La Banque mondiale mobilise 135 millions de dollars pour soutenir le système de santé au Sénégal

La Banque mondiale annonce avoir approuvé un financement en faveur de la République du Sénégal à fin de renforcer le système de santé de ce pays d’Afrique de l’Ouest, via le programme NAATANGUE 2030. D’un montant de 135 millions de dollars, ce financement s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du programme de développement du système de santé et de protection financière du Sénégal (NAATANGUE 2030) ll vise concrètement à améliorer la prise en charge sanitaire des femmes, des enfants et des adolescents et assurer une protection financière aux populations vulnérables », a indiqué l’institution financière internationale. Dans un communiqué, la BM précise que ledit programme « est financé par un crédit de 100 millions de dollars de l’Association internationale de développement (IDA), complété par des contributions à titre de don du Mécanisme de financement mondial (GFF) et du Fonds fiduciaire multi-donateurs pour la transformation et la résilience des systèmes de santé (HSTRF), à hauteur respectivement de 20 et 15 millions de dollars ». Selon la même source, pendant toute la durée de sa mise en œuvre, NAATANGUE 2030 « contribuera à élargir l’accès à des soins obstétricaux et néonatals d’urgence de qualité, à renforcer le dépistage de routine et la continuité des soins pour les femmes et les enfants, tout en appuyant l’extension d’une couverture d’assurance santé efficace aux populations vulnérables ». Le programme favorisera également des améliorations systémiques, notamment en matière de disponibilité des médicaments essentiels, de déploiement des agents de santé dans les zones mal desservies, de systèmes d’information et d’utilisation des données, ainsi que de préparation aux chocs sanitaires et environnementaux, grâce à des mécanismes régionaux d’alerte précoce multirisques, souligne-t-on. Cité dans le communiqué, Djibrilla Issa, directeur de division pour le Sénégal, la Mauritanie, le Cap-Vert, la Guinée-Bissau et la Gambie, explique que « ce programme soutient la vision du Sénégal de bâtir un système de santé plus solide, plus équitable et mieux préparé à affronter les défis sanitaires à venir, tout en contribuant à l’ambition du Groupe de la Banque mondiale d’atteindre 1,5 milliard de personnes dans le monde à l’horizon 2030 avec des services de qualité en matière de santé, et de nutrition. » Martin Kam
Le Rapport 2026 sur les tendances des médias de santé en Afrique alerte sur un « code rouge » pour le journalisme de santé

Le journalisme de santé en Afrique est soumis à des pressions sans précédent à un moment où les défis de santé publique s’intensifient, selon le Rapport 2026 sur les tendances des médias de santé en Afrique, publié jeudi 26 février dernier par FINN Partners. Le rapport met toutefois en lumière une évolution croissante vers des récits de santé axés sur les solutions et portés par l’Afrique, susceptibles de transformer la manière dont les enjeux sanitaires sont couverts à travers le continent. Fondé sur les contributions de journalistes, de rédacteurs et de défenseurs issus de 11 pays africains, le rapport offre une perspective unique, ancrée dans les réalités du terrain, sur la manière dont les sujets de santé sont traités et sur ce qui est nécessaire pour renforcer le rôle du journalisme dans l’amélioration des résultats de santé publique. Les journalistes de santé doivent composer avec la réduction des financements des donateurs, l’augmentation du fardeau des maladies non transmissibles telles que le cancer, le diabète et les troubles de santé mentale, la récurrence des flambées de maladies infectieuses, ainsi que l’accélération des impacts sanitaires du changement climatique. Dans le même temps, les rédactions fonctionnent avec des ressources limitées, des services spécialisés en santé réduits et un accès restreint à des données fiables et actualisées. « Nous sommes à une période charnière pour la communication en santé en Afrique», a déclaré Peter FINN, associé fondateur et PDG de FINN Partners. « Lorsque le journalisme manque de ressources, la santé publique en pâtit. Des systèmes de santé performants reposent sur des écosystèmes médiatiques solides, ce qui implique de considérer les journalistes comme des partenaires essentiels, et non comme de simples relais. » L’un des constats centraux du rapport est que les évolutions du financement mondial de la santé sont devenues un récit médiatique dominant, poussant les pays à repenser la souveraineté sanitaire, le financement domestique et la production locale, tandis que les journalistes s’efforcent de traduire ces changements de politiques en impacts concrets sur les communautés. « La manière dont les problématiques de santé sont rapportées impacte la confiance du public, la hiérarchisation des priorités politiques et, en fin de compte, la solidité dessystèmes de santé», a déclaré Dr Maryam Bigdeli, spécialiste des systèmes de santé, ancienne Représentante et Cheffe de mission de l’Organisation Mondiale de la Santé(OMS) au Maroc. « Dans un contexte en évolution de priorités mondiales de santé et de contraintes de financement, les pays africains doivent se concentrer sur la construction de systèmes résilients, fondés sur des soins primaires solides, un financement durable et une gouvernance responsable. Ce rapport souligne l’importance de solutions locales et d’un dialogue basé sur des preuves pour promouvoir l’équité en santé et la résilience des systèmes à long terme à travers le continent». Malgré les pressions croissantes, le rapport identifie une tendance clairement positive : les journalistes se tournent de plus en plus vers un journalisme fondé sur les données et orienté vers les solutions, mettant au centre l’expertise africaine et les contextes locaux. À travers le continent, les journalistes appellent à ce que les experts, chercheurs et praticiens africains soient cités comme sources faisant autorité, afin de faire évoluer la perception de l’Afrique, d’un simple décor de crises vers un moteur de solutions. « Les conclusions de ce rapport reflètent la réalité du terrain », a déclaré Sheriff Bojang, journaliste à The Africa Report. « Les journalistes sont désireux de raconter des histoires àfort impact, mais sont souvent freinés par un manque de ressources et d’accès à desexperts locaux crédibles. Nous dépassons désormais la simple reprise d’études occidentales ; la priorité est aujourd’hui de contextualiser l’actualité mondiale de la santé pour montrer comment elle affecte nos communautés. Ce rapport fournit une feuille de route essentielle sur la manière dont les organisations de santé peuvent soutenir les médias afin que des informations exactes, potentiellement vitales, parviennent au public. » Le Rapport 2026 sur les tendances des médias de santé en Afrique se conclut par un appelà l’action à destination des gouvernements, des ONG, des bailleurs de fonds et du secteurprivé, afin qu’ils investissent dans le journalisme local, améliorent l’accès aux données et aux experts africains, et construisent des partenariats durables fondés sur la confiance avec les médias, dans le but de renforcer les résultats de santé publique.
La FM6SS et AstraZeneca renforcent leur collaboration pour faire progresser la prise en charge des maladies rares au Maroc

Journée internationale des maladies rares La Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé (FM6SS) AstraZeneca ont marqué la Journée internationale des maladies rares par l’ouverture en douceur (soft opening) du Hub de Médecine de Précision au sein du Complexe Hospitalier Universitaire International Mohammed VI à Rabat. Cette étape constitue une avancée majeure dans le renforcement du diagnostic des maladies rares, de la coordination des soins et de l’accès aux technologies avancées de médecine de précision au Maroc, souligne un communiqué. Cette initiative, annoncée en présence d’invités institutionnels et de représentants de la société civile, tels que la Société Marocaine de Génétique Médicale et l’Alliance Marocaine des Maladies Rares, s’inscrit dans le prolongement du Protocole d’Accord (MoU) signé en juillet 2025 entre la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé (FM6SS) et AstraZeneca pour la création d’un Centre d’Excellence des Maladies Rares (RD CoE). Les deux institutions œuvrent conjointement à transformer le parcours patient en réduisant les délais diagnostiques, en structurant des parcours de soins multidisciplinaires et en intégrant le profilage génomique et moléculaire dans la pratique clinique courante. Les maladies rares touchent collectivement des milliers de personnes au Maroc. Pourtant, les patients sont souvent confrontés à des parcours diagnostiques prolongés, à un accès limité aux examens spécialisés et à une prise en charge fragmentée. L’activation du Hub de Médecine de Précision marque ainsi une réponse nationale coordonnée, fondée sur la médecine de précision et des réseaux de soins intégrés. Organisé au sein du Complexe Hospitalier Universitaire International Mohammed VI, l’événement a réuni des leaders cliniques, des représentants de patients et des décideurs publics afin d’identifier les lacunes actuelles dans la prise en charge des maladies rares et de définir des solutions concrètes pour améliorer les résultats cliniques. En positionnant la FM6SS comme centre national de référence, l’initiative vise à standardiser les parcours de soins, à permettre la mise en place de registres patients et la production de données en vie réelle, ainsi qu’à renforcer les capacités des professionnels de santé. Dans le cadre du MoU signé en juillet 2025, la FM6SS et AstraZeneca collaborent autour de plusieurs axes stratégiques : détection précoce, optimisation des parcours d’orientation et de soins, développement des compétences et partage des connaissances. Le Centre d’Excellence des Maladies Rares est conçu comme une plateforme nationale de référence, capable de soutenir une prise en charge multidisciplinaire, de favoriser la recherche translationnelle et de déployer des modèles innovants de gestion des patients à l’échelle du Royaume. Amine Sekhri, Country Director d’AstraZeneca, a déclaré : « Dans le prolongement du protocole d’accord signé en juillet 2025 avec la FM6SS, l’ouverture du Hub de Médecine de Précision représente une avancée concrète vers notre vision commune d’un Centre d’Excellence national dédié aux maladies rares. Nous sommes engagés à contribuer à la réduction des délais diagnostiques, à élargir l’accès aux tests génomiques avancés et à promouvoir des modèles de soins intégrés générant des améliorations mesurables pour les patients et leurs familles à travers le Maroc. » Pour la FM6SS, ce Hub constitue une avancée structurelle majeure dans le paysage sanitaire marocain. Le Professeur Saber Boutayeb, Directeur Général du Centre Mohammed VI de la Recherche et de l’Innovation, relevant de la FM6SS, a ajouté : « Avec l’ouverture du Hub de Médecine de Précision, la FM6SS concrétise la promesse de la médecine de précision au bénéfice des patients atteints de maladies rares. En renforçant les parcours nationaux d’orientation, en développant les diagnostics génomiques et moléculaires et en structurant des équipes multidisciplinaires, nous posons les bases d’une prise en charge plus rapide, experte et équitable. » Au-delà de sa dimension scientifique et institutionnelle, l’événement a également mis en lumière l’engagement des patients comme pilier central de la prise en charge des maladies rares. Un Mur d’Empreintes symbolique ainsi qu’un espace dédié à la sensibilisation des patients ont illustré les expériences vécues par les personnes concernées et souligné l’importance d’un diagnostic précoce et d’une coordination efficace des soins. Cette initiative reflète un engagement plus large en faveur du partenariat, réunissant institutions publiques, professionnels de santé, acteurs industriels et communautés de patients afin de combler les lacunes persistantes dans la prise en charge des maladies rares.
Marie-Alix De Putter rejoint Praxis, réseau mondial de référence en entrepreneuriat à impact

La Bluemind Foundation annonce la sélection de sa présidente fondatrice, Marie Alix De Putter, au sein de l’Africa Accelerator de Praxis, écosystème international reconnu pour l’accompagnement de fondateurs engagés dans la construction d’organisations à fort impact sociétal. Praxis réunit entrepreneurs, investisseurs et dirigeants qui considèrent l’entreprise et l’organisation non comme de simples instruments économiques, mais comme des architectures capables de transformer durablement les systèmes sociaux. Ancré dans une tradition de réflexion éthique et spirituelle exigeante, l’écosystème accompagne des leaders pour qui la foi constitue une discipline intérieure au service du bien commun. Cette sélection intervient dans un contexte d’accélération stratégique pour la Bluemind Foundation, pionnière d’un modèle communautaire innovant de santé mentale déployé en Afrique francophone, notamment au Togo, au Cameroun et en Côte d’Ivoire. UNE APPROCHE SYSTÉMIQUE DE LA SANTÉ MENTALE Franco-camerounaise, Marie-Alix De Putter développe depuis plusieurs années une thèse devenue structurante : la santé mentale, c’est la santé ; elle est une infrastructure sociale, culturelle et politique. Son travail pose une question centrale de gouvernance publique : que devient une société lorsque la souffrance psychique demeure invisible, sous-financée et politiquement marginalisée ? À partir de cette interrogation, elle fonde la Bluemind Foundation et conçoit des dispositifs communautaires innovants qui déplacent le soin vers les lieux où la confiance existe déjà, structurent des passerelles vers les systèmes publics et rendent la santé mentale légitime, mesurable et finançable. Le programme Heal by Hair, qui forme des coiffeuses comme ambassadrices de santé mentale, incarne cette ingénierie sociale ancrée dans les réalités locales et pensée dès l’origine pour l’intégration institutionnelle. En moins de cinq ans, plus de 300 000 femmes ont bénéficié d’un soutien précoce ; les campagnes publiques ont touché plus de 350 millions de personnes ; des partenariats structurants ont été noués avec des universités, gouvernements et institutions internationales ; et un protocole d’évaluation scientifique soutenu par le Fonds d’Innovation pour le Développement est actuellement en cours au Togo. UNE RECONNAISSANCE INTERNATIONALE ET UNE NOUVELLE PHASE DE STRUCTURATION L’intégration au programme Praxis constitue une reconnaissance internationale du modèle développé par la Bluemind Foundation. Elle permettra de consolider l’architecture de gouvernance avant changement d’échelle, d’approfondir les mécanismes de financement durable et d’intégration publique, et d’inscrire la Fondation dans un réseau international de financeurs à impact, ouvrant l’accès à des capitaux patients alignés avec sa mission. Elle renforcera, dans le même mouvement, la cohérence entre culture organisationnelle, performance et responsabilité institutionnelle. La Fondation prépare actuellement son changement d’échelle régional, avec une ambition d’impact multi pays d’ici 2030 : 5 000 coiffeuses ambassadrices formées, 3 000 hubs communautaires actifs et plus de 5 millions de femmes et de jeunes bénéficiant d’un accès structuré à un soutien en santé mentale. Pour répondre à l’ampleur des besoins en Afrique de l’Ouest et centrale, la Bluemind Foundation entre dans une nouvelle phase de structuration de capital en vue d’un déploiement à plus grande échelle, combinant financements philanthropiques, partenariats institutionnels et mécanismes durables d’intégration publique. Depuis Lomé (Togo), la Fondation structure un modèle africain pensé pour les réalités du continent et du monde, avec une mission claire : rendre le soin accessible à toutes, à tous, partout, tous les jours. UNE VOIX SINGULIÈRE DANS LA GOUVERNANCE DU SOIN Le parcours de Marie-Alix De Putter s’enracine dans une expérience personnelle de rupture. Alors enceinte de quatre mois, elle perd son mari assassiné. Cette tragédie agit comme un révélateur : lorsque les systèmes de soin sont absents ou inaccessibles, la souffrance ne demeure jamais privée. Elle devient économique, institutionnelle et politique. Son approche conjugue conception systémique, rigueur scientifique, narration stratégique et négociation institutionnelle. Autrice, diplômée de trois masters II et d’un Exécutive MBA, formée à Harvard Business School et à Oxford, Marie-Alix De Putter intervient régulièrement dans des espaces académiques, économiques et politiques sur les enjeux de santé publique, de leadership et de transformation organisationnelle. Son leadership a été reconnu comme Desmond Tutu Fellow (AFLI), Best Woman Leader in Africa (AIFA), 30 Most Innovative People in Africa (Quartz), et par son entrée au Dictionnaire biographique des protestants français. Son travail a été présenté dans The New York Times, Le Monde, BBC, The Guardian, Vogue, Jeune Afrique, Der Spiegel et d’autres grands médias internationaux. UNE ÉTAPE STRUCTURANTE « Si la rédemption était un spectre, Praxis en occuperait l’extrémité la plus exigeante. Je rejoins cette cohorte inaugurale avec gratitude et gravité, consciente qu’à mesure que l’impact grandit, la responsabilité s’approfondit. À un moment charnière pour la Bluemind Foundation, Praxis renforce non seulement notre stratégie, mais aussi notre architecture intérieure ; la discipline morale et organisationnelle nécessaire pour changer d’échelle sans diluer le sens et les valeurs. Cette étape importante appartient à chaque Blueminder qui s’engage, souvent loin des projecteurs, là où les systèmes sont fragiles et où le coût de l’inaction se mesure en (jeunes) vies. » – Marie-Alix De Putter, Présidente et Fondatrice, Bluemind Foundation » Cette sélection marque une étape clé dans le positionnement international de la Bluemind Foundation et confirme une ambition : institutionnaliser des modèles africains de santé mentale communautaire, culturellement légitimes, scientifiquement évalués et économiquement viables. AMA
La prochaine génération de scientifiques africains contre le paludisme passe à l’action

Alors que l’Afrique entre dans une décennie décisive dans la lutte contre le paludisme, une nouvelle génération de scientifiques africains façonne l’avenir de la recherche, de l’innovation et du leadership en santé publique. Portés par leur expérience personnelle, leur proximité avec les communautés et la réalité urgente d’une maladie évitable qui continue pourtant de coûter la vie à des centaines de milliers de personnes chaque année en Afrique, ils s’engagent pleinement. Le dernier rapport mondial sur le paludisme de l’OMS 2025 montre que les progrès mondiaux contre le paludisme restent hors de portée, avec 282 millions de cas et 610 000 décès en 2024, soit environ 9 millions de cas de plus que l’année précédente. Selon le rapport Goalkeepers 2025, pour la première fois en ce siècle, les décès d’enfants sont sur le point d’augmenter et, avec une réduction de 20 % du financement de la santé, cela pourrait entraîner 12 millions de décès supplémentaires d’enfants d’ici à 2045. Ces chiffres montrent à quelle vitesse les progrès peuvent s’inverser sans investissements durables. Au sein des institutions de recherche, des scientifiques spécialisés dans le paludisme formés localement, connectés à l’échelle mondiale et motivés par la curiosité scientifique et la responsabilité sociale, façonnent l’avenir de la prévention en Afrique. Krystal Birungi est une entomologiste ougandaise et militante contre le paludisme, travaillant avec Target Malaria à l’Institut ougandais de recherche sur les virus (UVRI). Titulaire d’un double diplôme en Zoologie et en Botanique de l’Université Makerere, elle collabore avec Target Malaria à l’UVRI depuis près d’une décennie, et contribue aux efforts de recherche et de sensibilisation axés sur la prévention du paludisme et l’engagement communautaire. Son engagement dépasse les frontières de l’Ouganda. En 2021, Birungi a rejoint le Réseau de défenseurs du Fonds mondial (GFAN) en tant que championne du paludisme, contribuant aux discussions politiques régionales et mondiales sur l’équité en santé et la survie des enfants. En 2025, elle a été nommée l’une des dix Goalkeeper Champions pour avoir fait progresser l’accès équitable aux soins de santé en Afrique, et sélectionnée comme Dirigeante de la Fondation Obama pour l’Afrique. La même année, elle a contribué à un essai intitulé Hope for Life on Our Planet: Inspiration for Seven Generations. « Enfant, j’ai survécu au paludisme, et j’ai vu mon petit frère frôler la mort à cause de cette maladie. Ces expériences ne vous quittent jamais », a-t-elle déclaré. « Elles façonnent votre vision du monde et ce à quoi vous choisissez de consacrer votre vie. Pour moi, la science est devenue un moyen de protéger d’autres enfants et familles de la peur que la mienne a traversée. » Aujourd’hui, Birungi mobilise les communautés en Ouganda tout en contribuant au dialogue mondial sur la prévention du paludisme, l’innovation responsable et les politiques publiques, grâce à des collaborations transfrontalières. Le Dr. Annette Onyango est une médecin kényane ayant un intérêt particulier pour la santé mondiale et les maladies infectieuses. En plus de sa pratique clinique, elle soutient activement des initiatives de prévention et de lutte contre le paludisme et les Maladies Tropicales Négligées (MTN) au niveau communautaire, visant à renforcer la mise en œuvre des politiques. Le Dr. Onyango est Secrétaire du Conseil consultatif des jeunes (AYAC) de l’Alliance des dirigeants africains contre le paludisme (ALMA). À ce titre, elle participe activement aux efforts continentaux et régionaux de plaidoyer en faveur de l’élimination du paludisme d’ici à 2030. Elle conseille ALMA sur les stratégies visant à renforcer la participation significative des jeunes au plaidoyer pour l’élimination du paludisme et des MTN aux niveaux continental, régional et national. Par ailleurs, elle soutient également le plaidoyer, le lobbying et l’intégration des initiatives d’élimination du paludisme menées par les jeunes sur tout le continent, en favorisant des partenariats plus solides avec les gouvernements, les donateurs, les organisations de la société civile et d’autres acteurs clés. En tant que jeune médecin travaillant dans un hôpital national de référence situé dans une région endémique du paludisme, le Dr. Onyango a été témoin directe du fardeau considérable des maladies à transmission vectorielle. « La perte d’un enfant ou d’une femme enceinte due à une maladie évitable est profondément bouleversante. Je crois fermement que les jeunes, qui représentent la majeure partie de la population, peuvent être de puissants agents de changement lorsqu’ils sont véritablement impliqués dans les programmes de santé communautaire. » Le travail du Dr. Onyango illustre comment les jeunes professionnels de santé peuvent mettre à profit leur expertise pour influencer les décideurs politiques et mobiliser leurs pairs afin de prioriser le renforcement des systèmes de santé en vue de l’élimination des maladies à transmission vectorielle telles que le paludisme. Angella Nakamaanya est assistante de recherche ougandaise auprès de Target Malaria à l’Institut ougandais de recherche sur les virus (UVRI) d’Entebbe. Elle prépare actuellement une licence en zoologie, développant un vif intérêt pour la biologie des moustiques et identifiant les lacunes dans la recherche sur les soins et l’entretien des vecteurs.Son travail reflète la manière dont une nouvelle génération de scientifiques africains entre dans ce domaine avec la volonté de garantir que la recherche soit guidée par les réalités vécues par les communautés affectées et contribue directement à un impact sur la santé publique.« Parmi mes six frères et sœurs, j’étais la plus fréquemment malade du paludisme avant l’âge de cinq ans », a-t-elle déclaré. « Cette expérience a éveillé mon intérêt pour la biologie et le comportement des vecteurs du paludisme, et continue d’alimenter ma passion pour la recherche sur cette maladie. »En tant que scientifique en début de carrière, Nakamaanya représente l’avenir de la recherche africaine sur le paludisme, ancrée dans le vécu, la curiosité scientifique et la pertinence communautaire.Alors que 2026 commence, les scientifiques africains spécialisés dans le paludisme n’attendent pas le changement, ils le définissent. Des chercheurs émergents aux défenseurs établis, leur travail autonomise les communautés, oriente les politiques publiques et place le leadership africain au cœur d’un avenir sans paludisme. AMA
Les évacuations sanitaires, un business lucratif au Congo Brazzaville

PARLONS-EN. Le rapport de la Cour des comptes et de discipline budgétaire de 2022 laisse les Congolais pontois face aux révélations concernant les évacuations sanitaires. Une grande disparité existe entre certains privilégiés de la République et le bas peuple. En effet, l’analyse documentaire de la Direction générale des soins et services de santé révèle qu’un montant de 2641 milliards de F CFA (4 milliards d’euros) a été décaissé en 2022 pour les soins extérieurs au profit de 176 malades (sur les 6 millions de Congolais) atteints de divers pathologies, contre 3146 milliards de F CFA (environ 5 milliards d’euros) en 2021, soit une baisse de 1059 milliards de F CFA ( 1,7 milliards d’euros) par rapport à l’année 2022. Malgré cela, la Cour des comptes encourage le Gouvernement à poursuivre la construction des différents centres hospitaliers et à les doter de plateaux techniques, ainsi qu’à continuer à former des spécialistes dans différents domaines. Ces chiffres nous donnent du tournis lorsque nous voyons l’état actuel du CHUB, le plus grand centre hospitalier du Congo. Les évacuations sanitaires sont un vrai business lucratif pour certains cadres du « Trésor public » et du « ministère de la Santé ». Entre 10% à 20% sont exigés pour tout décaissement d’argent au trésor. Pendant ce temps, nos hôpitaux manquent de tout et les Congolais meurent comme des chiens. Les Congolais vivent une vraie discrimination de la part de nos dirigeants et aux antipodes de la Constitution. Tous les Congolais ne sont pas égaux et certains sont privilégiés notamment les 176 personnes qui bénéficient des évacuations sanitaires au détriment des autres (Article 15 de la constitution du 25 octobre 2015). Comment peut-on affirmer que: » L’Etat est garant de la santé publique. » ( Article 36 de la constitution) s’il existe une micro-Republique des privilégiés ? Il sied de rappeler que les efforts du Gouvernement sont à minima dans la construction des nouveaux centres hospitaliers, de l’équipement des plateaux techniques modernes, enfin dans la formation des cadres spécialisés de santé. Il est impératif d’augmenter le salaire de tous les personnels du corps hospitaliers afin d’arrêter cette hémorragie dans notre système de santé défaillant. C’est une aubaine d’interpeller » la Commission Santé, Affaires sociales, famille et genre » de l’Assemblée nationale, dirigée par l’honorable Virginie Euphrasie DOLAMA, afin qu’elle encadre les évacuations sanitaires et fasse pression au Gouvernement pour mettre en œuvre une vraie politique sanitaire au bénéfice de tous les Congolais. » Le scandale est souvent pire que le péché « . Fait à Limoges, le 16 Février 2026 Evrard NANGHO Le Patriote Engagé
Santé pour tous : La Fondation SNPC et l’OMS scellent une alliance stratégique à Brazzaville

Le paysage de l’action humanitaire et sanitaire au Congo franchit une nouvelle étape. Ce vendredi 13 février 2026, au siège de la Société Nationale des Pétroles du Congo, la Fondation SNPC et le bureau de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) au Congo ont officialisé la signature d’un accord de partenariat stratégique. Selon le communiqué de la Fondation, cette alliance vise à consolider l’accès aux soins de santé primaires pour les populations les plus vulnérables du pays et marque la volonté commune de conjuguer ressources privées et expertise technique internationale pour répondre aux défis sanitaires du pays.En apposant leurs signatures sur cet accord stratégique, Maixent Raoul Ominga et le Dr Vincent Dossou Sodjinou engagent la SNPC et l’OMS dans une mission commune : protéger les citoyens vulnérables et démunis. En unissant leurs forces, la SNPC et l’OMS traduisent en actions concrètes la volonté du président Denis Sassou-N’Guesso de garantir une couverture sanitaire universelle en République du Congo. Contexte et importance du partenariat Au lendemain de l’épidémie de choléra, qui a souligné l’importance cruciale d’assurer l’accès aux soins dans les localités vulnérables, la Fondation SNPC et le bureau pays de l’OMS au Congo ont signé un accord de partenariat le 13 février 2026. Cet accord vise à renforcer la résilience du système de santé du Congo à travers un projet intitulé « Renforcement des soins de santé primaires au Congo : réduction de la morbidité et de la mortalité dans les groupes vulnérables en vue de la couverture sanitaire universelle ».Étalé sur la période 2026-2028, ce projet ratifié s’aligne sur les priorités du Plan National de Développement Sanitaire (PNDS). Il s’articule autour de piliers stratégiques : la modernisation des services de santé de proximité, l’accès à des soins essentiels de qualité, ainsi qu’une préparation accrue face aux urgences sanitaires via une surveillance renforcée. Engagement financier et technique Le même communiqué de presse précise que la Fondation SNPC s’engage à apporter une contribution pluriannuelle de six milliards de francs CFA (6 000 000 000). Ce financement est destiné à renforcer les capacités des structures de santé de première ligne, d’améliorer les infrastructures et équipements, de former le personnel de santé, d’approvisionner en intrants essentiels et de mettre en place des systèmes de suivi et d’évaluation axés sur les résultats. L’OMS, de son côté, assurera la mise en œuvre technique et la gestion financière du projet, garantissant transparence et reddition de comptes. Un comité de suivi conjoint, incluant des représentants de l’OMS, de la Fondation SNPC et du ministère de la Santé et de la Population, sera établi pour piloter le projet. Des revues à mi-parcours et finale permettront d’évaluer les progrès et d’optimiser l’impact des interventions. Les points clés des interventions Prenant la parole lors de la cérémonie, le Dr Vincent Dossou Sodjinou, représentant résident de l’OMS, a mis en exergue la portée stratégique de cette alliance. Selon lui, ce partenariat constitue un levier déterminant pour « consolider l’édifice sanitaire national à sa base » et assurer une couverture médicale effective, « jusqu’au dernier kilomètre », au profit des populations les plus isolées. Réaffirmant l’implication de son institution, il a martelé : « Je m’engage personnellement à ce que ce projet soit piloté avec rigueur et transparence, dans une quête permanente de résultats tangibles pour les bénéficiaires. » Pour sa part, Maixent Raoul Ominga, Directeur Général de la SNPC, a exprimé sa fierté, à travers la conclusion de cet accord. « Par cet investissement, la SNPC réaffirme son soutien durable au développement sanitaire national. Nous sommes fiers d’accompagner des actions concrètes qui amélioreront la vie de nos concitoyens. » a laissé entendre le directeur général de la SNPC. « En somme, cette alliance stratégique entre la Fondation SNPC et l’OMS s’impose comme un tournant décisif pour l’offre de soins au Congo. En plaçant la santé primaire au cœur de ses priorités, ce partenariat s’attaque directement aux disparités géographiques et sociales, tout en érigeant un rempart plus solide contre les futures crises épidémiques. » Wilfrid Lawilla D.
Maroc/Fin des travaux du 41ᵉ Congrès national de la SMSM : Recherche, innovation et coopération Sud-Sud : les grands axes des débats

Des enjeux stratégiques pour le Maroc et l’Afrique Les travaux du 41ème Congrès national de la société marocaine des sciences médicales (SMSM), organisé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, se sont achevés samedi dernier à Casablanca. La conférence de clôture, axée sur les « Relations Sud-Sud : Académie africaine des sciences et de la santé : un levier stratégique pour la recherche, l’innovation et la formation sur le continent », a marqué la fin de cet événement qui a réuni une pléiade de professionnels du corps médical dont des médecins, chercheurs et experts issus de diverses disciplines. Pendant deux jours, des échanges et débats de grande portée ont enrichi les participants, sous la présidence d’honneur du Pr Lahcen Belyamani. Ouvert le vendredi 6 février, le 41e Congrès national de la SMSM a proposé plusieurs activités favorisant le partage d’expertises et l’émergence de pistes concrètes pour l’amélioration du système de santé. Cette édition, coprésidée par le Dr Moulay Said Afif et le Pr Mohamed Adnaoui, a été ponctuée de conférences, symposiums, tables rondes, ateliers et communications scientifiques nourrissant des réflexions approfondies autour de thématiques médicales majeures et d’actualité. Les participants ont notamment débattu des enjeux liés à la « Santé de la mère et de l’enfant », à travers la promotion de la santé maternelle et néonatale et les programmes de vaccination et le renforcement de l’immunisation. Les discussions ont également porté sur l’« Accès équitable aux médicaments et aux produits de santé », avec un focus sur la disponibilité des médicaments essentiels et le renforcement de l’industrie pharmaceutique nationale, pilier de la souveraineté sanitaire. Le volet « Santé et innovation » a mis en lumière l’état des lieux et les perspectives d’avenir de la chirurgie robotique au Maroc et l’intelligence artificielle au service de la santé. La « Coopération internationale Sud-Sud » a occupé une place centrale, notamment à travers le rôle de l’Académie africaine des sciences et de la santé comme levier stratégique pour la recherche, l’innovation et la formation sur le continent. D’autres thématiques essentielles ont été abordées, notamment la « Santé scolaire et le développement de l’enfant », avec le renforcement de la santé scolaire comme facteur clé de la réussite éducative. Ainsi que la « Formation médicale et le capital humain », autour de la réforme de la formation médicale de base et du cycle de spécialisation et la mobilisation de la diaspora médicale marocaine au service des Objectifs de développement durable à l’horizon 2030. A noter que trois prestigieux prix ont été décernés à l’issue de la première journée du congrès auquel ont également pris part une cinquantaine de sociétés médicales. Ainsi, le « Prix de Recherche de l’interne et du résident Pr Moulay Ahmed Iraqi », d’une valeur de 25.000 dirhams, a été attribué au Dr Abdelhaq Barbach pour son travail intitulé « Conception et développement d’un dispositif personnalisé assisté par l’intelligence artificielle pour l’éducation thérapeutique des patientes atteintes de diabète gestationnel au Maroc » ainsi qu’au Dr Sara Messaoud pour son étude « Knowledge, attitudes and practices of Moroccan Doctors Rregarding the needs of elderly people for assistance and support: A pilot cross-sectional study ». Nouvellement créé, le « PRIX de recherche africain de médecine Pr Abdellatif Berbich », doté de 60.000 DH, a été décerné au Pr Lekehal Brahim pour son travail intitulé « Une approche interdisciplinaire innovante de la transplantation rénale au Maroc «équipe mixte» : expérience de deux centres et contribution à l’élargissement des critères d’éligibilité en Afrique ». Alain Bouithy