CONGO-RDC : la coopération sécuritaire mise à l’épreuve alors que Oboa, Mboulou, Ollessongo, Okoï, etc.(lecture en 5 mins)

PARLONS-EN. Alors qu’officiellement, Brazzaville et Kinshasa affichent leur fraternité diplomatique, l’accrochage du 26 au 27 août 2026 entre les forces armées congolaises (FAC) et les forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) sur le fleuve Congo, révèle les fragilités d’une coopération sécuritaire confrontée aux rivalités frontalières, aux défaillances du renseignement et aux tensions politiques interne et externe. Cette situation appelle à un éclaircissement de la part d’Oboa, Mboulou, Okoï, Ollessongo et Cie qui ne devraient pas dormir sur leurs lauriers. Ils sont tenus de réagir promptement.

L’incongruité de la situation et des postures

Le 27 août, la ministre d’État de la RDC, Thérèse Kayikwamba Wagner et son homologue Constant Serge Bounda signaient un communiqué commun de 23 points, célébrant l’amitié, la fraternité et la solidarité entre les deux peuples. Les deux capitales réaffirment leur volonté de préserver leurs relations et de renforcer leur coopération. Mais au milieu de cette litanie diplomatique, le douzième point mentionne « l’incident survenu à Makotipoko dans la nuit du 26 au 27 août 2026 entre les patrouilles des deux rives » du fleuve Congo. Le terme « incident » est diplomatique et bien faible mot car la réalité est plus grave : des éléments des FAC tués sur la rive droite du fleuve et deux autres enlevés et séquestrés par 34 Fardciens à Yumbi, sur la rive gauche. La RDC par ailleurs, situe l’accrochage à une quarantaine de kilomètres en amont, vers l’île Makoloko, et évoque des militaires portés disparus après des tirs. Kayikwamba, réagit coup par coup à la situation de Luanda au Kouilou où elle a été reçue par le Premier ministre Anatole Collinet Makosso (ACM), dans son domaine privé de Yanga «Cité des Grands Lacs» construit à coup des milliards de fcfa. Ce mélange de genres démontre la gestion inique du Congo. Si M. Sassou reçoit des officiels dans son domaine privé d’Oyo, il en va autrement pour ACM dont le rôle n’associe pas les mêmes prérogatives, loin s’en faut !

Dysfonctionnement de renseignement et faillite à tous les étages

Pendant 26h00, Brazzaville n’a pas communiqué sur ledit “incident”. Il faut rappeler que la surveillance de la frontière fluviale avec la RDC n’est pas un dossier périphérique mais une mission clé pour la gendarmerie. Gildas Olangué et Dieudonné Magloire Gaëtan Moassa ont-ils accordé leur violon avec le Colonel-major Patrick Serge Clotaire Immath Mouyoki qui centralisait le renseignement de l’Office central du renseignement de la gendarmerie (OCRGN), aujourd’hui limogé parce qu’il serait sudiste et soutenu par JDO pour occuper ses précédentes fonctions ? L’OCRGN dont le pôle sûreté de l’État dirigé par le Colonel Juste Florent Ngouloubi Ntsiba a pêché dans sa collaboration avec la direction centrale du renseignement militaire (DCRM) dirigée par le colonel-major Nicolas Ifoko, et cela en dépit du lien fonctionnel direct qui les unit ; idem pour la Centrale d’intelligence et de la documentation gestionnairedesmigrations. En amont, il y a eu une campagne de diffamation et de calomnies contre M. Sassou et Cie sur les réseaux sociaux par certains zaïrois, d’autres envisageaient et souhaitaient une suite négative aux accords Crystal Waters (Rwanda) avec une implication du M23, précédée des sorties médiatiques de, Privat Ndéké, Ferdinand Mbaou, Lassy Bouity, etc, qui n’ont fait réagir ni les autorités locales ni extérieures sur ce qui s’apparente à l’incitation à la haine ou appel à l’insurrection sans oublier, la silhouette de Norbert Dabira de plus en plus visible en France. ACM, Ollessongo, Mboulou, Okoï, Okassa et l’ensemble des sécuritates jouent aux médecins après la mort. Lorsqu’une patrouille militaire étrangère peut entrer dans une zone sensible, lorsqu’un affrontement survient et que les versions divergent quelques heures plus tard, c’est toute la chaîne sécuritaire qui doit être interrogée. Qui surveillait ? Qui renseignait ? Qui commandait ? Qui savait ? Les éléments sur le terrain étaient en nombre suffisant ? étaient – ils bien équipés ? Pourquoi une partie du budget colossal attribué à Serges Oboa et Aristide Okassa et leurs troupes ne serait-il pas alloué aux gardes-frontières ? Ceux qui nous écoutent et tracent dormaient-ils ? Les soi-disant conseillers en communication et informateurs ont-ils oublié de veiller ? Et surtout qui n’a pas su ? Bref, le renseignement ne doit pas fonctionner en silos. Une frontière exige une coordination permanente entre la gendarmerie, l’armée, les services de renseignement et les autorités administratives. Tous conviendront avec moi que lorsqu’un État découvre un problème uniquement après les coups de feu, c’est que son système d’anticipation mérite d’être réexaminé. Cette affaire ravive la polémique sur la question des migrations et de la réorganisation des FAC.

Le difficile équilibre entre ouverture des frontières et sécurité

L’incident de Makotipoko doit finalement être considéré comme un avertissement à l’ouverture des frontières programmée par M. Sassou et au flux des échanges avec des tiers qui nécessitent des moyens de contrôle adaptés, une chaîne de renseignement efficace et une meilleure coordination entre les services.

Pour ce qui est du voisin immédiat, il sied de dire que la proximité géographique, historique et culturelle entre les deux Congo rend les échanges humains particulièrement importants. Le fleuve Congo constitue moins une séparation qu’un espace de circulation permanent entre des populations qui partagent de nombreux liens familiaux, économiques et culturels. Les ressortissants de la RDC et de la RCA par exemple, exercent la chasse et la pêche dans des campements le long du fleuve. La 5ème colonne de la RDC composée des éléments des ex Faz évaporée sur toute l’étendue du Congo Brazzaville dont certains se font passer pour des pasteurs, agriculteurs, ouvriers de BTP, couturiers, coiffeurs et manucures, éboueurs, dans lequel ils excellent.
La circulation des personnes ne peut être durablement maîtrisée sans moyens suffisants, sans dispositifs administratifs opérationnels et surtout sans lutte effective contre la corruption au sein des services chargés du contrôle. Or, plusieurs éléments de la police, gendarmerie, douanes et forces armées sont corrompus jusqu’à la moelle par les Libanais, les Ouest-africains, et autres. Lorsque les contrôles sont affaiblis, les frontières deviennent vulnérables non seulement aux migrations irrégulières, mais également aux trafics et à diverses formes de criminalité transfrontalière. Il serait toutefois réducteur de présenter l’ensemble des étrangers présents au Congo comme une menace sécuritaire. La question doit être abordée sous l’angle du contrôle des flux, du respect des législations nationales et de la coopération entre États, et non à travers une stigmatisation des populations étrangères. Le débat sur la libre circulation, le séjour des ressortissants étrangers, le contrôle des frontières et les conditions d’établissement ne peuvent donc être traités uniquement sous l’angle politique. Il doit également s’appuyer sur les textes existants et sur les obligations réciproques des États. Pour la RDC, les textes sont légion.
(Suite, mardi 0h00).

Ghys Fortune BEMBA DOMBE

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