
TRIBUNE. Joseph Kabila a parlé, et les réactions sont nombreuses. Le discours est assez structuré, voire rassembleur, avec une bonne dose de démagogie. Si le diagnostic de la problématique congolaise est relativement correct, il reste néanmoins incomplet.
La pièce du puzzle manquant s’appelle Joseph Kabila lui-même. Ce dernier fait partie du problème qu’il dénonce dans son allocution. En effet, si nous en sommes là aujourd’hui, c’est aussi parce qu’il a fait le choix de ne pas respecter la volonté du peuple congolais au lendemain de l’élection présidentielle de décembre 2018. Il a comploté avec Félix contre le peuple congolais. On ne l’a pas oublié.
À l’évidence, Félix Tshisekedi et Joseph Kabila sont les deux faces d’une même pièce. À la seule différence que l’actuel président est allé beaucoup plus loin dans la compromission que son prédécesseur. En six ans de pouvoir, il a détruit plus que ne l’ont fait tous les présidents congolais qui l’ont précédé. Pour la première fois dans l’histoire de la RD Congo, on a l’impression que le pays n’est aucunement dirigé. Le risque d’implosion est bien réel, et à Kinshasa on est dans la jouissance et les controverses. La seule préoccupation du régime Tshisekedi, c’est la préservation du pouvoir à tout prix. Y arrivera-t-il ?
Une chose semble certaine : dans le face-à-face qui semble s’annoncer entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi, Kabila part favori. Car, contrairement à Tshisekedi, il a le soutien de la plupart de ses pairs africains. Selon toute vraisemblance, son retour semble avoir reçu la bénédiction de certains d’entre eux, notamment ceux de la région des Grands Lacs. Il ne serait pas non plus surprenant d’apprendre que certains en Occident tablent sur le départ de Félix Tshisekedi du pouvoir. Laissons l’avenir nous en dire davantage.
Je bois mon lait nsambarisé…
Patrick Mbéko
Consultant politologue. Géopoliticien, spécialiste de l’Afrique des Grands Lacs et auteur de plusieurs livres sur les conflits armés en Afrique



