Changement de la constitution : le danger que Félix Tshisekedi fait courir à la RDC

Changement de la constitution : le danger que Félix Tshisekedi fait courir à la RDC

LIBRES PROPOS. Aux yeux de nombreux Congolais, le projet de changement de la Constitution n’est pas une urgence. Ce projet n’est pas porté par l’ensemble de la nation, mais par Félix Tshisekedi lui-même, appuyé par ses frères de tribu, son entourage politique immédiat et un groupe de Congolais corrompus sans scrupules. On n’a pas besoin d’être un grand stratège pour pressentir que cette affaire pourrait mal finir, voire très mal. La première conséquence possible concerne l’intégrité territoriale de la RDC. Dans un contexte déjà marqué par l’occupation, la guerre à l’Est et les ambitions territoriales à peine voilées du Rwanda et de ses relais locaux, une crise constitutionnelle majeure pourrait accélérer les dynamiques de fragmentation du pays. Elle pourrait offrir à Kigali et à ses proxys l’occasion de précipiter le processus de balkanisation, déjà largement engagé, notamment par la création de fait d’un territoire autonome dans le Kivu. Une telle perspective serait d’autant plus inquiétante qu’elle surviendrait dans une RDC fragilisée par un pouvoir donnant l’impression de placer ses intérêts politiques au-dessus de la survie de l’État. La seconde conséquence, plus « souterraine » mais tout aussi dangereuse, est la radicalisation silencieuse d’une large partie de la population congolaise opposée au changement de la constitution. À mesure que le régime Tshisekedi s’enferme dans une logique d’hégémonisme clanique ou tribale du pouvoir, cette majorité silencieuse se durcit. On voit déjà émerger un discours préoccupant, selon lequel les Balubas dans leur majorité constitueraient une menace pour l’unité nationale et l’intégrité territoriale de la RDC. Et il faut dire que certains Lubas, par leur comportement irresponsable, contribuent à nourrir cette perception dangereuse et simplificatrice. Ce glissement est extrêmement dangereux, car il risque de transformer une crise politique en crise communautaire. Je l’ai déjà dit : de plus en plus de Congolais considèrent l’hégémonisme du clan Tshisekedi comme une menace existentielle pour la République. Le président et son entourage doivent mesurer la gravité du danger qu’ils font courir au pays en s’engageant dans cette aventure de changement de la constitution. Dans une nation aussi fragile, traversée par la guerre, les frustrations sociales et les tensions identitaires, jouer avec la Constitution revient à jouer avec le feu. Il ne faut pas transformer la RDC en un autre Rwanda. À bon entendeur, je bois mon lait nsambarisé. Par Patrick Mbeko

RDC. La CNC préconise le changement de la Constitution après les élections de 2028 consacrant la fin du pouvoir de Félix Tshisekedi

RDC. La CNC préconise le changement de la Constitution après les élections de 2028 consacrant la fin du pouvoir de Félix Tshisekedi

TRIBUNE. La Coalition pour un Nouveau Congo (CNC) préconise le changement de la Constitution    après les élections de 2028 consacrant la fin du pouvoir de Mr Félix Tshilombo Tshisekedi de l’UDPS et de l’Union sacrée souillée. La Coalition pour un Nouveau Congo (CNC) suit avec une attention particulière les débats nés de l’intervention de Mr Bahati Lukwebo, notamment quand il affirme : « Si ceux qui ont 60 ou 50 ans ne sont pas matures, comment voulez-vous qu’une Constitution de 17 ans soit vieille ? ». Cette phrase, largement relayée dans les médias et sur les réseaux sociaux, s’inscrivait dans le cadre du débat national sur l’éventualité d’une réforme constitutionnelle en RDC. Pour Bahati Lukwebo, l’âge de la Constitution ne peut être considéré comme un argument suffisant pour justifier son remplacement ou sa modification. Ainsi, la République Démocratique du Congo n’a pas de problème des textes, mais d’hommes qui n’appliquent pas la Constitution. La polémique soulevée par l’intervention de ce dernier qui est membre du Présidium de l’Union Sacrée souillée montre clairement que même certains membres de l’Union sacrée ne veulent pas à entendre parler de la modification de la Constitution pour permettre à Mr Félix Tshilombo Tshisekedi de se maintenir au pouvoir après 2028. La CNC est catégorique et souligne que le mandat de ce dernier se terminera en 2028, qu’il pleuve ou qu’il neige. La CNC dit non à une nouvelle dictature. 1. Les membres de l’UDPS et de l’Union sacrée pris dans leurs propres pièges. En 2015 dans l’opposition, avec l’appui de la société civile et du Comité Laïc Catholique, l’UDPS s’est opposée farouchement à la révision de la Constitution par le pouvoir de Joseph Kabila, notamment en ce qui concerne l’article verrouillé 220 qui limite la durée du mandat présidentiel. Il s’agit bien strictement de deux mandats de cinq ans. Si le ridicule pouvait tuer les vuvuzela de l’UDPS et de l’Union sacrée souillée. Que de la cacophonie avec des propos contradictoires ! 2. Pour la CNC, la Constitution sera modifiée après le départ du pouvoir de Mr Félix Tshilombo Tshisekedi en 2028. Pour la Coalition pour un Nouveau Congo (CNC), la RDC a un problème des hommes et des textes. La Constitution actuelle appelle une modification, pour ne pas dire un changement. Mais cela n’interviendra qu’après le départ de Mr Félix Tshilombo Tshisekedi du pouvoir. La CNC ne va pas tolérer qu’il modifie la Constitution pour se maintenir au pouvoir après 2028. 3. La CNC propose que le problème de la Constitution soit traité lors d’un dialogue national inclusif. La Coalition pour un Nouveau Congo (CNC) est et sera toujours du côté du Peuple Congolais. La CNC appuie toujours l’organisation d’un dialogue national inclusif, sous l’égide de l’Union Africaine et de la CENCO et de l’ECC, pour mettre fin au génocide congolais et briser le plan de balkanisation de notre beau pays, la RDC. Elle propose que le problème de modification ou de changement de la Constitution soit traité lors du dialogue national inclusif en préparation. Mettons-nous ensemble avec la CNC pour la sortie définitive de crise de notre beau pays, la République Démocratique du Congo. Ainsi fait à Kinshasa, le 09 mars  2026 Pour la Coalition pour un Nouveau Congo Isidore EKOFO LOKENYO Le Porte-parole Contact : Mail : coalition2024@gmail.com

Fiston Mukunayi : la paix en RDC ne peut être rétablie sans un dialogue avec le M23

Fiston Mukunayi : la paix en RDC ne peut être rétablie sans un dialogue avec le M23

L’avocat et homme politique congolais accuse le président Félix Tshisekedi de double discours et de calcul politique au détriment des populations Dans la situation actuelle, il est impossible de rétablir la paix en République démocratique du Congo (RDC) sans un dialogue avec le M23, affirme Fiston Mukunayi, convaincu que cette réalité est connue de tous, y compris du président Félix Tshisekedi, qui en est parfaitement conscient. « Pourtant, au lieu d’assumer clairement cette option et de chercher une solution courageuse et responsable, il préfère jouer au double discours et gagner du temps », déplore l’avocat pénaliste et homme politique congolais. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, ce dernier va jusqu’à penser que « son objectif c’est sa survie politique et la préparation d’un glissement vers 2028 ». Pour Fiston Mukunayi, c’est pour cette raison que le discours président congolais « change à tout bout de champ. Un jour, il jure qu’il n’y aura jamais de dialogue avec les rebelles ; le lendemain, il ouvre la porte à des négociations indirectes ; puis, encore après, il se replie derrière des promesses sans lendemain ». A ceux qui pensent que cette « incohérence » relève d’une simple erreur de communication, l’avocat répond : « c’est une stratégie calculée pour brouiller les pistes, fatiguer l’opinion publique et repousser toute décision décisive ». Il se trouve, malheureusement, que « pendant que le pouvoir manœuvre, c’est la population qui paie le prix fort. Les civils continuent de mourir, les villages sont vidés de leurs habitants, des millions de Congolais vivent dans l’angoisse permanente et l’extrême précarité. Chaque jour de tergiversation politique se traduit par des vies brisées, des familles déplacées et un État un peu plus affaibli ». L’homme politique qu’il est en est convaincu : le temps que le régime de Kinshasa « cherche à gagner est du temps que le peuple perd ». Par ailleurs, quoi qu’on ne le dise pas souvent, « utiliser la guerre et l’insécurité comme outils de calcul politique est irresponsable et indigne ». Face à l’urgence nationale, certains ont choisi le calcul personnel plutôt que l’intérêt du peuple congolais, a-t-il conclu. Adrien Thyg

RDC. Fiston Mukunayi : l’UDPS a fait de la déstabilisation politique son fonds de commerce

RDC. Fiston Mukunayi : l’UDPS a fait de la déstabilisation politique son fonds de commerce

OPINION. L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti présidentiel, « a vendu des illusions, du vent et des slogans creux à un peuple fatigué, tout en se réfugiant sans cesse derrière des excuses recyclées », affirme l’avocat pénaliste et homme politique Fiston Mukunayi, dans la tribune ci-dessous. « L’UDPS doit des excuses sincères au peuple congolais. Oui, des excuses. Car une grande part de l’échec de ce pays lui incombe. Depuis l’époque de Mobutu, l’UDPS a fait de la déstabilisation politique son fonds de commerce, au nom d’un combat prétendument démocratique, mais sans jamais offrir une vision sérieuse, structurée et responsable de l’État. C’est aussi sous sa pression permanente que le régime de Joseph Kabila a gouverné dans la crispation, l’improvisation et la paralysie, dans un climat de conflit politique entretenu volontairement. L’UDPS est le véritable manipulateur de l’opinion. Elle a vendu des illusions, du vent et des slogans creux à un peuple fatigué, tout en se réfugiant sans cesse derrière des excuses recyclées. Aujourd’hui encore, elle ose faire croire que Félix Tshisekedi n’aurait aucune responsabilité dans l’état chaotique du pays. Donc si Tshisekedi echoue c’est parce-que Kabila existe, C’est non seulement faux, mais profondément insultant pour l’intelligence collective des Congolais. Gouverner, c’est assumer ses réussites mais aussi de ses échecs. Le plus grave, c’est cette rhétorique victimaire qui persiste. Hier, on disait que le Congo ne se développait pas parce que Kabila était rwandais et il travaillait pour l’intérêt du Rwanda. Aujourd’hui, on affirme que c’est encore Kabila qui bloque Tshisekedi. Comment un citoyen sans aucune responsabilité étatique pourrait-il bloquer un président de la République qui contrôle l’appareil d’État ? À moins de vouloir faire croire aux gens que Kabila est plus puissant qu’un président en fonction ce qui est utopique, ils ont juste constater que les promesses non tenues s’accumulent , l’insécurité persiste la corruption généralisée et la mauvaise gouvernance seraient pas les conséquences directes du pouvoir en place, ils ont créé un mythe autour de Kabila comme quoi c’est lui le diable. À force de manipuler la vérité, on finit par se manipuler soit même. À force de refuser toute responsabilité, on démontre clairement qu’on n’est pas à la hauteur des responsabilités étatiques ». Par Fiston Mukunayi Avocat pénaliste et Homme politique

RD Congo. Le régime de la division et de la haine

RD Congo. Le régime de la division et de la haine

LIBRES PROPOS. Vous enlevez un jeune dont le seul « crime » est d’avoir critiqué le régime de Félix Tshisekedi. Vous le gardez dans un lieu tenu secret pendant des jours. Vous le torturez. Puis, aujourd’hui, vous publiez tranquillement une vidéo où le jeune homme, visiblement affaibli, présente des excuses au président. Vous pensez l’avoir humilié. En réalité, vous venez surtout d’exposer le régime. Une vidéo d’excuses après une disparition, ce n’est pas une victoire. C’est un aveu. L’aveu d’un pouvoir qui ne répond plus par le droit, mais par l’intimidation. L’aveu d’un pouvoir qui transforme la critique en affaire de sécurité, comme si un pays pouvait se gouverner en faisant peur à sa jeunesse. Et après, on s’étonne de voir des Congolais basculer — parfois à contrecœur — vers des soutiens paradoxaux, y compris envers des groupes armés comme le M23. On s’étonne d’entendre certains regretter l’époque de Joseph Kabila que beaucoup n’osaient plus défendre. Mais ce sont ces pratiques et comportements qui fabriquent la colère, la radicalisation et la nostalgie du « c’était peut-être mieux avant ». Un pouvoir intelligent apaise, convainc, respecte les règles. Un pouvoir fragile intimide, filme, exhibe. Quand il répond à la critique par la peur, il ne réduit pas la contestation, il la radicalise. Humilier un citoyen n’élève pas l’État, ça le rabaisse. Et chaque disparition, chaque « excuse » forcée, chaque mise en scène… c’est une balle de plus dans le pied du régime Tshisekedi. Et le jour où l’alternance surviendra, c’est la stabilité même du pays qui risque d’en payer le prix, tant les frustrations accumulées sont profondes. Il faudra des générations pour neutraliser le poison de la division et de la haine distillé dans les cœurs et les esprits par le régime actuel. Par Patrick Mbeko

RD Congo. Investir le cerveau de l’ennemi pour anticiper ses actions

RD Congo. Investir le cerveau de l’ennemi pour anticiper ses actions

TRIBUNE. Réagissant à mon dernier post sur les déclarations de Paul Kagame au sujet du processus de Doha, certains compatriotes ont rappelé que Kagame avait boycotté le sommet de paix de Luanda (Angola), avant que les discussions ne soient transférées à Doha, au Qatar. À première vue, les faits semblent valider cette lecture. Mais, en réalité, la situation est bien plus complexe. En temps de conflit, il est indispensable de comprendre le logiciel mental de l’adversaire, entrer dans sa logique, saisir sa vision du monde, ses priorités et sa manière d’interpréter les événements. Sans cet effort, on risque de mal lire ses intentions, voire de poser des actes qui se retournent contre nous. C’est, selon moi, ce qui arrive à la RDC depuis le début de la guerre d’agression rwandaise menée sous le « masque » du M23. Au lieu de « cartographier » le logiciel mental de Paul Kagame, Félix Tshisekedi et ses proches ont tendance à décrypter les décisions de Kigali à travers leurs propres référentiels et préjugés. Résultat : Kinshasa a souvent été — et demeure — incapable d’anticiper les mouvements de Kigali, prenant parfois des décisions aux effets contre-productifs. Le soi-disant accord de paix signé et entériné à Washington est à cet égard éloquent : Tshisekedi a en effet cru que proposer les minerais stratégiques de la RDC aux Américains suffirait à les impliquer directement dans le conflit qui oppose le Congo au Rwanda. Revenons aux pourparlers censés se tenir le 15 décembre 2024 à Luanda entre Paul Kagame et Félix Tshisekedi. Kagame ne s’y est finalement pas rendu, estimant que le sommet n’était « plus pertinent » dès lors que Kinshasa ne s’était pas engagé à négocier avec le M23. Tshisekedi a, à juste titre, dénoncé l’attitude de son homologue. La manœuvre était profondément malhonnête. Mais si l’on observe froidement la position de Kigali, qui relève à ne point de douter de la manipulation, on peut tout de même y déceler une certaine cohérence dans la mesure où Félix Tshisekedi a reconnu la « congolité » du M23 et la nécessité de neutraliser une menace contre le Rwanda (celle des FDLR) qui n’a jamais véritablement existé. Bref. Si les responsables congolais avaient réellement «cartographié» le logiciel mental du maître de Kigali, ils auraient peut-être mieux compris son modus operandi et, surtout, mieux anticipé ses prochaines actions. L’objectif ici n’est pas de devenir l’adversaire ou l’ennemi, mais de comprendre sa logique pour prévoir ses coups. Pour finir, chacun son domaine : la stratégie aux stratèges, le fanatisme aux fanatiques et thuriféraires, l’idiotie aux idiots. Je bois mon lait nsambarisé. Par Patrick Mbeko

RDC/Rwanda. Processus de Doha : Paul Kagame n’a pas totalement tort

RDC/Rwanda. Processus de Doha : Paul Kagame n’a pas totalement tort

LIBRES PROPOS. Dans un entretien accordé à Al-Jazeera, le président Paul Kagame soutient que c’est Félix Tshisekedi — et non le Rwanda — qui a contourné les processus et initiatives africains de paix de Luanda pour se tourner d’abord vers le Qatar, puis vers les États-Unis. Cette déclaration vient conforter l’analyse que j’avais formulée à l’époque et aide à comprendre pourquoi la médiation angolaise a fini par se retirer. J’expliquais que Tshisekedi s’était tourné vers le Qatar parce qu’il était isolé au niveau sous-régional et ne semblait plus faire confiance à la médiation angolaise. Selon Kagame, « l’espoir » de Tshisekedi « était de pouvoir manipuler, soit le processus au Qatar, soit le processus ici à Washington, en sa faveur, parce qu’il considère que la RDC est trop grande, trop importante, que le monde entier convoite une part de ce qu’elle possède, et qu’il suffirait qu’il paie et manipule les gens pour obtenir le résultat qu’il voulait. » On peut ne pas porter le président rwandais dans son cœur, mais ses propos ne sont pas entièrement sans fondement. Lors d’échanges que j’ai eus avec des membres du pouvoir congolais impliqués dans les discussions avec les Américains et les Rwandais, il m’a été très clairement indiqué que le président Tshisekedi comptait faire des minerais critiques de la RDC une monnaie d’échange. Kinshasa n’avait, pour ainsi dire, rien d’autre à mettre sur la table. L’objectif immédiat était de freiner la progression du M23 pour sécuriser le régime. Les effets de cette approche court-termiste, aujourd’hui, se passent de commentaire. Par Patrick Mbeko

Et le piège se referma sur la RD Congo !

Et le piège se referma sur la RD Congo !

PARLONS-EN. Les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame ont finalement entériné l’« accord de paix » signé à Washington en juin dernier, sous le regard du président Donald Trump. Pas besoin d’être devin pour voir que le chef de l’État congolais l’a fait à contrecœur, lui qui avait posé comme préalable à toute signature avec le Rwanda le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais. Comme je l’ai rappelé dans un post il y a deux semaines, Tshisekedi n’avait, en réalité, guère d’alternative. Sa marge de manœuvre s’était considérablement rétrécie après la signature des protocoles d’accord avec le Rwanda et ses supplétifs du M23. Pris au piège de ses propres errements et soumis à de fortes pressions américaines, il a accepté de se rendre à Washington pour apposer sa signature sur un texte qui, au final, récompense d’une certaine manière le pays contre lequel son régime voulait précisément se prémunir, en attirant les États-Unis dans le secteur extractif congolais en échange d’un soutien militaire et diplomatique. Les images de la cérémonie à Washington parlent d’elles-mêmes. Et en diplomatie, les images pèsent parfois plus que les mots. Il existe des accords qui tiennent sans image forte immédiate, mais quand il n’y a aucun acte symbolique, la paix reste souvent fragile, contestée ou réversible. Un accord de paix sans poignée de main n’en est pas un. Tout le monde le sait, à commencer par les Américains et les Rwandais, grands gagnants de cet « accord de paix » aux contours singuliers. « Les dividendes de la paix sont la prospérité et les investissements, y compris les investissements américains », a déclaré Paul Kagame. Comprenne qui pourra. Pendant ce temps, dans le Kivu, on mesure concrètement les effets de cet « accord de paix » : il pleut des balles et des mortiers, et la population ne sait plus à quel saint se vouer. Bref, pour sortir la RDC de cette situation calamiteuse, Félix Tshisekedi n’aurait d’autre choix que de torpiller ce soi-disant accord de paix en demandant au Parlement de ne pas cautionner la faute qu’il vient d’entériner à Washington. Je bois mon lait nsambarisé. Par Patrick Mbeko