Madagascar. « LEO DÉLESTAGE »

PARLONS-EN. Ce qui se passe au Madagascar ressemble énormément au triste train de vie d’autres pays de l’Afrique subsaharienne. La triste image d’un État qui a échoué à ses missions les plus élémentaires, notamment dans la prestation des services publics. À Antananarivo, les chiffres parlent d’eux-mêmes et dessinent le portrait accablant d’un pays à l’agonie infrastructurelle. Chaque foyer endure quotidiennement entre quatre et huit heures de coupures électriques. En province, l’obscurité s’étend parfois sur deux à trois journées entières. L’eau courante, ce bien de première nécessité, est devenue un luxe inaccessible. Les Malgaches, résignés, font la queue devant les bornes-fontaines publiques, bidons jaunes à la main, dans une scène qui rappelle les pénuries des temps de guerre. Cette dégradation ne date pas d’hier. Depuis plus d’une décennie, Madagascar s’enfonce dans une spirale de déliquescence des services publics, sans que l’État ne manifeste la moindre volonté politique de faire de ces urgences vitales une priorité absolue. Face à cette inertie coupable, la jeunesse malgache a fini par dire « stop ». Le mouvement citoyen « LEO DELESTAGE » – littéralement « on en a assez du délestage » – incarné par la génération Z, a cristallisé avant-hier jeudi 25 septembre l’exaspération populaire. Des milliers de jeunes ont manifesté pacifiquement, réclamant simplement ce qui devrait être un droit : l’accès à l’eau et à l’électricité. Car derrière ces coupures se cache un drame humain et économique d’une ampleur considérable. Les petites entreprises, privées d’énergie et démunies face au coût prohibitif des générateurs ou panneaux solaires, ferment leurs portes les unes après les autres. Le chômage explose dans un pays déjà classé parmi les plus pauvres au monde. Plus grave encore : dans les hôpitaux publics, combien de vies ont été sacrifiées sur l’autel de ces délestages, faute de respirateurs artificiels, de machines à oxygène ou d’appareils de dialyse fonctionnels ? Curieusement face à ces revendications légitimes, quelle a été la réponse de l’État malgache ? La répression pure et simple. Tirs, gaz lacrymogènes, coups et blessures, arrestations arbitraires contre des manifestants pacifiques et désarmés. Voilà le vrai visage d’un pouvoir qui se proclame démocratique sur la scène internationale. Au Madagascar comme dans de nombreux pays africains subsaheriens, quelque chose de pourri caractérise la mentalité des animateurs des pouvoirs publics. Cette “agonie infrastructurelle” générée par leur mauvaise gouvernance est visible un peu partout en Afrique et exige des réponses, des actes, une politique digne de ce nom. Le mouvement citoyen « Leo Délestage M (On en a marre des délestages) par lequel les jeunes malgaches ont exprimé leur ras-le-bol devrait faire effet boule de neige et devenir plus généralisé à travers le continent noir en vue d’inquiéter ceux qui croient ne plus avoir de compte à rendre à leurs peuples. Germain Nzinga
Marché du travail au Maroc : Casablanca-Settat et le Sud en tête pour l’emploi et le chômage

MARCHE DU TRAVAIL. Selon les chiffres publiés récemment par le Haut-commissariat au plan (HCP), cinq régions abritent 72,3% de l’ensemble des actifs âgés de 15 ans et plus au Maroc. Dans sa note d’information relative à la situation du marché du travail au deuxième trimestre de 2025, la région de Casablanca-Settat se situe en première position avec 22,2% d’actifs, suivie de Rabat-Salé-Kénitra (13,6%), de Marrakech-Safi (13%), de Fès-Meknès (11,8%) et de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (11,7%). Les données recueillies montrent que quatre régions affichent des taux d’activité supérieurs à la moyenne nationale (43,4%): Tanger-Tétouan-Al Hoceima avec 47,9%, le Sud (46,6%), Casablanca-Settat (45,4%) et Marrakech-Safi (43,9%). « En revanche, les taux les plus bas sont enregistrés dans les régions de Béni Mellal-Khénifra (39,7%), de Drâa-Tafilalet (40,1%), de Sous-Massa (40,4%) et de l’Oriental (40,4%), a fait savoir l’institution publique. En ce qui concerne le chômage, il apparait que cinq régions concentrent également 72,3% des chômeurs. Il s’agit de la région de Casablanca-Settat (25,5%), de Fès-Meknès (14,8%), de Rabat-Salé-Kénitra (13,1%), de l’Oriental (10,7%) et de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (8,2%). Il est important de noter qu’au deuxième trimestre les taux de chômage les plus élevés sont observés dans les régions du Sud (25,7%) et de l’Oriental (21,1%), comme le souligne la note du Haut-commissariat. Et de préciser qu’ »avec moins d’acuité, deux régions dépassent la moyenne nationale (12,8%) à savoir Fès-Meknès (16,2%) et Casablanca-Settat (14,7%) ». En revanche, tout indique que les régions de Drâa-Tafilalet, de Marrakech-Safi et de Tanger-Tétouan-Al Hoceima enregistrent les taux les plus bas durant cette même période, respectivement 6,4%, 7,5% et 8,9%, a conclu le HCP. Martin Kam
Maroc: Le chômage reste le point faible majeur de l’exécutif

En dépit d’une timide baisse à 12,8% au deuxième trimestre 2025 Malgré la baisse timide du chômage enregistrée au deuxième trimestre 2025, on est encore loin d’une véritable sortie du tunnel. Et pour cause, entre le deuxième trimestre de 2024 et celui de 2025, le volume global de l’emploi n’a que très peu augmenté tandis que celui des actifs occupés en situation de sous-emploi s’est accru. Cette situation fragilise de plus bel l’exécutif qui peine à répondre à la préoccupation majeure des jeunes. Selon les chiffres publiés par le Haut-Commissariat au plan –HCP), le volume global de l’emploi a augmenté de 5.000 postes, après avoir perdu 82.000 une année auparavant. Une évolution bien modeste. Le volume du chômage a reculé de 38.000 personnes pour s’établir à 1.595.000 personnes au niveau national, contre 1.633.000 un an plus tôt, soit un recul de 2%, a indiqué l’institution publique justifiant cette régression par la baisse de 33.000 chômeurs en milieu rural et de 5.000 en milieu urbain. Le taux de chômage est toujours à deux chiffres L’institution publique en déduit que « le taux de chômage s’a baissé de 0,3 point entre le deuxième trimestre de 2024 et celui de 2025, passant de 13,1% à 12,8%, de 16,7% à 16,4% en milieu urbain (-0,3 point) et de 6,7% à 6,2% en milieu rural (-0,5 point) ». Une analyse approfondie montre qu’il a enregistré une hausse de 2,2 points parmi les femmes, passant de 17,7% à 19,9%, et une baisse de 0,9 point parmi les hommes, passant de 11,7% à 10,8%, a fait savoir le Haut-Commissariat dans une récente note d’information relative à la situation du marché du travail. Les données recueillies par l’institution suggèrent en outre que le taux de chômage a connu une hausse de 0,5 point parmi les personnes âgées de 25 à 34 ans, passant de 21,4% à 21,9%, en revanche, il a baissé parmi les autres catégories d’âge. Toujours selon le HCP, le taux de chômage « a reculé de 0,3 point parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans, passant de 36,1% à 35,8%, et parmi les personnes âgées de 35 à 44 ans, de 7,3% à 7%, et de 0,4 point parmi celles âgées de 45 ans et plus, de 3,7% à 3,3% ». En ce qui concerne le taux de chômage des diplômés, la note annonce qu’il est passé de 19,4% à 19%, enregistrant ainsi une baisse de 0,4 point. Dans sa note, le Haut-Commissariat fait remarquer que « cette baisse est plus prononcée parmi les détenteurs de diplômes en qualification professionnelle (-2,4 points avec un taux de 20,8%) et les détenteurs de diplômes de l’enseignement secondaire qualifiant (-1 point avec un taux de 25,1%) ». L’analyse de la situation régionale du marché du travail révèle par ailleurs que quatre régions affichent des taux d’activité supérieurs à la moyenne nationale (43,4%). D’après l’institution, il s’agit des régions de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (47,9%), du Sud (46,6%), de Casablanca-Settat (45,4%) et de Marrakech-Safi (43,9%). Les chiffres suggèrent, en revanche, que « les taux les plus bas sont enregistrés dans les régions de Béni Mellal-Khénifra (39,7%), de Drâa-Tafilalet (40,1%), de Sous-Massa (40,4%) et de l’Oriental (40,4%) », selon le HCP. Alain Bouithy
Maroc. Entre autres couacs du gouvernement, le chômage continue de gagner du terrain

Le chômage continue de gagner du terrain au Maroc, malgré les politiques mises en place ces dernières années pour améliorer le marché du travail. C’est du moins ce que montrent les données publiées par le Haut-commissariat au plan (HCP) au titre du troisième trimestre de 2024. Selon l’institution publique, désormais dirigée par Chakib Benmoussa, « le nombre de chômeurs a augmenté de 58.000 personnes entre le troisième trimestre de l’année 2023 et celui de 2024, passant de 1.625.000 à 1.683.000 chômeurs, ce qui correspond à une augmentation de 4% ». Dans sa récente note d’information relative à la situation du marché du travail au troisième trimestre, le Haut-commissariat justifie cette hausse par « une augmentation de 42.000 chômeurs en milieu urbain et de 16.000 en milieu rural ». Ainsi, ajoute-t-il, « le taux de chômage s’est légèrement accru au cours de cette période, passant de 13,5% à 13,6%, enregistrant une hausse de 0,4 point en milieu rural (de 7% à 7,4%) et une stagnation à 17% en milieu urbain ». Cette évolution n’est pas pour plaire au gouvernement qui a indiqué récemment disposer d’une stratégie intégrée en matière d’emploi soulignant que celle-ci constitue l’une de ses principales priorités pour le reste de son mandat. Présentant le projet de budget sectoriel de son ministère devant la Commission des secteurs sociaux de la Chambre des représentants, le ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri, a déclaré que le gouvernement a alloué un budget de 14 milliards de dirhams (MMDH) pour la feuille de route visant à promouvoir l’emploi, dont 12 MMDH pour encourager les investissements à forte valeur ajoutée, 1 MMDH pour améliorer l’efficacité des programmes d’emploi en cours et 1 MMDH pour préserver les opportunités d’emploi, particulièrement en milieu rural, comme l’a rapporté la MAP. Rappelons, par ailleurs, que des groupes parlementaires avaient appelé à placer l’emploi et l’investissement en tête des priorités du gouvernement lors d’une réunion tenue, mercredi 30 octobre, constatant sans doute que cela était insuffisant. Entre-temps, on notera qu’il s’agit de la troisième hausse trimestrielle consécutive du taux de chômage, après les hausses enregistrées au premier et deuxième trimestre de l’année en cours. Rappelons à ce propos qu’au deuxième trimestre de 2024, le taux de chômage était passé de 12,4% à 13,1% au niveau national (+0,7 point), de 16,3% à 16,7% en milieu urbain (+0,4 point) et de 5,7% à 6,7% en milieu rural (+1 point). Un trimestre plus tôt, il était passé de 12,9% à 13,7% au niveau national (+0,8 point), de 17,1 % à 17,6% en milieu urbain (+0,5 point) et de 5,7% à 6,8% en milieu rural (+1,1 point). La situation sur le marché du travail reste donc préoccupante d’autant plus que les hausses du taux de chômage continuent d’être enregistrées « parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (+ 1,3 point), passant de 38,2% à 39,5%, parmi les personnes âgées de 45 ans et plus (+0,4 point), de 3,7% à 4,1% et parmi les femmes (+1 point), de 19,8% à 20,8% ». Le moins que l’on puisse dire, c’est que la situation ne semble pas améliorée comparativement aux chiffres enregistrés au cours des deux précédents trimestres. En effet, au terme du deuxième trimestre de 2024, les jeunes étaient déjà lourdement touchés par ce phénomène que les pouvoirs publics ont du mal à enrayer. Les données d’alors montrent que le taux de chômage était déjà « plus élevé parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (36,1%), les diplômés (19,4%) et les femmes (17,7%) ». Un constat également observé au premier trimestre avec un taux de chômage de l’ordre de 35,9% enregistré chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans, tandis qu’il touchait 20,3% des diplômés et 20,1% des femmes. Il est important de noter qu’au troisième trimestre dernier, selon le type de diplôme, à l’exception des titulaires de diplômes de techniciens et de cadres moyens, ayant connu une hausse du taux de chômage de 2,3 points, et de l’enseignement secondaire qualifiant (+0,5 point), les autres catégories des diplômés ont toutefois vu leur taux de chômage baisser. D’après les experts du HCP, la baisse la plus importante a été observée parmi les diplômés de l’enseignement supérieur (-1,6 point). Le taux de chômage est ainsi passé de 26,5% à 24,9%. Alain Bouithy
Maroc. Les jeunes frappés de plein fouet par le chômage

La situation sur le marché du travail s’est fortement dégradée au premier trimestre 2024, selon les chiffres rendus publics par le Haut-commissariat au plan (HCP). En effet, entre le premier trimestre de 2023 et celui de 2024, l’organisme public a observé un accroissement du volume du chômage de 96.000 personnes, 59.000 en milieu urbain et 38.000 en milieu rural. Il s’est établi à 1.645.000 chômeurs contre 1.549.000 enregistrés durant la même période de l’année écoulée, soit une augmentation de 6%. En glissement annuel, le taux de chômage est passé de 12,9% à 13,7%, au premier trimestre 2024 Ainsi, d’après les données recueillies par l’institution chargée de la production, de l’analyse et de la publication des statistiques officielles au Maroc, le taux de chômage est passé de 12,9% à 13,7% au niveau national (+0,8 point), de 17,1% à 17,6% en milieu urbain (+0,5 point) et de 5,7% à 6,8% en milieu rural (+1,1 point). Les chiffres montrent qu’il « s’est accru de 0,8 point entre les premiers trimestres de 2023 et de 2024, passant de 12,9% à 13,7%, de 17,1% à 17,6% en milieu urbain (+0,5 point) et de 5,7% à 6,8% en milieu rural (+1,1 point) », a indiqué le HCP dans sa récente note d’information relative à la situation du marché du travail au premier trimestre de 2024. Sans grande surprise, « ce taux reste plus élevé parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (35,9%), les diplômés (20,3%) et les femmes (20,1%) », a constaté l’organisme indiquant que les données font état, en effet, d’une hausse de 0,6 point parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans, passant de 35,3% à 35,9%, de 1,1 point parmi les personnes âgées de 25 à 34 ans, de 20,9% à 22%, de 0,9 point parmi celles âgées de 35 à 44 ans, de 7,1% à 8%, et de 0,7 point pour les personnes âgées de 45 ans et plus, de 3,8% à 4,5%. La même source fait également état d’une hausse de 2 points parmi les femmes, passant de 18,1% à 20,1% et de 0,5 point parmi les hommes, de 11,5% à 12%. Il ressort par ailleurs des mêmes chiffres que le taux de chômage des diplômés a, de son côté, enregistré une hausse de 0,5 point, passant de 19,8% à 20,3% au titre de la même période. Toujours selon la note d’information du Haut-Commissariat, « cette hausse est plus prononcée parmi les détenteurs de diplômes de qualification ou spécialisation professionnelle (+2,7 points et un taux de 25,4%), et de diplômes de l’enseignement secondaire qualifiant (+1 point et un taux de 23,6%) ». Les chiffres révèlent en outre que le volume des actifs occupés en situation de sous-emploi est passé de 1.075.000 à 1.069.000 personnes au niveau national, de 573.000 à 571.000 personnes en milieu urbain et de 502.000 à 499.000 en milieu rural. Entre le premier trimestre de 2023 et celui de 2024, « le taux de sous-emploi a stagné à 10,3% au niveau national. Il est passé de 12,1% à 12,5% en milieu rural et de 9,1% à 9% en milieu urbain », a par ailleurs fit savoir le HCP. Quant au volume de la population active occupée en situation de sous-emploi en termes de nombre d’heures travaillées, la note indique qu’il est passé de 513.000 à 576.000 personnes au niveau national soulignant que le taux correspondant s’est accru de 4,9% à 5,6%. Enfin, la population active occupée en situation de sous-emploi en termes d’insuffisance du revenu ou d’inadéquation entre formation et emploi exercé s’est établi à 493.000 personnes au niveau national contre 562.000, le taux correspondant étant passé de 5,4% à 4,8%. Selon le HCP, les secteurs ayant connu une baisse du taux de sous-emploi sont les BTP avec 1,4 point (de 20,4% à 19%) et l’industrie y compris l’artisanat avec 0,8 point (de 7,1% à 6,3%). Seuls « l’agriculture, forêt et pêche et les services ont enregistré une hausse, avec respectivement 0,4 point (de 11,7% à 12,1%) et 0,5 point (de 7,8% à 8,3%) », a ajouté l’institution. Alain Bouithy
Maroc. Le chômage au-delà de 13%

Alarmante, inquiétante, mais sans doute pas si surprenante que ça. C’est ainsi que l’on pourrait qualifier la situation du marché du travail au troisième trimestre de 2023. En effet, d’après les dernières données publiées par le Haut-commissariat au plan (HCP), le taux de chômage s’est gravement accru sur un an au troisième trimestre dernier atteignant 13,5% contre 11,4% durant la même période de l’année écoulée. Entre le troisième trimestre de 2022 et celui de 2023, « le taux de chômage est ainsi passé de 11,4% à 13,5% au niveau national, passant de 15% à 17% en milieu urbain et de 5,2% à 7% en milieu rural », a annoncé l’organisme public chargé de la production, de l’analyse et de la publication des statistiques officielles au Maroc. Faut-il revoir de fond en comble les stratégies nationales mises en place pour lutter contre ce phénomène social? Comme depuis des années, « les taux les plus élevés demeurent ceux parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans, enregistrant 38,2%, les femmes, 19,8%, et les diplômés, 19,8% », a précisé l’institution dans sa note d’information relative à la situation du marché de travail au troisième trimestre de l’année 2023. Juste devant les personnes âgées de 25 à 34 ans (+2,5), de 18,4% à 20,9%. La progression quasi-attendue du chômage par bien d’observateurs de l’économie nationale est inquiétante d’autant plus qu’elle s’accélère alors que le gouvernement a fait de la lutte contre ce phénomène son cheval de bataille, multipliant des initiatives qui vont s’avérer au fil des ans sans véritable effet sur l’un des maux récurrents des jeunes Marocains. Une hausse spectaculaire. A 13,5%, le taux de chômage file droit dans le registre des records, mettant au passage à mal les politiques mises en place par le gouvernement (Awrach et Forsa) pour infléchir sa courbe et la litanie des promesses de créations de postes. Afin de mieux apprécier l’évolution de ce phénomène durant l’année en cours, rappelons les principales évolutions enregistrées sur le marché du travail depuis le début de l’année. Selon les chiffres du HCP, le taux de chômage était déjà passé de 11,2% à 12,4% au niveau national au deuxième trimestre, de 15,5% à 16,3% en milieu urbain et de 4,2% à 5,7% en milieu rural. Comme aujourd’hui et avant, il était plus élevé parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (33,6%), les diplômés (19,2%) et les femmes (17%). Au premier trimestre, ce taux avait atteint 12,9% au niveau national au lieu de 12,1% un an auparavant, passant de 16,3% à 17,1% en milieu urbain et de 5,1% à 5,7% en milieu rural. Il était resté très élevé parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (35,3%), les diplômés (19,8%) et les femmes (18,1%). Au troisième trimestre de 2023, le Haut-commissariat fait en outre savoir que « le nombre de chômeurs a augmenté de 248.000 personnes entre le troisième trimestre de l’année 2022 et celui de 2023, passant de 1.378.000 à 1.625.000 chômeurs, ce qui correspond à une augmentation de 18% ». Comme le relève l’institution dans sa note, cette hausse résulte d’une augmentation de 181.000 chômeurs en milieu urbain et de 67.000 en milieu rural. Toujours selon le HCP, « entre le troisième trimestre de 2022 et la même période de 2023, le taux d’activité a diminué, au niveau national, de 44% à 43,2%. Il a baissé de 48,1% à 45,8% en milieu rural et stagné à 41,9% en milieu urbain », ajoutant que les taux d’activité des hommes et des femmes ont reculé de 0,8 point pour s’établir respectivement à 68,7% et 18,4%. Quant au taux d’emploi, les chiffres montrent qu’il a reculé de 39% à 37,4% au niveau national (-1,6 point). Plus accentué parmi les hommes (2,2 points) que parmi les femmes (1,1 point), ce taux a connu une baisse de 2,9 points en milieu rural (de 45,5% à 42,6%) et de 0,9 point en milieu urbain (de 35,7% à 34,8%). Notons que « le volume de l’emploi a baissé de 297.000 postes entre les troisièmes trimestres de 2022 et 2023, suite à une perte de 269.000 postes en milieu rural et 29.000 postes en milieu urbain », selon les explications de l’organisme. Augmentation du sous-emploi. Tout aussi inquiétante, la hausse du volume des actifs occupés en situation de sous-emploi qui a bondi de 94.000 personnes sur un an, passant de 911.000 à 1.005.000 personnes au niveau national, de 488.000 à 523.000 personnes en milieu urbain et de 423.000 à 482.000 en milieu rural. Ainsi qu’en déduit le HCP, « le taux de sous-emploi est passé de 8,5% à 9,6% au niveau national, de 7,5% à 8,1% en milieu urbain et de 9,9% à 12% en milieu rural ». D’après les données recueillies par le Haut-commissariat, le secteur des BTP est le plus touché par le sous emploi. Il a en effet connu une importante hausse du taux de sous-emploi avec +3,1 points (de 15,8% à 18,9%), suivi par le secteur de l »Industrie y compris l’artisanat » avec 2,1 points (de 5,6% à 7,7%). Alain Bouithy
France : 25 000 chefs d’entreprise au chômage en 6 mois
Le premier semestre 2023 marque une percée de la perte d’emploi chez les chefs d’entreprise. 25 296 d’entre eux se sont retrouvés au chômage, selon les chiffres publiés le 28 août par l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs. En progression de 36,6 % sur un an, le chômage des chefs d’entreprise a retrouvé son niveau d’avant crise sanitaire. Une enquête réalisée par l’association GSC et la société Altares pour l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs, tire le 28 août la sonnette d’alarme : le phénomène touche les Très Petites Entreprises mais aussi désormais les plus grandes structures. Tous les secteurs et tous les âges De la restauration à la construction, tous les secteurs de l’économie sont touchés pas la forte hausse des pertes d’emploi. Dans une enquête de l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs, les chiffres publiés témoignent d’une tendance fortement haussière avec une large majorité de pertes d’emploi pour les structures petites et de taille moyenne… En savoir plus sur RT France
Maroc. Le moral des ménages atteint son niveau le plus bas des quinze dernières années

Le moral des ménages continue de se détériorer, a annoncé le Haut-commissariat au plan (HCP), au terme d’une enquête permanente de conjoncture qu’il a menée auprès de ces derniers. D’après les résultats de cette enquête, «le moral des ménages poursuit sa tendance baissière pour atteindre son niveau le plus bas depuis le début de l’enquête en 2008 », a rapporté l’organisme public L’indice de confiance des ménages (ICM) a encore baissé au deuxième trimestre. Il s’est en effet établi «à 45,4 points au lieu de 46,3 points enregistrés le trimestre précédent et 50,1 points le même trimestre de l’année précédente», a-t-il fait remarquer dans un communiqué. Le Haut-commissariat rapporte ainsi que 87,3% des ménages déclarent une dégradation du niveau de vie au cours des 12 derniers mois, 10% un maintien au même niveau et 2,7% une amélioration. Le solde d’opinion correspondant est ainsi resté négatif, a fait remarquer le HCP, constatant qu’il a «atteint son niveau le plus bas avec moins 84,6 points, contre moins 81,5 points au trimestre précédent et moins 73 points au même trimestre de l’année passée». L’inflation, une angoisse permanente pour plusieurs familles S’agissant de l’évolution du niveau de vie au cours des 12 prochains mois, l’enquête révèle que 53,4% des ménages s’attendent à une dégradation, 36,9% à un maintien au même niveau et 9,7% à une amélioration. Dans ces conditions, le solde d’opinion relatif à cet indicateur s’est établi à moins 43,7 points. Il a ainsi enregistré « une dégradation aussi bien par rapport au trimestre précédent que par rapport au même trimestre de l’année précédente où il était à moins 38,8 points et à moins 34,3 points respectivement », a noté l’institution. Préoccupation majeure de nombreux jeunes, l’inquiétude des ménages face à l’évolution future du chômage a également augmenté au deuxième trimestre. En effet, ils sont 85,3% à s’attendre à une hausse du chômage au cours des 12 prochains mois, gardant ainsi le solde d’opinion en zone négative à moins 80,4 points contre moins 81,4 points un trimestre auparavant et moins 81,1 points un an auparavant. L’autre sujet qui suscite une grande préoccupation des ménages: la conjoncture qu’ils perçoivent comme peu favorable à l’achat des biens durables. Pour 78,8 % d’entre eux, le moment n’est pas opportun pour effectuer des achats de biens durables. Du coup, « le solde d’opinion de cet indicateur est resté négatif à moins 68,9 points contre moins 69,8 points un trimestre auparavant et moins 69,1 points un an auparavant», a noté le HCP. S’agissant de leur situation financière, les résultats de l’enquête de conjoncture montrent que 53,4% des ménages estiment que leurs revenus couvrent leurs dépenses, 44% déclarent s’endetter ou puiser dans leur épargne et 2,6% affirment épargner une partie de leur revenu. Sans surprise, le solde d’opinion relatif à cet indicateur «est resté ainsi négatif, à moins 41,4 points contre moins 42 points le trimestre précédent et moins 42,9 points le même trimestre de l’année précédente», a déduit l’organisme public. Quant à l’évolution de leur situation financière au cours des 12 derniers mois, 60,6% contre 3,3% des ménages considèrent qu’elle s’est dégradée. Ainsi, le solde correspondant est resté négatif, à moins 57,3 points contre moins 57,2 points le trimestre précédent et moins 48,7 points une année auparavant. En revanche, 18,5% des ménages confient s’attendre à une amélioration de leur situation financière au cours les 12 prochains mois, 56,9% à un maintien au même niveau et 24,6% à une dégradation. Malgré ce pessimisme, le solde d’opinion est resté négatif avec moins 6,1 points. D’après l’institution, il a enregistré « une dégradation aussi bien par rapport au trimestre précédent que par rapport au même trimestre de l’année précédente où il s’est établi à moins 5,2 points et à moins 0,1 point respectivement». 85,3% des ménages s’attendent à une hausse du chômage au cours des 12 prochains mois Sur d’autres aspects des conditions de vie, l’enquête révèle qu’au deuxième trimestre de 2023, 10,3% contre 89,7% des ménages s’attendent à épargner au cours des 12 prochains mois. En plus d’être resté négatif, le solde d’opinion a atteint son niveau le plus bas avec moins 79,4 points, contre moins 76,1 points au trimestre précédent et moins 77,3 points au même trimestre de l’année passée, a constaté le HCP. Préoccupation majeure pour de nombreuses familles, l’inflation est aussi au cœur de cette enquête. Et selon les données trimestrielles recueillies, «la quasi-totalité des ménages (98,1%) déclarent que les prix des produits alimentaires ont augmenté au cours des 12 derniers mois contre une proportion minime des ménages (0,1 %) qui ressentent leur diminution». La aussi, sans surprise, «le solde d’opinion est resté négatif à moins 98 points, au lieu de moins 98,7 points un trimestre auparavant et moins 99,1 un an auparavant», comme l’a rapporté le Haut-commissariat. En dépit des mesures prises par les autorités pour enrayer l’inflation, le pessimisme demeure, puisque 72,5% des ménages s’attendent à une augmentation des prix des produits alimentaires au cours des 12 prochains mois, 22,7% à un maintien au même niveau et 4,8% seulement à une diminution. Dans ces conditions, le solde d’opinion est resté négatif à moins 67,7 points, au lieu de moins 69,8 points un trimestre auparavant et moins 74,3 un an auparavant. Alain Bouithy