MAROC. Le déficit budgétaire s’accentue à 15,5 MMDH

Malgré la progression des recettes ordinaires Le déficit budgétaire s’est établi à 15,5 milliards de dirhams (MMDH) à fin avril 2026, selon les chiffres communiqués récemment par la Trésorerie Générale du Royaume (TGR). Fin avril 2025, il était de l’ordre de 11,8 MMDH. Rappelons que la situation des charges et ressources du Trésor avait dégagé un excédent budgétaire de 6,5 MMDH à fin mars 2026 contre 5,9 MMDH un an auparavant. La progression des recettes fiscales n’a pas suffi à compenser l’accélération des dépenses publiques La récente évolution traduit ainsi une dégradation du solde global résultant principalement de la contraction des recettes ordinaires qui ont connu une progression de 7% (avec un taux de réalisation de 36,7% contre 39,2% un an auparavant) combinée avec une progression de 14,8% de dépenses globales. Précisons que ce déficit tient compte « d’un solde positif de 27,9 MMDH dégagé par les comptes spéciaux du Trésor (CST) et les services de l’Etat gérés de manière autonome (SEGMA), contre un déficit du Trésor de 11,8 MMDH à fin avril 2025 compte tenu d’un solde positif de 16,2 MMDH dégagé par les CST et les SEGMA », comme l’a souligné la Trésorerie générale dans son Bulletin mensuel de statistiques des finances publiques (BMSFP – Avril 2026). A titre de comparaison, en mars 2026, il avait tenu compte d’un solde positif de 21,2 MMDH dégagé par les comptes spéciaux du Trésor et les services de l’Etat gérés de manière autonome, contre un excédent du Trésor de 5,9 MMDH à fin mars 2025 compte tenu d’un solde positif de 23,2 MMDH dégagé par les CST et les SEGMA. Dans le détail, les recettes ordinaires ont augmenté de 7% (+10,2 MMDH) pour s’établir à 154,3 MMDH contre 144,1 MMDH à fin avril 2025, en raison de la hausse « des impôts directs de 9,8%, des droits de douane de 6,5%, des impôts indirects de 11,3% et des droits d’enregistrement et de timbre de 11,5%, conjuguée à la baisse des recettes non fiscales de 20,6% », a expliqué la TGR. Selon l’institution publique, au cours de cette période, les recettes fiscales se sont élevées à 142 MMDH contre 128,7 MMDH à fin avril 2025, en augmentation de 10,3% (+13,3 MMDH), suite à la hausse des recettes de la fiscalité douanière de 11% et de la fiscalité domestique de 10,1%.Pour leur part, les recettes non fiscales ont atteint 12,24 MMDH contre 15,41 MMDH un an auparavant. Elles accusent ainsi une baisse de 20,6% équivalant à -3,16 MMDH. Dans son récent Bulletin mensuel de statistiques des finances publiques, la TGR explique cette baisse notamment par « la diminution des versements des comptes spéciaux du Trésor au budget général (5,03 MMDH contre 7,84 MMDH) et des recettes en atténuation des dépenses de la dette (131 MDH contre 1,35 MMDH), conjuguée à la hausse des recettes de monopoles (5,28 MMDH contre 4,90 MMDH) et des fonds de concours (257 MDH contre 245 MDH) ». Quant aux recettes ordinaires nettes, elles ont enregistré une hausse de 7% par rapport à leur niveau à fin avril 2025, a fait savoir la Trésorerie générale, précisant que les dix principales natures de recettes nettes ont représenté 94,6% du total des recettes ordinaires. En ce qui concerne les dépenses émises au titre du budget général, les chiffres montrent qu’elles se sont chiffrées à 219,4 MMDH à fin avril 2026, traduisant une hausse de 12,2% par rapport à leur niveau à fin avril 2025. Cette progression est justifiée par « l’augmentation de 14,4% des dépenses de fonctionnement, de 19,6% des dépenses d’investissement, conjuguée à la baisse de 1,9% des charges de la dette budgétisée », a expliqué la TGR. Elle ajoute, par ailleurs, que les engagements de dépenses, y compris celles non soumises au visa préalable d’engagement, se sont élevés à 369,9 MMDH. Pour ce qui est des recettes des CST, elles ont atteint 92,4 MMDH, selon le bulletin de statistiques qui précise que ce montant englobe les versements effectués à partir du chapitre des charges communes -Investissement – pour 20,6 MMDH contre 16,5 MMDH à fin avril 2025. La même source ajoute que les dépenses émises ont été de 65,5 MMDH et que celles-ci intègrent la part des CST au titre des remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux pour 3,1 MMDH. Ainsi, le solde de l’ensemble des comptes spéciaux du Trésor a atteint 26,9 MMDH. Par ailleurs, l’analyse des données recueillies montre que les recettes des SEGMA ont progressé de 2,6% à fin avril 2026 pour s’établir à 1,12 MMDH contre 1,09 MMDH à fin avril 2025. Au cours de la même période, les dépenses ont accusé une baisse de 24,8%, atteignant 176 MDH contre 234 MDH à fin avril 2025.Enfin, dans le registre des prévisions, il apparaît que les recettes ordinaires ont été réalisées à hauteur de 36,7% des prévisions de la loi de Finances, les dépenses ordinaires ont été exécutées pour 39% et les dépenses d’investissement ont été émises pour 33%. Alain Bouithy
Morocco Tomato Conference : Le Maroc veut consolider sa place parmi les leaders mondiaux de la tomate fraîche

Agadir accueille la 6è édition de la MTC le 21 mai La sixième édition de la Morocco Tomato Conference (MTC) se tiendra le 21 mai 2026 à la salle des congrès Les Dunes d’Or, à Agadir, autour du thème « Façonner un avenir durable pour le commerce de la tomate ». Placée sous l’égide de la FIFEL – Fédération interprofessionnelle des fruits et légumes et de la Chambre d’agriculture de la région du Souss-Massa, et organisée par Green Smile, cette édition réunira producteurs, exportateurs, experts, fournisseurs de solutions, chercheurs et décideurs autour d’un enjeu central : comment renforcer la compétitivité de la filière tomate marocaine dans un environnement de plus en plus exigeant. La centralité de la question est stratégique et structurante pour une filière fortement tournée vers l’export. Le Maroc figure parmi les cinq principaux exportateurs mondiaux de tomates fraîches, tandis que la région du Souss-Massa, cœur de la production sous serre, constitue la principale zone exportatrice du pays. Dans ce contexte, la conférence intervient à un moment où la filière ne doit plus seulement produire mieux, mais aussi consolider ses débouchés, préserver sa performance et s’adapter à des contraintes de plus en plus imbriquées. L’édition 2026 marque ainsi un changement d’échelle. Dans le prolongement des précédentes éditions, qui avaient largement mis l’accent sur l’innovation technique, la performance sous serre et les outils de production, cette nouvelle édition met davantage au premier plan les dynamiques structurelles qui redessinent aujourd’hui l’avenir du secteur, en phase avec les enjeux actuels de la filière : pression du marché, positionnement du Maroc vis-à-vis de l’Union européenne, risques phytosanitaires émergents, contraintes de main-d’œuvre, benchmark international et impératif de résilience. La Morocco Tomato Conference 2026 fera dialoguer toute la chaîne de valeur, du marché à l’exploitation, de la recherche à la station de conditionnement, pour répondre à des défis désormais indissociables et les transformer en pistes d’action, en références comparatives et en leviers concrets pour la filière. La première séquence du programme sera consacrée aux tendances du marché et au positionnement commercial du Maroc. Elle réunira des profils issus de l’intelligence économique, de la représentation sectorielle européenne et du conseil en relations commerciales, comme Ali Rougui de Morocco Foodex, Wilco van den Berg de GroentenFruit Huis, et John Alistair Clarke, Special Trade Adviser, afin d’éclairer les arbitrages qui attendent la filière entre consolidation des débouchés, adaptation aux nouvelles attentes des marchés et repositionnement stratégique à l’export. La deuxième session portera sur les défis majeurs auxquels font face les producteurs marocains, à commencer par la pression virale et les menaces phytosanitaires. Rachid Tahzima, chercheur à la Vrije Universiteit Brussel, et Hervé Vanderschuren, de KU Leuven, reviendront sur l’état des connaissances et les avancées de la recherche sur les virus de la tomate. Le projet VIRTIGATION apportera quant à lui un éclairage concret sur les réponses euro-méditerranéennes développées pour une gestion durable du ToBRFV, du TYLCV et du ToLCNDV. Une table ronde réunira ensuite scientifiques, semenciers, producteurs et régulateurs autour des voies concrètes de lutte contre le ToBRFV. L’après-midi ouvrira la conférence à une perspective comparative avec le modèle mexicain de production sous serre, présenté par Jorge Flores Velazquez du Colegio de Postgraduados. Plus qu’un simple regard international, cette séquence a été pensée comme un benchmark utile pour le Maroc : organisation de la production, articulation entre pépinière et marché, compétitivité export et résilience des systèmes. Elle sera prolongée par une table ronde réunissant des profils issus de la production, du conseil et de l’expertise technique, afin d’identifier les enseignements concrets transposables à la filière marocaine. Le programme mettra également en avant des réponses très opérationnelles à impact direct pour les exploitations, qu’il s’agisse de la mise en œuvre d’une hygiène globale, de la semence à la station de conditionnement, présentée par Michael Bledsoe de l’Université de Floride ou de la gestion des cultures de tomate en conditions pluvieuses dans la région d’Agadir, abordée par Paolo Battistel de Ceres. Ces interventions apporteront une dimension de retour d’expérience et de solutions appliquées, au plus près des réalités du terrain. Autre signal fort de cette édition : la question de la main-d’œuvre agricole sera, elle aussi, abordée sous l’angle des solutions. La dernière table ronde de la journée réunira Otman El Qacemi de Driscoll’s, Kamal Macha-Allah de Maisadour sous la modération de Driss Soufiani, avec l’objectif de croiser des enseignements intersectoriels utiles à la production de tomate. Plus qu’un état des lieux, la Morocco Tomato Conference 2026 a été pensée comme un espace de confrontation utile entre défis, modèles de réponse et solutions concrètes pour la filière. À travers ses contenus, ses panels et les échanges qu’elle suscite, la MTC 2026 entend aussi favoriser des échanges ciblés et des opportunités concrètes de mise en relation entre producteurs, exportateurs, experts, fournisseurs de solutions et partenaires de la filière. Dans la continuité d’une dynamique consolidée en 2025, qui a rassemblé plus de 600 participants, 25 pays, 10 experts et 72 partenaires, elle entend offrir bien plus qu’un espace d’échanges techniques : une plateforme de dialogue sectoriel sur les conditions de la compétitivité future, de l’accès au marché à l’innovation appliquée, de la résilience des systèmes de production aux opportunités concrètes de développement pour l’écosystème.
Montée des restrictions à l’exportation de matières premières critiques

Des risques pour les chaînes d’approvisionnement mondiales Le nombre de restrictions à l’exportation visant plusieurs minéraux stratégiques pour les technologies du numérique et des énergies renouvelables continue d’augmenter, constate l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans un nouveau rapport. Selon le document, qui analyse les restrictions à l’exportation de matières premières critiques mises en place jusqu’à fin 2024, leur nombre n’a cessé de croître ces 15 dernières années au point d’atteindre désormais un niveau record. Intitulée «L’Inventaire des restrictions à l’exportation de matières premières critiques», la nouvelle version dudit rapport montre que les mesures particulièrement restrictives, comme les interdictions d’exportation et le contingentement, gagnent du terrain. D’après le document établi annuellement, elles représentaient plus d’un tiers des nouvelles restrictions mises en place en 2024. Les mesures visant les produits d’amont, comme les minerais et minéraux, ont explosé entre 2009 et 2024, selon l’OCDE La même source révèle par ailleurs que la génération de recettes est devenue, depuis les années 2010, la principale raison avancée pour justifier l’adoption de restrictions à l’exportation. En 2024, elle a même occupé la première place, étant invoquée dans près de la moitié des cas. Bien que leur progression ait marqué le pas, en passant de 3.4 % en 2023 à 0.6 % en 2024, l’organisation note que l’éventail des pays mettant en place de telles restrictions s’est élargi, en particulier en Afrique et en Asie. Elle constate aussi que « certaines ressources minérales essentielles aux systèmes énergétiques, comme le cobalt, le manganèse, le graphite et les terres rares, sont particulièrement touchées par les restrictions à l’export ». La nouvelle édition du rapport précise qu’environ 70% des exportations mondiales de cobalt et de manganèse ont fait l’objet d’au moins une mesure de cette nature entre 2022 et 2024, de même que 16% des échanges de matières premières critiques suivis par l’OCDE au cours de la même période. L’analyse des données recueillies montre que les déchets et débris formaient toujours la catégorie de matières premières critiques la plus visée par des restrictions à l’exportation en 2024, « en raison des préoccupations environnementales et de l’intérêt grandissant pour l’économie circulaire comme source de métaux et ressources minérales », a indiqué l’organisation, soulignant, par ailleurs, que le nombre des restrictions à l’exportation de produits d’amont comme les minerais et minéraux a grimpé en flèche entre 2009 et 2024, période au cours de laquelle il a décuplé. Même si les principaux producteurs diffèrent selon les minerais, trois pays concentrent plus des deux tiers de la production mondiale dans les cas du cobalt, du lithium et du nickel, et près de 90% dans le cas des terres rares. Les auteurs du rapport font également état d’une concentration des mesures : l’Inde (19%), la Chine (17%), l’Argentine (6%), le Viet Nam (5%) et le Burundi (4%) représentent plus de la moitié des nouvelles restrictions à l’export adoptées entre 2009 et 2024. La montée des restrictions à l’exportation de matières premières critiques constitue une menace pour la croissance économique, l’innovation et la sécurité énergétique de nombreux pays tributaires d’un accès fiable aux matières premières critiques, estime l’OCDE expliquant que cette évolution accroît les risques pour les chaînes d’approvisionnement mondiales. Lors du Forum de l’OCDE sur les minéraux critiques à Istanbul, le Secrétaire général de l’OCDE, Mathias Cormann, s’est exprimé sur la question en ces termes : «Les restrictions à l’export peuvent aggraver les vulnérabilités des chaînes d’approvisionnement fortement concentrées en limitant les volumes exportés et en tirant les prix à la hausse ». De l’avis de ce dernier, « il est fondamental de rendre ces mesures plus transparentes pour favoriser l’ouverture et la diversification des marchés des minéraux critiques, pour faciliter les investissements » nécessaires au développement de la production et pour favoriser l’instauration de partenariats mutuellement bénéfiques avec les pays producteurs». Alain Bouithy
Maroc. Le déficit commercial s’alourdit

Le commerce extérieur sous pression à fin mars 2026 Selon les données du commerce extérieur établies sur la base des déclarations douanières, le déficit commercial s’est aggravé de 23,9% à fin mars 2026 pour atteindre 87,37 milliards de dirhams (MMDH) contre 70,54 MMDH un an auparavant, a indiqué l’Office des changes. Dans son récent bulletin sur les indicateurs mensuels des échanges extérieurs, l’institution publique explique ce déficit par une hausse des importations de biens de +11,1% (+20,71 MMDH), plus marquée que celle des exportations, qui ont progressé de +3,3% (+3,88 MMDH). Une progression modérée des exportations face à une forte hausse des achats à l’étranger Dans le détail, les importations se sont chiffrées à 208,11 MMDH à fin mars 2026 au lieu de 187,40 MMDH une année auparavant, tirées notamment par la hausse de plusieurs produits. D’après l’Office, les importations de produits finis d’équipement ont bondi de +24,7%, soit +10,24 MMDH, principalement suite à l’augmentation des achats d’avions et autres véhicules aériens ou spatiaux (+2,31 MMDH), des voitures utilitaires (+1,69 MMDH) et des parties d’avions et d’autres véhicules aériens (+1,17 MMDH). L’accroissement des importations de produits finis de consommation de +14,6% (+6,59 MMDH) est justifié par la hausse des achats de parties et pièces pour voitures de tourisme (+38,1%, soit +2,90 MMDH), des voitures de tourisme (+40,9%, soit +2.706MDH) et des médicaments et autres produits pharmaceutiques (+16,2%, soit +485MDH). La hausse des importations de produits bruts (+42,2%, soit +3,87 MMDH) est attribuée à l’augmentation de celles des soufres bruts et non raffinés (+4,32 MMDH), de la ferraille, des déchets et autres minerais (+348MDH), a fait savoir l’institution soulignant en revanche une baisse des importations d’huile d’olive brute ou raffinée de 277MDH. S’agissant de l’évolution des demi-produits (+2,1%, soit +809MDH), les données montrent que cet accroissement fait suite à la hausse des achats des fils, barres et profilés en cuivre (+1,01 MMDH) et des engrais naturels et chimiques (+626MDH). En revanche, les importations des achats de demi-produits en fer ou en aciers non alliés ont baissé de 737MDH au cours de la même période. En hausse de +1,1% (+312MDH), l’évolution de la facture énergétique a été soutenue par la hausse des approvisionnements en gas-oils et fuel-oils de +14,7% (+1,96 MMDH), a indiqué l’Office précisant que la hausse de la facture énergétique s’établit à +40% (+3,61 MMDH) en glissement mensuel. Enfin, les produits alimentaires ont accusé un recul de 6% (-1,42 MMDH), suite, essentiellement, à la baisse des importations de sucre brut ou raffiné (-1,00 MMDH) et des animaux vivants (-982MDH). A l’inverse, les approvisionnements en blé ont augmenté de +748MDH. A noter que les exportations ont dans l’ensemble atteint 120,74 MMDH à fin mars 2026 au lieu de 116,86 MMDH une année auparavant (+3,3%, soit +3,88 MMDH). Durant cette période, les ventes du secteur automobile à l’étranger se sont accrues de +12,1% pour s’élever à +4,51 MMDH, suite « principalement à la hausse des ventes du segment de la construction (+3,23 MMDH) et du segment du câblage (+1,57 MMDH), atténuée par la baisse des exportations du segment powertrain (-550MDH) », a expliqué l’Office. La hausse enregistrée dans l’aéronautique de +12,6% correspondant à +886MDH, fait suite à l’accroissement des ventes du segment de l’assemblage de +846MDH et des exportations du segment EWIS de +39MDH, a-t-il fait savoir. A l’inverse, les exportations du secteur de l’électronique et de l’électricité ont reculé de 4,7% (-199MDH), pénalisées essentiellement par la baisse des exportations des appareils électriques pour la téléphonie ou la télégraphie par fil (-123MDH) et des composants électroniques (-112MDH). Même tendance du côté de l’agriculture et de l’agro-alimentaire où les exportations ont affiché une baisse de 2,3% (-621MDH), notamment suite à celle des exportations de l’agriculture, sylviculture et chasse (-1,03 MMDH) et de la pêche et de l’aquaculture (-45MDH). Idem pour le secteur des phosphates et dérivés en baisse de 7,4% (-1,51 MMDH), suite au recul des ventes des engrais naturels et chimiques (-1.661MDH) et des phosphates (-75MDH). Les exportations de l’acide phosphorique, quant à elles ont augmenté de +224MDH. Quant à la baisse des exportations du textile et cuir de 14,1% (-1,604MDH) elle est consécutive à celle des exportations des vêtements confectionnés (-1,16 MMDH), des articles de bonneterie (-315MDH) et des exportations des chaussures (-54MDH). Alain Bouithy
Maroc. A 29,2%, le chômage des jeunes reste à un niveau préoccupant

La nouvelle Enquête sur la main-d’œuvre confirme une réalité persistante Le taux de chômage strict s’est établi à 10,8% au premier trimestre 2026, a annoncé le Haut-commissariat au plan (HCP), précisant qu’il s’est situé à 13,5% en milieu urbain et 6,1% en milieu rural. Dans sa récente note d’information relative à la situation du marché du travail au Maroc au premier trimestre, l’institution publique a affirmé que « ce taux culmine à 16,1% pour les femmes contre 9,4% pour les hommes ». Cette note s’appuie sur les résultats de la nouvelle « Enquête sur la main-d’œuvre » (EMO2026), qui constitue la première enquête d’une nouvelle génération d’enquêtes sur le marché du travail au Maroc, a indiqué le HCP mettant en exergue qu’elle est «conçue conformément aux récentes normes internationales adoptées lors des 19e, 20e et 21e Conférences internationales des statisticiens du travail (CIST) de l’Organisation internationale du travail (OIT) ». Persistance des déséquilibres du marché du travail Basées sur ces résultats, les données recueillies montrent que « les jeunes de 15 à 24 ans restent la catégorie la plus exposée avec un taux de 29,2%, suivis par les personnes âgées de 25 à 34 ans (16,1%) », a en outre fait remarquer le HCP. Les mêmes chiffres suggèrent que le volume du chômage en sens strict a atteint 1.253.000 personnes, dont 79,6% résident en milieu urbain et 31,3% sont des femmes. « Parmi les personnes en emploi contre revenu, 671.000 sont en situation de sous-emploi lié à la durée de travail, dont 52,9% résident en milieu urbain », a souligné l’institution, expliquant que la main-d’œuvre potentielle s’est de son côté établie à 884.000 personnes, soit 5,5% de la population hors main-d’œuvre. A noter que le taux combiné du chômage strict et du sous-emploi lié à la durée de travail (qui mesure la main-d’œuvre subissant une insuffisance de temps de travail totale ou partielle) s’est élevé à 16,6% au terme des trois premiers mois de l’année, selon le Haut-commissariat qui ajoute que ce taux est de 18,3% en milieu urbain et 13,6% en milieu rural. Il culmine à 19,8% pour les femmes contre 15,7% pour les hommes. En ce qui concerne le taux combiné du chômage strict et de la main-d’œuvre potentielle (qui mesure la pression actuelle et potentielle sur le marché du travail), il s’est établi à 17,1% au premier trimestre 2026, a fait savoir l’institution rappelant qu’il est de 20,4% en milieu urbain et 11,2% en milieu rural. Dans sa note, l’organisme a fait état d’un écart très marqué entre les hommes et les femmes relevant que ce taux culmine à 27,9% pour les femmes contre 13,9% pour les hommes. Quant au taux composite de la sous-utilisation de la main-d’œuvre (qui reflète le besoin global non satisfait de travail en associant le chômage strict, le sous-emploi lié à durée et la main-d’œuvre potentielle), il s’est établi à 22,5% au niveau national, 24,8% en milieu urbain et 18,3% en milieu rural, a par ailleurs déclaré le HCP. Selon l’institution, « les taux les plus élevés concernent les jeunes âgés de 15 à 24 ans (45,3%) et les femmes (31,1%), mettant l’accent sur une coexistence des différentes composantes du besoin non satisfait de travail pour ces deux catégories ». Alain Bouithy SITUATION RÉGIONALE DU MARCHE DU TRAVAIL : Six régions affichent des taux de participation à la main-d’œuvre supérieurs à la moyenne nationale (41,8%). Il s’agit des régions de Dakhla-Oued Ed-Dahab avec 63,9%, de Tanger-Tétouan-Al Hoceima avec 46,4%, de Casablanca-Settat avec 45,6%, de Laâyoune-Sakia El Hamra avec 43,1%, de Rabat-Salé-Kénitra avec 42,6%, et de Marrakech-Safi avec 42,2%. En revanche, les taux les plus bas sont enregistrés dans les régions de Drâa-Tafilalet (31,1%), de l’Oriental (37%) et de Guelmim-Oued Noun (37,2%). S’agissant du chômage strict, les taux de chômage les plus élevés sont observés dans la région de Laâyoune-Sakia El Hamra (20,3%), de l’Oriental (14,9%), de Guelmim-Oued Noun (14,8%), et de Fès-Meknès (14,2%). Avec moins d’acuité, deux régions dépassent la moyenne nationale (10,8%) à savoir Rabat-Salé-Kénitra (10,9%) et Casablanca-Settat (12,7%). Cependant, les régions de Dakhla-Oued Ed-Dahab, de Marrakech-Safi et de Tanger-Tétouan-Al Hoceima enregistrent les taux les plus bas, respectivement 5,7%, 7,0% et 7,3% (HCP).
Les prix de l’énergie vers leur plus forte flambée mondiale en quatre ans

De graves répercussions sur l’emploi et le développement Mauvaise nouvelle pour les économies fortement dépendantes de l’énergie importée. Selon un rapport de la Banque mondiale, « Commodity Markets Outlook », la guerre au Moyen-Orient est en passe de provoquer la plus forte flambée des prix de l’énergie en quatre ans. D’après l’institution financière internationale, «les prix de l’énergie devraient bondir de 24 % cette année pour atteindre leur niveau le plus élevé depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, alors que la guerre au Moyen-Orient provoque un choc violent sur les marchés mondiaux des produits de base». S’agissant des produits de base, ledit rapport explique que leurs prix devraient augmenter de 16 % en 2026, sous l’effet de la flambée des prix de l’énergie et des engrais ainsi que des niveaux record atteints par les prix de plusieurs métaux clés. La Banque mondiale alerte sur un choc inflationniste et un ralentissement de la croissance C’est assez pour s’en inquiéter et comprendre que les jours à venir risquent d’être sombres pour de nombreuses économies. Et pour cause, comme le relève le document, ce choc aura de graves répercussions sur la création d’emplois et le développement. Comme l’explique Indermit Gill, économiste en chef et premier vice-président du Groupe de la Banque mondiale pour l’economie du développement, «la guerre frappe l’économie mondiale en vagues qui s’accumulent : d’abord par la hausse des prix de l’énergie, puis par celle des prix alimentaires, et enfin par une inflation accrue qui fera monter les taux d’intérêt et renchérira encore davantage le coût de la dette ». De l’avis de cet économiste, «les populations les plus pauvres, qui consacrent la plus grande part de leurs revenus à l’alimentation et aux combustibles, seront les plus durement touchées, tout comme les économies en développement déjà aux prises avec un lourd endettement. Tout cela nous rappelle une vérité implacable : la guerre, c’est le développement à l’envers». Dans le détail, le rapport s’attend à une hausse de 31% des prix des engrais en 2026, en raison d’une envolée de 60 % des prix de l’urée. Pour bien mesurer la gravité de la situation, l’institution rappelle que les engrais n’auront jamais été aussi peu abordables depuis 2022. Ce qui érode les revenus des agriculteurs et menace les rendements agricoles à venir. Par ailleurs, « si le conflit devait se prolonger, ces pressions sur l’approvisionnement et l’accessibilité financière des denrées pourraient plonger jusqu’à 45 millions de personnes supplémentaires dans une situation d’insécurité alimentaire aiguë cette année, selon le Programme alimentaire mondial », prévient la Banque mondiale. Concernant les prix des métaux de base, le rapport estime que l’aluminium, le cuivre et l’étain devraient également atteindre des sommets historiques, en raison de la forte demande liée au développement des centres de données, des véhicules électriques et des énergies renouvelables. L’institution s’inquiète déjà du fait que «les métaux précieux continuent de battre des records de cours et de volatilité, avec une hausse moyenne des prix de 42% attendue en 2026, l’incertitude géopolitique alimentant la ruée vers les valeurs refuges». Tout aussi préoccupant : le renchérissement des produits de base induit par ces chocs va alimenter l’inflation et freiner la croissance mondiale. Et selon les prévisions de la Banque mondiale, l’inflation dans les économies en développement devrait atteindre 5,1% en moyenne en 2026, soit un point de pourcentage de plus qu’anticipé avant la guerre et une progression par rapport au taux de 4,7% enregistré l’année dernière. Selon les perspectives de l’institution, « la croissance des économies en développement se dégradera également, la flambée des prix des produits de première nécessité amputant les revenus et les exportations du Moyen-Orient se heurtant à de sévères restrictions». Le rapport prévoit que ces économies devraient croître de 3,6 % en 2026, soit une révision à la baisse de 0,4 point de pourcentage par rapport aux prévisions établies au mois de janvier. Quant aux économies directement touchées par le conflit, l’organisme estime qu’elles «seront les plus durement affectées ; 70% des pays importateurs de produits de base ainsi que plus de 60% des pays exportateurs pourraient voir leurs taux de croissance revus à la baisse par rapport aux projections de janvier». Toujours selon la Banque mondiale, les prix des matières premières pourraient grimper encore davantage si les hostilités s’intensifient ou si les perturbations de l’approvisionnement dues à la guerre persistent plus longtemps que prévu. Dans ce cas, «les prix du Brent pourraient atteindre en moyenne 115 dollars le baril en 2026 dans un scénario où les infrastructures pétrolières et gazières critiques subiraient davantage de dommages et où les volumes d’exportation mettraient du temps à se redresser », craint l’institution précisant qu’une telle hausse aurait des effets en cascade sur les prix des engrais et des sources d’énergie alternatives telles que les biocarburants. Par ailleurs, l’inflation dans les économies en développement pourrait grimper à 5,8 % cette année, ce qui en ferait le deuxième niveau le plus élevé de la décennie, après 2022. Quoi que réserve l’avenir, «la succession de chocs qu’a connue cette décennie a considérablement réduit les marges de manœuvre budgétaires disponibles pour faire face à la crise d’approvisionnement énergétique historique qui sévit actuellement», note Ayhan Kose, économiste en chef adjoint de la Banque mondiale. De l’avis de ce dernier, par ailleurs directeur de la cellule Perspectives, «les gouvernements doivent résister à la tentation de mesures de soutien larges et non ciblées, qui risqueraient de fausser les marchés et d’éroder les réserves budgétaires ». Selon lui, ils devraient plutôt privilégier un soutien rapide et temporaire, ciblé sur les ménages les plus vulnérables. Alain Bouithy Le baril de Brent devrait s’établir en moyenne à 86 dollars en 2026 : «Les attaques contre les infrastructures énergétiques et les fortes perturbations du transport maritime dans le détroit d’Ormuz, qui concentre environ 35% du commerce mondial de brut par navire, ont provoqué le plus important choc d’approvisionnement pétrolier jamais enregistré, avec une réduction initiale de l’offre de quelque 10 millions de barils par jour. Même après avoir reflué depuis leur récent pic, les cours du Brent restaient supérieurs à la mi-avril de plus de 50% à leur niveau du début de l’année. Le baril
La banque de développement KfW entre au Capital d’ATIDI et renforce les opportunités d’investissement allemandes en Afrique

La banque de développement allemande KfW, agissant au nom et pour le compte de la République fédérale d’Allemagne, est devenue le dernier actionnaire en date d’ATIDI, l’Assurance pour le développement du commerce et de l’investissement en Afrique (ATIDI). La KfW devient le 13è actionnaire institutionnel de la première institution d’assurance-crédit au développement en Afrique, renforçant le capital de l’organisation ainsi que sa capacité à soutenir le commerce et l’investissement à travers le continent. La signature officielle de l’accord de souscription entre les deux organisations a été célébrée à l’occasion d’une rencontre à Nairobi entre le directeur général d’ATIDI et la ministre fédérale allemande de la Coopération économique et du Développement, Reem Alabali Radovan. Cette prise de participation souligne la volonté de l’Allemagne de renforcer son partenariat économique avec l’Afrique et de soutenir les institutions africaines qui facilitent le commerce et les investissements sur le continent. La KfW a investi 32 millions de dollars pour devenir actionnaire de catégorie D2 d’ATIDI, un statut réservé aux agences de crédit à l’exportation et aux entités publiques non-africaines. Sur ce montant, 18,4 millions de dollars proviennent du budget du BMZ, les 13,6 millions de dollars restants étant financés sur fonds propres de la KfW. À ce titre, elle assumera les obligations et bénéficiera des avantages liés à son statut d’actionnaire, notamment en termes de représentation au sein des instances de gouvernance et de prise de décision d’ATIDI, tout en contribuant à améliorer le commerce et les investissements allemands en Afrique, conformément au Pacte du G20 avec l’Afrique (CwA 2.0). La prise de participation de la KfW dans ATIDI est l’aboutissement d’un partenariat dynamique entre les deux organisations. Au nom du ministère fédéral de la Coopération économique et du Développement (BMZ), la KfW a financé l’adhésion de plusieurs pays à ATIDI à hauteur de plus de 100 millions de dollars, renforçant l’assise financière de l’organisation et élargissant sa capacité à atténuer les risques et à mobiliser des investissements privés sur les marchés africains. Cette nouvelle prise de participation directe vient compléter cette coopération de longue date. Fondée en 1948, la KfW est la banque publique allemande de promotion et de développement et un partenaire clef du BMZ en matière de coopération financière internationale. Elle finance des projets dans des secteurs cruciaux tels que le développement durable, les infrastructures, les énergies renouvelables et l’appui aux petites entreprises dans les pays en développement. Sa participation dans ATIDI vise à générer jusqu’à 500 millions de dollars supplémentaires d’échanges commerciaux et d’investissements entre les entreprises allemandes et les marchés africains. Au cours des 25 dernières années, ATIDI est devenu le premier fournisseur africain d’assurance pour le développement et un des organismes financiers africains les mieux notés. Elle s’appuie sur ses partenariats avec des institutions multilatérales et régionales de premier plan – notamment l’Union africaine, le Groupe de la Banque mondiale, le COMESA, la Banque européenne d’investissement (BEI) et l’Agence norvégienne de coopération pour le développement (NORAD) – pour proposer des produits innovants d’assurance-crédit et d’assurance-investissement qui favorisent une croissance durable et transformatrice en Afrique. Au-delà de l’apport financier, ce partenariat constitue un lien solide entre l’expertise financière européenne et le secteur de l’investissement africain en pleine expansion. En associant l’expérience de la KfW en matière de financement du développement à l’échelle mondiale à la connaissance profonde des risques en Afrique et la présence d’ATIDI sur ce marché, cette collaboration contribuera à ouvrir de nouvelles perspectives d’investissement dans des secteurs stratégiques et contribuera à soutenir une croissance durable, à renforcer les corridors commerciaux et permettra aux investisseurs de participer avec davantage de confiance à la transformation économique à long terme du continent. Pour Manuel Moses, directeur général d’ATIDI, « cet événement est symbolique à plus d’un titre. Tout d’abord, il renforce nos liens déjà solides avec la KfW et crée de nouvelles opportunités pour les investisseurs allemands qui souhaitent s’implanter en Afrique. C’est également une reconnaissance du statut acquis par ATIDI en tant que principal organisme d’assurance pour le développement en Afrique, ainsi qu’une preuve de la solidité de notre modèle économique. Enfin, cela met en évidence l’importance des partenariats dans un contexte mondial de plus en plus marqué par la volatilité et l’incertitude. ATIDI ne ménagera aucun effort pour que ce partenariat soit couronné de succès. » Pour sa part, Christiane Laibach, membre du comité de direction de la KfW, affirme : « aujourd’hui, nous réaffirmons notre partenariat stratégique de longue date avec ATIDI. Ensemble, nous entendons renforcer les opportunités d’affaires pour les investisseurs européens et allemands en Afrique, dans le but de favoriser la prospérité et le développement, dans l’intérêt de tous. Nous adhérons à l’institution au nom de la République fédérale d’Allemagne. Il s’agit de l’aboutissement d’une coopération fructueuse qui a permis à plusieurs États africains d’adhérer à ATIDI et a donné naissance à des solutions d’assurance innovantes destinées à attirer les investissements étrangers sur le continent.»
Maroc. L’appel implicite de la Banque mondiale à des réformes profondes

Des fragilités structurelles qui freinent le potentiel économique Entre 2000 et 2024, la population en âge de travailler a progressé près de 2,5 fois plus vite que l’emploi ECONOMIE. « Le Maroc pourrait générer 1,7 million d’emplois de plus d’ici 2035 et augmenter son PIB réel de près de 20 % au-dessus du niveau de référence », révèle la Banque mondiale dans deux rapports analytiques rendus publics mardi 28 avril. L’institution internationale financière estime cependant que « ce potentiel ne se concrétisera que si un programme de réformes ambitieux est mis en œuvre ». Si ces deux rapports, produits en étroite collaboration avec le gouvernement marocain, fournissent à la fois des données probantes et une feuille de route pour faire de cette transformation une réalité, ils envoient surtout plusieurs messages implicites très clairs. Le principal message de ces documents, « Rapport sur la croissance et l’emploi au Maroc » et le « Diagnostic du secteur privé au Maroc » est sans doute un appel explicite à des réformes structurelles profondes. Les réformes actuelles jugées insuffisantes ou incomplètes Bien que dit dans un ton diplomatique, il apparaît que l’organisme juge clairement les réformes actuelles insuffisantes ou incomplètes et suggère d’accélérer sur des chantiers sensibles tels que ceux du marché du travail, de l’éducation, de la concurrence, du rôle de l’Etat, du climat des affaires, entre autres. Pour bien comprendre la signification réelle de ce message, il suffit de se référer à celui délivré sur le même sujet par son alter ego : le Fonds monétaire international (FMI) qui avait dégainé cette même observation en mars dernier. A ce propos, on se souvient que l’organisme avait appelé le Maroc à accélérer les réformes du marché du travail pour stimuler l’emploi durable. Dans un ton tout aussi diplomatique, le FMI avait alors réitéré des recommandations sur ce sujet adressées au terme d’une mission conduite par Laura Jaramillo, du 29 janvier au 11 février au Maroc, lesquelles appelaient à davantage de réformes liées au marché du travail. Le deuxième message implicite est que l’économie marocaine a des marges importantes de progression, mais qu’elle n’exploite pas encore pleinement ses capacités actuelles en termes de productivité, d’emploi et d’investissement. Pour les auteurs desdits rapports, bien que l’économie marocaine ait accompli de véritables avancées, « la croissance ne s’est pas encore traduite par une création d’emplois à la hauteur des besoins, en particulier pour les femmes et les jeunes ». Pour mieux apprécier l’ampleur de la situation, la Banque mondiale rappelle qu’« entre 2000 et 2024, la population en âge de travailler a progressé près de 2,5 fois plus vite que l’emploi. Alors que 40 % des industries évoluent dans un environnement peu concurrentiel, les entreprises peinent à se développer et à accroître leur productivité. Le taux d’activité des femmes demeure parmi les plus faibles au monde, malgré la progression de leur niveau d’études, et continue en outre de s’éroder ». Le troisième message juge insuffisante la croissance actuelle. Selon l’organisme international, le scénario actuel (sans réformes majeures) mènerait à une croissance plus faible, ce qui signifie que la trajectoire actuelle est perçue comme perfectible, voire limitée. Dans son Rapport sur la croissance et l’emploi, l’institution met en lumière les contraintes structurelles et formule des recommandations stratégiques articulées autour de quatre axes. Il s’agit des marchés plus efficaces et plus compétitifs, des entreprises plus dynamiques, des investissements publics à plus fort impact et des marchés du travail plus inclusifs qui se renforcent mutuellement, selon la Banque mondiale. De l’avis des experts de l’organisme, la création d’emplois supplémentaires à l’horizon 2035 et 2050 ainsi que la hausse du PIB réel au-dessus du niveau de référence permettront de concrétiser ainsi « les ambitions du Nouveau modèle de développement en une trajectoire atteignable ». Pour Ahmadou Moustapha Ndiaye, directeur de division à la BIRD pour le Maghreb et Malte, « le Maroc a construit des bases solides et, grâce aux recommandations du Rapport sur la croissance et l’emploi, le Royaume peut aller encore plus loin, créer des millions d’emplois, approfondir les investissements privés et créer de réelles opportunités pour les femmes et les jeunes. Le Groupe de la Banque mondiale s’engage pleinement dans cette entreprise aux côtés du Maroc ». Au final, le message réel n’est pas seulement « le Maroc peut réussir », mais plutôt qu’il pourrait faire beaucoup mieux qu’aujourd’hui, et que cela dépendra de décisions politiques difficiles et rapides. Alain Bouithy