TRIBUNE – LA CONVERGENCE CITOYENNE

VIE DES PARTIS. Sous la conduite de son Secrétaire national chargé à l’organisation, le camarade Jean Phaite Makoumbou, La Convergence Citoyenne s’est résolument engagée dans une dynamique de restructuration et de redynamisation de ses instances dirigeantes. Cette démarche, qui vise à renforcer l’efficacité organisationnelle du parti et à consolider ses bases militantes, s’inscrit dans une vision claire : bâtir une formation politique structurée, cohérente et tournée vers les défis à venir. Après une première étape réussie dans la ville de Pointe-Noire, le 30 avril 2026, consacrée notamment à la mise en place du comité de pilotage, le processus s’est poursuivi à Brazzaville le 3 mai 2026. Dans la capitale, l’assemblée générale a procédé à la mise en place de la coordination fédérale ad hoc de BVZ, ainsi qu’à l’élection des responsables des sections de Mfilou et Madibou. Ces différentes étapes traduisent la volonté du parti d’assurer la continuité de ses activités, tout en préparant, avec rigueur et méthode, l’organisation des prochains congrès en vue de la mise en place des instances définitives. À Pointe-Noire comme à Brazzaville, les camarades ont également procédé à l’élection du bureau fédéral ad hoc et des responsables des sections de Ngoyo, Tié-Tié et Mongo-Mpoukou, puis Mfilou et Madibou, démontrant ainsi la capacité du parti à se structurer efficacement sur l’ensemble du territoire. Les prochaines étapes de cette dynamique concerneront les départements du Niari, de la Bouenza et du Pool. La Convergence Citoyenne salue l’engagement, la discipline et la mobilisation de l’ensemble des militants et cadres ayant pris part à ces activités. Leur détermination constitue un socle essentiel pour la consolidation et le rayonnement du parti. Aux camarades nouvellement investis de responsabilités, le parti adresse ses sincères félicitations et les exhorte à faire preuve de rigueur, de loyauté et de sens du devoir dans l’accomplissement de leurs missions. Plus que jamais, La Convergence Citoyenne réaffirme sa détermination à poursuivre cette dynamique de structuration dans l’unité, la cohésion et le travail, afin de relever avec succès les batailles politiques à venir. Fait à Brazzaville, le 4 mai 2026 Pour la Cellule de communication du parti.
Pool : entre le buffle, le chasseur et l’épine — lecture stratégique et morale des violences politiques

LIBRES PROPOS. Denis Sassou Nguesso, ou l’État qu’il incarne, n’a pas un problème spécifique avec Ntumi en tant qu’individu, mais plutôt avec les populations du Pool, qu’il a souvent perçues comme étant en opposition à son autorité. Que cela soit clairement établi. Une incompréhension récurrente du débat sur le Pool Chaque fois que les violences politiques dont sont victimes les filles et fils du Pool sont dénoncées, une réponse revient de manière presque automatique dans les échanges publics : « débarrassez-vous de Ntumi ». Cette réaction, répétée au fil des années, traduit une lecture réductrice d’une situation pourtant profondément complexe. Dans une précédente publication, nous avions déjà tenté d’aborder cette question en refusant les simplifications faciles. Car réduire les tensions du Pool à un seul acteur revient souvent à masquer les dynamiques structurelles, les responsabilités multiples et surtout les conséquences humaines durables de ces violences. C’est dans cette logique que nous proposons aujourd’hui une relecture à travers une métaphore, non pas pour caricaturer, mais pour mieux éclairer les rapports de force, les logiques politiques et les responsabilités morales en présence. La métaphore du buffle, du chasseur et de l’épine Pour comprendre les violences politiques dans le Pool, nous utilisons l’image du buffle, du chasseur et de l’épine. Dans cette représentation, le buffle incarne Denis Sassou Nguesso, symbole de la puissance de l’État, de sa force institutionnelle et militaire, et de sa capacité de contrainte. Le buffle avance avec lourdeur et détermination, parfois sans percevoir les conséquences de sa course sur le terrain humain qu’il traverse. Le chasseur représente les populations du Pool. Il incarne la vie quotidienne, la survie, la mobilité contrainte, mais aussi la résilience. Le chasseur avance dans un environnement instable, marqué par les tensions, les déplacements forcés et la recherche permanente de sécurité. L’épine, enfin, représente Ntumi, perçu comme un élément de friction, une source de blessure dans le parcours du chasseur. En marchant dessus, celui-ci se blesse, saigne et souffre, ajoutant une douleur supplémentaire à un contexte déjà difficile. Lecture stratégique : comprendre les rapports de force Au-delà de la métaphore, une lecture stratégique s’impose. Dans toute configuration de conflit, il existe des niveaux de danger différents. L’épine est visible, localisée, et peut être contournée ou retirée avec des moyens adaptés, dans un environnement sécurisé. C’est souvent en fuyant la furie du buffle que le chasseur perd le contrôle de sa trajectoire et finit par marcher sur l’épine. Elle représente un problème tactique, souvent circonscrit. Le buffle, en revanche, incarne une force systémique. Il agit à grande échelle, avec un impact direct sur l’ensemble de l’espace traversé. Sa trajectoire, sa puissance et sa dynamique déterminent l’état général du terrain. Dans cette logique, réduire toute la problématique du Pool à l’épine revient à ignorer la structure du danger principal. Le chasseur peut survivre à une blessure, se soigner, s’adapter et même résoudre ce problème dans un cadre apaisé. Mais face au buffle en mouvement, sans espace de protection ni de médiation, les marges de manœuvre se réduisent considérablement. Lecture politique : la confusion des responsabilités Sur le plan politique, cette métaphore met en lumière une confusion fréquente dans les débats publics : celle qui consiste à confondre cause structurelle et facteur déclencheur. En désignant uniquement l’épine comme problème central, on occulte la question de l’environnement global dans lequel elle existe. Or, aucune épine ne peut être analysée indépendamment du terrain dans lequel elle s’inscrit, ni des forces qui l’écrasent ou la renforcent. Ainsi, limiter la lecture des violences dans le Pool à une seule figure revient souvent à déplacer le débat et à éviter les questions de gouvernance, de gestion des conflits et de responsabilité de l’État dans la protection des populations. Lecture stratégique : sortir du piège de la focalisation D’un point de vue stratégique, toute approche durable d’un conflit suppose une hiérarchisation claire des problèmes. Une erreur fréquente consiste à traiter les symptômes comme des causes principales. Dans le cas du Pool, la focalisation exclusive sur l’épine détourne l’attention des dynamiques plus larges. Or, tant que le cadre global reste instable, toute tentative de traitement localisé reste fragile et souvent temporaire. La véritable stratégie de paix ne peut donc pas reposer sur la seule élimination d’un acteur, mais sur la transformation de l’environnement qui produit les tensions et les violences. Lecture morale : responsabilité et conscience Au-delà de la stratégie, une dimension morale essentielle doit être prise en compte. La question centrale est celle de la protection de la vie humaine. Quelle que soit la lecture que l’on adopte des responsabilités individuelles ou collectives, aucune justification ne peut rendre acceptable la souffrance prolongée des populations civiles. La morale impose donc une hiérarchie claire : la protection des vies humaines doit toujours primer sur les considérations politiques, sécuritaires ou symboliques. Dans cette perspective, continuer à exposer durablement les populations du Pool à des logiques de violence, quelles qu’en soient les justifications, pose une question éthique fondamentale. Conclusion : vers une sortie par le haut Ainsi, que le buffle laisse le Pool en paix. Les filles et fils du Pool, en tant que chasseur, sauront eux-mêmes, dans un cadre apaisé, comment gérer l’épine, traiter les blessures et reconstruire leur trajectoire. Mais aucune solution durable ne peut émerger dans un environnement dominé par la peur, la contrainte et la répétition des violences. La paix véritable ne naît pas de la disparition d’un seul élément du problème, mais de la transformation de l’ensemble du cadre qui produit ces déséquilibres. Et c’est à cette condition seulement que le chasseur pourra marcher sans blessure, et que le terrain pourra enfin redevenir un espace de vie et non de survie. Serge Armand Zanzala Écrivain, chercheur, citoyen engagé, Directeur de La Société Littéraire, Initiateur du projet Kongo Ya Sika
Voyage de M. Sassou en Russie : le Congo sur une ligne de crête géopolitique ( dossier en 6 minutes )

ON VA PLUS LOIN. Le président congolais Denis Sassou Nguesso a bouclé mardi 1er mai une visite officielle de quatre jours à Moscou, du 28 avril au 1er mai. Précédée d’une délégation russe à Brazzaville le 16 avril, cette étape s’inscrit dans une série de déplacements en Azerbaïdjan, à Dubaï, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, axés sur la quête de financements et autres. Une équipe avancée ( incluant le colonel Louis Marc Sakala, le directeur général Raoul Ominga et la première ministre bis Françoise Joly ) avait pavé la voie en toute discrétion avant que le gouvernement ne prenne officiellement le relais. Ces manœuvres laissent les partenaires occidentaux interrogateurs qui suspectent un alignement idéologique avec la Russie. Brazzaville s’en défend plutôt, revendiquant une approche pragmatique visant à tirer parti des recompositions géopolitiques en cours.Officiellement, les autorités congolaises cherchent primo à consolider un appui en matière de défense dans un contexte interne jugé fragile; secundo, à obtenir un soutien diplomatique, notamment au Conseil de sécurité des Nations unies, et tertio à accéder à des technologies d’exploitation énergétique que certains partenaires occidentaux hésitent encore à déployer dans des zones forestières soumises à de fortes contraintes environnementales. De son côté, Moscou perçoit le Congo comme un point d’ancrage stratégique au cœur du bassin du Congo, une région clé tant pour ses ressources naturelles que pour sa position géographique, en particulier en lien avec la République Centrafricaine (RCA). Le pipeline : projet sous tension Long d’environ 1000 kilomètres, le projet de pipeline reliant Pointe-Noire à Ouesso constitue l’une des infrastructures les plus ambitieuses du pays. Il traverse une grande partie du territoire congolais jusqu’aux zones frontalières avec le Cameroun et la RCA. Il vise à faciliter l’acheminement du pétrole extrait des blocs situés dans le nord du Congo. Au-delà de cet objectif affiché, le projet soulève plusieurs enjeux stratégiques. D’une part, ce tracé pourrait servir de corridor vers la RCA favorisant divers flux sous couvert d’activités énergétiques. D’autre part, sa traversée de la forêt équatoriale fait craindre l’émergence d’activités informelles difficiles à encadrer : exploitation illégale du bois, extraction clandestine de minerais ou encore trafic de faune. L’expérience montre que ce type d’infrastructure, en zone forestière, s’accompagne souvent de dynamiques économiques parallèles. Les ministres Arlette Soudan Nonault et Rosalie Matondo conviendraient avec nous que ce projet met en lumière une contradiction de fond. Le Congo ambitionne de valoriser son capital carbone à travers des mécanismes tels que REDD+ et autres, tout en développant des infrastructures susceptibles de fragiliser ces mêmes écosystèmes. Cette double approche permettrait de capter des revenus à la fois liés à la préservation et à l’exploitation des ressources naturelles.Dans un contexte de prix élevés du pétrole, le pipeline répond également à une logique d’urgence économique. Pour Brazzaville, il s’agit avant tout de valoriser ses réserves, indépendamment des agendas de transition énergétique définis à l’échelle internationale. Enjeux sécuritaires, économiques et environnementaux Au-delà de sa dimension pétrolière, ce projet met en lumière une équation particulièrement complexe : un État en quête de liquidités rapides, un partenaire russe désireux d’étendre son influence, et une forêt équatoriale au cœur des engagements climatiques internationaux. Dans ce contexte, les relations avec les partenaires traditionnels, notamment la France et, plus largement, les acteurs occidentaux, pourraient être mises à l’épreuve. Le repositionnement stratégique de Brazzaville traduit une volonté d’autonomie, mais il comporte aussi des risques réels de tensions diplomatiques.L’équilibre est d’autant plus fragile que les enjeux sécuritaires, économiques et environnementaux s’entrecroisent. Le Congo avance sur une ligne de crête, où chaque décision engage simultanément sa souveraineté, sa stabilité interne et son image internationale. Un fait curieux: l’absence remarquée, au sein de la délégation, de plusieurs responsables, experts et Hommes d’affaires directement concernés par différents projets, notamment Rosalie Matondo, Arlette Soudan Nonault, Christian Yoka, Lydia Mikolo, Emmanuelle Delphine Adouki, les conseillers à la défense et autres cadres. La ratification de la loi n°8-2025 relative à l’oléoduc cristallise les critiques. Le montage diabolique accorde en effet 90 % des parts à la société russe ZNGS-Promety, contre seulement 10 % à la SNPC. Une répartition qui limite fortement la maîtrise congolaise du projet, tant sur les choix technologiques que sur la tarification ou les orientations stratégiques. De plus, en cas de différend, l’arbitrage est confié au Centre d’arbitrage international de Dubaï (DIAC), selon les règles de la CNUDCI, écrasant ainsi, la souveraineté juridictionnelle du Congo. Le dispositif contractuel renforce ces déséquilibres. La clause de stabilisation fiscale prévoit que toute évolution future de la fiscalité congolaise ne s’appliquera pas au projet pendant 25 ans, une durée potentiellement prorogeable. Par ailleurs, des garanties d’indemnisation étendues sont accordées à la partie russe en cas de changement politique, de nationalisation ou de conflit, transférant ainsi une grande partie des risques sur les finances publiques congolaises. À cela s’ajoutent d’importantes exonérations fiscales (impôts, TVA, droits de douane, taxes environnementales), des subventions logistiques et la garantie d’un tarif minimum de transport du pétrole.Dans ce schéma, les ressources publiques sont fortement mobilisées sans assurance claire de retombées fiscales ou économiques à court terme. Le modèle BOOT (Build-Own-Operate-Transfer) retenu confère en outre à la partie russe la pleine propriété et l’exploitation des infrastructures pendant 25 ans, avant un transfert ultérieur dont les conditions restent incertaines. Enfin, ce projet pourrait être interprété comme un choix d’alignement stratégique durable, susceptible d’affecter les relations du Congo avec d’autres partenaires majeurs, tels que l’Union européenne, les États-Unis ou les institutions financières internationales. Dans un contexte international fragmenté, miser sur un partenaire unique pour un projet d’une telle envergure expose le Congo à un risque d’isolement diplomatique et réduit ses marges de manœuvre. Les risques d’un virage trop marqué Écarter Paris ( acteur clé du dispositif du franc cfa et influent au sein du FMI) comporte un risque réel : celui de compliquer, voire de bloquer, les négociations sur la dette. Par ailleurs, des groupes comme TotalEnergies et Perenco, risquant de perdre des parts dans l’offshore congolais du fait du projet d’oléoduc, pourraient réagir de manière défavorable et peser sur l’environnement
Congo. De quoi le ministre délégué à l’Industrie touristique sera-t-il capable ?

ON VA PLUS LOIN. Nommé Ministre délégué en charge de l’industrie touristique, Prince Bahamboula, proche lieutenant de Jean-Jacques Bouya, est désormais attendu sur des résultats concrets. À travers une ambition affichée d’« accélération de l’industrie touristique », il lui revient de démontrer, dans les cent premiers jours de son action, sa capacité à impulser une véritable dynamique de transformation de ce secteur stratégique en République du Congo. L’enjeu est de taille : positionner le tourisme comme un levier majeur de croissance économique, capable de générer des revenus substantiels et de contribuer de manière significative au budget national. À l’échelle mondiale, l’industrie touristique s’impose aujourd’hui comme un pilier essentiel du développement. De nombreux pays ( France, Espagne, Grèce, Maroc, États-Unis, Thaïlande, etc…) ont su capitaliser sur ce potentiel et tirent pleinement profit de cette manne économique. L’accession de ce jeune cadre issu de la FMC du PCT à des fonctions gouvernementales constitue une opportunité décisive pour faire ses preuves. S’il a deja fait du tourisme dans sa vie, ça sera plus facile pour lui d’accélérer la marche du développement de l’industrie touristique. Elle engage également sa responsabilité à répondre aux attentes des Congolais, en apportant des résultats tangibles et mesurables. Au-delà de son apport économique, le secteur touristique représente un instrument efficace de lutte contre le chômage, notamment chez les jeunes. Son développement peut favoriser la création d’emplois directs et indirects, tout en stimulant l’entrepreneuriat local. Dans ce contexte, l’heure n’est plus aux concertations répétitives, aux colloques ou aux séminaires. Les diagnostics ont été largement établis, et les défis sont clairement identifiés. Le moment est désormais à l’action, à la mise en œuvre de politiques publiques efficaces et à l’obtention de résultats concrets. Le peuple congolais attend aujourd’hui une gouvernance orientée vers la performance, fondée sur des réalisations visibles et un impact réel sur le développement socio-économique du pays. Napoléon Bonaparte : « Une bonne politique est celle qui produit des faits. » Winston Churchill : « Les actions sont les seules preuves sincères de la volonté. » Thomas Jefferson : « Les actions parlent plus fort que les mots. » Fait à Paris, le 30 Avril 2026 Evrard NANGHO Le Patriote Engagé
CINEMA. « IL EST MINUIT », le nouveau film de Paul Lebon à la conquête du public congolais

Dans les salles dès le 4 juillet prochain A L’AFFICHE. Le réalisateur congolais Paul Lebon annonce la sortie prochaine de son nouveau film intitulé « Il est Minuit », produit par Djon Mora Studio, en coproduction avec 242 Webtv. Le long-métrage dont la première affiche est dévoilée ce vendredi 1er mai à l’affiche dès le 4 juillet 2026. Parallèlement à sa sortie en salle, la nouvelle production portée par Jorus Mabiala, Stève Tchibinda, Germaine Ololo, Veroshka Badinga et Djo Fely Balende, partira à la conquête du public à travers une tournée nationale prévue du 4 juillet au 29 août 2026. Inédit. « Ce n’est pas une simple sortie en salle, c’est une caravane culturelle. Pour la première fois, un film congolais va à la rencontre de son public dans 8 villes, y compris celles qui n’ont plus de salles de cinéma fonctionnelles », indique-t-on dans le dossier de presse. Dans une véritable dynamique de proximité, l’équipe du film, qui conjugue thriller, action et drame social, ira à la rencontre du public à Pointe-Noire, Dolisie, Nkayi, Madingou, Kinkala, Brazzaville, Gaboma et Oyo. Précisons que c’est à Pointe-Noire que sera donné le coup d’envoi de cette caravane qui proposera une projection événementielle chaque week-end, suivie d’échanges avec l’équipe du film. Cette démarche vise à « faire revivre la flamme du cinéma dans l’arrière-pays et prouver que le cinéma congolais peut être une industrie rentable et populaire », explique-t-on. Ancré dans les réalités sociales, le thriller social relate l’histoire du personnage ÉTRANGER élevé avec les valeurs humaines et culturelles par une mère très aimante qui a pu lui offrir les meilleures écoles grâce à ses champs, et aux légumes de son jardin. Mais après avoir réussi sa vie aujourd’hui, ETRANGER rejette le passé et la terre qui l’a nourri, allant jusqu’à considérer l’agriculture comme un domaine pour les pauvres sans éducation ni métier. Mais alors qu’il vivait paisiblement, il perd son emploi, ce qui met son foyer dans une situation financière instable. Pour s’en sortir et espérer maintenir son train de vie et assurer son rôle d’homme envers sa femme BADINGA, ETRANGER accepte de rencontrer un mystérieux « Grand Maitre » que lui présente un vieil ami, Mabiala. Mais un jour, à minuit précisément, une présence vient déranger son sommeil. « Après le succès de mon premier film « LE DESTIN » (2022), j’ai voulu explorer une narration plus intense, plus rythmée, tout en restant profondément ancré dans nos réalités du pays et d’Afrique », confie le réalisateur Paul Lebon. Martin Kam LES DATES DE LA TOURNEE NATIONALE : 04 – juillet: Pointe-Noire (Grande Première) 11-Juillet: Dolisie 18-Juillet: Nkayi 25-juillet: Madingou 01 – Août: Kinkala 08 – Août: Brazzaville 15 – Août: Oyo 22 – Août: Gaboma 29 – Août : Retour à Pointe-Noire Première (Soirée de clôture)
Congo : cacophonie au sommet de l’État ( lecture en 4 minutes )

PARLONS-EN. À peine reconduits, le Premier ministre Anatole Collinet Makosso (ACM ), le directeur de cabinet à la présidence de la République, Florent Tsiba et le secrétaire général du gouvernement s’emmêlent déjà les pinceaux. Leur retour aux affaires leur donnent du tournis au point de confondre les noms des animateurs des départements ministériels, prendre maladroitement des notes et laisser M. Sassou valider des décrets d’une architecture contre la constitution. Les consultations recommandées le 22 avril à ACM ont été menées au pas de charge avec un bandeau bien noir sur les yeux pour ne pas distinguer les visages. On se demanderait si les personnalités figurant sur le décret n° 2026-176 du 24 avril 2026 ont effectivement été consultées, vues et reçues pour un entretien préalable et si elles sont à la hauteur des missions. Tenez, après une première polémique survenue le 23 avril 2026 à la suite de ses propos sur l’expression « Mokolo Tonga » (propriétaire de l’aiguille, en lingala) empruntée au musicien Luambo Makiadi, nombreux espéraient un ressaisissement de ACM qui s’était illustré par une incroyable vulgarité indigne de son rang et de sa fonction, grosse erreur !La confusion de l’identité d’un ministre peut être interprétée comme un détail à banaliser, tant elle relève d’un lapsus calami que peut commettre tout un humain.C’est pourtant dans le détail que se cache souvent le diable.Et ce diable a été révélé lors du conseil de cabinet tenu le 27 avril qui a débouché sur la note de service n°0009 PM-CAB du 28 avril 2026 portant correction de l’identité du ministre en question.Cela met en lumière des fragilités préoccupantes dans la gestion de la parole et des procédures administratives au sommet de l’État. Cela interroge également le juridique, l’administratif et la qualité des hommes qui dirigent le Congo Les observations Les frères Nzé ne sont pas nés d’une grossesse gémellaire pour qu’une confusion de haute voltige ait puse faire. Serge est passé comme lettre à la poste, et tout le gotha administratif n’y a vu que du feu, depuis le décideur suprême jusqu’au secrétaire général en passant par le directeur de cabinet. Les paraphes et les signatures ont été apposés les yeux fermés. La pédale de l’accélérateur s’est enfoncée sur le plancher, et tout est allé vite, trop vite au point de ne plus reconnaître les règles administratives :la correction d’un acte officiel, tel qu’un décret, relèverait d’une autorité de niveau équivalent ou supérieur, notamment la présidence de la République. Une note de service, généralement destinée à un usage interne, ne saurait modifier ni contredire un décret. Parallélisme de forme oblige, le rôle de clarification ou de rectification reviendrait davantage aux services compétents de la présidence, notamment du directeur de cabinet, Florent Tsiba qui doit repartir sur le plateau de télé Congo muni d’un décret de modification en bonne et due forme. Dans ce contexte, la note pondue par le premier ministre est illégale et confirme que le décret n°2026-176 du 24 avril est un faux. Le chef de gouvernement a fait usage de faux. Oko Ngakala ou la haute cour de justice devraient s’auto-saisir de cette forfaiture, parce qu’elle en est une. Toute la chaîne administrative devrait être désavouée. Il est clair que la précipitation et la pression ont présidé à la prise du décret présidentiel. M. Sassou a-t-il encore les facultés de contrôle? Pris dans un tourbillon où le clan, la famille, les partenaires politiques et les amis, veulent chacun une part du gâteau et pensent à la succession, le président a les pieds et les mains liés. On lui fourgue tout. Le Congo est en péril. Cet épisode relance le débat sur l’encadrement et le choix des conseillers qui fourmillent autour du Premier ministre. La compétence y est un pari difficile à réaliser. Le quinquennat qui commence augure l’échec si le ménage, sans état d’âme, n’est pas fait. ACM doit renforcer la rigueur administrative et mettre en place des outils de contrôle efficaces. La complaisance risque de lui coûter cher. A l’époque du général Jacques Joachim Yhombi Opangault, le dircab de la primature, les conseillers administratif, juridique, politique et celui de la communication devraient être remerciés ou mis en examen, à défaut de les recycler. Ghys Fortune BEMBA DOMBE
Page d’histoire : Il était une fois le M22 de Goma Tsé-tsé

Marien Ngouabi présente deux cadavres à la population RETRO. Le mardi 24 avril 1973, il y a exactement 54 ans, le président de la République du Congo, le commandant Marien Ngouabi, présente à la population, qui avait été convoquée à un meeting au stade de la Révolution à Brazzaville, deux cadavres. Ce sont les corps de l’ancien lieutenant Ange Diawara et de son adjoint Jean-Baptiste Ikoko. Les deux hommes auraient été tués au cours d’une opération de l’armée contre le maquis du M22. Mais c’est quoi le M22 ? Les fondateurs du PCT Le 31 décembre 1968, le commandant Marien Ngouabi devient, à l’âge de 30 ans, le troisième président de la République du Congo. A la suite de la démission du président Alphonse Massamba-Débat. En vue de consolider son pouvoir, Marien Ngouabi organise du 29 au 31 décembre 1969, le congrès constitutif du nouveau parti unique : le Parti Congolais du Travail (PCT), d’obédience communiste. Parmi les 40 fondateurs de ce parti, on trouve les noms de Marien Ngouabi, Raoul Alfred, Ange Diawara, Joachim Yhomby Opango, Denis Sassou-Nguesso, Henri Lopez… Il s’appelait Ange Diawara Ange Diawara était le commandant de la Défense civile, la branche armée de la JMNR (Jeunesse du parti du président Massamba-Débat). Après la chute de ce dernier, Ange Diawara ayant préféré éviter l’affrontement avec l’armée nationale, la Défense civile est dissoute et ses éléments reversés dans l’Armée Populaire Nationale (APN). Ange Diawara devient lieutenant dans l’armée de terre. Membre du Bureau politique du PCT, Diawara est nommé par le président Ngouabi en avril 1970 ministre chargé des Eaux et Forêts. Il a 29 ans. Rivalité interne au sein du PCT Mais assez vite, il va se démarquer de l’entourage du président Ngouabi dont il dénonce de tendances à l’embourgeoisement, à la corruption et au népotisme. Il crée le concept d’Obumitri (oligarchie bureaucratique militaro-tribaliste) qu’il va populariser à travers le pays. Lors de la session extraordinaire du Comité Central du PCT du 27 au 31 décembre 1971, Diawara et ses camarades (Noumazalaye, Ndalla, Kimbouala-Nkaya, Combo-Matsiona, Bongou, Assoua) tentent de mettre le président Ngouabi en minorité. Ils lui reprochent son apathie face à la recrudescence de la corruption et une gestion ethnique du pouvoir. Mais ils échouent. En réaction, Ngouabi limoge Ange Diawara du gouvernement et du Conseil d’Etat. Mais Diawara reste au Bureau politique. La tentative de coup d’Etat du 22 février 1972 Le 22 février 1972, le président Marien Ngouabi est en séjour de travail à Pointe-Noire. Ange Diawara lance alors une opération de coup d’Etat contre le président Ngouabi. Lui et ses hommes prennent possession de la radio nationale et de l’aéroport de Brazzaville. Ils arrêtent plusieurs responsables politiques dans la capitale. Denis Sassou Nguesso, le commandant du groupement aéroporté, se trouve à Pointe-Noire où il a accompagné le président de la République. C’est le chef d’état-major de l’APN, le commandant Yhomby-Opango, qui va réagir énergiquement en faisant échec à la tentative de putsch. Dans le camp des putschistes, les ministres Prosper Matoumpa Mpolo et Elie Itsouhou ainsi que l’artiste-musicien Franklin Boukaka, auteur-compositeur de talent qui prônait l’unité de deux Congo dans sa célèbre chanson » Pont sur le Congo « , sont tués. Revenu en urgence à Brazzaville dans la soirée, le président Marien Ngouabi, à travers les hommes que le commandant Denis Sassou Nguesso a déployé dans la ville, reprend le contrôle de la situation. Ange Diawara entre en rébellion et crée le M22 Des dizaines de personnalités sont arrêtées à la suite de cette tentative de putsch. Parmi lesquelles, on peut citer : Lissouba, Noumazalaye, Ndalla, Combo Matsiona, Jean-Pierre Assoua, Alfred Raoul, Camille Bongou, Atondi-Momandjo. Les meneurs, Ange Diawara, Jean-Baptiste Ikoko et quelques-uns de leurs camarades, parviennent à s’échapper. Ils vont s’établir aux environs de Goma Tsé-tsé, à une cinquantaine de kilomètres de Brazzaville. Ils y créent un maquis à l’instar des maquis de Che Guevara en Amérique latine ou le maquis de Laurent-Désiré Kabila à Hewa-Bora à l’Est de la RDC. Leur mouvement prend le nom de M22 ; c’est-à-dire le mouvement du 22 février. Ces révolutionnaires congolais ont comme modèle le M26 (Mouvement du 26 juillet) du cubain Fidèle Castro. Crée en 1955, le M26, après des années de lutte contre le régime du dictateur Baptista, finira par prendre le pouvoir à Cuba en janvier 1959. 40 ans après la création du M22 d’Ange Diawara, le 6 mai 2012 en RDC, des officiers congolais des FARDC créent leur M23 (Mouvement du 23 mars) et entre en rébellion, avec le soutien du Rwanda, contre le gouvernement de Kinshasa. La défaite du M22 Après une année semée d’escarmouches entre les combattants du M22 et l’armée nationale, cette dernière entreprend, au mois de février 1973, des opérations militaires d’envergure dans la région de Goma Tsé-Tsé en vue de démanteler le maquis d’Ange Diawara. Les hommes de Ngouabi vont réussir à écraser les rebelles au moins d’avril 1973. Et l’histoire du M22 s’arrête brutalement lorsque le président Marien Ngouabi exhibe le 24 avril 1973 les corps d’Ange Diawara et de Jean-Baptiste Ikoko au stade et dans les rues de Brazzaville. Néanmoins, cette exposition macabre va choquer la sensibilité bantoue de nombreux congolais qui vouent un respect presque religieux aux morts. La mort d’Ange Diawara Il existe une autre version sur la mort d’Ange Diawara et Jean-Baptiste Ikoko. Ils auraient réussi à échapper aux forces loyalistes et à traverser le fleuve Congo pour se réfugier au Zaïre. Arrêtés par les militaires de Mobutu, ils ont été livrés (vivants ou déjà morts ?) au commandant Marien Ngouabi. Une façon pour le président Mobutu de renvoyer l’ascenseur à son homologue du Congo qui avait facilité l’extradition de Brazzaville de Pierre Mulele en 1968. Mais ce 24 avril 1973, journée de son triomphe sur le M22, le président Marien Ngouabi ne pouvait s’imaginer que lui-même serait abattu par balles le 18 mars 1977; comme l’a été Ange Diawara 4 ans plus tôt ! A suivre ! Par Thomas LUHAKA LOSENDJOLA Avocat au barreau de Kinshasa-Gombe Chercheur indépendant
Congo/Nouveau gouvernement : le Ministre Jean Olessongo Ondaye impose sa cadence à l’Intérieur

GOUVERNEMENT. C’est un soldat qui prend les commandes. Fraîchement nommé à la tête du ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation, l’Officier Général, Jean Olessongo Ondaye n’entend pas changer de logiciel. Entre rigueur militaire et loyauté absolue, il dessine les contours d’une mission placée sous le signe de l’ordre et de la « marche accélérée ». La confiance du Chef comme boussole Pour le nouveau ministre, cette nomination n’est pas un simple décret administratif, mais l’aboutissement d’un long processus d’observation de la part du Président de la République. « Le Président observe, suit et décide », confie-t-il, rappelant son parcours d’aide de camp devenu Officier Général, puis commandant de zone militaire. Pour lui, ce portefeuille est une marque de reconnaissance qu’il compte honorer par un engagement sans faille. Le concept des « deux béquilles » Loin des discours feutrés, le ministre Jean Olessongo Ondaye définit son département comme une structure reposant sur deux piliers stratégiques, ou ce qu’il appelle ses « deux béquilles » : sécurité intérieure et décentralisation. S’agissant de la sécurité intérieure, le nouveau ministre la place sous le signe de la discipline. Son crédo est limpide : la paix doit être le quotidien des citoyens, tandis que l’insécurité doit changer de camp. « Que la sécurité soit du côté du peuple, et l’insécurité affectée aux hors-la-loi », martèle-t-il. Pour y parvenir, il n’exclut pas la fermeté, utilisant une métaphore révélatrice : pour redresser un bâton tordu, il faut parfois le tordre dans le sens contraire, même si cela fait mal. Quant à la décentralisation qui est le lien civil, le ministre Ollessongo Ondaye voit ici un pont entre la sécurité et les collectivités locales. S’appuyant sur son expérience réussie à Pointe-Noire en matière de salubrité et d’ordre public, il compte généraliser cette dynamique à l’ensemble des départements du pays.« Celui qui ne suit pas le rythme tombe » L’heure n’est pas aux promesses, mais à l’action. En attendant sa feuille de route officielle, le ministre prévient déjà ses futurs collaborateurs : le rythme sera soutenu. Fidèle à son sacerdoce de soldat « être debout jusqu’au bout de l’effort », il exige un dynamisme total.« Je vais mettre ma dose de fermeté et de dynamisme pour donner la cadence. Celui qui ne suit pas le rythme à l’armée, il tombe, mais la marche va continuer. » Le message est clair, chaque collaborateur est un maillon d’une chaîne qui doit répondre à l’engagement du Président de la République devant le peuple. Pas de place pour les « langages contournés » ; le Général est en mission, et il compte bien mener ses troupes vers des résultats concrets et visibles pour la nation. Wilfrid Lawilla D.