Congo : luttes d’influence, perspectives de remaniement, climat politique sous tension et dossier Okombi-Mokoko (lecture en 5 min)

Congo : luttes d’influence, perspectives de remaniement, climat politique sous tension et dossier Okombi-Mokoko (lecture en 5 min)

PARLONS-EN. À l’approche d’un remaniement très attendu en République du Congo, les cercles politiques et occultes congolais, comme les associations du soir, des croyants et autres, sont en ébullition. Rivalités de réseaux d’influence, agendas extérieurs pour peser sur les nominations et libération des prisonniers à venir, ambitions personnelles et accusations diverses circulent, dans un contexte où l’opinion peine parfois à distinguer faits établis et spéculations. Trajectoires, débats sur la place des réseaux d’influence, etc. Depuis l’adoption de la loi Mouebara sur le genre porté par Inès Nefer Bertille Ingani, les discussions se multiplient autour du rôle des réseaux sociopolitiques dans la promotion de certaines figures. Des voix rappellent toutefois que les femmes ont longtemps occupé des positions influentes au Congo : Kangui Elisa, Ngolengo, première parachutiste, Céline Yandza Eckomband, Joséphine Moutou Bayonne, Alice Diabangana, Joséphine Bouanga, Sabine Kinanga Bayetela (ma génitrice et troisième sage-femme du Congo), etc. Mais la montée en puissance de nouvelles personnalités suscite des polémiques, alimentées parfois par des rumeurs difficiles à vérifier ou des accusations établies. Plusieurs membres du gouvernement sortant sont au centre de controverses dans la gestion des portefeuilles du commerce, des mines, de la culture, de la justice, des transports, des finances, du pétrole et des communications, marquant l’inefficacité et le manque de transparence de certaines actions.Lydie Pongault, par exemple, ministre de l’industrie culturelle, tranche négativement avec les valeurs de son père, syndicaliste chevronné des années 1963, Gilbert Pongault. Récemment, elle a été pointée du doigt sur les réseaux sociaux avec les  » Bouya Girls  » par une dame connue pour son saphisme militant. Leurs aventures supposées avec des maîtresses passées, ministres, avocates ou encore hauts cadres des Finances et du Budget interrogent. Faut-il y voir une influence d’appartenance à une « association du soir » qui bride les pensées et corsète les élans généreux uniquement chez les Africains ? Ou plutôt leurs appétences présumées pour le même sexe ? Même leurs affidées de l’heure, Destinée Doukaga, qui tient à rentrer au gouvernement au point d’aller négocier une thèse au Cameroun alors que ses formations ont été presque inachevées au Congo (en faculté des sciences, en sciences économiques, dans l’armée qu’elle a désertée) et en France, laissent interrogateur plus d’un. Le Cameroun est devenu le pays des thèses à nègres, attirant tour à tour, conseillers du premier ministre, députés et autres qui ont eu peur des fourches caudines des professeurs titulaires de l’université Marien Ngouabi. Tout récemment Doukaga, et avant son ex, Bredin Bissala Nkounkou, qui a décroché sa thèse au Cameroun avec le piston des professeurs Fabien Roch Niama et Jean-Bernard Nkoua Mbon. Il est de notoriété publique que le Cameroun regorge de faux et de vrais et produit des « docteurs Google » qui s’appuient sur l’IA et détruisent le Congo… L’enseignement supérieur y est dévoyé avec des instituts bidons qui naissent comme des champignons. Tribus, clans et recomposition régionale des alliances Sur le plan régional, la rivalité entre Niari, Bouenza et Lékoumou structure en partie les ambitions de Premier ministre ou de futurs ministres. Dans ce tourbillon géant, Thierry Moungalla siphonne les primes des professionnels de la communication et la RAV, mais lutte à l’émergence de toutes les « sœurs venues à l’association du soir » dont les « girls Bouya » à laquelle il appartiendrait. Pierre Mabiala, qui avait fait sa licence en six ans, projeterait une thèse pour gêner ACM, comme si le leadership était synonyme de diplômes. Tous brûlent d’impatience d’être sélectionnés : Arsène Tsaty Mboungou, aperçu dans les encablures de Mpila, Émile Ouosso, qui se voit en parfaite doublure des personnes précitées, soutenu en coulisse par JDO, voit ses chances s’effriter au regard de la mise à l’écart du Deputy VGM GLC Jean Dominique Okemba et de la guerre menée par Rodrigues Nguesso, Julienne Ngouonimba et Ondongo Gilbert pour la privatisation de E2C. Plusieurs autres départements comme le Pool ou le Congo-Oubangui sont décrits comme fragmentés, mais dotés de cadres techniques de haut niveau, qui reçoivent toutefois rarement des postes de premier plan, à l’image de l’hybride Matoko (lari-vili-vietnamien) qui ne pèse pas comme l’a révélé le score obtenu de deux petites voix. Rodrigue Malanda-Lapéta ne serait qu’un faire-valoir dans des ambitions d’envergure d’une primature ou de postes ministériels. Rodrigue Malanda a fait voler en éclats le Fonds Suisse qui devrait rapporter plus de 5000 milliards de fcfa au Congo. Tsiba Florent et Cie tentent de rattraper ledit fonds. Restent finalement les « clans » Dirat versus Mapapa. Le désordre et l’incompétence au sein de ces derniers ont plongé l’ensemble dans un mélange glauque duquel personne n’émerge : Denis Christel n’a jamais pu conquérir l’étoffe d’un leader de premier plan national. Denide, Edgard, Willy, Rodrigues sont des jouets entre les mains de l’axe Liboka-Bokouélé-Tchikapika ou Ondébé-Obouya. Affaires, scandales et responsabilités ministérielles Au-delà des spéculations identitaires, plusieurs dossiers économiques et financiers suscitent l’inquiétude. Claude Alphonse N’Silou, par exemple, n’arrive d’ailleurs pas à prendre des responsabilités de constitution d’un buffer-stock de consommation d’urgence face à l’effritement du commerce mondial en raison de la guerre Iran-Israël-USA. Il se contente de sa manne que M. Sassou lui a octroyée via de nombreuses maisons acquises du programme immobilier, des marchés, etc. Son coéquipier Pierre Oba, très affaibli, qui risque de s’effondrer même en plein Conseil des ministres, ne veut pas prendre sa retraite malgré des milliards empochés. Françoise Joly « la vipère » et son équipe ont décelé ses magouilles qui le poussent à un semblant de transparence. Ces dernières ont débusqué aussi Bruno Jean Richard Itoua sur différents contrats, jusqu’à la rétention des provisions pour les investissements divers jamais reversées au ministère des PME. Bininga Wilfried, ministre de la Justice, n’a pas levé le petit doigt, empêtré dans plusieurs affaires depuis celle des faux antirétroviraux pour le traitement de la file active VIH/SIDA, dont 2 056 PVVIH sont morts, sauf un ministre qui a eu la chance d’aller en Afrique du Sud. Pas plus d’ailleurs que ses collusions d’intérêts avec Mossen Hojeij lorsqu’ils ont été en charge, avec Mokoko Antonin et

La démocratie a-t-elle vraiment échoué en Afrique ?

La démocratie a-t-elle vraiment échoué en Afrique ?

PARLONS-EN. Ce que l’on présente souvent comme des oppositions naturelles repose en réalité sur une construction idéologique soigneusement entretenue. L’Occident a réussi à opposer des notions qui ne relèvent pas du même registre. On a mis la démocratie face au communisme, et la dictature face au capitalisme, comme si ces concepts formaient des couples équivalents. Or ils ne parlent pas de la même chose. La démocratie et la dictature concernent la manière dont le pouvoir est exercé. Le capitalisme et le communisme concernent la manière dont les richesses sont produites et réparties. Confondre ces deux niveaux est un choix politique qui brouille volontairement la compréhension. Cette confusion n’est pas innocente. Le capitalisme ne s’est pas introduit en Afrique comme un choix souverain des peuples. Il s’est imposé par la violence de la conquête, dans une logique d’extraction et d’accumulation qui n’a jamais cessé de se perfectionner. Nos terres, nos ressources, nos corps mêmes ont été intégrés de force dans un système dont la finalité première était l’enrichissement d’autres sociétés, au prix de l’appauvrissement structurel des nôtres. Face à cela, les luttes pour l’indépendance ont porté en elles une aspiration qui dépassait le simple transfert de souveraineté formelle. Elles visaient aussi la réappropriation des richesses, la fin de l’exploitation, la redistribution au service d’un projet de société. C’est dans ce contexte que des modèles inspirés du socialisme ou du marxisme ont trouvé un écho profond et sincère, non par mimétisme idéologique, mais parce qu’ils offraient un langage pour penser la justice et la fin de l’exploitation dans des termes qui correspondaient à l’expérience africaine de la dépossession. Mais très tôt, ces trajectoires ont été brisées. Les dirigeants qui portaient ces visions ont été renversés, éliminés ou marginalisés, remplacés par des élites dont la fonction réelle était de maintenir l’ordre économique hérité de la colonisation et de le rendre praticable pour les capitaux extérieurs, en s’appuyant sur des réseaux d’influence, des interventions dissimulées, et une redéfinition progressive du discours politique global. C’est précisément là que la démocratie a été instrumentalisée. Les États-Unis et ses alliés européens ont soutenu pendant des décennies des régimes parmi les plus autoritaires de la planète, des monarchies héréditaires, des juntes militaires, des présidents à vie, les ont armés, financés, défendus dans les instances internationales. Et dans le même temps, ils brandissaient la démocratie comme l’horizon moral de l’humanité au nom duquel ils se donnaient le droit d’intervenir et de déstabiliser d’autres gouvernements. La règle réelle était simple : ce qui comptait, ce n’était pas la nature du régime, mais sa disponibilité économique. Un régime autoritaire qui ouvrait ses marchés était un allié fréquentable. Un gouvernement élu qui tentait de reprendre le contrôle de ses ressources devenait une menace, et l’étiquette de dictature lui était collée dessus pour rendre son renversement moralement présentable. Face à ce constat, je veux être précise, parce que la clarté sur ce point engage une position intellectuelle. Je préfère la démocratie. Non par révérence pour l’Occident qui en a fait un étendard aussi souvent brandi que trahi, mais pour une raison structurelle. La démocratie ne vaut pas parce qu’elle produit toujours de bons gouvernements. Elle vaut parce qu’elle contient en elle-même les instruments de sa propre correction. Elle est le seul cadre politique dans lequel un peuple peut, sans verser de sang et sans attendre que le chef meure, dire collectivement : nous voulons quelqu’un d’autre, nous voulons autre chose. Ce n’est pas un luxe réservé aux sociétés riches. C’est la condition la plus élémentaire de la souveraineté populaire. Aucun régime autoritaire, aussi bienveillant qu’il se prétende, ne peut offrir cette garantie. La bienveillance d’un chef n’est pas inscrite dans une loi ni dans une institution que ses successeurs seraient obligés d’honorer. Elle est inscrite en lui, dans sa personne. Et les personnes changent, se corrompent, perdent le sens des réalités que vivent ceux qu’elles gouvernent. Quand cela arrive dans une dictature, il n’existe aucun mécanisme pour corriger la trajectoire. Les populations se retrouvent seules face au pouvoir, sans recours légal, sans contre-pouvoir, sans voix. Reconnaître qu’un régime autoritaire peut produire certains résultats sociaux positifs est une observation que l’honnêteté intellectuelle impose de faire. Mais elle doit immédiatement appeler deux questions. La première : ces résultats auraient-ils été impossibles dans un cadre démocratique ? Rien ne le démontre. La deuxième : à quel prix ont-ils été obtenus, et qui a payé ce prix sans jamais avoir été consulté ? Car ce qui définit la dictature, ce n’est pas uniquement l’absence d’élections. C’est l’impossibilité structurelle pour les populations d’influencer les décisions qui les concernent et de se protéger contre les abus d’un pouvoir qui n’a de comptes à rendre à personne. Il faut également refuser le discours qui prétend que la démocratie serait culturellement inadaptée à l’Afrique, comme si ses peuples étaient incapables de se gouverner sans un homme fort. Ce qui a échoué dans de nombreux pays africains, ce n’est pas la démocratie : c’est sa simulation. Des constitutions ont été rédigées, des élections organisées, sans que le pouvoir ne cesse d’être concentré entre les mains d’un individu qui n’avait aucune intention de le partager. Une élection dont l’issue est connue d’avance n’est pas un exercice démocratique. C’est une mise en scène destinée à produire une légitimité de façade à usage international. Les faits résistent à toutes les manipulations discursives. Le Botswana, depuis son indépendance en 1966, a maintenu des alternances pacifiques et des institutions qui fonctionnent, et affiche aujourd’hui l’un des revenus par habitant les plus élevés d’Afrique subsaharienne. La Namibie a construit depuis 1990 une presse libre, une justice relativement indépendante, et figure parmi les pays les mieux classés du continent en matière de libertés civiles. Le Cap-Vert, sans ressources naturelles spectaculaires, présente des indicateurs de développement humain que des pays bien plus riches en pétrole ne parviennent pas à atteindre. À l’inverse, au Togo, la famille Gnassingbé gouverne depuis 1967, d’abord le père pendant trente-huit ans, puis le fils qui lui a succédé comme on hérite d’un domaine privé,

République du Congo : TotalEnergies fait une découverte d’hydrocarbures sur le permis Moho

République du Congo : TotalEnergies fait une découverte d’hydrocarbures sur le permis Moho

TotalEnergies EP Congo (opérateur, 63,5%) annonce une découverte d’hydrocarbures sur le permis Moho, au large de la République du Congo. Cette découverte fait suite au forage du puits d’exploration MHNM-6 NFW, ciblant la structure Moho G. Le puits a rencontré une colonne d’hydrocarbures d’environ 160 mètres dans des réservoirs Albien de bonne qualité et a fait l’objet d’une campagne complète d’acquisition de données et d’échantillonnage pour étayer l’interprétation de la découverte et son développement futur, indique l’opérateur dans un communiqué. Cette découverte de Moho G et la découverte précédemment réalisée sur la structure voisine de Moho F représentent des ressources récupérables estimées à près de 100 millions de barils, qu’il est prévu de développer par raccordement aux installations existantes de Moho. « Cette nouvelle découverte sur la licence de Moho bénéficie de sa proximité avec les infrastructures de production existantes, permettant un développement à cycle court et à faible coût », a déclaré Nicola Mavilla, directeur Exploration de TotalEnergies. « En tirant parti de notre expertise technique et des infrastructures existantes, nous créons les conditions d’une future production génératrice de valeur pour la Compagnie ». TotalEnergies EP Congo est l’opérateur du permis Moho, dont elle détient 63,5% aux côtés de Trident Energy (21,5%) et de la Société Nationale des Pétroles du Congo (SNPC, 15%). Les installations de production existantes comprennent deux unités flottantes (Floating Production Units, FPU), Alima et Likouf, produisant actuellement environ 90 kbep/j (100%).

Collection « Nid d’artistes » : Une archive vivante pour une souveraineté culturelle africaine

Collection « Nid d’artistes » : Une archive vivante pour une souveraineté culturelle africaine

Une consécration internationale pour l’édition marocaine et continentale : le 4ème opus sur Cotonou sacré « Plus beau livre africain » à Paris. C’est une reconnaissance internationale qui vient couronner une démarche éditoriale inédite sur le continent. À l’occasion du Salon du livre africain de Paris, qui s’est tenu du 21 au 22 mars 2026, Malika Éditions s’est vue décerner le prestigieux Prix du plus beau livre africain pour le quatrième opus de sa collection « Nid d’artistes », dédié à Cotonou et au Sud Bénin. Décerné par la Maison de l’Afrique, ce prix réaffirme une ambition claire : valoriser l’excellence éditoriale et artistique du continent tout en faisant rayonner la richesse de ses patrimoines. Réalisé avec le soutien de BANK OF AFRICA, cet ouvrage vient récompenser un projet de longue haleine. Après avoir exploré l’âme de Casablanca, le souffle de Dakar et l’énergie d’Abidjan, la collection « Nid d’artistes » confirme, avec cette distinction, son statut d’œuvre majeure à l’échelle du continent. Initiée en 2019 par Malika Éditions, cette collection s’impose aujourd’hui comme une archive précieuse et nécessaire : une mémoire vivante de l’Afrique racontée par ceux qui la créent. Une série de beaux-livres qui dépasse la simple chronique artistique pour s’affirmer comme un acte de résistance culturelle. Réappropriation du récit : Une mémoire construite de l’intérieur À une époque où l’image de l’Afrique a trop souvent été construite par un regard extérieur, « Nid d’artistes » opère un renversement fondamental. La collection est née d’une conviction profonde : la souveraineté culturelle commence par la maitrise de son propre récit et l’archivage de sa mémoire. Il ne s’agit pas seulement de montrer l’art, mais de documenter l’histoire en train de s’écrire. En donnant la plume et la voix aux artistes, écrivains et penseurs locaux, la collection répond à un véritable impératif d’archivage. Elle constitue une mémoire sensible, émotionnelle et visuelle de l’effervescence africaine pour les générations futures, offrant un espace d’expression à ceux et celles qui façonnent l’imaginaire de leurs villes. C’est une réappropriation du narratif, une manière de dire au monde : « Voici qui nous sommes, vus par nous-mêmes ». « Il est crucial que l’Afrique se raconte elle-même au lieu de laisser les autres la raconter à leur façon. Les artistes, les écrivains et les penseurs savent mieux que quiconque percevoir ce que nous ne voyons pas et exprimer ce que nous n’arrivons pas à dire », affirme Malika Slaoui, éditrice et fondatrice de la collection. « Ces ouvrages sont une source d’information pour les prochaines générations. C’est un travail de mémoire engagé : archiver la parole des créateurs aujourd’hui, c’est préserver l’identité de demain et protéger des voix, des visions et des gestes qui, sans cela, risqueraient de se perdre ». Une promenade émotionnelle et une archive esthétique À travers une mise en page exigeante et une iconographie généreuse, ces beaux-livres invitent à une promenade émotionnelle guidée par les gardiens du temple artistique africain. Véritable conservatoire vivant, chaque volume fédère une centaine d’acteurs culturels : plasticiens, photographes, designers, slammeurs, écrivains et musiciens. Qu’ils soient jeunes talents émergents ou ténors reconnus à l’international, ils tissent ensemble le récit intime et mémoriel de leur cité. Ils y déposent leurs visions singulières dans une histoire commune et une mémoire partagée, transformant chaque page en une archive précieuse du présent. C’est une ode à la diversité, une palette inépuisable de couleurs et de mots qui capture l’effervescence des capitales créatives. L’immersion et l’humilité comme méthode de travail La force de la collection « Nid d’artistes » réside aussi dans la méthodologie unique de son éditrice. Rejetant l’approche superficielle et loin de la compilation à distance, chaque livre est le fruit d’une immersion longue et patiente sur le terrain. C’est cette présence qui permet de constituer une équipe au niveau local (auteurs, contributeurs…) et favorise la rencontre, le dialogue et la collaboration dans une dynamique collective où la création se construit à plusieurs voix. « Pour chaque ville, je mène un travail immersif de terrain de plusieurs mois. Je vais personnellement à la rencontre des artistes, des écrivains et des acteurs culturels. Cette proximité constitue le socle de ma démarche. Elle me permet de tisser des liens forts et de restituer une vision juste, sensible et profondément humaine de la scène artistique. Le partage et l’échange sont au cœur de ce projet, qui s’inscrit pleinement dans notre ligne éditoriale axée sur la préservation de la mémoire, la transmission et le dialogue entre les cultures », explique l’éditrice.« J’ai profondément ressenti que, de Casablanca à Cotonou, ces scènes ont en commun une volonté farouche de raconter le monde depuis leur propre réalité. » Cette méthode, fondée sur l’humilité et l’écoute, permet de capter l’énergie brute des métropoles africaines. De Cotonou à Casablanca, ces villes partagent une vitalité incroyable et une volonté commune : interroger l’identité, le territoire et le présent. À propos de Malika Éditions. Fondée en 1998, Malika Éditions est une maison indépendante spécialisée dans les beaux-livres sur le patrimoine historique et artistique. Reconnue pour ses co-éditions prestigieuses avec des maisons européennes (Actes Sud, Gallimard, Somogy), elle a su enrichir sa ligne éditoriale en s’ouvrant à la scène contemporaine africaine. Sa signature : un dialogue constant entre l’image et le texte, au service de la transmission et du dialogue entre les cultures.

Coopération Maroc–Burundi : une délégation burundaise en immersion à la Trésorerie Générale du Royaume

Coopération Maroc–Burundi : une délégation burundaise en immersion à la Trésorerie Générale du Royaume

Du 30 mars au 02 avril 2026, la Trésorerie Générale du Royaume (TGR) a reçu la visite d’une délégation de haut niveau de la République du Burundi, conduite par le Directeur général responsable du programme Gestion budgétaire au Ministère des Finances, du Budget et de l’Economie numérique. Il était accompagné de quatre directeurs centraux entre autres. Inscrite dans le cadre du renforcement de la coopération institutionnelle en matière de gestion des finances publiques, notamment avec les pays africains, cette visite s’est déroulée au siège de la Trésorerie Générale du Royaume. Elle « avait pour objectif de partager l’expérience marocaine et d’appuyer les autorités burundaises dans leur projet de mise en œuvre du Compte Unique du Trésor », indique la TGR dans un communiqué . « Le programme de la visite était articulé autour de rencontres avec les responsables et experts de la Trésorerie Générale du Royaume », poursuit la même source précisant que les échanges ont ainsi exploré les différentes facettes du Compte Unique du Trésor : son positionnement, sa structure, ses règles de fonctionnement et son évolution historique. Le communiqué indique en outre que les échanges ont également porté sur le dispositif de suivi des flux de trésorerie de l’État, la réforme de la comptabilité de l’État, l’organisation comptable et la tenue de la comptabilité de l’État, ainsi que le système d’information du Plan Comptable de l’État. « Cette visite traduit la volonté de l’institution de promouvoir le partage d’expertise et la diffusion des meilleures pratiques comme moyen de modernisation de la gestion des finances publiques et de renforcement des capacités institutionnelles ». Martin Kam

La Banque mondiale investit dans les réformes du marché du travail : élargir les possibilités d’emploi par de meilleures politiques (Maroc)

La Banque mondiale investit dans les réformes du marché du travail : élargir les possibilités d’emploi par de meilleures politiques (Maroc)

500 millions de dollars pour accélérer la création d’emplois et la croissance verte Les institutions financières internationales manifestent un intérêt croissant pour la situation du marché du travail au Maroc, une attention soutenue qui reflète sans doute des préoccupations quant à son évolution et à ses performances actuelles. Pour bien des analystes, cet engouement accru peut être interprété comme le signe que des déséquilibres persistent et que les dynamiques de création d’emplois restent en deçà des attentes, rappelant à ce propos que le Fonds monétaire international (FMI) avait appelé à mi-février dernier à davantage de réformes liées au marché du travail. L’institution internationale avait alors estimé que « la création d’emplois durables demeure une priorité pressante, appelant à un climat des affaires plus propice, un secteur privé plus dynamique, et davantage de réformes liées au marché du travail ». Dans ce contexte, elle avait estimé que « l’accélération des réformes des établissements et entreprises publics visant à améliorer leur performance et leur gouvernance est essentielle pour accroître la concurrence et garantir la neutralité du marché entre les entreprises publiques et privées ». Nouvelle illustration de la vigilance des institutions financières : la Banque mondiale  a approuvé un financement de 500 millions de dollars en faveur du Royaume visant notamment à soutenir les objectifs d’emploi. A la rescousse d’un marché du travail vraisemblablement pas si bien portant qu’on pourrait le croire, l’institution de Bretton Woods a indiqué que « cet engagement majeur vise à élargir les possibilités d’emploi grâce à de meilleures politiques du marché du travail ». Tout y est dit. Dans un communiqué, l’organisme international souligne que ce financement est le premier d’une série de trois opérations programmées et précise qu’il vise également «la dynamisation du tissu des petites et moyennes entreprises (PME) et des investissements catalytiques dans les énergies propres, l’efficacité énergétique et les industries pharmaceutiques tournées vers l’exportation». Cet appui soutient la Feuille de route pour l’emploi du Maroc dans des domaines où le changement peut véritablement améliorer la vie de la population, précise l’institution expliquant, en ce qui concerne l’emploi, que « l’objectif est de créer davantage de débouchés pour les jeunes et les femmes en développant les programmes d’intervention sur le marché du travail, au bénéfice de plus de 330.000 demandeurs d’emploi d’ici 2029, et en alignant mieux les systèmes d’éducation et de formation professionnelle sur les besoins du secteur privé ». La Banque mondiale affirme également porter son attention sur l’activité féminine assurant que celle-ci sera soutenue par l’ajout de plus de 40.000 places dans l’offre de services de garde d’enfants agréés et par la création de 1.200 emplois directs pour les femmes dans ce secteur. A noter qu’au-delà des réformes du climat d’investissement, cette opération soutient également des mesures visant à améliorer l’environnement des entreprises, avec un accent particulier sur les PME, ces efforts s’inscrivant dans une démarche plus large de promotion d’une économie plus inclusive et résiliente. Par ailleurs, poursuit l’institution, « ce financement apporte un soutien opportun pour lever les obstacles qui ont jusqu’à présent tenu les investisseurs privés à l’écart. Il vient également appuyer l’essor des services d’efficacité énergétique et le développement de la présence de l’industrie pharmaceutique marocaine sur les marchés internationaux, avec pour objectif d’exportation de multiplier par près de sept d’ici 2029 ». De l’avis d’Ahmadou Moustapha Ndiaye, directeur de division à la Banque mondiale pour le Maghreb et Malte, « ces réformes s’attaquent à l’un des obstacles les plus persistants à la création d’emplois au Maroc, à savoir l’émergence trop lente d’entreprises à forte croissance, en améliorant simultanément l’environnement des affaires, en levant les contraintes sectorielles spécifiques et en soutenant l’essor d’entreprises à fort potentiel ». Alain Bouithy

Économie congolaise : l’ambition irrationnelle et irréaliste d’Ondongo, Maboundou et Collinet… Bas les coupes pour N’Silou, Ibara, Ngobo, Bininga et Cie…(lecture en 4 min)

Économie congolaise : l’ambition irrationnelle et irréaliste d’Ondongo, Maboundou et Collinet… Bas les coupes pour N’Silou, Ibara, Ngobo, Bininga et Cie…(lecture en 4 min)

HAUT ET FORT. À Brazzaville, le programme politique de Denis Sassou Nguesso, piloté par Gilbert Ondongo, Rigobert Maboundou et collabos, fixe un objectif choc : mobiliser 5000 milliards fcfa de recettes publiques par an. Validé par Anatole Collinet Makosso (ACM), cet engagement semble déconnecté des réalités économiques du Congo, comme l’indiquent, les données du FMI et la panne d’idées de Claude Alphonse N’Silou, Jean Rosaire Ibara, Aimé Wilfried Bininga et autres qui brillent par leur incompétence mais refusent de prendre leur retraite. Analyse des incohérences. L’objectif est arithmétiquement intenable. Le document programme (p. 11) pose cet objectif comme clé pour relancer le développement après le choc pétrolier de 2014 : infrastructures en déshérence, investissement public au ralenti, services publics sous tension.Pourtant, selon le FMI (2025), le PIB congolais avoisine 15,7 milliards de dollars, soit 9500 à 10000 milliards fcfa. Viser 5000 milliards de recettes publiques équivaudrait à 50% du PIB. Un ratio inédit que même les économies les plus fiscalisées du monde n’atteignent jamais. En Europe occidentale, les recettes publiques oscillent entre 40-48% du PIB ; en Afrique subsaharienne, elles plafonnent entre 15 et 25% : l’objectif congolais n’est pas ambitieux : il est structurellement impossible de réaliser ce programme. Une économie congolaise sous tension, sans marge de manœuvre La croissance est estimée à 2,4% en 2025 par le FMI, plombée par un investissement public faible, des contraintes énergétiques malgré la hausse du baril depuis 45 jours. La dette publique dépasse 90% du PIB, et le déficit courant s’aggrave dans une économie peu diversifiée.Dans ce contexte, doubler les recettes actuelles, c’est ignorer les équilibres macroéconomiques de base. Le Congo, dépendant des rentes extractives depuis 1997, n’a pas transformé ses ressources en croissance durable (des années de potentiel gaspillées à cause du manque de professionnalisme des soi-disants économistes). L’illusion des recettes sans institutions Le programme mise tout sur « plus de recettes = plus de développement », une logique contredite par les économies rentières comme le Congo : boom pétrolier sans réformes structurelles. Les études économiques insistent : ce ne sont pas les volumes qui comptent, mais leur allocation via des institutions solides.Ici, aucune mesure concrète n’accompagne l’objectif, ni réforme fiscale, ni lutte contre l’informalité et l’évasion, ni restructuration des entreprises publiques (dont la privatisation massive pose question : qui produira ensuite ?). Sans cela, l’ambition reste un vœu pieux. La vraie question n’est pas « combien mobiliser ? », mais  » quelle valeur créer avec ce qui est déjà là ? ». Sans leadership et patriotisme renouvelées, les chiffres gonflent, pas le développement. Digne Elvis Okombi Tsalissan peut-il nous dire à quoi servira la création d’entreprises qu’il prône dans son livre si les existantes sont bradées aux dignitaires via des prête – noms ? Pourquoi, Ondongo, Collinet, Maboundou et Soudan ont-ils préféré ridiculiser le TRGM Sassou et le Congo en publiant un programme  » bidon  » alors qu’ils auraient pû associer plusieurs intelligences comme, Hervé Assah Matika, Antoine Ngakosso, Éric Gangara Nkoua et Cie avant de publier ledit programme ? Ont-ils peur qu’Assah, Ngakosso et autres rejoignent le gouvernement où exposent leur nudité ? La République à besoin de tous, même d’André Okombi Salissa s’il est amnistié demain. Le piège des États rentiers et la stupidité Historiquement, le Congo reproduit un schéma classique : recettes exceptionnelles masquant les faiblesses productives, désincitant les réformes et amplifiant l’instabilité face aux chocs pétroliers. Les 5000 milliards s’inscrivent dans cette spirale.Atteignable en 12-15 ans (trois mandats) via un PIB gonflé et un ratio recettes/PIB à 20-25%, cet objectif exige un paradigme inverse : prioriser la production de valeur avant la captation. Notre prochaine publication mettra en évidence l’étroitesse d’idées et le manque de perspective innovante des sieurs mafieux N’Silou, Ibara et Bininga dont la place ne devrait plus être au gouvernement mais… Ghys Fortune BEMBA DOMBE

Kongo Atlantique : Rêve d’un État fédéral : un livre qui défie les chefs d’État

Kongo Atlantique : Rêve d’un État fédéral : un livre qui défie les chefs d’État

PARUTION. La Société Littéraire a le plaisir d’annoncer l’ouverture d’un grand chantier de réflexion, d’étude et de valorisation autour de l’ouvrage de Serge Armand Zanzala : Kongo Atlantique : Rêve d’un État fédéral! Sous-titré : « Je sais que cela vous amuse, mais j’ose quand même: pour une parole qui défie l’impossible et ouvre le débat » Cet ouvrage s’inscrit dans une démarche ambitieuse, à la croisée de l’histoire, de la culture et du politique. Il propose une relecture profonde de notre passé, en invitant à reconnaître et à mettre en lumière les formations politiques, sociales et culturelles qui structuraient l’espace bantou bien avant la colonisation. Des royaumes et empires tels que le Kongo, le Loango, les ensembles Téké, Luba et Lunda, jusqu’aux royaumes de Ndongo et Matamba, sans oublier les réseaux des peuples Ngala, Fang, Mpongwe, Punu ou Nzebi, se dessine une histoire riche, plurielle et profondément interconnectée. Au cœur de cette mémoire se trouve le puissant Royaume Kongo, véritable centre de gravité politique et civilisationnel, autour duquel s’organisaient échanges, alliances et équilibres régionaux. Ce chantier éditorial vise à : Réhabiliter cette mémoire historique souvent fragmentée, Valoriser les continuités culturelles et civilisationnelles, et Nourrir une réflexion contemporaine sur l’avenir politique de cet espace Le concept de Kongo Atlantique s’inscrit dans cette dynamique : il ne s’agit ni de nier les États actuels ni d’effacer les frontières, mais de proposer une lecture fédératrice d’un héritage commun, enracinée dans l’histoire et tournée vers l’avenir. Un sous-titre à la fois interpellateur et provocateur Le sous-titre de l’ouvrage se distingue par sa force et son audace. À travers cette formule, l’auteur interpelle directement les consciences et ose bousculer les certitudes établies. Cette parole, volontairement provocatrice, semble s’adresser en particulier aux quatre chefs d’État représentés en couverture : João Lourenço (Angola), Félix Tshisekedi (République Démocratique du Congo), Denis Sassou Nguesso (République du Congo) et Brice Oligui Nguema (Gabon). En affirmant « j’ose quand même », l’auteur pose un acte intellectuel fort : celui de défier les logiques politiques actuelles et d’ouvrir un débat que beaucoup jugent sensible, voire impossible. Ce sous-titre devient ainsi une interpellation directe des dirigeants, les invitant à réfléchir à l’histoire commune, aux responsabilités présentes et aux perspectives d’un avenir fédéral repensé. Un ouvrage qui rend hommage à une mémoire partagée et ouvre un débat essentiel sur l’unité, la souveraineté et la renaissance culturelle. Puisse cette réflexion collective inspirer nos quatre chefs d’Etat ainsi que les générations présentes et futures. Serge Armand Zanzala Directeur de Publication de La Société Littéraire et auteur du livre