INTERVIEW. Lucile Bernard : L’amour est la colonne vertébrale affective de tout individu

Entre la France et le Maroc, Lucile Bernard poursuit son exploration de l’écriture avec une sensibilité qui lui est propre. Dans son nouveau roman, « Le monde peut tourner sans nous », paru aux Editions L’Harmattan (collection Amarante), la romancière, poétesse et nouvelliste explore les fragilités humaines, les non-dits familiaux, les liens qui nous unissent et ce qui demeure lorsque tout vacille. Alors qu’elle termine actuellement une série de rencontres en France, la fondatrice du Centre de création artistique Riad Sahara Nour à Marrakech s’apprête à retrouver, dès le mois d’octobre, ses lecteurs marocains lors de séances de signatures prévues notamment à Marrakech, Rabat et Tanger, dans ces librairies «qui ont une âme» auxquelles elle est profondément attachée. Entretien. Pagesafrik.com/Libé : Votre nouveau roman, «Le monde peut tourner sans nous», est désormais disponible en librairie. Avant d’y revenir, pourriez-vous nous parler de votre précédent ouvrage, «Carrousel d’automne», et nous dire ce qui a évolué dans votre écriture depuis ? Lucile Bernard : Chaque roman que j’écris est toujours pour moi une nouvelle expérience. C’est à la fois une histoire enfouie au plus profond de moi, toujours la même, qui m’habite avec ses thèmes récurrents, déclinés en différentes versions, et en même temps c’est une recherche inlassable, obstinée de l’écriture, un désir d’aller toujours plus loin dans cette exploration des mots, dans ce territoire infini de création. Dans « Carrousel d’automne» (L’Harmattan), ma recherche dans l’écriture a été de naviguer dans l’espace-temps en entremêlant les dates et par là même de perdre, de déstabiliser le lecteur, le faire sortir de ses points de repère. Moi-même en écrivant ce livre, j’avoue que je me suis aussi un peu perdue… J’ai été très fortement inspirée pour cela par l’immense écrivain William Faulkner, plus précisément par son roman «Le bruit et la fureur», par cette façon que ce génie de l’écriture a d’embarquer le lecteur à son insu, de brouiller les pistes. Dans mon nouveau roman «Le monde peut tourner sans nous », j’ai eu cette fois-ci envie de m’atteler à l’écriture de dialogues, de faire cette expérience qui mettrait en avant la communication orale entre les différents personnages, de planter un décor, qui ferait de ce roman un genre de littérature cinématographique. Mes sources d’inspiration furent à la fois le metteur en scène François Truffaut et l’écrivaine Marguerite Duras, deux grands géants eux aussi, chacun dans sa spécificité. C’est pour cela qu’on ne peut pas parler véritablement « d’évolution dans l’écriture » mais d’une recherche différente, tout aussi passionnante dans laquelle je m’aventure à chaque fois. Dans la famille d’Auguste, personnage central de votre nouveau roman, «on n’a jamais trop su se dire des mots d’amour». Ce manque d’expression des sentiments est-il, selon vous, à l’origine de sa détresse et des épreuves qu’il traverse ? Oui, je le pense sincèrement. L’amour, dès le plus jeune âge, est nécessaire à l’évolution, la structure psychique de tout individu. Il constitue la colonne vertébrale sur le plan affectif pour le devenir de l’enfant et de l’adolescent jusqu’à l’âge adulte. Dans certaines familles, un manque d’amour peut se faire cruellement ressentir pendant cette période et être la source de maux tels que le mal-être, la souffrance psychologique, le renfermement, l’agressivité. Il peut être à l’origine de déviations comportementales parfois graves qui peuvent perdurer tout au long de sa vie. Parfois l’amour est là mais il y a quelque part une incapacité à le dire, le formuler, mettre des mots dessus, soit par pudeur, soit parce dans la famille on n’a jamais trop su se dire «ces choses-là». Et cette incapacité à se le dire, ces non-dits peuvent engendrer chez l’autre un sentiment d’incompréhension, d’amertume, voire de colère, de regrets et être source de conflits. Auguste entretient des relations souvent tendues avec ses frères et sœurs et peine à trouver sa place au sein de la famille. A travers cette cellule familiale, quel regard portez-vous sur les dynamiques familiales contemporaines ? Chaque famille est une cellule familiale avec ses propres règles, ses propres fonctionnements, ses valeurs. Au sein de cette cellule, on retrouve des choses pérennes comme l’amour, le non-amour, le respect, la violence, l’indifférence, la jalousie, la tendresse, etc. A l’heure actuelle, il semblerait qu’il y ait une évolution vers une prise en compte des désirs de l’enfant, l’enfant devient sujet, (cf. les recherches de la psychanalyste Françoise Dolto «L’enfant est une personne»). Il paraît qu’il y ait moins de coercition dans l’éducation, on sort de l’emprise parentale, d’une autorité aveugle qui s’exerçait alors parfois au détriment de l’enfant. On voit aussi dans certains pays émerger une prise en compte de la femme quant à sa liberté, ses droits… Mais malheureusement dans cette société actuelle où tout va trop vite, dans cette accélération forcenée qu’on est en train de vivre à tous les niveaux, on peut être aussi confronté parfois à des cellules familiales qui éclatent du fait d’un manque de points de repères, voir s’installer un manque véritable de communication induite entre autres par cette prise de pouvoir monstrueuse qu’opèrent ces géants de l’informatique Microsoft, Apple, Meta… Il n’y a qu’à s’attabler sur une terrasse de café et voir le spectacle désolant de ces familles, assises autour d’une table, chacun sur son portable… Auguste, dit Gus, véritable orfèvre de l’imaginaire, multiplie les plans qu’il échafaude sans échapper à la solitude et aux désillusions. Comme dans «Carrousel d’automne», la joie reste rare. Est-ce un choix délibéré dans votre univers romanesque? J’ai toujours une vision assez pessimiste sur l’amour mais aussi sur le monde actuel, même si cela n’enlève en rien à cette foi irréductible que j’ai en eux. Nous vivons en ce moment dans un monde hanté par les guerres, les catastrophes écologiques, asservi à la cause du profit, la toute-puissance des médias. Nous vivons dans un monde en pleine perte de sens. Et c’est justement ce que dénonce Auguste dans le roman, une des raisons pour laquelle il aboutit à ce constat amer de désillusions, «les autres, ils se sont bien foutus de nous». Avec ces mots, il porte par là même sur
Roch Régis BIKOUA : Nous continuons à brasser du vent pendant que les catastrophes climatiques se multiplient

INTERVIEW. « Dix ans après l’Accord de Paris, les promesses ne sont toujours pas tenues », constate l’écrivain congolais Roch Régis Bikoua qui a construit une réflexion profondément nourrie par son engagement pour l’environnement et par les réalités climatiques vécues sur le continent africain. Dans La gouvernance responsable pour le climat, son nouvel ouvrage paru aux éditions libres-opinions, le Président de l’association Espoir pour l’avenir dénonce une diplomatie climatique mondiale qu’il juge prisonnière des discours, des effets d’annonce et de l’inaction. Pour l’auteur de Un regard sur l’environnement au Congo et L’excellence environnementale, une énergie à bon marché, l’heure n’est plus aux grands discours. PAGESAFRIK.COM : « La gouvernance responsable pour le climat » est le titre de votre nouvel ouvrage. Quel constat principal vous a poussé à poursuivre cette réflexion et pourquoi estimez-vous que, dix ans après l’Accord de Paris, les résultats restent insuffisants ? Roch Régis BIKOUA : L’idée de mon troisième livre est née d’une colère froide, celle de voir l’intelligence humaine et la puissance diplomatique s’enliser dans une mise en scène permanente où l’on feint de soigner le malade tout en alimentant sa fièvre. J’ai écrit ce livre pour celles et ceux qui, comme moi, se sentent trahis par l’écart considérable entre les discours et les actes lors des grands soirs de signatures internationales sur le climat. On organise des sommets qui coutent très chers pour promouvoir juste « les effets d’annonce » pendant le monde brule. Les populations les plus vulnérables payant le prix d’une crise qu’elles n’ont pas provoqué, ont besoin des actes palpables sur le terrain que les effets d’annonce des décideurs. Le problème est que les promesses des Etats riches ne sont toujours pas tenues et qu’ils refusent de financer d’avantage et c’est le point de blocage dans les négociations internationales. C’est ainsi où je me suis posé des questions sur la crédibilité de la parole politique. Comment sortir de la pauvreté sans polluer la planète ? Comment donner l’accès à l’énergie aux populations du sud qui ont des problèmes d’électricité ? Comment se développer ? Bref ! Dix ans après l’accord de Paris, les promesses ne sont toujours pas tenues Les Pays riches font un semblant de promouvoir les énergies renouvelables avec les publicités des voitures électriques mais aucune mesure sur les énergies fossiles qui continuent à faire d’eux les pays les plus riches. Dix après l’accord de Paris, la planète est loin d’être sauvée. On nous embrouille dans les médias des pays riches avec des trajectoires montrant une légère baisse des émissions du CO2 alors que sur le terrain Il y a un constat sur la hausse des émissions de gaz à effet de serre causant des catastrophes énormes dans les pays pauvres. Ceci étant, dix ans après l’accord de Paris, dix ans après la mise en place des objectifs de développement durables des Nations unies, rien n’a avancé dans les actes et cela met en cause le leadership climatique. C’est ainsi où j’alerte que La COP21 est un accord histotoxique trahi par l’inaction d’une part, et d’autre part il y a l’échec des ODD en matière climatique. Vous évoquez un fossé entre les discours et les actes, tout en dénonçant l’écoblanchiment et l’inaction institutionnelle. Comment ce décalage se manifeste-t-il aujourd’hui dans les politiques climatiques internationales ? Des prétentions écolo qui ne sont pas appuyées par les faits se manifestent du jour au lendemain. Ce marketing commercial originaire des pays riches, a été inventé pour plonger le monde dans un embrouillamini, est une preuve de l’irresponsabilité pour le climat. Il se manifeste en attirant les consommateurs soucieux de l’environnement en présentant des publicités, des slogans, des logos et des emballages soulignant les attributs ou les avantages environnementaux d’un produit ou service. Le non-respect des engagements climatiques est aussi une forme d’écoblanchiment malgré la multiplicité des discours écolo sans lendemain. Présenter un produit ou service comme ayant plus d’avantage environnemental qu’ils n’en ont pas, est illégal car c’est une publicité trompeuse. Dans les politiques climatiques internationales, on nous fait croire que le thermomètre mondial est placé sous haute surveillance diplomatique. Pourtant, quand on regarde les graphiques de concentration de concentration de CO2 dans l’atmosphère, on a l’impression d’observer les débris d’un naufrage. Quand l’accord de Paris devient aujourd’hui une cathédrale de papier, magnifique à contempler mais incapable de nous abriter contre les catastrophes climatiques, est une trahison historique. Car il est insupportable de voir un succès médiatique planétaire se transformer en un désert législatif national. Les grandes puissances économiques portent-elles, selon vous, une responsabilité particulière dans l’échec des engagements climatiques et l’inefficacité des mécanismes de justice climatique ? Les responsables historiques de la dégradation du climat mondial sont censées être exemplaires dans la lutte contre le réchauffement climatique surtout en ce qui concerne le respect des engagements. Triste est de constater l’écart considérable entre les discours et les actes. La diplomation mondiale pour le climat a brillamment échoué. Cependant, je m’explique : Les pays ayant ratifié l’accord de Paris, avaient pris l’engagement de le faire valider au niveau de leur parlement respectif ? Est-ce le cas aujourd’hui ? Même la France, pays organisateur de la COP21 n’a jamais pensé faire valider cet accord dans son arsenal législatif. Pourquoi ce refus tacite des dirigeants du monde d’intégrer l’accord de Paris dans la loi nationale des pays ayant ratifié ledit accord? A mon avis, les décideurs ont peur que le juge puisse annuler une décision gouvernementale au nom de la protection du climat. Voilà la raison du refus de faire entrer l’accord de Paris dans la loi ; le refus de donner le pouvoir au citoyen de trainer leur propre Etat devant les tribunaux pour « faute climatique ». Vous affirmez que l’Afrique paie le prix d’une crise qu’elle n’a pas provoquée. Quels sont aujourd’hui les impacts climatiques les plus alarmants sur le continent et que faudrait-il changer concrètement ? Les impacts climatiques les plus alarmants sont partout en Afrique : Bref, la liste des catastrophes climatiques en Afrique est tellement longue que le temps de cette interview n’y suffirait pas. Voilà pourquoi le changement ne peut que
Festival. Jazzablanca dévoile sa programmation complète

Dix jours, trois scènes, cinquante concerts, et Casablanca qui vibre ! Pour sa 19e édition, du 2 au 11 juillet 2026, Jazzablanca franchit un nouveau cap. Pour la première fois de son histoire, le festival proposera 40 concerts à Anfa Park, et 10 concerts gratuits au Parc de la Ligue Arabe. À Anfa Park, la programmation se déploie sur dix jours, avec un rythme bien affirmé : le “week-end 1” ( jeudi 2 au samedi 4 juillet) est porté par de grandes figures internationales ; la “semaine” ( dim. 5 au mercredi 8 juillet), est consacrée à l’écoute, à la découverte et aux artistes qui font les scènes actuelles ; et le “week-end 2” ( jeudi 9 au samedi 11 juillet) est placé sous le signe des grands shows. Cette progression se vivra pleinement à travers une expérience qui gagne en ampleur. Le site évolue avec des espaces agrandis, une offre culinaire riche, ainsi que des cheminements entre les scènes, le Village et les différents espaces de vie. L’édition 2026 s’inscrit ainsi la continuité de l’une des marques de fabrique du festival : accorder une place essentielle à l’expérience des festivaliers, au-delà des concerts. Au Parc de la Ligue Arabe, Jazzablanca offrira comme chaque année un concert gratuit par jour. Pensée comme une extension du festival au cœur de Casablanca, cette programmation ouverte fera dialoguer artistes marocains et internationaux, entre jazz, gnaoua, soul, répertoires amazighs et musiques actuelles. La Scène Casa Anfa complète son affiche avec onze nouveaux concerts Ms. Lauryn Hill x Wyclef Jean (États-Unis) ; Jessie J (Royaume-Uni) ; Faouzia (Maroc / Canada) ; Meute (Allemagne) ; Gente de Zona (Cuba) ; INO Casablanca (Maroc/France) ; Deluxe (France) ; Hypnotic Brass Ensemble x Mehdi Nassouli (États-Unis / Maroc) ; Oxlade (Nigeria) ; Danyl (France/Algérie) ; zeyne (Jordanie / Palestine) Le vendredi 10 juillet, Jazzablanca accueillera Ms. Lauryn Hill, véritable icône du Hip Hop et du R&B, lauréate de multiples Grammy Awards qui a inspiré des générations d’artistes. Elle sera accompagnée de Wyclef Jean, YG Marley & Zion Marley pour un concert-événement qui s’annonce comme l’un des temps forts de cette édition. L’affiche réunira sur une même scène l’héritage des Fugees, l’univers de The Miseducation of Lauryn Hill et la continuité portée par la nouvelle génération Marley. Le samedi 11 juillet, Jessie J se produira en clôture de la 19ème édition. Figure reconnue de la pop britannique, elle a signé plusieurs titres devenus des standards mondiaux, de Price Tag à Domino en passant par Bang Bang. La sortie, fin 2025, de son album Don’t Tease Me With A Good Time, le premier depuis huit ans, replace au premier plan une artiste dont la voix et le répertoire ont marqué la pop internationale depuis plus de quinze ans. Elle partagera cette dernière soirée avec Madison McFerrin, Hind Ennaira et Jorja Smith, pour une clôture 100 % féminine. La programmation accorde également une place importante aux artistes les plus en vue de la scène actuelle. Faouzia, chanteuse maroco-canadienne née à Casablanca, se produira pour la première fois au Maroc. Le Nigérian Oxlade s’est imposé comme l’un des noms les plus identifiés de l’afropop actuelle. zeyne, artiste jordano-palestinienne, développe une musique qui croise arabe contemporain, soul, R&B et pop alternative. Le franco-algérien Danyl évolue dans un registre pop urbaine en français et en arabe, tandis qu’INO Casablanca rejoint l’affiche avec un univers nourri de rap, d’électro et d’influences hispano-marocaines pour son tout premier concert à Casablanca. Jazzablanca offrira également une parenthèse latino avec le duo cubain Gente de Zona, le mercredi 8 juillet. Porté par plusieurs succès internationaux, le groupe est actuellement en tournée mondiale avec un show festif et généreux qui revendique les racines cubaines des deux chanteurs Alexander Delgado et Randy Malcom. Enfin, le festival accueillera des formations musicales reconnues pour leur puissance scénique : Le collectif français Deluxe s’est imposé au fil des années par des shows généreux, festifs et très visuels, à la croisée du funk, de la pop, du hip-hop et de l’électro. Le groupe allemand MEUTE transpose l’électronique dans une formule portée par les cuivres et les percussions. Jazzablanca retrouvera aussi Hypnotic Brass Ensemble x Mehdi Nassouli, une rencontre qui avait marqué l’édition 2019, entre l’énergie des musiciens de Chicago et l’univers gnaoua de Mehdi Nassouli, ouvert depuis longtemps aux dialogues et aux croisements musicaux. Une expérience en mouvement à Anfa Park À Anfa Park, Jazzablanca poursuit ce qui constitue l’une de ses marques de fabrique : une attention particulière portée aux aménagements du site et à l’expérience autour des concerts. L’édition 2026 accompagne le changement d’échelle du festival avec un périmètre élargi pour recevoir le public dans de meilleures conditions d’accès, de circulation et de confort. Le Village adopte cette année un aménagement en îlot. Le parcours food & beverage a été agrandi. Le food court double de taille, avec trois zones distinctes et plus de 2000 places assises. L’offre réunira street food, concepts gastronomiques et adresses emblématiques de Casablanca. Un restaurant premium sur réservation viendra compléter ce dispositif, sur une terrasse en hauteur face à la Scène 21. Parmi les nouveautés de cette édition, une zone d’animation plus développée viendra enrichir le site, avec notamment une gaming zone installée autour de dispositifs immersifs et de réalité virtuelle. Enfin, le circuit des quatre parkings gratuits du festival sera reconduit, avec cette année la possibilité de réservation anticipée et gratuite pour les acheteurs de billets. Les concerts gratuits au Parc de la Ligue Arabe Au Parc de la Ligue Arabe, Jazzablanca proposera chaque soir un concert gratuit à 18h00. Cette programmation fait place à des artistes marocains et internationaux qui croisent musiques actuelles, héritages du jazz, gnaoua, répertoires amazighs, soul et formes plus expérimentales, dans un format ouvert et accessible au cœur de Casablanca. Le jeudi 2 juillet, Asmaa Hamzaoui & Bnat Timbouktou ouvrira cette série avec une lecture féminine et contemporaine de la tradition gnaoua. Urban Folklore, formation basée à Rabat, proposera, vendredi 3 juillet, un projet instrumental qui mêle jazz, funk et
Burkina Faso. Le Capitaine Ibrahim TRAORÉ échange avec les Premiers ministres de la Confédération AES autour de la problématique de la culture

Le Président du Faso, Président de la Confédération des États du Sahel (AES), Son Excellence le Capitaine Ibrahim TRAORÉ, a reçu en audience les Premiers Ministres des pays membres de la Confédération AES présents à Bobo-Dioulasso pour la 22e édition de la Semaine nationale de la culture (SNC). En présence des Ministres en charge de la culture des trois pays, les Premiers ministres Rimtalba Jean Emmanuel OUEDRAOGO du Burkina Faso, Abdoulaye MAIGA du Mali et Ali Mahaman Lamine ZEINE du Niger ont échangé avec le Chef de l’État autour de la fraternité politique et l’orientation stratégique sur la culture comme pilier de souveraineté et de résistance. Le Porte-parole de la délégation, le Premier ministre malien, le Général de Division Abdoulaye MAIGA au sortir de l’audience avec le Président du Faso et Président de la Confédération des États du Sahel, le Capitaine Ibrahim Traoré, a dit avoir transmis « les salutations fraternelles » des dirigeants du Niger et du Mali, réaffirmant l’unité des trois pays membres de la Confédération. Leur invitation à la Semaine Nationale de la Culture est accueillie avec gratitude : « Nous lui avons exprimé la gratitude suite à l’invitation qui nous a été adressée de participer aux côtés des braves populations du Burkina Faso. » Selon le Premier Ministre malien, cette rencontre a permis de rappeler la place centrale de la culture dans la construction de la souveraineté sahélienne. « La souveraineté qui constitue le socle de la Confédération des États du Sahel repose d’abord et avant tout sur la culture. », a-t-il souligné. Selon lui, le Capitaine Ibrahim TRAORÉ a insisté sur la dimension identitaire et unitaire du projet confédéral : « En réalité nous sommes un même peuple. Il n’y a aucune différence. », a-t-il déclaré, tout en indiquant que cette orientation traduit la volonté de bâtir une communauté soudée face aux défis communs : « Nous avons le même combat à mener. Combat contre l’adversité, contre le terrorisme, contre toutes sortes de manipulations… combat surtout contre le sous-développement.
CINEMA. « IL EST MINUIT », le nouveau film de Paul Lebon à la conquête du public congolais

Dans les salles dès le 4 juillet prochain A L’AFFICHE. Le réalisateur congolais Paul Lebon annonce la sortie prochaine de son nouveau film intitulé « Il est Minuit », produit par Djon Mora Studio, en coproduction avec 242 Webtv. Le long-métrage dont la première affiche est dévoilée ce vendredi 1er mai à l’affiche dès le 4 juillet 2026. Parallèlement à sa sortie en salle, la nouvelle production portée par Jorus Mabiala, Stève Tchibinda, Germaine Ololo, Veroshka Badinga et Djo Fely Balende, partira à la conquête du public à travers une tournée nationale prévue du 4 juillet au 29 août 2026. Inédit. « Ce n’est pas une simple sortie en salle, c’est une caravane culturelle. Pour la première fois, un film congolais va à la rencontre de son public dans 8 villes, y compris celles qui n’ont plus de salles de cinéma fonctionnelles », indique-t-on dans le dossier de presse. Dans une véritable dynamique de proximité, l’équipe du film, qui conjugue thriller, action et drame social, ira à la rencontre du public à Pointe-Noire, Dolisie, Nkayi, Madingou, Kinkala, Brazzaville, Gaboma et Oyo. Précisons que c’est à Pointe-Noire que sera donné le coup d’envoi de cette caravane qui proposera une projection événementielle chaque week-end, suivie d’échanges avec l’équipe du film. Cette démarche vise à « faire revivre la flamme du cinéma dans l’arrière-pays et prouver que le cinéma congolais peut être une industrie rentable et populaire », explique-t-on. Ancré dans les réalités sociales, le thriller social relate l’histoire du personnage ÉTRANGER élevé avec les valeurs humaines et culturelles par une mère très aimante qui a pu lui offrir les meilleures écoles grâce à ses champs, et aux légumes de son jardin. Mais après avoir réussi sa vie aujourd’hui, ETRANGER rejette le passé et la terre qui l’a nourri, allant jusqu’à considérer l’agriculture comme un domaine pour les pauvres sans éducation ni métier. Mais alors qu’il vivait paisiblement, il perd son emploi, ce qui met son foyer dans une situation financière instable. Pour s’en sortir et espérer maintenir son train de vie et assurer son rôle d’homme envers sa femme BADINGA, ETRANGER accepte de rencontrer un mystérieux « Grand Maitre » que lui présente un vieil ami, Mabiala. Mais un jour, à minuit précisément, une présence vient déranger son sommeil. « Après le succès de mon premier film « LE DESTIN » (2022), j’ai voulu explorer une narration plus intense, plus rythmée, tout en restant profondément ancré dans nos réalités du pays et d’Afrique », confie le réalisateur Paul Lebon. Martin Kam LES DATES DE LA TOURNEE NATIONALE : 04 – juillet: Pointe-Noire (Grande Première) 11-Juillet: Dolisie 18-Juillet: Nkayi 25-juillet: Madingou 01 – Août: Kinkala 08 – Août: Brazzaville 15 – Août: Oyo 22 – Août: Gaboma 29 – Août : Retour à Pointe-Noire Première (Soirée de clôture)
Festival JIDAR : une 11e édition qui confirme l’empreinte du street art à Rabat

Sous un soleil printanier éclatant, Rabat s’est une nouvelle fois laissée transformer. Au fil des jours, les nacelles ont pris de la hauteur, les pinceaux ont rythmé les façades, et les regards se sont levés. Pour sa 11e édition, le Festival JIDAR – Rabat Street Art Festival a réactivé cette sensation désormais familière : celle d’une ville en mouvement, devenue terrain d’expérimentation à ciel ouvert pour des artistes venus du Maroc et d’ailleurs. Cette année, 15 fresques monumentales et un mur collectif sont venus enrichir le parcours urbain, portant à 146 le nombre total de fresques réalisées à Rabat depuis 2015. Une progression qui dépasse le simple cumul pour dessiner une véritable transformation du paysage urbain. En un peu plus d’une décennie, JIDAR a contribué à faire de Rabat une capitale du street art sur le continent africain, régulièrement citée pour la qualité de ses fresques monumentales et la cohérence de son parcours artistique à l’échelle de la ville. Au cœur de l’Agdal, difficile de manquer l’intervention de RDS. Face à la maternité, l’artiste s’attaque à un mur vertigineux: 40 mètres de haut, 11 mètres de large, soit 440 m². Une deuxième prise de parole sur ce bâtiment, dont une première façade avait déjà été investie il y a deux ans par les artistes marocains Normal et italien Luogo Comune. Cette fois, RDS compose avec la brutalité architecturale du lieu : des lignes tendues, des volumes affirmés, des nuances de gris qui épousent le béton, traversées de touches orangées évoquant la rouille. Une fresque qui semble littéralement émerger du bâtiment, comme si elle en révélait la structure cachée. Plus loin, dans différents quartiers de la ville, les fresques racontent chacune une histoire, tissent des liens, déplacent les imaginaires. À L’Océan, l’Italien VESOD déploie une composition inspirée de la lanterne marocaine, transformée en métaphore d’une ville lumineuse et hospitalière, dont les paysages semblent surgir de la mer comme un souvenir ou un mirage. À Yacoub El Mansour, l’équatorien AZPEGER propose une réflexion ouverte sur l’égalité, rappelant que « le même soleil et la même lune nous éclairent tous », laissant au regardeur la liberté d’y projeter son propre sens. Dans un autre registre, l’artiste chilienne JUMU inscrit au cœur de sa fresque un lion protecteur, entouré de palmiers, de motifs floraux et de symboles inspirés de la culture visuelle marocaine, entre mémoire, territoire et récits personnels. À Agdal, le Catalan Guillem Font s’inspire des fleurs d’oranger et de la présence familière du lézard pour évoquer une relation sensible au vivant et aux usages du quotidien, tandis que le Marocain Nassim Azarzar, dans un autre quartier, développe un langage plastique nourri de la culture ornementale des camions de transport, créant un dialogue subtil entre tradition populaire et abstraction contemporaine. De son côté, Keya Tama (Afrique du Sud) propose une fresque habitée par le mouvement et les interactions humaines, traversée d’animaux, de céramiques et de motifs végétaux, inspirés de l’atmosphère de Rabat et de ses traditions. Il explique : « La fresque explore l’idée de communauté à travers une image de mouvement partagé, d’échange et de vitalité quotidienne. Associée au proverbe “معرفة الناس كنز” – “Connaître les gens est une richesse” – elle s’ancre dans l’atmosphère de Rabat, capturant l’effervescence de la vie à travers une constellation de formes liées au territoire. » Une manière de relier gestes, objets et symboles dans une vision organique et interconnectée du vivre-ensemble. À travers ces propositions, auxquelles s’ajoutent les univers singuliers de Marat Morik (Russie), Marina Capdevila (Espagne), Ruído (Portugal), ainsi que les artistes marocains Rosh, Ritanosko, Mizmiz et Iramo, cette édition confirme la pluralité des écritures et des regards qui composent le paysage mural de JIDAR. Au total, près de 2 500 m² de surfaces murales supplémentaires ont été réalisés en 2026, portant à plus de 20 000 m² la surface peinte depuis la création du festival. Derrière ces chiffres, une réalité tangible : celle d’une ville qui se construit, couche après couche, image après image. En onze éditions, plus de 250 artistes ont contribué à cette cartographie vivante. Dans cette dynamique, le mur collectif continue de jouer un rôle clé. Véritable laboratoire à ciel ouvert, il s’impose comme un espace de formation, d’expérimentation et de révélation. Cette année, sur les cinq artistes marocains invités à réaliser une fresque monumentale, la majorité en est issue. Une trajectoire devenue presque naturelle. Comme le souligne Salah Malouli, directeur artistique du festival : « Le mur collectif est une véritable pépinière d’artistes muralistes marocains. C’est là que beaucoup font leurs premières armes à grande échelle, avant de s’approprier pleinement la ville. » Une passerelle concrète entre émergence et professionnalisation, qui structure aujourd’hui toute une scène. Et puis il y a les passants. Ceux qui s’arrêtent, qui observent, qui reviennent. Les habitants qui redécouvrent leur quartier au fil des jours. Les enfants qui lèvent la tête. Les visites guidées, elles aussi, témoignent de cet engouement : complètes chaque week-end, avec trois parcours proposés dans les circuits Hassan, l’Océan et Yacoub El Mansour, elles ont accompagné des centaines de visiteurs à la découverte des fresques et de leurs histoires. JIDAR ne se contente pas d’ajouter des œuvres à la ville, il modifie les regards, installe des habitudes, crée des points de rencontre. Année après année, Rabat s’écrit ainsi autrement, à même ses murs.
Parution imminente : Sur les traces de Saint Augustin : Léon XIV en prière à Hippone, l’Afrique aux sources du christianisme de Serge Armand Zanzala

LIVRES. La Société Littéraire annonce la sortie prochaine de l’ouvrage : Sur les traces de Saint Augustin : Léon XIV en prière à Hippone, l’Afrique aux sources du christianisme de Serge Armand Zanzala « À travers une plongée à la fois spirituelle, historique et intellectuelle, cet ouvrage met en lumière la place fondamentale de l’Afrique dans la naissance et le développement du christianisme, en s’appuyant sur l’héritage intemporel de Saint Augustin », souligne La Société Littéraire dans une annonce officielle. Entre mémoire et réflexion contemporaine, Serge Armand Zanzala , par ailleurs Directeur de Publication de La Société Littéraire, nous entraîne dans un voyage symbolique à Hippone, sur les traces d’une pensée qui a façonné le monde chrétien, tout en interrogeant les silences de l’histoire, poursuit la même source soulignant « un livre essentiel pour comprendre les racines africaines du christianisme, l’influence majeure de Saint Augustin et les enjeux de mémoire, de foi et d’identité ». Disponible très prochainement, l’ouvrage est publié aux Éditions La Société Littéraire
Le Printemps Musical des Alizés fait son grand retour à Essaouira pour sa 22e édition

Du 30 avril au 3 mai 2026, Essaouira vibrera au rythme de la 22ᵉ édition du Festival Printemps Musical des Alizés, placée sous le signe du « Dialogue ». Durant quatre jours, la musique de chambre s’invitera dans les plus beaux écrins de la cité, à travers une programmation de douze concerts, tous offerts au public, réunissant des artistes de renommée internationale aux côtés des musiciens de l’Orchestre Philharmonique du Maroc. Dans la musique de chambre, forme reine du festival, le dialogue est essence : un regard échangé, une phrase musicale reprise, une tension qui se résout dans l’harmonie collective. Chaque concert devient ainsi un espace vivant de conversation, ce thème du dialogue se déclinera sous multiples formes : dialogue entre générations d’artistes, entre traditions musicales, entre œuvres du répertoire et créations contemporaines. Il invitera également le public à entrer dans cette conversation, à devenir partie prenante de cette expérience sensible, où écouter devient un acte de partage. Un rendez-vous à ne pas manquer. Le Festival Printemps Musical des Alizés est organisé par la Fondation Ténor pour la Culture et l’Association Essaouira Mogador, avec le soutien de groupe AFMA, OCP, Bank Of Africa, Office National Marocain du Tourisme, Al Omrane, Fondation BMCI, Royal Air Maroc, Audi Maroc et le Ministère de la Culture.