RWANDA. Aimable Karasira : un rescapé d’un courage exceptionnel

RWANDA. Aimable Karasira : un rescapé d’un courage exceptionnel

HOMMAGE. C’est avec une profonde tristesse que j’ai appris la mort d’Aimable Karasira, survivant du génocide, décédé le jour même où il devait recouvrer la liberté après cinq années de détention pour « trouble à l’ordre public ». Selon les autorités rwandaises, il serait mort à la suite d’une overdose médicamenteuse. Une version officielle qui, à juste titre, soulève de sérieux doutes. J’ai eu l’occasion d’échanger avec Aimable Karasira à plusieurs reprises avant son arrestation. Il se montrait extrêmement critique à l’égard du régime de Paul Kagame et faisait preuve d’un courage rare. À chacune de nos conversations, je ne pouvais m’empêcher de lui demander s’il ne craignait pas pour sa vie. Il me répondait toujours avec calme : « Monsieur Mbeko, ces gens m’ont tout pris, ils ont massacré une partie de ma famille. Ils peuvent faire ce qu’ils veulent. » Son parcours m’a conduit à m’intéresser de plus près à la situation des « rescapés tutsis » du génocide, au point de leur consacrer un sous-chapitre dans mon livre Rwanda : Malheur aux vaincus (Duboiris, 2024). Aimable m’avait demandé de mentionner son nom dans l’ouvrage, mais j’avais refusé. Je ne voulais pas l’exposer davantage à la cruauté du régime Kagame. Pour lui, toutefois, cela semblait secondaire. « Ce n’est pas grave, papa. Tout ce que je t’ai dit est vrai. Tu peux le vérifier. Et je n’ai peur ni de Kagame ni de ses sbires », me lança-t-il. Malgré son insistance, je refusai de le citer nommément. Aimable, que j’appelle « Benoît » dans le livre, m’expliqua qu’il existe, selon lui, deux catégories de rescapés tutsis au Rwanda : ceux qui acceptent d’être instrumentalisés par le FPR (le parti de Kagame) dans le cadre de sa propagande sur le génocide et qui, en retour, bénéficient de certains privilèges ; et ceux qui, comme lui, refusent toute instrumentalisation et se retrouvent dès lors marginalisés, ostracisés, voire persécutés. Dès lors, une question s’impose : Aimable est-il vraiment mort d’une « overdose médicamenteuse » ou parce qu’il a refusé le mensonge et l’arbitraire du régime Kagame ? Impressionné par son courage, j’avais décidé de lui dédier «Rwanda : Malheur aux vaincus» en ces termes : « À Aimable KARASIRA, toi, le rescapé dont le courage ne saurait laisser indifférent. » Va en paix, cher frère. Tu as combattu le bon combat. Par Patrick Mbeko

Farida Bemba Nabourema​​​​​​​​​​​​​​​​ à Macron : « Le panafricanisme n’est pas né à Paris. Il n’a pas été théorisé dans les couloirs de Sciences Po »

Farida Bemba Nabourema​​​​​​​​​​​​​​​​ à Macron : « Le panafricanisme n’est pas né à Paris. Il n’a pas été théorisé dans les couloirs de Sciences Po »

LIBRES PROPOS. « Le panafricanisme est, dans sa forme la plus fondamentale, la philosophie politique qui a dit non à tout ce à quoi la France a dit oui pendant quatre siècles: l’esclavage, la colonisation et la néocolonisation », écrit la militante togolaise des droits de l’homme et écrivaine Farida Bemba Nabourema dans une lettre ouverte adressée au président français, Emmanuel Macron, à lire ci-dessous. « Lettre Ouverte à Emmanuel Macron Sur l’audace particulière de revendiquer ce que vous avez passé des générations à détruire Monsieur Macron, Vous vous êtes levé à Nairobi en Mai 2026, lors d’un sommet que vous avez convoqué à la hâte pour sauver ce qu’il restait de la crédibilité africaine de la France, après que les dignes peuples du Mali, du Niger, du Burkina Faso ont expulsé vos soldats, vos bases et vos drapeaux de leur sol, et vous avez déclaré, devant une salle pleine de chefs d’état africains qui ont eu le malheur historique de s’y asseoir en silence, que “vous ( les français) êtes les vrais panafricanistes”. J’ai essayé, avec un effort intellectuel sincère, d’identifier la catégorie précise d’échec moral et cognitif qui produit une déclaration d’une telle magnitude, livrée avec ce degré de sang-froid, et j’ai conclu qu’elle échappe à toute taxonomie existante. Ce que vous avez dit à Nairobi est sa propre espèce de stupidité. Une stupidité si magistralement accomplie, qu’elle exige un mot nouveau. Un néoligisme qui se situerait quelque part à l’intersection exacte de l’analphabétisme historique le plus crasse, de l’impudence institutionnelle la plus consommée, et de cette arrogance civilisationnelle particulière que votre république a si patiemment raffinée sur cinq siècles qu’elle ne ressemble plus à un choix mais à une condition congénitale. Cher Emmanuel Macron : on ne devient pas capable de dire ce que vous avez dit hier (10 mai 2026, DNR) à Nairobi par accident. On y arrive au terme d’une longue éducation dans l’art de ne jamais avoir à rendre de comptes: une éducation que la Cinquième République dispense à ses présidents avec une générosité qu’elle n’a jamais étendue aux peuples qu’elle a colonisés.​​​​​​​​​​​​​​​​ Permettez-moi donc de vous offrir ce que votre éducation, aussi coûteuse et célébrée qu’elle ait sans doute été, a manifestement omis de vous fournir : une leçon d’hustoire. Le panafricanisme n’est pas né à Paris. Il n’a pas été théorisé dans les couloirs de Sciences Po ni dans les salons de votre république. Il est né dans les cales des navires négriers, dans les champs de plantation de Saint-Domingue, dans l’exil d’hommes et de femmes que votre république et ses prédécesseurs ont traqués, empoisonnés, abattus, disparus et enterrés dans des fosses communes précisément parce qu’ils avaient l’audace de croire que les peuples africains et d’origine africaine méritaient de se gouverner eux-mêmes. Le panafricanisme est, dans sa forme la plus fondamentale, la philosophie politique qui a dit non à tout ce à quoi la France a dit oui pendant quatre siècles: l’esclavage, la colonisation et la néocolonisation. C’est la tradition intellectuelle et organisationnelle construite en opposition directe et irréconciliable avec le projet que votre nation a mené sur ce continent avec une constance et une brutalité que votre repositionnement rhétorique actuel ne peut pas blanchir rétrospectivement. Vous connaissez les noms, Monsieur Macron, car ils figurent dans les archives que votre gouvernement a passé des décennies à gérer avec un soin exquis, à publier sélectivement, à classer stratégiquement, et sans jamais les confronter avec la pleine honnêteté sans médiation que la justice exigerait. Toussaint Louverture, qui a conduit la seule révolution d’esclaves réussie de l’histoire humaine et que votre prédécesseur Napoléon Bonaparte a fait empoisonner dans une prison française en 1803, parce que l’existence d’une république noire libre était une contradiction philosophique intolérable pour le projet impérial français et pour l’esclavage que votre république avait brièvement aboli avant de le rétablir. Ruben Um Nyobe, le leader indépendantiste camerounais que les forces françaises ont traqué à travers les forêts de son propre pays et tué en 1958, avant même que l’indépendance ne soit formellement accordée, parce qu’il représentait la possibilité d’un Cameroun qui ne servirait pas les intérêts français. Felix Moumie, également camerounais, empoisonné à Genève en 1960 par vos services de renseignement parce qu’il poursuivait le travail d’Um Nyobe avec une déférence insuffisante envers les préférences françaises. Sylvanus Olympio, le premier président démocratiquement élu du Togo qui construisait une monnaie nationale abattu à Lomé en 1963 par des soldats qui avaient servi dans votre armée coloniale, avec votre gouvernement reconnaissant et soutenant la junte qui lui a succédé jusqu’à ce jour. Mehdi Ben Barka, le leader de l’opposition marocaine qui a disparu à Paris en 1965 avec la complicité directe des services de renseignement et de la police française, dont le corps n’a jamais été retrouvé, et dont le cas demeure l’une des illustrations les plus soigneusement documentées de la manière dont votre république traite le leadership politique africain qui refuse d’être soumis. Modibo Keita du Mali, déstabilisé et renversé. Sekou Toure de Guinée, que votre gouvernement a tenté d’assassiner à huit reprises distinctes après qu’il eut la dignité singulière en 1958 de dire non à l’offre de de Gaulle de tutelle française continue, et quand les assassinats ont échoué, votre gouvernement a imprimé de la fausse monnaie guinéenne en quantités industrielles et a inondé son économie, parce qu’une Guinée libre avec une monnaie indépendante fonctionnelle était menaçante pour les intérêts français. Thomas Sankara, l’intelligence politique la plus lumineuse qu’ait produite l’Afrique de l’Ouest au vingtième siècle, assassiné en 1987 par un homme que votre gouvernement a armé, soutenu, puis maintenu au pouvoir pendant 27 ans pendant que le Burkina Faso était systématiquement pillé et affamé. Et au-delà des individus parlons des massacres. Au moins 250 000 Camerounais tués entre 1958 et 1962 dans une campagne de contre-insurrection que votre gouvernement a menée au napalm et par la punition collective et la destruction systématique de villages. Une campagne si soigneusement supprimée dans la mémoire historique française que la plupart des citoyens français l’ignorent totalement aujourd’hui,

Gabon : Dénouement de la crise à l’ambassade du Congo grâce à la médiation du président de la communauté congolaise

Gabon : Dénouement de la crise à l’ambassade du Congo grâce à la médiation du président de la communauté congolaise

TRIBUNE. Un retour au calme a été observé le 4 mai 2026 à l’ambassade de la République du Congo à Libreville, mettant fin à plusieurs heures de vives tensions entre les ressortissants congolais et les autorités consulaires. Ce dénouement est le fruit de la médiation menée par M. Gildas Parfait Diamonéka, président de la communauté congolaise au Gabon. Une réunion de concertation a été organisée sous l’autorité de l’ambassadeur du Congo au Gabon, M. François Ibovi a permis de rétablir le dialogue entre les ressortissants congolais et les autorités consulaires. Une crise ouverte a été évitée de justesse entre les ressortissants congolais du Gabon et leur représentation diplomatique à Libreville. Après vingt-quatre heures de vive tension marquées par la frustration et des mouvements d’humeur, le calme est revenu. Ce dénouement fait suite à une médiation de Gildas Parfait Diamoneka, président de la communauté congolaise au Gabon, qui a permis aux compatriotes d’obtenir les éclaircissements attendus. Épaulé par les membres de son bureau national, notamment M. Mombo Sivo, chatgé de la communication et relations extérieures) et M. Ghislain Tchikaya en charge du sport et culture, le président de la communauté a œuvré de manière décisive à la désescalade des tensions. Une réunion d’urgence pour éviter l’escalade Pour répondre à la grogne croissante, une réunion de crise a été convoquée sous la haute autorité de l’ambassadeur François Ibovi. Cette initiative visait à apaiser la situation au sein de la représentation diplomatique congolaise au Gabon. Sous le signe du dialogue, cette rencontre a mis face à face l’administration consulaire, notamment Serge Alain Ossenguet et Marien Iboulamoki et les représentants de la communauté congolaise au Gabon. L’objectif commun était de dénouer sans délai une situation devenue inconfortable pour l’ensemble des parties prenantes. Des zones d’ombre entourant la manipulation d’un fonds de 5 millions de FCFA À l’origine de la crise se trouve un incident survenu lors de l’accueil du président Denis Sassou-N’Guesso à l’aéroport international Léon-Mba de Libreville. La polémique s’est cristallisée autour d’une enveloppe remise publiquement aux ressortissants, laquelle aurait été préalablement ouverte, suscitant ainsi l’indignation des compatriotes présents. Selon les précisions fournies lors de la réunion, l’enveloppe de cinq millions de francs CFA, don du Chef de l’État destiné à remercier les 437 compatriotes mobilisés pour l’accueil, a été présentée déjà ouverte par les autorités consulaires. Ce détail a été le point de friction majeur lors des échanges. A ce fait, s’est ajouté un climat d’hésitation dans la transmission du Don, devant une foule déjà fatiguée par l’attente mais attentive aux moindres gestes. Cette succession d’éléments imprévisibles a provoqué des interprétations diverses et nourri un sentiment de méfiance parmi les autorités présentes sur place. Beaucoup y ont vu un manque de transparence. Suite à cet incident et aux vives protestations qui ont suivi, le président de la communauté congolaise a été appelé à mener une médiation pour désamorcer la crise. M. Gildas Diamonéka s’est d’abord employé à apaiser ses compatriotes en les invitant à la retenue et à la confiance envers les autorités consulaires. Il a ensuite rappelé les valeurs qui ont motivé leur forte mobilisation pour l’accueil du Chef de l’État. Enfin, le président a précisé que cette organisation s’inscrivait dans le cadre rigoureux défini lors de la réunion préparatoire tenue le 30 avril 2026 à l’ambassade. Selon le président de la communauté congolaise au Gabon, M. Gildas Diamonéka, l’incident découle principalement d’une erreur de gestion dans la perception des foules et d’un manque de communication concernant la remise du don présidentiel. Il a tenu à préciser qu’il ne s’agissait en aucun cas d’une intention délibérée de l’ambassade de léser les participants. Par Prosper Makaya

Le Président Diomaye face au mur : Dissoudre l’Assemblée ou laisser le régime se consumer de l’intérieur

Le Président Diomaye face au mur : Dissoudre l’Assemblée ou laisser le régime se consumer de l’intérieur

TRIBUNE. Le pouvoir actuel était arrivé avec une promesse simple : casser le vieux système, tourner la page, ouvrir une nouvelle ère. Mais à force de vouloir faire du neuf avec du vieux, le régime donne aujourd’hui l’impression d’avoir simplement repeint les murs d’une maison dont les fondations restent occupées par les mêmes réflexes, les mêmes habitudes et les mêmes survivants du système d’hier. Le président Bassirou Diomaye Faye voulait incarner la rupture. Pourtant, en maintenant une partie des mécanismes de l’ancien appareil, il a progressivement installé un climat de malaise politique au sommet de l’État. Au plan politique, peut-être que Ousmane Sonko et Diomaye ont des divergences. Peut-être même des désaccords profonds sur la méthode, les priorités ou la direction du fameux “Projet”. Mais au plan institutionnel, ils continuent officiellement de travailler ensemble. Et c’est précisément là que réside le paradoxe : un pouvoir qui affiche l’unité devant les caméras pendant que les rumeurs de fractures internes envahissent les couloirs du pouvoir, les réseaux sociaux et les états-majors politiques. Alors oui, si — je dis bien si — ces divergences existent réellement et qu’elles deviennent suffisamment profondes pour paralyser durablement le fonctionnement du sommet de l’État, alors le président n’aura bientôt plus que ses choix à faire. Pas ses hésitations. Pas ses calculs tactiques. Ses choix. Car depuis plusieurs mois, le Sénégal donne parfois le spectacle d’un exécutif absorbé davantage par ses tensions internes que par les urgences nationales. Pendant que les Sénégalais affrontent la vie chère, le chômage et les difficultés quotidiennes, le sommet de l’État semble prisonnier d’une guerre froide politique permanente. Et certains pensent encore que limoger le Premier ministre réglerait le problème ? Ce serait probablement l’erreur politique la plus risquée du quinquennat. Parce que la réalité parlementaire est brutale : l’actuelle majorité reste largement acquise à Sonko et à PASTEF. Écarter le Premier ministre reviendrait à ouvrir une crise institutionnelle majeure où chaque vote deviendrait un champ de bataille et chaque décision un bras de fer. Quant à gouverner par ordonnances pendant trois ans, cela transformerait la présidence en bunker politique assiégé, isolé et continuellement contesté. Le Sénégal n’a pas besoin d’un pouvoir qui se surveille lui-même. Le Sénégal a besoin de clarté, de stabilité et de cohérence. La seule issue crédible aujourd’hui exige du courage politique et non des calculs de survie : Dissoudre l’actuelle Assemblée nationale, Organiser des élections législatives anticipées, Redonner la parole au peuple sénégalais. Et si, à l’issue de ces élections, le président n’obtenait pas une majorité claire, stable et renouvelée, alors il devrait avoir l’élégance républicaine de mettre son propre mandat dans la balance. Oui, ce serait un séisme politique. Mais ce serait aussi un acte inédit de responsabilité démocratique dans une Afrique où beaucoup considèrent encore le pouvoir comme une propriété privée. Car au fond, l’Histoire ne retient jamais ceux qui se sont accrochés au fauteuil. Elle retient ceux qui ont accepté de risquer leur pouvoir pour préserver la crédibilité des institutions et la dignité de la République. Par Malick BA Journaliste

Congo – stupre : premier clash entre Sassou, Bouya et Collinet sur fond de….( Dossier en 5 mins)

Congo – stupre : premier clash entre Sassou, Bouya et Collinet sur fond de….( Dossier en 5 mins)

INDISCRETION. Après les errements de Malanda Samba qui a tenté de s’accaparer du Figa pour en faire un patrimoine personnel, on a cru que les politiques accorderaient leurs violons pour rehausser le niveau de l’éducation et pour améliorer l’offre de santé détruits par Rosaire Ibara, Bruno Jean Richard Itoua, Anatole Collinet Makosso (ACM), Gilbert Ondongo et autres, grosse erreur ! Les récentes décisions de la ministre Delphine Édith Emmanuel Adouki soutenues par le président Sassou Nguesso contre la forfaiture de Makani et Cie qui s’appuient sur les réseaux de ACM et Jean Jacques Bouya sont au centre des tensions. Aux origines de la dégradation du système éducatif À la suite des évènements de 1997, l’université Marien Ngouabi (UMNG) fonctionnait avec des moyens limités. Malgré un budget modeste, le recteur Charles Gombé Mbalawa, le vice-recteur Laurent Tchissambou, le secrétaire général Jean Marie Soungoua sous le magistère du ministre François Lumwamu, avaient engagé des efforts de réhabilitation des infrastructures détruites et tenté de maintenir la qualité de la formation universitaire. Mais la cadence imprimée par cette équipe post-conflit n’avait pas été suivie par les cadres nommés plus tard, et ce, en dépit de l’augmentation des budgets alloués. Ces cadres se sont progressivement illustrés par des dérives dans la gouvernance des universités tant publiques que privées : recrutements abusifs et sélectifs (des demoiselles et autres devenues amantes et maîtresses), droit de cuissage, détournements de fonds, délivrance des faux diplômes, spoliation des immobilisations corporelles de l’université et du CHUB (terrains et bâtiments), le cas du terrain situé à côté du Service d’hygiène où plusieurs personnes dont, le ministre Pierre Nzila, avait fait construire sa villa… Le ministre Henri Ossebi, son remplaçant, s’était solidarisé de cette spoliation. Il n’en avait dit mot. Fermeture et ouverture controversées En 2013, face à la multiplication de cas de fraudes académiques et de falsification de diplômes sous les yeux du ministre Ange Abena, Georges Moyen prend la mesure forte de suspendre la formation des masters pour l’ensemble des établissements privés d’enseignement supérieur. Propulsé ministre sous les auspices reconnaissantes de JDO ( dont-il avait sauvé l’enfant et l’épouse au CHUB), il suscite l’ire et l’opprobre d’un club ethno-politique de Bayardel. En 2018, Bruno Jean Richard Itoua (Lucifer), au mépris des avis contraires, procède à la réouverture en accordant anarchiquement des agréments pour les licences et les masters. Dans le même sillage, Jean-Rosaire Ibara (Juda) commence l’oeuvre de crucification de l’UMNG : recrutements d’enseignants sans qualification entre 2018-2021 dont plusieurs sont détenteurs de Master pourtant interdits car produits entre 2012 et 2018; régularisation de ces faux diplômés devenus opportunément CETP (Chargés d’Encadrement Technique et Professionnels). Lesdites régularisations ont été faites via de pseudo thèses de doctorat passées après une année académique au lieu de trois ou quatre ans, le cas à la fac des sciences sous Mathias Adrien Ndinga : c’est le règne des rabaisseurs de formation avec des étudiants qui viennent baver en Occident. Pareil dans les établissements privés, sans fondement ni corps professoral permanent sérieux. ESGA et ENAM sous les feux des projecteurs Lundi 4 mai 2026, l’ESGAE de Makany a récidivé en s’engageant dans la soutenance de thèse alors que son établissement est dépourvu d’une école doctorale. Malgré l’absence du décret et l’interdiction du ministre Adouki par lettre n°00342/MERSIT/CAB/DGESUP du16/05/22, Makani perdure dans ses thèses, autorisé par Lucifer via Macaire Batchi. Des doctorats refusés au Cameroun par le ministre Jacques Fame Ndongo, mais soutenus au Congo par ces compatriotes. La situation s’est empirée à l’ENAM avec l’arrivée du Pr Yvon Ndongo Ibara : le concours d’entrée 2026 a été glauque et pourri dans tous les départements de formation dont celui de la Magistrature. Les recalés du Bénin ont été recasés portant la formation d’un numérus clausus de 75 à plus de 250 (c.f rapport d’enquête de la CID ). D’ailleurs, le profs Parisse Akouango et Cie ont été entendus à la CID. A son temps, Pacifique Issoibeka avait suspendu les formations d’Inspecteur des impôts, des douanes et du trésor. En 2009, sans maîtriser les contours, Gilbert Ondongo (Belzébuth), les réouvre, résultats : vols, concussion, tromperies et autres comportements s’accélèrent dans les administrations financières. Complexé et obséder de paraître, les congolais sont à la quête des distinctions honorifique. Rien que pour l’année 2025, 120 doctorats honoris causa ont été délivrés : Silvère Dongou, docteur honoris causa contre espèces sonnantes, Céphas Germain Ewangui, Luc Missidimbazi, Flavie Lombo, Innocent Péa, Yves Moundélé Ngolo…Ces doctorats ne sont reconnus, ni par les universités membres du CAMES ni dans le monde et n’ouvrent à aucun droit à former, moins encore à enseigner. Au Nigeria, leur mention est strictement interdite. Pourquoi cette profusion de diplômes ? La reconnaissance par l’État ouvre au recrutement à la fonction publique et dans le secteur privé. Même l’UMNG a des Masters ESGAE qui travaillent et enseignent en son sein depuis la forfaiture du Prof Gontran Ondzotto, président de l’UMNG (2021-2024). Ainsi, les ATOS deviennent enseignants avec le CETP faisant exploser le budget de l’université de 38 à 63 milliards. Certes, la ministre Emmanuel Adouki a annulée cette fameuse thèse de doctorat en gestion et pris des décisions pour restaurer la crédibilité académique, mais des observateurs pensent comme nous l’avions esquissé dans notre livre ,  » le système éducatif francophone au creux de la vague : cas du Congo « , que, les problèmes d’éducation sont connus. A M. Sassou de prendre des mesures de protection et de sauvegarde de tout le système de formation universitaire public et privé. ACM, censé apporter le changement est lui-même cité dans cette confusion pour avoir validé des recrutements à l’université des enseignants de masters ( ex Parfait Iloki ) et son Université dit Internationale de Brazzaville (UIB) à… Ghys Fortune BEMBA DOMBE

RDC. La pauvreté intellectuelle derrière des slogans stupides

RDC. La pauvreté intellectuelle derrière des slogans stupides

HAUT ET FORT. Dans tout appareil étatique sérieux, aucun Chef d’État ne s’exprime publiquement sans avoir été préalablement briefé par ses collaborateurs, chacun dans son domaine de compétence : diplomatie, sécurité, communication, économie, questions juridiques ou stratégiques. Une sortie médiatique présidentielle est normalement le produit d’un travail collectif de préparation, d’anticipation et d’encadrement institutionnel. À force d’observer des approximations, incohérences, tâtonnements, incidents protocolaires ou des séquences de communication qui fragilisent l’image de l’institution présidentielle, je suis arrivé à la triste conclusion que la responsabilité ne peut pas toujours être imputée uniquement au chef de l’État lui-même. Elle interroge également la qualité de son entourage politique, administratif et communicationnel censé l’accompagner, le conseiller et le protéger institutionnellement. Déjà, lorsque le Président de la République, en exprimant sa désolation au sujet de l’affaire « escarmouche » reconnaît lui-même avoir été mal informé sur les capacités logistiques et militaires du pays, cela soulève une question plus profonde sur la qualité des informations qui lui sont transmises. Si même des Hauts officiers militaires, pourtant investis d’une responsabilité stratégique et disposant des moyens de défense de l’État, ont pu être utilisés par le Rwanda pour servir des intérêts contraires à ceux de la nation, que dire alors de certains collaborateurs civils dont le rôle semble davantage consister à flatter le pouvoir qu’à éclairer objectivement le Chef de l’État ? À force de louanges permanentes et d’absence de contradiction constructive, ils ont exposé le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo à des erreurs d’appréciation et à des faux pas qui affaiblissent l’institution elle-même. Quoi de plus normal que d’en arriver à la conclusion que le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo est effectivement très mal entouré. Aux tambourinaires du régime qui tenteraient de venir comme à leur habitude me réciter leur sempiternelle litanie du genre « ozo luka poste… oza aigri mpo ozwi poste te… », je leur conseillerais humblement de retourner à l’école primaire afin d’y réapprendre ce que signifient la Patrie, le pays, la République, l’État et la Nation. Ce serait pour eux une excellente occasion de s’instruire davantage et d’apprendre à éprouver un minimum de honte face à certaines affirmations qu’ils répètent mécaniquement. D’autant plus que l’enseignement primaire est gratuit dans les établissements publics. Tshaku abotaka na bohumbu te. J’assume en toute responsabilité. Par Maître Jackson KALONJI MUSHILA TSHIMANGA

Côte d’Ivoire/Dissolution de la CEI : Pour une refondation du contentieux électoral à la lumière des modèles africains

Côte d’Ivoire/Dissolution de la CEI : Pour une refondation du contentieux électoral à la lumière des modèles africains

PARLONS-EN. La dissolution de la Commission Électorale Indépendante (CEI) remet sur la table une question fondamentale : comment garantir des élections crédibles dans un contexte de défiance politique structurelle ? L’histoire ivoirienne montre que le problème ne date pas de la CEI. Sous Félix Houphouët-Boigny, le corps préfectoral organisait les élections dans un contexte de parti unique. Avec l’ouverture démocratique des années 1990, sous l’impulsion notamment du Front Populaire Ivoirien de Laurent Gbagbo, la revendication d’un organe électoral indépendant s’impose. Mais plus de trente ans après, le constat est sévère ; aucun modèle n’a réussi à produire un consensus durable. Faut-il alors conclure à l’échec du principe même de commission électorale indépendante ? L’analyse comparée invite à plus de nuance. A – Le modèle ghanéen : l’indépendance institutionnelle assumée. Au Ghana, la Electoral Commission of Ghana est souvent citée comme une référence. Son architecture repose sur : – une forte autonomie constitutionnelle, – une professionnalisation avancée de l’administration électorale, – et surtout une stabilité institutionnelle. Mais surtout, le facteur déterminant réside ailleurs : les résultats sont acceptés parce que le juge électoral (la Cour suprême du Ghana) est perçu comme crédible. En 2012, le candidat battu Nana Akufo-Addo a contesté les résultats devant la Cour suprême… avant d’en accepter le verdict. C’est là une leçon essentielle : la confiance dans le juge apaise la compétition politique. B – Le modèle sénégalais : une administration électorale classique sous contrôle juridictionnel fort. Au Sénégal, l’organisation matérielle des élections relève largement de l’administration territoriale, sous la supervision d’organes de contrôle comme la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA). Ce modèle est proche de celui qu’a connu la Côte d’Ivoire avant 1990. Pourtant, il produit globalement moins de crises majeures. Pourquoi ? Parce que le Conseil constitutionnel du Sénégal, bien que critiqué, conserve une autorité suffisante pour trancher les litiges sans basculer dans une crise systémique. C – Le modèle béninois : une juridiction constitutionnelle forte comme clé de voûte. Le Bénin offre un autre enseignement intéressant. La Cour constitutionnelle du Bénin est historiquement considérée comme l’une des plus influentes du continent. Elle a joué un rôle déterminant dans la consolidation démocratique, notamment dans les années 1990 et 2000. Même lorsque les élections sont contestées, c’est vers elle que se tourne l’ensemble des acteurs. Autrement dit, la centralité du juge constitutionnel est pleinement assumée et acceptée. D – LEÇON COMPARATIVE : OÙ SE SITUE LE VERITABLE PROBLÈME IVOIRIEN ? À la lumière de ces expériences, une conclusion s’impose ; il n’existe pas de modèle universel d’organisation électorale. Certains pays confient les élections à une commission indépendante (Ghana). D’autres à l’administration (Sénégal), mais tous reposent, en dernier ressort, sur un arbitre juridictionnel crédible. En Côte d’Ivoire, la crise récurrente du processus électoral révèle une faiblesse structurelle : l’absence de confiance partagée dans le juge du suffrage, à savoir le Conseil constitutionnel de Côte d’Ivoire. L’épisode de 2010, avec des proclamations concurrentes entre la CEI et le Conseil constitutionnel, a durablement fragilisé cette institution dans l’opinion. Dès lors, continuer à réformer la CEI sans repenser le rôle, la composition et la légitimité du Conseil constitutionnel revient à traiter les symptômes sans s’attaquer à la cause. Une refondation du juge électoral ivoirien s’impose. La véritable réforme devrait donc s’articuler autour de trois axes : 1. Dépolitiser la nomination des juges constitutionnels en introduisant des mécanismes de co-désignation (exécutif, législatif, ordres professionnels, autorités morales). 2. Garantir leur indépendance fonctionnelle par un mandat unique, non renouvelable, suffisamment long pour les soustraire aux pressions politiques. 3. Renforcer leur légitimité sociologique en associant, à titre consultatif, des institutions traditionnelles et religieuses dans le processus de validation. La dissolution de la CEI peut être une opportunité. Mais elle ne sera qu’un ajustement cosmétique si elle ne s’inscrit pas dans une réforme plus profonde du système de régulation électorale. L’expérience africaine est claire : ce ne sont pas les institutions qui font la démocratie, mais la confiance que les acteurs placent en elles. Et cette confiance ne se décrète pas. Elle se construit, d’abord, autour d’un juge électoral incontestable. Jean Bonin KOUADIO Juriste Président de FIER

Sénégal. Désonkorisation en marche : Diomaye déroule… jusqu’où ?

Sénégal. Désonkorisation en marche : Diomaye déroule… jusqu’où ?

TRIBUNE. Le mot est lâché, brutal, sans vernis : désonkorisation. Et depuis quelques semaines, il ne relève plus du fantasme mais d’un mode opératoire. Décret après décret, le Président Diomaye taille, ajuste, remplace, toujours avec le même fil conducteur : les fidèles de Sonko sortent, les profils “Diomaye Président” entrent. Ce n’est plus du réglage, c’est une ligne politique. Le limogeage d’Ousseynou Ly, aussitôt remplacé par Me Tine, n’est qu’un épisode de plus dans ce feuilleton où la loyauté d’hier devient le motif d’éviction d’aujourd’hui. Une mécanique froide, assumée, presque chirurgicale : on efface les traces du projet originel pour redessiner le pouvoir à son image. Dans les salons, personne n’est dupe. Derrière cette valse des postes, une cible flotte comme une évidence : Ousmane Sonko. L’homme, le symbole, l’ombre portée. Le cœur du logiciel qu’on semble vouloir réécrire. Et voici que les rumeurs ajoutent de l’électricité à l’air déjà chargé : un décret de limogeage visant Sonko serait prêt, posé quelque part sur la table du Président. Prêt à être signé… mais retenu au dernier moment. Pourquoi ? Parce qu’au-delà du geste, il y a le rapport de force. Et il mène tout droit à l’Assemblée nationale, où Sonko pèse lourd, très lourd. Un terrain miné où chaque décision peut se transformer en bras de fer institutionnel. Voilà le hic : on ne rase pas une maison quand on ne tient pas toutes les clés. Sans majorité parlementaire totalement acquise, Diomaye avance… mais contraint. Le bulldozer reste au garage, remplacé par un scalpel politique. On écarte, on isole, on repositionne, en attendant le moment décisif. En face, Sonko ne plie pas. Il verrouille. Refus catégorique de démissionner. Posture droite, presque provocante. Et pendant que certains s’accrochent aux fauteuils, lui coupe dans les privilèges : fonds politiques supprimés, salaire abandonné, argent réinjecté dans des causes sociales. Un contre-récit puissant dans un système habitué aux accumulations discrètes. Résultat : le contraste claque. D’un côté, un pouvoir qui recompose en silence. De l’autre, un leader qui radicalise l’éthique. Deux trajectoires. Deux visions. Et entre les deux, un projet qui tangue. Alors la vraie question n’est plus de savoir s’il y a désonkorisation. Elle est déjà là. La seule inconnue, la vraie, la dérangeante : Diomaye ira-t-il jusqu’au bout de sa logique ? Signera-t-il ce décret… au risque d’ouvrir une guerre frontale avec Sonko et son bastion parlementaire ? Dans ce théâtre politique aux allures de purge douce, chacun affine déjà sa position. Car au final, les postes passent, les décrets s’effacent… Mais les lignes de fracture, elles, restent. Par Malick BA Journaliste