et meurtre entre autres », rappelle Africanews. Adrien Thyg

RD Congo. Après une courte accalmie, de violents affrontements éclatent entre FARDC et CRP à Bule

RD Congo. Après une courte accalmie, de violents affrontements éclatent entre FARDC et CRP à Bule

De violents affrontements ont été signalés ce mercredi 4 février au centre commercial de Bule, dans le territoire de Djugu, entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les miliciens du groupe armé Convention pour la Révolution Populaire (CRP) de Thomas Lubanga. À la suite des combats qui ont éclaté en plein centre de Bule, les habitants qui tentaient de regagner leurs domiciles ont de nouveau pris la fuite ce mercredi. Les activités socio-économiques, qui reprenaient timidement depuis quelques jours, sont à nouveau complètement paralysées. Six heures de combats Selon des témoignages recueillis sur place, les combats ont éclaté vers 8 heures du matin, heure locale, dans la localité de Nglé, non loin du site des déplacés installé dans la plaine de Savo. Un habitant, réfugié dans cette zone pour se mettre à l’abri des tirs, affirme que les premières détonations ont semé une vive panique au sein de la population, composée en grande partie de personnes déplacées internes. Les affrontements se sont ensuite poursuivis jusqu’au centre commercial de Bule. Les échanges de tirs auraient duré près de six heures, d’après des sources locales. Des témoins rapportent que des éléments de la CRP sont de nouveau visibles au centre commercial de Bule, où les rares commerces ayant rouvert après une courte période d’accalmie ont aussitôt fermé leurs portes. Un climat d’insécurité persistant Ces nouveaux affrontements surviennent à peine une semaine après la visite conjointe des autorités militaires des FARDC et de la MONUSCO dans cette entité. Cette mission visait à rassurer les habitants sur la protection des civils et à rétablir la confiance entre la population et les forces de sécurité. Pour l’heure, aucun bilan officiel n’a été communiqué et les responsables de l’armée n’ont pas encore fait de déclaration à ce sujet. Radio Okapi

CAN 2025 : L’Algérie bat la RD Congo et fonce en quarts

CAN 2025 : L’Algérie bat la RD Congo et fonce en quarts

L’Algérie a dû attendre les prolongations pour trouver la faille dans la défense de la RD Congo (1-0) en huitièmes de finale de la TotalEnergies CAF Coupe d’Afrique des nations 2025. Les déclarations d’après-match Adil Boulbina (Algérie) – Homme du match TotalEnergies  « Louange à Dieu pour cette victoire, et félicitations au peuple algérien. Cette victoire n’a pas été facile, Dieu Tout-Puissant m’a guidé et j’ai récolté les fruits des efforts de mes coéquipiers tout au long du match. Nous voilà en quarts de finale. Nous resterons concentrés pour les prochains matches du tournoi et nous ferons la joie de notre peuple.  Je pensais que je marquerais, mais pas d’une manière aussi belle. J’avais l’ambition, comme tout jeune qui rêve un jour de représenter son pays. Dieu m’a guidé et j’ai saisi ma chance ».   Sébastien Desabre – sélectionneur de la République Démocratique du Congo  « Nous avons fait une bonne deuxième mi-temps après les changements opérés, mais en prolongation, il y a eu un dysfonctionnement. Nous avons fait un excellent travail et sommes déçus maintenant. Je félicite l’équipe d’Algérie et lui souhaite le meilleur. Nous avons créé des occasions de but et aurions pu marquer, mais nous ne l’avons pas fait. Sur le plan tactique, nous avons donné une bonne image lors du match. Malheureusement, la chance ne nous a pas souri, et je n’ai rien à reprocher aux joueurs. Nous devons garder la tête haute car nous avons tout donné » Vladimir Petkovic – Entraîneur de l’Algérie  « Ce fut un match intense des deux côtés. Je pense que nous méritons la victoire au vu de la performance de nos joueurs, et je les en remercie. Nous avons contrôlé les deux tiers du jeu et proposé un bon football, même si nous avons rencontré quelques difficultés pendant la rencontre. Nous avons bien joué collectivement, dominé la rencontre, surmonté les obstacles, marqué un but et réussi à l’emporter pour nous qualifier. Je pense que nous avons géré le match avec professionnalisme.  Il était crucial de se qualifier avant de penser au prochain match contre le Nigeria. Nous préparerons cette rencontre à notre manière habituelle. Nous affronterons avec la détermination nécessaire les équipes favorites pour le titre, et nous travaillerons à imposer notre style de jeu lors du match ». Avec CAF

RD Congo. Il faut lever la suspension du général Ekenge

RD Congo. Il faut lever la suspension du général Ekenge

OPINION. Il aura fallu à peine 24h aux autorités congolaises pour réagir et sanctionner le porte-parole des FARDC, le général Sylvain Ekenge, accusé d’avoir tenu des propos à caractère xénophobe visant des Tutsis. Soyons clairs : ce type de discours est inacceptable et ne devrait jamais avoir sa place dans la communication d’une armée nationale. Point. Mais maintenant, parlons vrai : fallait-il le suspendre comme un malfaiteur, en mode panique, sans nuance, sans pédagogie, sans proportion ? NON. Un blâme formel, public et sans ambiguïté, accompagné d’un rappel strict des règles disciplinaires, aurait suffi. La suspension expéditive donne un signal catastrophique : dès qu’un sujet touche, de près ou de loin, au Rwanda, Kinshasa marche sur des œufs, comme si certains thèmes étaient intouchables, comme si la peur de froisser Kigali ou ses relais devait primer sur le bon sens et l’équité. Et surtout, où est la réciprocité ? Quand des responsables ou propagandistes liés au régime de Paul Kagame insultent, nient ou piétinent la mémoire des victimes congolaises, sont-ils sanctionnés ? Non. Quand on banalise les crimes commis sur le sol congolais, quand on méprise nos morts, quand on traite les Congolais comme quantité négligeable, qui s’excuse ? qui paie le prix ? Personne. Donc oui, on condamne les dérapages. Mais on refuse l’hypocrisie et la justice à sens unique. La lutte contre la xénophobie ne doit pas être un prétexte pour imposer au Congo une prudence servile et un silence forcé, pendant que d’autres se permettent tout. Qu’on cesse les sanctions-spectacles. Un blâme, un recadrage, et on tourne la page. La suspension du général Ekenge doit être levée.

Kinshasa : Félix Tshisekedi lance deux chantiers majeurs dans la santé et l’industrie

Kinshasa : Félix Tshisekedi lance deux chantiers majeurs dans la santé et l’industrie

RD Congo. Le Président Félix-Antoine Tshisekedi a lancé, lundi 22 décembre, les travaux d’implantation de la Cité industrielle sino-congolaise et de la plate-forme hospitalière « Infirmière Maman Marthe KASALU », a aanoncé la Présidence. Inscrits dans le programme d’extension de la ville de Kinshasa, ces deux infrastructures « concrétisent l’engagement du Président de la République à diversifier l’économie congolaise en la rendant plus compétitive », a-t-elle souligné dans un communiqué. Porté par China East Africa Trade Development Co. Ltd, le projet de la Zone industrielle sino-congolaise représente un investissement d’environ 12 milliards USD avec l’objectif d’implanter 1 200 usines en 5 ans en raison de 20 usines par parcs industriels. Selon la même source, la zone indutreille devrait créer 225 000 emplois directs dont 30 000 emplois au cours de douze premiers mois du démarrage. Présentée comme un grand complexe hospitalier pluridisciplinaire de pointe, la Plateforme Hospitalière « Infirmière Maman Marthe KASALU » sera dotée d’un centre de référence sous-régional d’oncologie, qui sera érigé sur une superficie de 36 000 m² et 10 hectares avec un Héliport. « Elle sera réalisée par le consortium Belgo-Marocain IIDG/TGCC et financée via un crédit de la Banque Publique des Investissements France (BPI France en sigle) et la banque allemande CommerzBank pour 133 Millions d’euros », indique la Présidence. Patricia Engali

RD Congo. Investir le cerveau de l’ennemi pour anticiper ses actions

RD Congo. Investir le cerveau de l’ennemi pour anticiper ses actions

TRIBUNE. Réagissant à mon dernier post sur les déclarations de Paul Kagame au sujet du processus de Doha, certains compatriotes ont rappelé que Kagame avait boycotté le sommet de paix de Luanda (Angola), avant que les discussions ne soient transférées à Doha, au Qatar. À première vue, les faits semblent valider cette lecture. Mais, en réalité, la situation est bien plus complexe. En temps de conflit, il est indispensable de comprendre le logiciel mental de l’adversaire, entrer dans sa logique, saisir sa vision du monde, ses priorités et sa manière d’interpréter les événements. Sans cet effort, on risque de mal lire ses intentions, voire de poser des actes qui se retournent contre nous. C’est, selon moi, ce qui arrive à la RDC depuis le début de la guerre d’agression rwandaise menée sous le « masque » du M23. Au lieu de « cartographier » le logiciel mental de Paul Kagame, Félix Tshisekedi et ses proches ont tendance à décrypter les décisions de Kigali à travers leurs propres référentiels et préjugés. Résultat : Kinshasa a souvent été — et demeure — incapable d’anticiper les mouvements de Kigali, prenant parfois des décisions aux effets contre-productifs. Le soi-disant accord de paix signé et entériné à Washington est à cet égard éloquent : Tshisekedi a en effet cru que proposer les minerais stratégiques de la RDC aux Américains suffirait à les impliquer directement dans le conflit qui oppose le Congo au Rwanda. Revenons aux pourparlers censés se tenir le 15 décembre 2024 à Luanda entre Paul Kagame et Félix Tshisekedi. Kagame ne s’y est finalement pas rendu, estimant que le sommet n’était « plus pertinent » dès lors que Kinshasa ne s’était pas engagé à négocier avec le M23. Tshisekedi a, à juste titre, dénoncé l’attitude de son homologue. La manœuvre était profondément malhonnête. Mais si l’on observe froidement la position de Kigali, qui relève à ne point de douter de la manipulation, on peut tout de même y déceler une certaine cohérence dans la mesure où Félix Tshisekedi a reconnu la « congolité » du M23 et la nécessité de neutraliser une menace contre le Rwanda (celle des FDLR) qui n’a jamais véritablement existé. Bref. Si les responsables congolais avaient réellement «cartographié» le logiciel mental du maître de Kigali, ils auraient peut-être mieux compris son modus operandi et, surtout, mieux anticipé ses prochaines actions. L’objectif ici n’est pas de devenir l’adversaire ou l’ennemi, mais de comprendre sa logique pour prévoir ses coups. Pour finir, chacun son domaine : la stratégie aux stratèges, le fanatisme aux fanatiques et thuriféraires, l’idiotie aux idiots. Je bois mon lait nsambarisé. Par Patrick Mbeko