
TRIBUNE. Ces derniers temps, le Congo est en transe avec l’affaire de Makotipoko, qui n’est qu’une distraction de plus de la part d’un pouvoir qui ne sait plus quoi faire pour se maintenir davantage.
Pendant que le peuple manque de tout — eau potable, électricité, soins de santé, hôpitaux devenus pour beaucoup des mouroirs —, pendant que Denis Sassou Nguesso se prélasse à l’étranger, notamment en Turquie, l’affaire Makotipoko revient sur le devant de la scène comme si cette situation était nouvelle.
Elle est malheureusement récurrente et connue depuis des décennies.
Nos militaires, qui connaissent notre histoire, doivent se souvenir que cette situation remonte notamment à l’époque du Président Marien Ngouabi, qui fut le seul à prendre une initiative militaire pour tenter d’y mettre un terme. Malheureusement, il en avait subi les conséquences que les militaires connaissent.
Sous le Président Pascal Lissouba, cette même zone a été impliquée dans les circuits d’armes ayant accompagné la déstabilisation de son pouvoir. En 1997, lors de la guerre qui a conduit au retour de Denis Sassou Nguesso, elle a de nouveau joué un rôle dans les mouvements d’armes, tout comme en 1999 lors de la guerre contre le Pool.
Alors, pourquoi s’étonner aujourd’hui ?
Cette situation est connue des autorités congolaises successives, notamment de tous les ministres de l’Intérieur et de la Défense, ainsi que des chefs d’état-major.
La question n’est donc pas de savoir pourquoi cette situation existe aujourd’hui. La véritable question est de savoir pourquoi elle perdure et pourquoi aucune solution durable n’a été trouvée.
Toute cette mascarade poursuit un seul objectif : éviter de parler de la fin du régime de Denis Sassou Nguesso et de l’avènement de ToPeSA, mais surtout éviter de revenir aux origines du mal congolais.
Car le mal congolais ne date pas d’aujourd’hui.
Il faut avoir le courage de remonter à l’histoire.
« Youlou a tout volé. Mais nous reconstruirons à nouveau ! »
Voilà l’accusation et la promesse qui ont accompagné la rupture de 1963.
Mais depuis, a-t-on entendu que tel ou tel autre Président ayant succédé à l’Abbé Fulbert Youlou avait, lui aussi, « tout volé » ?
C’est précisément là que se trouve le problème.
L’accusation portée contre Fulbert Youlou a pu devenir ce que l’on pourrait appeler le « vol fondateur », celui qui aurait servi de justification morale aux dérives qui ont suivi, jusqu’à l’accumulation des Biens Mal Acquis.
Alors, réinitialisons la République.
La République congolaise a profondément basculé lors des journées révolutionnaires des 13, 14 et 15 août 1963, avec la mise en accusation du Président de la République, l’Abbé Fulbert Youlou, à qui il était reproché d’avoir « tout volé ».
Face à cette accusation, le Président Jacques Opangault, alors en mission officielle à l’étranger, est rentré précipitamment au Congo pour se constituer prisonnier auprès de l’Abbé Fulbert Youlou, estimant qu’il devait lui aussi répondre de ce qui était reproché au Président de la République.
Mais une question demeure et mérite aujourd’hui d’être posée clairement :
Combien le Président Fulbert Youlou a-t-il réellement soustrait au Trésor public congolais ?
Il faut répondre à cette question par des faits, des chiffres et des documents.
Car si nous voulons véritablement réinitialiser la République, il faut solder cette question historique.
Les Youlistes et les Opangaultistes doivent prendre leurs responsabilités historiques en faisant restituer à l’État congolais toute somme soustraite au Trésor public par le Président Fulbert Youlou.
L’ouverture d’un compte bancaire dédié en France, destiné à cette restitution, constituerait alors un acte historique de vérité et de responsabilité.
Et surtout, cette démarche permettrait de laver et de réhabiliter l’honneur du régime de l’Abbé Fulbert Youlou, en mettant définitivement fin à l’accusation selon laquelle il aurait « tout volé ».
C’est ici que commence la résilience du Congo.
Laver l’honneur de l’Abbé Fulbert Youlou ne signifie pas vivre dans le passé.
C’est au contraire commencer à nous en libérer.
Réhabiliter la vérité sur notre passé, c’est permettre au Congo de retrouver sa mémoire.
Retrouver sa mémoire, c’est retrouver sa dignité.
Et retrouver sa dignité, c’est retrouver la force de reconstruire.
Voilà pourquoi la réhabilitation de l’honneur du Président Fulbert Youlou doit être considérée comme l’un des premiers actes de la résilience nationale.
Il ne s’agit pas de demander aux générations actuelles de répondre des actes des générations précédentes. Il s’agit de mettre fin à une accusation historique, de restaurer la vérité et de permettre à la République de repartir sur des bases nouvelles.
Réparer le passé pour reconstruire l’avenir.
C’est cette résilience qui doit nous conduire vers une République réconciliée avec elle-même et, enfin, vers le Congo nouveau.
ToPeSA est pour une République réconciliée avec elle-même, réconciliée avec son passé et résolument tournée vers son avenir.
Pour la République.
Pour l’Union nationale.
Pour le Congo nouveau.
ToPeSA
Modeste Boukadia
Président du CDRC – Une Nation Pour Tous
Initiateur de ToPeSA
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