
TRIBUNE. « J’ai une idée. Proposer à la Russie l’adhésion à l’OTAN. Bien sûr, en échange de cette incitation positive, Trump devra obtenir de Poutine tout ce qu’il souhaite concernant la cessation des hostilités, la coopération économique et les différends territoriaux. » voilà en substance cette étrange proposition émise par un des stratèges américains, celle d’admettre la Russie dans l’OTAN.
Quoique cette proposition du républicain Matt Gaetz d’inviter la Russie à rejoindre l’OTAN soit une vieille idée déjà évoquée au comité sénatorial par la secrétaire d’État Albright, ainsi qu’aux articles de McFaul (2006) et Charles Chen (2010) dans Foreign Affairs, le contexte géopolitique actuel dans lequel se refait cette proposition insinue des calculs géostratégiques bien ciblés.
Dans le tableau de plus en plus visible de la division monde entre deux blocs OTAN et BRICS et après l’échec militaire de Trump en Iran et son échec des menaces de sanctions économiques sur l’Inde, la Russie est redevenue aux yeux des yankees comme un facteur clé pour espérer diviser et affaiblir le BRICS, ce nouveau bloc international à même de mettre en péril la domination de l’OTAN depuis la fin de la seconde guerre mondiale.
Par ailleurs dans la bataille de conquête hégémonique mondiale entre les USA et la Chine, en voulant ouvrir largement la porte de l’OTAN à la Russie, c’est en réalité la Chine que les américains veulent déposséder d’un allié majeur dans son ambition de domination du monde. Cette proposition émise par un “républicain “ (même famille politique que le président Trump) donne matière à réflexion et lève un pan de voile sur les « câlins » diplomatiques de Trump vis-à-vis de Poutine soit dans leur rencontre à Alaska soit dans ses discours flatteurs en faveur de Poutine devant ses partenaires otaniens venus le voir à Washington.
Seul couac à cet ambitieux projet : Vladimir Poutine n’est pas né de la dernière pluie et aura du mal à faire foi à une puissance impériale qui a voulu systématiquement dépecer son territoire national par une guerre par proxy ukrainien.
Par Germain Nzinga