RD Congo. Joseph Kabila dans un grand jeu de coulisses…
TRIBUNE. La plupart des congolaises et des congolais qui surnomment Kabila de “Kara” ou tout simplement de taiseux, ignorent qu’aux yeux de ce politicien, le silence est une de ses puissantes armes politiques. Il reste silencieux sur ce qu’il entreprend à moyen et à long termes. Il a le pouvoir d’observation intelligente de ses adversaires politiques par de nombreux canaux qui lui sont propres. Il sait ainsi tout ce que pensent et font les politiciens du camp adverse en face mais quant à ce qui le concerne , il choisit de rester opaque, très loin des caméras pour maintenir un mystère épais sur ses objectifs cachés.
Si tout récemment à Addis-Abeba, il a permis aux journalistes de filmer ses rencontres avec Moise Katumbi, Claudel Lubaya et une délégation de la société civile congolaise, cela signifie beaucoup en termes stratégie de communication politique. En choisissant de se faire photographier, Kabila a signé par là son grand retour sur la scène politique congolaise avec de grandes ambitions dont il importe de dessiner les contours.
Il importe de souligner que depuis novembre 2024, Joseph Kabila multiplie également les rencontres au haut sommet du pouvoir mondial avec des chefs d’état africains, principalement ceux des pays régionaux qu’il a sciemment pris à témoin en 2018 pour signer le deal de passation “conditionnelle” de pouvoir entre lui et Félix Tshisekedi. D’une manière voilée, il leur demande de faire le bilan du deal six ans après sa signature et d’évaluer qui est l’homme de parole et qui ne l’est pas. Il pousse ses pairs et interlocuteurs à regarder de près son successeur, à le mépriser si besoin en était et à accepter l’urgence d’une alternative en la personne de celui qui sait respecter les engagements pris c’est-à-dire lui-même.
Cette caution régionale une fois acquise, Joseph Kabila est sorti du continent Africain pour miser sur l’actuelle transition américaine de ce pouvoir qui passe des mains de démocrates (parrains du Rwanda) aux républicains alliés non à Kagame mais à un homme atypique très puissant nommé Élon Musk. Ce politicien multimilliardaire qui est désormais considéré comme le numéro deux de l’Administrstion Trump est étroitement lié à… Dan Gentler, le pendant et le très ami et soutien financier de l’ancien régime de Joseph Kabila.
L’ex-président congolais lui avait alors octroyé de nombreuses faveurs évaluées en milliards de dollars pour l’exploitation des minerais congolais. La montée politique en puissance de son ami Élon Musk devient l’aubaine rêvée de Joseph Kabila pour obtenir le soutien de la Maison Blanche en vue de revenir au pouvoir, donnant des garanties juteuses à Trump avec qui Kabila a eu, en tête-à-tête, une rencontre ultra-secrète à Paris et qui, d’après de nombreux observateurs de la politique congolaise, avait pour but d’élaborer une stratégie afin de réinstaller Joseph Kabila à la présidence de la RDC.
Notez que nous ne sommes qu’à la deuxième année du deuxième quinquennat de Félix Tshisekedi et l’on voit ça et là une agitation inédite des officines politiques et des troupes militaires étrangères. Des médias mainstream en rajoutent en faisant grand bruit sur les avancées de M23 tout en restant très silencieux sur la contre-attaque foudroyante des FARDC qui ont récupéré beaucoup de localités qui étaient jusque là détenues par des rebelles étrangers. Ce tapage médiatique à deux vitesses indique dans quelle direction de conflagration les puissances mondiales qui financent le conflit congolais veulent précipiter le Grand Zaïre.
Toujours dans la foulée de ces événements insolites, il y a un troisième facteur à prendre en considération et qui est bel et bien le procès judiciaire intenté par l’actuel président congolais contre les grandes firmes industrielles yankee qui achètent le Coltan de sang pour développer leur technologie de pointe. Google, Apple etc cités dans ce procès du siècle ne sont pas restés bras croisés. Ils ont tôt fait de mutualiser leur force pour renforcer les capacités militaires des M23 qui d’après le récent rapport des experts de l’ONU sont désormais dotés d’armes très sophistiquées aux fins de les aider à atteindre Kinshasa, le siège du pouvoir congolais , et de chasser celui qui a eu le culot de poser des entraves à leur politique de pillages des minerais congolais via un chaos organisé en RDC.
Vous l’avez compris, Kabila en bon stratège politique, a senti le vent tourner à son avantage et a trouvé que les planètes semblent s’aligner au grand bénéfice de son destin politique. Tenez! Le retour en force de son ami Dan Gentler via la nouvelle administration Trump – L’allégeance de l’opposition politique et de la classe civile congolaises à son leadership – la périlleuse guerre de Tshisekedi contre les géants de l’highTech de par le procès judiciaire porté devant les juridictions internationales forment autant de facteurs explosifs qui risquent de modifier les équilibres de force au Congo et de porter beaucoup de surprises désagréables dans l’histoire politique de la RDC en cette nouvelle année 2025. C’est donc derrière ces lunettes de l’actuelle configuration géopolitique et ce grand jeu de diplomatie de coulisses qu’il faudra comprendre le regain de l’activisme politique de Joseph Kabila qui semble assuré de son retour au fauteuil.
Comprenne qui pourra!
Germain Nzinga

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