RDC/Rwanda. Processus de Doha : Paul Kagame n’a pas totalement tort

RDC/Rwanda. Processus de Doha : Paul Kagame n’a pas totalement tort

LIBRES PROPOS. Dans un entretien accordé à Al-Jazeera, le président Paul Kagame soutient que c’est Félix Tshisekedi — et non le Rwanda — qui a contourné les processus et initiatives africains de paix de Luanda pour se tourner d’abord vers le Qatar, puis vers les États-Unis. Cette déclaration vient conforter l’analyse que j’avais formulée à l’époque et aide à comprendre pourquoi la médiation angolaise a fini par se retirer. J’expliquais que Tshisekedi s’était tourné vers le Qatar parce qu’il était isolé au niveau sous-régional et ne semblait plus faire confiance à la médiation angolaise. Selon Kagame, « l’espoir » de Tshisekedi « était de pouvoir manipuler, soit le processus au Qatar, soit le processus ici à Washington, en sa faveur, parce qu’il considère que la RDC est trop grande, trop importante, que le monde entier convoite une part de ce qu’elle possède, et qu’il suffirait qu’il paie et manipule les gens pour obtenir le résultat qu’il voulait. » On peut ne pas porter le président rwandais dans son cœur, mais ses propos ne sont pas entièrement sans fondement. Lors d’échanges que j’ai eus avec des membres du pouvoir congolais impliqués dans les discussions avec les Américains et les Rwandais, il m’a été très clairement indiqué que le président Tshisekedi comptait faire des minerais critiques de la RDC une monnaie d’échange. Kinshasa n’avait, pour ainsi dire, rien d’autre à mettre sur la table. L’objectif immédiat était de freiner la progression du M23 pour sécuriser le régime. Les effets de cette approche court-termiste, aujourd’hui, se passent de commentaire. Par Patrick Mbeko

Et le piège se referma sur la RD Congo !

Et le piège se referma sur la RD Congo !

PARLONS-EN. Les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame ont finalement entériné l’« accord de paix » signé à Washington en juin dernier, sous le regard du président Donald Trump. Pas besoin d’être devin pour voir que le chef de l’État congolais l’a fait à contrecœur, lui qui avait posé comme préalable à toute signature avec le Rwanda le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais. Comme je l’ai rappelé dans un post il y a deux semaines, Tshisekedi n’avait, en réalité, guère d’alternative. Sa marge de manœuvre s’était considérablement rétrécie après la signature des protocoles d’accord avec le Rwanda et ses supplétifs du M23. Pris au piège de ses propres errements et soumis à de fortes pressions américaines, il a accepté de se rendre à Washington pour apposer sa signature sur un texte qui, au final, récompense d’une certaine manière le pays contre lequel son régime voulait précisément se prémunir, en attirant les États-Unis dans le secteur extractif congolais en échange d’un soutien militaire et diplomatique. Les images de la cérémonie à Washington parlent d’elles-mêmes. Et en diplomatie, les images pèsent parfois plus que les mots. Il existe des accords qui tiennent sans image forte immédiate, mais quand il n’y a aucun acte symbolique, la paix reste souvent fragile, contestée ou réversible. Un accord de paix sans poignée de main n’en est pas un. Tout le monde le sait, à commencer par les Américains et les Rwandais, grands gagnants de cet « accord de paix » aux contours singuliers. « Les dividendes de la paix sont la prospérité et les investissements, y compris les investissements américains », a déclaré Paul Kagame. Comprenne qui pourra. Pendant ce temps, dans le Kivu, on mesure concrètement les effets de cet « accord de paix » : il pleut des balles et des mortiers, et la population ne sait plus à quel saint se vouer. Bref, pour sortir la RDC de cette situation calamiteuse, Félix Tshisekedi n’aurait d’autre choix que de torpiller ce soi-disant accord de paix en demandant au Parlement de ne pas cautionner la faute qu’il vient d’entériner à Washington. Je bois mon lait nsambarisé. Par Patrick Mbeko

RD Congo : L’appel pressant de l’opposant Martin Fayulu à Félix Tshisekedi pour un dialogue national inclusif

RD Congo : L’appel pressant de l’opposant Martin Fayulu à Félix Tshisekedi pour un dialogue national inclusif

Dans une vidéo diffusée sur son compte X (anciennement Twitter), l’opposant Martin Fayulu a interpellé directement le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, l’exhortant à ouvrir sans délai un dialogue national inclusif. S’exprimant au nom d’un « peuple meurtri mais toujours debout », le président de la plateforme politique Lamuka  insiste sur l’urgence de restaurer une cohésion nationale capable de répondre à la menace qui vise l’existence même, l’identité, l’unité, la dignité et l’honneur existentielles de la RDC. Martin Fayulu invite ainsi le chef d’Etat congolais « à convoquer sans délai un dialogue national inclusif afin de dégager la Cohésion Nationale nécessaire pour faire face aux menaces existenties ». Son message, solennel et empreint de gravité, se veut avant tout un appel à la responsabilité. Il rappelle au chef de l’État que « Dieu et l’histoire » observent chacune des décisions prises en cette période jugée critique pour l’avenir du pays. Dans un contexte politique et sécuritaire particulièrement tendu, cette prise de position relance le débat sur la nécessité d’un espace de concertation élargi, capable d’apaiser les tensions et de rassembler les forces vives autour des priorités nationales. Nous y reviendrons plus en détail dans une prochaine édition.

RDC. Le sommet de Kinshasa se termine sur une note d’espoir sur le retour de la paix

RDC. Le sommet de Kinshasa se termine sur une note d’espoir sur le retour de la paix

Au terme de 3 heures de discussions à huis clos, les Chefs d’État et de gouvernement de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), ont signé, ce samedi à Kinshasa, une déclaration lue par le ministre congolais de l’intégration régionale. Parmi les principales résolutions, le Sommet a appelé les pays membres « à la résolution des différends bilatéraux par le dialogue et les mécanismes régionaux existants, en réaffirmant les principes de souveraineté et d’intégrité territoriale, et de non ingérence dans les affaires intérieures d’autres États ». Dans son discours de clôture, le Président Félix Tshisekedi a exprimé sa gratitude à ses pairs pour leur participation active aux échanges et aux délibérations qui ont jalonné les travaux. « Les recommandations et résolutions adoptées revêtent une importance capitale, car elles dessinent les contours de l’avenir de notre institution », a dit le Président en exercice de la CIRGL. Le Président Félix Tshisekedi a formulé la demande d’organiser le prochain Sommet dans une année en lieu et place de deux ans comme à l’accoutumée. « Bien que notre Sommet ordinaire se tienne tous les deux ans, je suis persuadé que vous partagez avec moi, Excellences, l’idée qu’il serait judicieux de nous retrouver, aux alentours du 15 décembre 2026, pour un Sommet extraordinaire. Nous célébrerons alors le vingtième anniversaire de la signature du « Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement dans la Région des Grands Lacs », socle de notre communauté », a-t-il indiqué. 

Barrages coup du monde 2026 : Le Président Félix Tshisekedi félicite les léopards de la Rdc pour leur victoire contre les lions indomptables du Cameroun

Barrages coup du monde 2026 : Le Président Félix Tshisekedi félicite les léopards de la Rdc pour leur victoire contre les lions indomptables du Cameroun

Le Président de la République Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo adresse ses vives félicitations aux Léopards de la République Démocratique du Congo (RDC) pour leur victoire, ce jeudi soir, face aux Lions indomptables du Cameroun, en demi-finale des barrages de la zone Afrique pour la Coupe du monde 2026. Le Chef de l’État encourage les joueurs congolais à rester concentrés et déterminés pour la finale qui aura lieu ce dimanche contre le Nigéria, avant un tournoi intercontinental qui offrira un dernier billet africain pour la Coupe du monde. Le Président Tshisekedi demande à tout le peuple congolais de rester uni, solidaire et de se mobiliser afin de soutenir les fauves congolais pour la suite de cette compétition. Le onze national congolais a remporté ce match sur un score de 1-0, grâce à un but de Chancel Mbemba marqué dans les temps additionnels de la deuxième mi-temps.

RDC/Grands Lacs : Le Chef de l’État Félix Tshisekedi prend la présidence de la CIRGL

RDC/Grands Lacs : Le Chef de l’État Félix Tshisekedi prend la présidence de la CIRGL

Kinshasa, la capitale de la République Démocratique du Congo (RDC) a accueilli, ce samedi au Palais du peuple, le 9ème Sommet ordinaire des Chefs d’État et des gouvernements de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL).  Ce grand événement, qui intervient cinq ans après le dernier sommet tenu par visioconférence en novembre 2020, à pour thème : “Consolider la paix et la sécurité pour le développement durable dans la région des Grands Lacs”. La cérémonie d’ouverture a été marquée par plusieurs allocutions notamment celle de Monsieur Huang Xia, Représentant personnel du Secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres. « Les hostilités dans l’Est de la RDC doivent cesser immédiatement et l’accès humanitaire doit être garanti pour apporter l’aide nécessaire aux populations touchées », a déclaré l’émissaire du SG des Nations Unies, d’un ton clair.  « C’est avec humilité et détermination que j’accepte, au nom de la République Démocratique du Congo, la Présidence tournante de la CIRGL pour les deux prochaines années ».C’est par cette phrase toute simple mais empreinte d’une grande symbolique que le Président de la République a pris officiellement la tête de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL).  De manière succincte, le Président entrant de la CIRGL a présenté les priorités de son mandat dit des résultats, à savoir : « la réforme institutionnelle de la CIRGL ; le rétablissement et la consolidation de la paix, de la sécurité et de la stabilité régionale; le renforcement de la coopération judiciaire; le renforcement de la lutte contre l’exploitation et le commerce illicites des ressources naturelles au travers d’un Programme effectif de traçabilité des minerais; l’intégration économique régionale ». Poursuivant la présentation du fonctionnement de la CIRGL sous sa présidence, le Président Félix Tshisekedi a annoncé : « notre Présidence sera intransigeante sur les principes souveraineté, intégrité territoriale, non-agression, refus de tout appui aux groupes armés et résolument ouverte au dialogue en vue des solutions politiques durables, inclusives des femmes, des jeunes, des autorités locales et des communautés ».  Avant d’ouvrir de manière solennelle les travaux de ce 9ème sommet des Chefs d’État et de gouvernement de la CIRGL, le Président Tshisekedi a dévoilé sa recette pour le développement de la région des Grands Lacs.« Il n’y aura pas de paix sans justice, pas de stabilité sans sécurité partagée, pas de développement sans intégration réelle », a-t-il conclu.  Au terme de cette cérémonie solennelle, les Chefs d’État et de gouvernement des pays membres de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs se sont retirés pour une séance de travail à huis clos dans la salle de banquets du Palais du peuple. Pour rappel, cinq (5) Chefs d’État ont assisté à cette cérémonie d’ouverture notamment le Président Joâo Lourenço de l’Angola, Faustin Archange Touadera de la RCA, Denis Sassou Nguesso du Congo, Évariste Ndayishimiye du Burundi et Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo de la RDC.

Accord de paix RDC-Rwanda : Félix Tshisekedi pris au piège de ses errements et du Rwanda ?

Accord de paix RDC-Rwanda : Félix Tshisekedi pris au piège de ses errements et du Rwanda ?

PARLONS-EN. Le régime de Félix Tshisekedi a fait du retrait des troupes rwandaises de la RD Congo le préalable à toute signature d’accords avec le Rwanda. Sur Radio France Internationale (RFI), le ministre congolais de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, qui est aussi porte-parole du gouvernement, a réitéré cela, déclarant que « le président Tshisekedi ne peut pas aller signer la paix à Washington sans qu’on puisse constater que les troupes rwandaises se sont retirées de notre territoire ». Or, il y a près d’une semaine, Kinshasa a finalement accepté de signer le volet économique de l’accord de paix (le fameux accord de coopération économique) avec Kigali, alors que les troupes rwandaises sont toujours présentes sur le territoire congolais. Pourquoi cette volte-face ? Selon Muyaya, le gouvernement congolais a paraphé ce document « parce qu’il y a eu un progrès ». Dans le document qui a été signé, une section a été ajoutée, conditionnant la mise en œuvre de la coopération économique à l’exécution du CONOPS. Et c’est bien là le problème. Comment peut-on demander aux Rwandais de quitter le territoire congolais, alors que la réalité de leur présence n’est pas officiellement reconnue dans l’accord signé par Kinshasa et Kigali ? L’autre problème (et c’est ce que les Congolais doivent comprendre) est que l’essentiel de ce qui doit être fait a déjà été fait. Autrement dit, l’accord de paix et son volet économique ont été signés. Félix Tshisekedi et Paul Kagame ne vont pas signer un AUTRE accord; ils vont tout simplement entériner ce qui a déjà été paraphé par leurs représentants. Tout ceci témoigne de l’amateurisme avec lequel le régime de Tshisekedi a géré ce dossier depuis le début. Il n’y a pas de lisibilité ni de cohérence dans la démarche de Kinshasa. Si Félix Tshisekedi n’entérine pas les accords signés, il y a de fortes chances qu’il soit accusé de tous les maux, d’autant que Kinshasa n’a pas ratifié, à ce jour, l’accord de paix signé à Washington, alors que le Kigali l’a fait. Les Américains en sont conscients. S’il le fait, il va, d’une certaine manière, « récompenser » le Rwanda pour la guerre qu’il a menée contre le Congo et son peuple. Dans tous les cas, Tshisekedi est pris au piège de ses errements et du Rwanda, qui, faut-il le dire, n’a, en réalité, aucun intérêt à voir l’accord de paix (et son volet économique) aller de l’avant, même si celui-ci lui est profitable. La prédation dans le chaos est toujours plus profitable qu’en période de paix ou de stabilité. La RDC n’aurait pas dû signer l’accord de Washington. Patrick Mbeko

Rwanda. Sans la guerre du Congo, il ne vaut plus rien…

Rwanda. Sans la guerre du Congo, il ne vaut plus rien…

LIBRES PROPOS. La une de l’actualité est dominée par la signature de l’accord de Doha entre Félix Tshisekedi et Corneille Nangaa en prélude de la signature imminente de l’Accord de Washington entre la partie congolaise et celle Rwandaise. Depuis le début de ces tractations diplomatiques, j’avais toujours émis de sérieux doutes sur l’efficacité d’une telle démarche diplomatique avec un Paul Kagame qui depuis 25 ans a prouvé sa mauvaise foi en se servant des accords signés avec la RDC juste pour avancer ses pions et conforter sa politique prédatrice sur les richesses du Congo et son maillage du microcosme politique de ce vaste pays. Toute réussite de politique interne et externe de Kagame est strictement liée à l’agression du Congo et aux énormes bénéfices économiques et politiques qu’il en tire. Ceci dit, Kagame ne peut JAMAIS changer ni reculer sa doctrine militaire en RD Congo car cela équivaudrait à sa mort politique. C’est précisément pour ce rôle qu’il a été placé à ce poste par … la puissance-là même qui joue ooh ironie du sort! le rôle de médiation de “paix”.. Pour ceux de mes lecteurs qui ne me croient pas, je les invite à suivre de près quelques déclarations choc du président rwandais lors du tout récent 18 e Forum Unity Club sur cet accord de Washington que le leader rwandais qualifie publiquement être truffé de fraudes. “Quant à ces accords, dit-il, ils sont pleins de fraudes. Dans ce que nous faisons, dans ce que nous disons, la façon dont nous vivons avec les autres, quand nous combattons avec les autres (Dans cette guerre avec la RDC), nous avons déjà pris notre décision et avons déjà tracé la limite. Cela signifie que nous ne pouvons tolérer ce qui déstabilise le Rwanda. » En d’autres mots plus simples, Kagame a déjà renié AUJOURD’HUI ce qui sera signé DEMAIN. À Doha comme à Washington, Paul Kagame a déjà obtenu ce qu’il cherchait, à savoir l’implication directe de l’AFC et de M23 dans le game avrc Tshisekedi en vue de requalifier de congolo-congolaise la crise qui secoue le pays et de là casser la dynamique du protocole de Nairobi et de celui de Luanda. Il ne se sent plus concerné par les autres clauses de l’Accord, sauf celles qui lui octroient la légitimité d’exploiter les ressources du Congo. Malheur aux naïfs qui y voient une victoire diplomatique du Congo ou encore un début de pacification du pays. Car, aux yeux de Kagame, c’est la stratégie de chaos total du Congo qui lui est payante et par conséquent la guerre va continuer après la signature à Washington et personne ne pourra lui dicter quoi que ce soit. À ce propos, le compte officiel de la présidence rwandaise a mis clairement en évidence la conviction de Paul Kagame : « L’idée que quelqu’un puisse venir nous dicter, ou que nous devrions vivre sous le contrôle de quelqu’un ; zéro. Nous devons avoir la politique définie par un but, une vision, un engagement.” Et ce but c’est le contrôle politique et militaire du Congo. Et cette vision, c’est l’engagement à reconstruire et à moderniser le Rwanda grâce aux juteux bénéfices engrangés sur les pillages du Congo. Que ceci soit bien clair pour les congolais: sans la guerre au Congo, Paul Kagame ne vaut plus un penny ni à l’interne de son pays qui s’organise à trois quart sur base de pillages de la RDC et ni à l’externe vis-à-vis de ses puissants parrains qui agissent en commanditaires l’ayant choisi depuis un quart de siècle pour sous-traiter leur entreprise prédatrice du Congo. Par Germain Nzinga