Congo – Finances : Albert Ngondo, Standard et Poor’s déshabillent Collinet, Yoka et Cie ( lecture en 4 min ) 

PARLONS-EN. Dans ma publication du 21 juillet 2026, je soutenais que l’excédent budgétaire annoncé ne résistait pas à l’analyse des opérations de trésorerie et que le Congo continuait d’être mal géré.  Certains ministres et leurs collabos n’ont pas tardé de faire un procès d’intention contre ma personne. Ces derniers estiment que mon argumentaire relève de la spéculation tendant à déstabiliser le Congo faute de preuves alléguées. Pourtant, les preuves recherchées sont fournies de janvier à juin par le directeur général à vie du Trésor public, Albert Ngondo via trois actes administratifs officiels, Standard et Poor’s (S&P) le 24 juillet 2026 et longtemps par la population qui broie le noir.

 Entre orthodoxie et opacité

Le 7 janvier 2026, Albert Ngondo qui  peine à marcher et voir, publie, avec son trésor public, le programme annuel d’émissions à travers  la note N°000001/MFBPP/DGT/DGAT/DOBM/SOMD. Le document prévoit 690 milliards de fcfa à lever sur le marché des titres répartis entre 285 milliards en bons assimilables (BTA) et 405 en obligations assimilables (OTA). Cette programmation est respectée au franc près :

-110 milliards de fcfa en janvier, 

-45 milliards de fcfa en février 

-40 milliards de fcfa en mars, soit un total de 195 milliards de fcfa conformes au calendrier initial.

Le 26 mars, une nouvelle programmation spectaculaire est publiée sous la note N°00003/MFBPP/DGT/DOBM/SOMD. Les volumes d’émissions sont alors revus à la hausse sous le regard honteux du ministre Yoka, préoccupé à endetter son pays en milliers de milliards de fcfa pour se faire la ristourne ôtée à Zidane Armel Dongou 

Avril passe de 60 à 125 milliards de fcfa, mai de 80 à 140 et juin de 45 à 115 milliards de fcfa, résultats : le deuxième trimestre passe ainsi de 185 programmés à 380 milliards de fcfa, soit 195 milliards de fcfa supplémentaires par rapport au calendrier arrêté en janvier avec des pourcentages d’augmentation variant d’un mois à l’autre (+108 % en avril, + 75 % en mai, + 156 % en juin). 

195 milliards de fcfa supplémentaires interpellent lorsqu’ils sont rapprochés de l’excédent budgétaire d’environ 217 milliards de fcfa présenté dans la loi rectificative des finances.

 Questions capitales

Si les comptes publics dégagent un excédent de cette ampleur, pourquoi le recours au marché intérieur augmente-t-il aussi fortement en un laps de temps ?

Pourquoi doubler les émissions prévues quelques semaines seulement après la publication du programme annuel ? Quels besoins nouveaux sont apparus quand on sait que les retraités, les opérateurs économiques, les étudiants, les parlementaires, les agents percevant les émoluments via les budgets de transfert sont suppliciés, et que les morts se comptent par milliers dans des hôpitaux du fait de l’absence des plateaux techniques complets et performants et de la démotivation du personnel. À la fin du premier semestre, les émissions cumulées atteignent 575 milliards de fcfa, soit près de 83% de l’enveloppe de 690 milliards de fcfa. Autrement dit, l’essentiel du programme annuel a été consommé en seulement six mois sans résultats probants sauf les mariages princiers, les funérailles fastueuses, les évacuations sanitaires des membres du clan et de leurs proches, l’achat de voitures de luxe…

Il sied de dire, qu’un État réellement excédentaire ne double pas dans le trimestre qui suit la publication de son propre plan, sa dépendance au marché intérieur. Il n’emprunte pas davantage quand il a de l’argent d’avance; Il emprunte davantage quand il n’en a pas.

Banqueroute et prophétie  ?

Si le rythme des émissions se poursuit jusqu’à la fin de l’exercice, le volume total pourrait atteindre 885 milliards de fcfa, soit près de 30 % de plus que la programmation publiée en janvier. Le coût de ces financements constitue également un indicateur à observer. Les réouvertures d’obligations du deuxième trimestre ont été réalisées à des rendements de 6,00 % à 6,50 % la ligne CG2B-097, échéance novembre 2027, placée à 6,50 %. Payer ce prix pour écouler du papier n’est pas le comportement d’un Trésor à l’aise. Pire, la majorité des titres émis en 2026 arrive à échéance en 2027 avec une concentration de remboursement entre août et novembre. On emprunte aujourd’hui pour bâtir le mur de refinancement de demain. Pris ensemble, ces différents documents font apparaître un écart entre la trajectoire de financement effectivement suivie par le Trésor public et le discours officiel mettant en avant un excédent budgétaire.  Le discours affirme un excédent. La signature du Trésor, elle, programme, revise à la hausse, puis paie plus cher pour lever davantage. Anatole Collinet Makosso et Cie conviendront avec moi que quand une administration se contredit (en trois documents, en trois mois ), le terme incompétence devient presque indulgent. Il suppose qu’on ignore ce qu’on fait. Or ici, on le sait, on le signe, on le date.

Le marché, lui, a déjà tranché. Il ne lit pas la loi de finances. Il lit le calendrier des adjudications comme notre prédiction du 19 juillet sur les agences de notation.

Depuis le 24 juillet,  Standard et Poor’s a confirmé notre prédiction en clouant le blabla d’ACM, Jean Jacques Bouya et Yoka par la note CCC+ qui est le signe que le Congo évite le défaut de paiement sans jamais convaincre les marchés qu’il a réellement corrigé les causes profondes de sa fragilité financière.

Ghys Fortune BEMBA DOMBE

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