
Malgré le recul du chômage à 9,5% au deuxième trimestre 2026
La situation des jeunes sur le marché du travail reste préoccupante au deuxième trimestre 2026. Le nouveau dispositif d’observation du marché du travail adopté par le Haut-commissariat au plan (HCP) le confirme sans ambigüité : le calvaire des jeunes en quête d’emploi se poursuit.
Faible intégration des jeunes au marché du travail, retrait marqué de l’emploi rémunéré, et faible accès à l’emploi contre revenu. Tels sont les principaux enseignements de l’enquête conçue conformément aux récentes normes internationales adoptées lors des 19e, 20e et 21e Conférences internationales des statisticiens du travail (CIST) de l’Organisation internationale du travail (OIT).
Près d’un jeune actif sur trois demeure confronté au chômage
Selon les chiffres du HCP, le taux de chômage strict s’est établi à 9,5% au deuxième trimestre 2026, à 11,9% en milieu urbain et à 5,4% en milieu rural. Mais avec un taux de chômage strict de 27,2%, les jeunes de 15 à 24 ans restent la catégorie la plus exposée à ce phénomène, suivis par les personnes âgées de 25 à 34 ans (14,5%). Il est ainsi près de trois fois supérieur à la moyenne nationale. Ce taux atteint 14,8% pour les femmes contre 8,1% pour les hommes.
Précisons toutefois qu’entre le deuxième trimestre et le premier trimestre de 2026, ce taux a connu une baisse pour toutes les catégories d’âge : -2 points parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans, de -1,6 point les personnes âgées de 25 à 34 ans, et de -0,8 point parmi les personnes âgées de 35 à 44 ans et parmi celles âgées de 45 ans et plus.
Quoi qu’il en soit, le chômage des jeunes reste élevé.
Chômage élevé, faible insertion et forte sous-utilisation : les 15-24 ans concentrent les fragilités
Moins d’un jeune sur quatre en âge de travailler est actif
Concernant la participation des jeunes au marché du travail, l’enquête de l’institution publique indique que les jeunes demeurent la catégorie la moins présente sur le marché du travail.
Selon le HCP, les jeunes âgés de 15 à 24 ans enregistrent le taux de participation à la main d’œuvre le plus faible parmi toutes les catégories d’âge avec 22,9%. En revanche, les tranches d’âge 25-34 ans et 35-44 ans enregistrent les taux de participation à la main d’œuvre les plus importants, avec respectivement 56,8% et 57,7%, suivies par les personnes âgées de 45 ans et plus (38,7%) ».
Comparé au trimestre précédent, le taux de participation des jeunes âgés de 15 à 24 ans a reculé de 0,5 point, passant de 23,4% au premier trimestre à 22,9% au deuxième trimestre. A l’inverse, la hausse la plus importante est enregistrée parmi les personnes âgées de 35 à 44 ans (+1,2 point), suivies par les personnes âgées de 45 ans et plus (+0,7 point).
Les jeunes largement en retrait du marché de l’emploi rémunéré
Sur le volet emploi contre revenu, la situation reste également préoccupante puisque les jeunes restent largement en retrait sur le marché de l’emploi rémunéré. Le taux d’emploi contre revenu des jeunes âgés de 15 à 24 ans est de 16,6%, soit le plus faible parmi les tranches d’âge. Il est plus de trois fois inférieur à celui des tranches d’âge des 35-44 ans. En effet, « le taux le plus important est enregistré parmi les personnes âgées de 35 à 44 ans (54,4%), suivi par celles âgées de 25 à 34 ans (48,6%) et les personnes âgées de 45 ans et plus (37,3%) », constate l’institution.
Cette situation pourrait s’expliquer par la poursuite des études, difficultés d’accès au premier emploi, l’inadéquation entre formation et besoins du marché ou encore poids de l’inactivité économique chez cette catégorie.
Les jeunes, principal foyer de sous-utilisation de la main-d’œuvre
L’autre enseignement concerne la sous-utilisation de la main-d’œuvre. D’après le haut-commissariat, les jeunes concentrent le niveau le plus élevé de sous-utilisation de la main-d’œuvre. S’il est établi à 18,9% au niveau national, 21,0% en milieu urbain et 15,2% en milieu rural, ce taux est plus élevé chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans (41,7%) et les femmes (26,7%).
Ainsi, outre le chômage strict, le niveau de ce taux englobe également les jeunes à la recherche d’un emploi mais sans activité, ceux qui occupent un emploi insuffisant en termes de temps de travail ainsi que ceux qui souhaitent travailler mais restent en dehors de la main-d’œuvre active.
Au final, le passage de l’Enquête nationale sur l’emploi (ENE) à l’Enquête sur la main-d’œuvre (EMO) n’aura rien changé, si ce n’est qu’il permet de mieux mesurer l’ampleur des difficultés rencontrées par les jeunes en quête d’emploi.
Alain Bouithy
Fondateur et actuel administrateur du site Pagesafrik.



