RWANDA. Aimable Karasira : un rescapé d’un courage exceptionnel

RWANDA. Aimable Karasira : un rescapé d’un courage exceptionnel

HOMMAGE. C’est avec une profonde tristesse que j’ai appris la mort d’Aimable Karasira, survivant du génocide, décédé le jour même où il devait recouvrer la liberté après cinq années de détention pour « trouble à l’ordre public ». Selon les autorités rwandaises, il serait mort à la suite d’une overdose médicamenteuse. Une version officielle qui, à juste titre, soulève de sérieux doutes. J’ai eu l’occasion d’échanger avec Aimable Karasira à plusieurs reprises avant son arrestation. Il se montrait extrêmement critique à l’égard du régime de Paul Kagame et faisait preuve d’un courage rare. À chacune de nos conversations, je ne pouvais m’empêcher de lui demander s’il ne craignait pas pour sa vie. Il me répondait toujours avec calme : « Monsieur Mbeko, ces gens m’ont tout pris, ils ont massacré une partie de ma famille. Ils peuvent faire ce qu’ils veulent. » Son parcours m’a conduit à m’intéresser de plus près à la situation des « rescapés tutsis » du génocide, au point de leur consacrer un sous-chapitre dans mon livre Rwanda : Malheur aux vaincus (Duboiris, 2024). Aimable m’avait demandé de mentionner son nom dans l’ouvrage, mais j’avais refusé. Je ne voulais pas l’exposer davantage à la cruauté du régime Kagame. Pour lui, toutefois, cela semblait secondaire. « Ce n’est pas grave, papa. Tout ce que je t’ai dit est vrai. Tu peux le vérifier. Et je n’ai peur ni de Kagame ni de ses sbires », me lança-t-il. Malgré son insistance, je refusai de le citer nommément. Aimable, que j’appelle « Benoît » dans le livre, m’expliqua qu’il existe, selon lui, deux catégories de rescapés tutsis au Rwanda : ceux qui acceptent d’être instrumentalisés par le FPR (le parti de Kagame) dans le cadre de sa propagande sur le génocide et qui, en retour, bénéficient de certains privilèges ; et ceux qui, comme lui, refusent toute instrumentalisation et se retrouvent dès lors marginalisés, ostracisés, voire persécutés. Dès lors, une question s’impose : Aimable est-il vraiment mort d’une « overdose médicamenteuse » ou parce qu’il a refusé le mensonge et l’arbitraire du régime Kagame ? Impressionné par son courage, j’avais décidé de lui dédier «Rwanda : Malheur aux vaincus» en ces termes : « À Aimable KARASIRA, toi, le rescapé dont le courage ne saurait laisser indifférent. » Va en paix, cher frère. Tu as combattu le bon combat. Par Patrick Mbeko

Le Président Diomaye face au mur : Dissoudre l’Assemblée ou laisser le régime se consumer de l’intérieur

Le Président Diomaye face au mur : Dissoudre l’Assemblée ou laisser le régime se consumer de l’intérieur

TRIBUNE. Le pouvoir actuel était arrivé avec une promesse simple : casser le vieux système, tourner la page, ouvrir une nouvelle ère. Mais à force de vouloir faire du neuf avec du vieux, le régime donne aujourd’hui l’impression d’avoir simplement repeint les murs d’une maison dont les fondations restent occupées par les mêmes réflexes, les mêmes habitudes et les mêmes survivants du système d’hier. Le président Bassirou Diomaye Faye voulait incarner la rupture. Pourtant, en maintenant une partie des mécanismes de l’ancien appareil, il a progressivement installé un climat de malaise politique au sommet de l’État. Au plan politique, peut-être que Ousmane Sonko et Diomaye ont des divergences. Peut-être même des désaccords profonds sur la méthode, les priorités ou la direction du fameux “Projet”. Mais au plan institutionnel, ils continuent officiellement de travailler ensemble. Et c’est précisément là que réside le paradoxe : un pouvoir qui affiche l’unité devant les caméras pendant que les rumeurs de fractures internes envahissent les couloirs du pouvoir, les réseaux sociaux et les états-majors politiques. Alors oui, si — je dis bien si — ces divergences existent réellement et qu’elles deviennent suffisamment profondes pour paralyser durablement le fonctionnement du sommet de l’État, alors le président n’aura bientôt plus que ses choix à faire. Pas ses hésitations. Pas ses calculs tactiques. Ses choix. Car depuis plusieurs mois, le Sénégal donne parfois le spectacle d’un exécutif absorbé davantage par ses tensions internes que par les urgences nationales. Pendant que les Sénégalais affrontent la vie chère, le chômage et les difficultés quotidiennes, le sommet de l’État semble prisonnier d’une guerre froide politique permanente. Et certains pensent encore que limoger le Premier ministre réglerait le problème ? Ce serait probablement l’erreur politique la plus risquée du quinquennat. Parce que la réalité parlementaire est brutale : l’actuelle majorité reste largement acquise à Sonko et à PASTEF. Écarter le Premier ministre reviendrait à ouvrir une crise institutionnelle majeure où chaque vote deviendrait un champ de bataille et chaque décision un bras de fer. Quant à gouverner par ordonnances pendant trois ans, cela transformerait la présidence en bunker politique assiégé, isolé et continuellement contesté. Le Sénégal n’a pas besoin d’un pouvoir qui se surveille lui-même. Le Sénégal a besoin de clarté, de stabilité et de cohérence. La seule issue crédible aujourd’hui exige du courage politique et non des calculs de survie : Dissoudre l’actuelle Assemblée nationale, Organiser des élections législatives anticipées, Redonner la parole au peuple sénégalais. Et si, à l’issue de ces élections, le président n’obtenait pas une majorité claire, stable et renouvelée, alors il devrait avoir l’élégance républicaine de mettre son propre mandat dans la balance. Oui, ce serait un séisme politique. Mais ce serait aussi un acte inédit de responsabilité démocratique dans une Afrique où beaucoup considèrent encore le pouvoir comme une propriété privée. Car au fond, l’Histoire ne retient jamais ceux qui se sont accrochés au fauteuil. Elle retient ceux qui ont accepté de risquer leur pouvoir pour préserver la crédibilité des institutions et la dignité de la République. Par Malick BA Journaliste

Congo – stupre : premier clash entre Sassou, Bouya et Collinet sur fond de….( Dossier en 5 mins)

Congo – stupre : premier clash entre Sassou, Bouya et Collinet sur fond de….( Dossier en 5 mins)

INDISCRETION. Après les errements de Malanda Samba qui a tenté de s’accaparer du Figa pour en faire un patrimoine personnel, on a cru que les politiques accorderaient leurs violons pour rehausser le niveau de l’éducation et pour améliorer l’offre de santé détruits par Rosaire Ibara, Bruno Jean Richard Itoua, Anatole Collinet Makosso (ACM), Gilbert Ondongo et autres, grosse erreur ! Les récentes décisions de la ministre Delphine Édith Emmanuel Adouki soutenues par le président Sassou Nguesso contre la forfaiture de Makani et Cie qui s’appuient sur les réseaux de ACM et Jean Jacques Bouya sont au centre des tensions. Aux origines de la dégradation du système éducatif À la suite des évènements de 1997, l’université Marien Ngouabi (UMNG) fonctionnait avec des moyens limités. Malgré un budget modeste, le recteur Charles Gombé Mbalawa, le vice-recteur Laurent Tchissambou, le secrétaire général Jean Marie Soungoua sous le magistère du ministre François Lumwamu, avaient engagé des efforts de réhabilitation des infrastructures détruites et tenté de maintenir la qualité de la formation universitaire. Mais la cadence imprimée par cette équipe post-conflit n’avait pas été suivie par les cadres nommés plus tard, et ce, en dépit de l’augmentation des budgets alloués. Ces cadres se sont progressivement illustrés par des dérives dans la gouvernance des universités tant publiques que privées : recrutements abusifs et sélectifs (des demoiselles et autres devenues amantes et maîtresses), droit de cuissage, détournements de fonds, délivrance des faux diplômes, spoliation des immobilisations corporelles de l’université et du CHUB (terrains et bâtiments), le cas du terrain situé à côté du Service d’hygiène où plusieurs personnes dont, le ministre Pierre Nzila, avait fait construire sa villa… Le ministre Henri Ossebi, son remplaçant, s’était solidarisé de cette spoliation. Il n’en avait dit mot. Fermeture et ouverture controversées En 2013, face à la multiplication de cas de fraudes académiques et de falsification de diplômes sous les yeux du ministre Ange Abena, Georges Moyen prend la mesure forte de suspendre la formation des masters pour l’ensemble des établissements privés d’enseignement supérieur. Propulsé ministre sous les auspices reconnaissantes de JDO ( dont-il avait sauvé l’enfant et l’épouse au CHUB), il suscite l’ire et l’opprobre d’un club ethno-politique de Bayardel. En 2018, Bruno Jean Richard Itoua (Lucifer), au mépris des avis contraires, procède à la réouverture en accordant anarchiquement des agréments pour les licences et les masters. Dans le même sillage, Jean-Rosaire Ibara (Juda) commence l’oeuvre de crucification de l’UMNG : recrutements d’enseignants sans qualification entre 2018-2021 dont plusieurs sont détenteurs de Master pourtant interdits car produits entre 2012 et 2018; régularisation de ces faux diplômés devenus opportunément CETP (Chargés d’Encadrement Technique et Professionnels). Lesdites régularisations ont été faites via de pseudo thèses de doctorat passées après une année académique au lieu de trois ou quatre ans, le cas à la fac des sciences sous Mathias Adrien Ndinga : c’est le règne des rabaisseurs de formation avec des étudiants qui viennent baver en Occident. Pareil dans les établissements privés, sans fondement ni corps professoral permanent sérieux. ESGA et ENAM sous les feux des projecteurs Lundi 4 mai 2026, l’ESGAE de Makany a récidivé en s’engageant dans la soutenance de thèse alors que son établissement est dépourvu d’une école doctorale. Malgré l’absence du décret et l’interdiction du ministre Adouki par lettre n°00342/MERSIT/CAB/DGESUP du16/05/22, Makani perdure dans ses thèses, autorisé par Lucifer via Macaire Batchi. Des doctorats refusés au Cameroun par le ministre Jacques Fame Ndongo, mais soutenus au Congo par ces compatriotes. La situation s’est empirée à l’ENAM avec l’arrivée du Pr Yvon Ndongo Ibara : le concours d’entrée 2026 a été glauque et pourri dans tous les départements de formation dont celui de la Magistrature. Les recalés du Bénin ont été recasés portant la formation d’un numérus clausus de 75 à plus de 250 (c.f rapport d’enquête de la CID ). D’ailleurs, le profs Parisse Akouango et Cie ont été entendus à la CID. A son temps, Pacifique Issoibeka avait suspendu les formations d’Inspecteur des impôts, des douanes et du trésor. En 2009, sans maîtriser les contours, Gilbert Ondongo (Belzébuth), les réouvre, résultats : vols, concussion, tromperies et autres comportements s’accélèrent dans les administrations financières. Complexé et obséder de paraître, les congolais sont à la quête des distinctions honorifique. Rien que pour l’année 2025, 120 doctorats honoris causa ont été délivrés : Silvère Dongou, docteur honoris causa contre espèces sonnantes, Céphas Germain Ewangui, Luc Missidimbazi, Flavie Lombo, Innocent Péa, Yves Moundélé Ngolo…Ces doctorats ne sont reconnus, ni par les universités membres du CAMES ni dans le monde et n’ouvrent à aucun droit à former, moins encore à enseigner. Au Nigeria, leur mention est strictement interdite. Pourquoi cette profusion de diplômes ? La reconnaissance par l’État ouvre au recrutement à la fonction publique et dans le secteur privé. Même l’UMNG a des Masters ESGAE qui travaillent et enseignent en son sein depuis la forfaiture du Prof Gontran Ondzotto, président de l’UMNG (2021-2024). Ainsi, les ATOS deviennent enseignants avec le CETP faisant exploser le budget de l’université de 38 à 63 milliards. Certes, la ministre Emmanuel Adouki a annulée cette fameuse thèse de doctorat en gestion et pris des décisions pour restaurer la crédibilité académique, mais des observateurs pensent comme nous l’avions esquissé dans notre livre ,  » le système éducatif francophone au creux de la vague : cas du Congo « , que, les problèmes d’éducation sont connus. A M. Sassou de prendre des mesures de protection et de sauvegarde de tout le système de formation universitaire public et privé. ACM, censé apporter le changement est lui-même cité dans cette confusion pour avoir validé des recrutements à l’université des enseignants de masters ( ex Parfait Iloki ) et son Université dit Internationale de Brazzaville (UIB) à… Ghys Fortune BEMBA DOMBE

RDC. La pauvreté intellectuelle derrière des slogans stupides

RDC. La pauvreté intellectuelle derrière des slogans stupides

HAUT ET FORT. Dans tout appareil étatique sérieux, aucun Chef d’État ne s’exprime publiquement sans avoir été préalablement briefé par ses collaborateurs, chacun dans son domaine de compétence : diplomatie, sécurité, communication, économie, questions juridiques ou stratégiques. Une sortie médiatique présidentielle est normalement le produit d’un travail collectif de préparation, d’anticipation et d’encadrement institutionnel. À force d’observer des approximations, incohérences, tâtonnements, incidents protocolaires ou des séquences de communication qui fragilisent l’image de l’institution présidentielle, je suis arrivé à la triste conclusion que la responsabilité ne peut pas toujours être imputée uniquement au chef de l’État lui-même. Elle interroge également la qualité de son entourage politique, administratif et communicationnel censé l’accompagner, le conseiller et le protéger institutionnellement. Déjà, lorsque le Président de la République, en exprimant sa désolation au sujet de l’affaire « escarmouche » reconnaît lui-même avoir été mal informé sur les capacités logistiques et militaires du pays, cela soulève une question plus profonde sur la qualité des informations qui lui sont transmises. Si même des Hauts officiers militaires, pourtant investis d’une responsabilité stratégique et disposant des moyens de défense de l’État, ont pu être utilisés par le Rwanda pour servir des intérêts contraires à ceux de la nation, que dire alors de certains collaborateurs civils dont le rôle semble davantage consister à flatter le pouvoir qu’à éclairer objectivement le Chef de l’État ? À force de louanges permanentes et d’absence de contradiction constructive, ils ont exposé le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo à des erreurs d’appréciation et à des faux pas qui affaiblissent l’institution elle-même. Quoi de plus normal que d’en arriver à la conclusion que le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo est effectivement très mal entouré. Aux tambourinaires du régime qui tenteraient de venir comme à leur habitude me réciter leur sempiternelle litanie du genre « ozo luka poste… oza aigri mpo ozwi poste te… », je leur conseillerais humblement de retourner à l’école primaire afin d’y réapprendre ce que signifient la Patrie, le pays, la République, l’État et la Nation. Ce serait pour eux une excellente occasion de s’instruire davantage et d’apprendre à éprouver un minimum de honte face à certaines affirmations qu’ils répètent mécaniquement. D’autant plus que l’enseignement primaire est gratuit dans les établissements publics. Tshaku abotaka na bohumbu te. J’assume en toute responsabilité. Par Maître Jackson KALONJI MUSHILA TSHIMANGA

Sénégal. Désonkorisation en marche : Diomaye déroule… jusqu’où ?

Sénégal. Désonkorisation en marche : Diomaye déroule… jusqu’où ?

TRIBUNE. Le mot est lâché, brutal, sans vernis : désonkorisation. Et depuis quelques semaines, il ne relève plus du fantasme mais d’un mode opératoire. Décret après décret, le Président Diomaye taille, ajuste, remplace, toujours avec le même fil conducteur : les fidèles de Sonko sortent, les profils “Diomaye Président” entrent. Ce n’est plus du réglage, c’est une ligne politique. Le limogeage d’Ousseynou Ly, aussitôt remplacé par Me Tine, n’est qu’un épisode de plus dans ce feuilleton où la loyauté d’hier devient le motif d’éviction d’aujourd’hui. Une mécanique froide, assumée, presque chirurgicale : on efface les traces du projet originel pour redessiner le pouvoir à son image. Dans les salons, personne n’est dupe. Derrière cette valse des postes, une cible flotte comme une évidence : Ousmane Sonko. L’homme, le symbole, l’ombre portée. Le cœur du logiciel qu’on semble vouloir réécrire. Et voici que les rumeurs ajoutent de l’électricité à l’air déjà chargé : un décret de limogeage visant Sonko serait prêt, posé quelque part sur la table du Président. Prêt à être signé… mais retenu au dernier moment. Pourquoi ? Parce qu’au-delà du geste, il y a le rapport de force. Et il mène tout droit à l’Assemblée nationale, où Sonko pèse lourd, très lourd. Un terrain miné où chaque décision peut se transformer en bras de fer institutionnel. Voilà le hic : on ne rase pas une maison quand on ne tient pas toutes les clés. Sans majorité parlementaire totalement acquise, Diomaye avance… mais contraint. Le bulldozer reste au garage, remplacé par un scalpel politique. On écarte, on isole, on repositionne, en attendant le moment décisif. En face, Sonko ne plie pas. Il verrouille. Refus catégorique de démissionner. Posture droite, presque provocante. Et pendant que certains s’accrochent aux fauteuils, lui coupe dans les privilèges : fonds politiques supprimés, salaire abandonné, argent réinjecté dans des causes sociales. Un contre-récit puissant dans un système habitué aux accumulations discrètes. Résultat : le contraste claque. D’un côté, un pouvoir qui recompose en silence. De l’autre, un leader qui radicalise l’éthique. Deux trajectoires. Deux visions. Et entre les deux, un projet qui tangue. Alors la vraie question n’est plus de savoir s’il y a désonkorisation. Elle est déjà là. La seule inconnue, la vraie, la dérangeante : Diomaye ira-t-il jusqu’au bout de sa logique ? Signera-t-il ce décret… au risque d’ouvrir une guerre frontale avec Sonko et son bastion parlementaire ? Dans ce théâtre politique aux allures de purge douce, chacun affine déjà sa position. Car au final, les postes passent, les décrets s’effacent… Mais les lignes de fracture, elles, restent. Par Malick BA Journaliste

TRIBUNE – LA CONVERGENCE CITOYENNE

TRIBUNE – LA CONVERGENCE CITOYENNE

VIE DES PARTIS. Sous la conduite de son Secrétaire national chargé à l’organisation, le camarade Jean Phaite Makoumbou, La Convergence Citoyenne s’est résolument engagée dans une dynamique de restructuration et de redynamisation de ses instances dirigeantes. Cette démarche, qui vise à renforcer l’efficacité organisationnelle du parti et à consolider ses bases militantes, s’inscrit dans une vision claire : bâtir une formation politique structurée, cohérente et tournée vers les défis à venir. Après une première étape réussie dans la ville de Pointe-Noire, le 30 avril 2026, consacrée notamment à la mise en place du comité de pilotage, le processus s’est poursuivi à Brazzaville le 3 mai 2026. Dans la capitale, l’assemblée générale a procédé à la mise en place de la coordination fédérale ad hoc de BVZ, ainsi qu’à l’élection des responsables des sections de Mfilou et Madibou. Ces différentes étapes traduisent la volonté du parti d’assurer la continuité de ses activités, tout en préparant, avec rigueur et méthode, l’organisation des prochains congrès en vue de la mise en place des instances définitives. À Pointe-Noire comme à Brazzaville, les camarades ont également procédé à l’élection du bureau fédéral ad hoc et des responsables des sections de Ngoyo, Tié-Tié et Mongo-Mpoukou, puis Mfilou et Madibou, démontrant ainsi la capacité du parti à se structurer efficacement sur l’ensemble du territoire. Les prochaines étapes de cette dynamique concerneront les départements du Niari, de la Bouenza et du Pool. La Convergence Citoyenne salue l’engagement, la discipline et la mobilisation de l’ensemble des militants et cadres ayant pris part à ces activités. Leur détermination constitue un socle essentiel pour la consolidation et le rayonnement du parti. Aux camarades nouvellement investis de responsabilités, le parti adresse ses sincères félicitations et les exhorte à faire preuve de rigueur, de loyauté et de sens du devoir dans l’accomplissement de leurs missions. Plus que jamais, La Convergence Citoyenne réaffirme sa détermination à poursuivre cette dynamique de structuration dans l’unité, la cohésion et le travail, afin de relever avec succès les batailles politiques à venir. Fait à Brazzaville, le 4 mai 2026 Pour la Cellule de communication du parti.

Pool : entre le buffle, le chasseur et l’épine — lecture stratégique et morale des violences politiques

Pool : entre le buffle, le chasseur et l’épine — lecture stratégique et morale des violences politiques

LIBRES PROPOS. Denis Sassou Nguesso, ou l’État qu’il incarne, n’a pas un problème spécifique avec Ntumi en tant qu’individu, mais plutôt avec les populations du Pool, qu’il a souvent perçues comme étant en opposition à son autorité. Que cela soit clairement établi. Une incompréhension récurrente du débat sur le Pool Chaque fois que les violences politiques dont sont victimes les filles et fils du Pool sont dénoncées, une réponse revient de manière presque automatique dans les échanges publics : « débarrassez-vous de Ntumi ». Cette réaction, répétée au fil des années, traduit une lecture réductrice d’une situation pourtant profondément complexe. Dans une précédente publication, nous avions déjà tenté d’aborder cette question en refusant les simplifications faciles. Car réduire les tensions du Pool à un seul acteur revient souvent à masquer les dynamiques structurelles, les responsabilités multiples et surtout les conséquences humaines durables de ces violences. C’est dans cette logique que nous proposons aujourd’hui une relecture à travers une métaphore, non pas pour caricaturer, mais pour mieux éclairer les rapports de force, les logiques politiques et les responsabilités morales en présence. La métaphore du buffle, du chasseur et de l’épine Pour comprendre les violences politiques dans le Pool, nous utilisons l’image du buffle, du chasseur et de l’épine. Dans cette représentation, le buffle incarne Denis Sassou Nguesso, symbole de la puissance de l’État, de sa force institutionnelle et militaire, et de sa capacité de contrainte. Le buffle avance avec lourdeur et détermination, parfois sans percevoir les conséquences de sa course sur le terrain humain qu’il traverse. Le chasseur représente les populations du Pool. Il incarne la vie quotidienne, la survie, la mobilité contrainte, mais aussi la résilience. Le chasseur avance dans un environnement instable, marqué par les tensions, les déplacements forcés et la recherche permanente de sécurité. L’épine, enfin, représente Ntumi, perçu comme un élément de friction, une source de blessure dans le parcours du chasseur. En marchant dessus, celui-ci se blesse, saigne et souffre, ajoutant une douleur supplémentaire à un contexte déjà difficile. Lecture stratégique : comprendre les rapports de force Au-delà de la métaphore, une lecture stratégique s’impose. Dans toute configuration de conflit, il existe des niveaux de danger différents. L’épine est visible, localisée, et peut être contournée ou retirée avec des moyens adaptés, dans un environnement sécurisé. C’est souvent en fuyant la furie du buffle que le chasseur perd le contrôle de sa trajectoire et finit par marcher sur l’épine. Elle représente un problème tactique, souvent circonscrit. Le buffle, en revanche, incarne une force systémique. Il agit à grande échelle, avec un impact direct sur l’ensemble de l’espace traversé. Sa trajectoire, sa puissance et sa dynamique déterminent l’état général du terrain. Dans cette logique, réduire toute la problématique du Pool à l’épine revient à ignorer la structure du danger principal. Le chasseur peut survivre à une blessure, se soigner, s’adapter et même résoudre ce problème dans un cadre apaisé. Mais face au buffle en mouvement, sans espace de protection ni de médiation, les marges de manœuvre se réduisent considérablement. Lecture politique : la confusion des responsabilités Sur le plan politique, cette métaphore met en lumière une confusion fréquente dans les débats publics : celle qui consiste à confondre cause structurelle et facteur déclencheur. En désignant uniquement l’épine comme problème central, on occulte la question de l’environnement global dans lequel elle existe. Or, aucune épine ne peut être analysée indépendamment du terrain dans lequel elle s’inscrit, ni des forces qui l’écrasent ou la renforcent. Ainsi, limiter la lecture des violences dans le Pool à une seule figure revient souvent à déplacer le débat et à éviter les questions de gouvernance, de gestion des conflits et de responsabilité de l’État dans la protection des populations. Lecture stratégique : sortir du piège de la focalisation D’un point de vue stratégique, toute approche durable d’un conflit suppose une hiérarchisation claire des problèmes. Une erreur fréquente consiste à traiter les symptômes comme des causes principales. Dans le cas du Pool, la focalisation exclusive sur l’épine détourne l’attention des dynamiques plus larges. Or, tant que le cadre global reste instable, toute tentative de traitement localisé reste fragile et souvent temporaire. La véritable stratégie de paix ne peut donc pas reposer sur la seule élimination d’un acteur, mais sur la transformation de l’environnement qui produit les tensions et les violences. Lecture morale : responsabilité et conscience Au-delà de la stratégie, une dimension morale essentielle doit être prise en compte. La question centrale est celle de la protection de la vie humaine. Quelle que soit la lecture que l’on adopte des responsabilités individuelles ou collectives, aucune justification ne peut rendre acceptable la souffrance prolongée des populations civiles. La morale impose donc une hiérarchie claire : la protection des vies humaines doit toujours primer sur les considérations politiques, sécuritaires ou symboliques. Dans cette perspective, continuer à exposer durablement les populations du Pool à des logiques de violence, quelles qu’en soient les justifications, pose une question éthique fondamentale. Conclusion : vers une sortie par le haut Ainsi, que le buffle laisse le Pool en paix. Les filles et fils du Pool, en tant que chasseur, sauront eux-mêmes, dans un cadre apaisé, comment gérer l’épine, traiter les blessures et reconstruire leur trajectoire. Mais aucune solution durable ne peut émerger dans un environnement dominé par la peur, la contrainte et la répétition des violences. La paix véritable ne naît pas de la disparition d’un seul élément du problème, mais de la transformation de l’ensemble du cadre qui produit ces déséquilibres. Et c’est à cette condition seulement que le chasseur pourra marcher sans blessure, et que le terrain pourra enfin redevenir un espace de vie et non de survie. Serge Armand Zanzala Écrivain, chercheur, citoyen engagé, Directeur de La Société Littéraire, Initiateur du projet Kongo Ya Sika

Le nouveau gouvernement congolais face à l’épreuve des 100 jours : entre attentes populaires et impératif de résultats

Le nouveau gouvernement congolais face à l’épreuve des 100 jours : entre attentes populaires et impératif de résultats

PARLONS-EN. À la suite de la séquence électorale marquée par l’élection présidentielle, l’investiture et la mise en place du gouvernement du quinquennat 2026-2031, une nouvelle phase s’ouvre : celle de l’évaluation par les faits. Le cap des cent (100) premiers jours s’impose désormais comme un test décisif pour mesurer la capacité du Gouvernement à répondre aux attentes du peuple congolais. Dès la prestation de serment du Président Denis Sassou Nguesso, les orientations ont été clairement définies. À travers son projet de société « Accélérons la marche vers le développement », décliné en « dix commandements », le Chef de l’État a fixé une feuille de route ambitieuse. Celle-ci appelle à une action gouvernementale rapide, coordonnée et résolument tournée vers des solutions concrètes face aux défis structurels du pays. Dans ce contexte, les 100 premiers jours ne sauraient être une période d’observation ou de diagnostic. Le temps des analyses prolongées est désormais dépassé. Le Gouvernement, renouvelé à près de 70 %, est attendu sur sa capacité à transformer les engagements en résultats tangibles. Les Congolais n’attendent plus des discours, mais des actions visibles et mesurables. Le temps des séminaires Gouvernementaux est révolu ainsi que des colloques, des symposiums, des conférences, des ateliers, etc… C’est le temps du concret ,des solutions car tous les diagnostics ont été déjà faits dans notre pays. Il n’y a plus de place pour l’amateurisme et les tergiversations car l’urgence s’impose et les Congolais sont impatients de voir les résultats. Les priorités sont connues et sans équivoque : garantir un accès généralisé à l’eau potable, assurer une fourniture stable d’électricité sur l’ensemble du territoire — de la Likouala au Kouilou —, renforcer la sécurité des citoyens, et surtout créer des opportunités d’emploi pour la jeunesse. À cela s’ajoute la nécessité d’améliorer substantiellement le climat des affaires afin d’attirer les investissements, tant nationaux qu’internationaux. Le principe du « Congolais d’abord » doit se traduire en politiques publiques concrètes et inclusives. Ce délai de 100 jours constituera également un révélateur des performances individuelles des ministres. Qu’ils soient figures expérimentées ou nouveaux entrants, notamment les jeunes cadres promus, tous sont soumis à une exigence immédiate d’efficacité. Étant donné que c’est toujours les même qui sont depuis des décennies, ils ne peuvent en aucun cas bénéficier d’un état de grâce, pas d’excuses, pas de mea culpa . Ils ont droit qu’à l’action immédiate et efficace. L’absence d’état de grâce traduit l’urgence de la situation nationale et la nécessité d’une mise en action rapide. En perspective, l’échéance des élections législatives de 2027 confère à cette période une dimension stratégique supplémentaire. Elle pourrait ouvrir la voie à un réajustement de l’équipe gouvernementale. Dans cette optique, les 100 jours apparaissent comme une véritable période probatoire. En définitive, chaque membre du Gouvernement évolue sous une pression politique forte, comparable à une épée de Damoclès. Dans un contexte marqué par des attentes sociales élevées et des défis urgents, seule une gouvernance efficace, pragmatique et orientée résultats permettra de consolider la confiance des citoyens. Le moment n’est plus aux approximations, mais à l’action rigoureuse et à l’impact concret. Citations d’internautes. « L’action politique se mesure non aux discours, mais aux transformations qu’elle produit. » « Un gouvernement crédible est celui qui livre des résultats, pas des intentions. » « Le peuple ne juge pas les intentions, il juge les résultats. » « En politique, l’urgence n’est pas de convaincre par les mots, mais de prouver par les actes. » « L’inaction est le luxe des gouvernements déconnectés des réalités. » Fait à Chambéry, le 29 Avril 2026 Evrard NANGHO Le Patriote Engagé