La Banque mondiale investit dans les réformes du marché du travail : élargir les possibilités d’emploi par de meilleures politiques (Maroc)

500 millions de dollars pour accélérer la création d’emplois et la croissance verte Les institutions financières internationales manifestent un intérêt croissant pour la situation du marché du travail au Maroc, une attention soutenue qui reflète sans doute des préoccupations quant à son évolution et à ses performances actuelles. Pour bien des analystes, cet engouement accru peut être interprété comme le signe que des déséquilibres persistent et que les dynamiques de création d’emplois restent en deçà des attentes, rappelant à ce propos que le Fonds monétaire international (FMI) avait appelé à mi-février dernier à davantage de réformes liées au marché du travail. L’institution internationale avait alors estimé que « la création d’emplois durables demeure une priorité pressante, appelant à un climat des affaires plus propice, un secteur privé plus dynamique, et davantage de réformes liées au marché du travail ». Dans ce contexte, elle avait estimé que « l’accélération des réformes des établissements et entreprises publics visant à améliorer leur performance et leur gouvernance est essentielle pour accroître la concurrence et garantir la neutralité du marché entre les entreprises publiques et privées ». Nouvelle illustration de la vigilance des institutions financières : la Banque mondiale a approuvé un financement de 500 millions de dollars en faveur du Royaume visant notamment à soutenir les objectifs d’emploi. A la rescousse d’un marché du travail vraisemblablement pas si bien portant qu’on pourrait le croire, l’institution de Bretton Woods a indiqué que « cet engagement majeur vise à élargir les possibilités d’emploi grâce à de meilleures politiques du marché du travail ». Tout y est dit. Dans un communiqué, l’organisme international souligne que ce financement est le premier d’une série de trois opérations programmées et précise qu’il vise également «la dynamisation du tissu des petites et moyennes entreprises (PME) et des investissements catalytiques dans les énergies propres, l’efficacité énergétique et les industries pharmaceutiques tournées vers l’exportation». Cet appui soutient la Feuille de route pour l’emploi du Maroc dans des domaines où le changement peut véritablement améliorer la vie de la population, précise l’institution expliquant, en ce qui concerne l’emploi, que « l’objectif est de créer davantage de débouchés pour les jeunes et les femmes en développant les programmes d’intervention sur le marché du travail, au bénéfice de plus de 330.000 demandeurs d’emploi d’ici 2029, et en alignant mieux les systèmes d’éducation et de formation professionnelle sur les besoins du secteur privé ». La Banque mondiale affirme également porter son attention sur l’activité féminine assurant que celle-ci sera soutenue par l’ajout de plus de 40.000 places dans l’offre de services de garde d’enfants agréés et par la création de 1.200 emplois directs pour les femmes dans ce secteur. A noter qu’au-delà des réformes du climat d’investissement, cette opération soutient également des mesures visant à améliorer l’environnement des entreprises, avec un accent particulier sur les PME, ces efforts s’inscrivant dans une démarche plus large de promotion d’une économie plus inclusive et résiliente. Par ailleurs, poursuit l’institution, « ce financement apporte un soutien opportun pour lever les obstacles qui ont jusqu’à présent tenu les investisseurs privés à l’écart. Il vient également appuyer l’essor des services d’efficacité énergétique et le développement de la présence de l’industrie pharmaceutique marocaine sur les marchés internationaux, avec pour objectif d’exportation de multiplier par près de sept d’ici 2029 ». De l’avis d’Ahmadou Moustapha Ndiaye, directeur de division à la Banque mondiale pour le Maghreb et Malte, « ces réformes s’attaquent à l’un des obstacles les plus persistants à la création d’emplois au Maroc, à savoir l’émergence trop lente d’entreprises à forte croissance, en améliorant simultanément l’environnement des affaires, en levant les contraintes sectorielles spécifiques et en soutenant l’essor d’entreprises à fort potentiel ». Alain Bouithy
Clôture du Gitex Africa Morocco : Une 4ᵉ édition marquée par une forte mobilisation de l’écosystème Tech africain

Plus de 50.000 participants et 1.450 exposants à Marrakech (FENETRE) Plus de 1450 exposants représentant 130 pays et 400 investisseurs internationaux ont répondu présents à la quatrième édition du GITEX Africa Morocco qui a fermé ses portes le jeudi 9 avril à Marrakech. Inaugurée le mardi 7 avril dernier, en présence de plusieurs autorités locales et nationales, cette édition a drainé plus de 50.000 participants dont de nombreux étudiants et professionnels venus des quatre coins du Royaume pour participer au plus grand événement Tech et startups d’Afrique. Placé cette année sous le thème « Catalyser l’économie numérique africaine à l’ère de l’Intelligence Artificielle », le GITEX Africa Morocco s’adresse aux secteurs à forte croissance en Afrique, au sein de l’ensemble de l’écosystème de la Tech. Ce qui explique la forte présence de nombreux acteurs de renom du secteur, mais aussi des experts dont certains ont partagé leurs expériences lors des différentes conférences ayant ponctué cette édition dont les thématiques couvraient la Cybersécurité, la FinTech, le Cloud computing, les Villes intelligentes (Smart Cities), l’AgriTech et la HealthTech, entre autres. Trois jours durant, les participants et entreprises de toutes les tailles ont saisi cette opportunité pour nouer des alliances et rapprocher leurs expertises, à travers divers contrats, conventions, etc. Parmi les annonces majeurs : la signature d’une convention de partenariat entre l’ADD et le Centre régional d’investissement Marrakech-Safi visant à accompagner la transformation de la région Marrakech-Safi en un pôle d’excellence numérique ; la signature d’une convention-cadre de partenariat entre l’ADD et Concentrix en vue d’accélérer la transformation digitale au Maroc ; la convention de partenariat entre le Groupe Barid Al-Maghrib et l’ADD pour accélérer la transformation digitale. Dans l’objectif d’accélérer la transition numérique, l’ADD et la Korea-Africa Foundation se sont alliées en vue de catalyser précisément l’innovation numérique et la croissance technologique dans leurs régions respectives. Autre partenariat signé lors de cette édition, celui intervenu entre Startup Grow, à travers son initiative Growth Women, et MAIDA et dédié à la digitalisation et à l’internationalisation des coopératives féminines marocaines. Alors que l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF) présentait ses avancées en matière de modernisation du secteur forestier et d’innovation technologique au service de la préservation des ressources naturelles, le géant Huawei exposait sa vision d’une transformation numérique plus intelligente pour l’Afrique. La tenue de cette édition a aussi été une occasion pour l’Union européenne d’annoncer le lancement d’un programme de transformation numérique destiné à la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord). Objectif : harmoniser les règles du numérique, renforcer la cybersécurité et développer les compétences digitales dans la région. Orange Maroc a pour sa part dévoilé plusieurs innovations liées à l’IA générative et souveraine ainsi que des solutions de cyberdéfense, affirmant son rôle d’architecte de la confiance numérique. L’opérateur a également mis en avant un drone alliant IA et 5G pour l’inspection des antennes mobiles. Pour Hendrik Kasteel, Directeur Général d’Orange Maroc, « notre ambition est d’être l’architecte de la confiance numérique au Maroc et en Afrique, en proposant des technologies de rupture qui placent la maîtrise des données et la performance au service des entreprises et des territoires ». A noter que la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et Endeavor ont pour leur part choisi de réunir l’écosystème de la tech, comprenant des startups à fort potentiel, des investisseurs internationaux, des décideurs influents, des business angels et des VC issus de plusieurs marchés stratégiques. Parallèlement, dans la perspective de développer les startups fintech et structurer l’écosystème de l’innovation financière au Maroc, l’institution financière Tamwilcom et le Morocco Fintech Center (MFC) ont signé un mémorandum d’entente. Pendant que Maroc Telecom annonçait renforcer son engagement pour le développement numérique en Afrique ; la Banque Centrale Populaire (BCP) exposait ses dispositifs cybersécurité ; Maroc Telecom et la Commission européenne engageaient un dialogue stratégique sur la souveraineté numérique ; Visa et CIH Bank se liaient pour propulser l’écosystème fintech et lancer le « CIH Visa fintech challenge », PwC Maroc, Oracle et OneCloud unissaient leurs forces pour accélérer l’adoption du cloud souverain et de l’IA responsable au Maroc. Pour rappel, le GITEX Africa Morocco est organisé sous la tutelle du Ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’Administration, par l’Agence de Développement du Digital (ADD) et par KAOUN International, filiale du Dubai World Trade Centre. Marrakech – Alain Bouithy
Claver Gatete : L’Afrique pourrait subir de lourdes conséquences du conflit au Moyen-Orient

Hausse des prix de l’énergie, resserrement des conditions financières et perturbation des voies commerciales La hausse des prix de l’énergie, le resserrement des conditions financières et la perturbation des voies commerciales affecteront rapidement nos économies, a prévenu le secrétaire général adjoint de l’ONU et secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), Claver Gatete. «Le conflit qui s’intensifie au Moyen-Orient a déjà des répercussions sur les marchés de l’énergie et les flux commerciaux, avec des conséquences qui pourraient s’avérer encore plus lourdes», a-t-il déclaré à l’ouverture des travaux de la 58ème session de la Conférence des ministres africains des Finances, de la Planification et du Développement économique (COM 2026) tenue récemment à Tanger. Le secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique appelle à accélérer la transformation économique du continent «Pour l’Afrique, il ne s’agit pas d’un phénomène lointain. C’est une question de survie économique», a-t-il insisté dans une allocution prononcée à cette occasion. Bien que la réunion se tienne à un moment où l’incertitude mondiale est à son comble, Claver Gatete a toutefois indiqué que «de nouvelles possibilités commencent à se dessiner au milieu de ces bouleversements». En effet, «alors que les routes commerciales traditionnelles traversant la mer Rouge et le détroit d’Ormuz sont de plus en plus encombrées, l’Afrique se positionne rapidement comme un corridor logistique mondial, le port de Lamu au Kenya ainsi que ceux de Durban et de Maputo enregistrant des pics de trafic sans précédent», a-t-il fait remarquer. De plus, la compagnie Ethiopian Airlines est en train de devenir un pont aérien essentiel entre l’Asie et l’Europe, et le Nigeria a engrangé des recettes pétrolières exceptionnelles. Au cours de son intervention, le secrétaire exécutif de la CEA a par ailleurs relevé les perspectives de croissance encourageantes de l’Afrique dont les prévisions avoisineraient les 4% en 2026. Cependant, «une croissance sans transformation est une croissance sans élan», a-t-il estimé rappelant à ce propos que «trop souvent, cela n’a pas permis d’apporter les changements structurels, les gains de productivité ou les créations d’emplois à grande échelle dont notre population a besoin. Trop souvent, nos économies se sont développées sans modifier en profondeur ce qu’elles produisent, la manière dont elles se font concurrence ou l’endroit où la valeur est créée ». Sur la transformation, qui n’est pas simplement technologique mais aussi une question macroéconomique, Claver Gatete s’est interrogé: «Nos choix budgétaires, nos stratégies en matière d’endettement et nos priorités d’investissement sont-ils en phase avec la transformation à long terme?» De son point de vue, « dans bon nombre de nos pays, l’étroitesse de la marge de manœuvre budgétaire, l’augmentation des charges liées au service de la dette et le coût élevé de l’emprunt freinent les investissements. Il est donc essentiel non seulement d’accroître les investissements, mais aussi d’en améliorer la qualité en ciblant les secteurs qui favorisent la productivité, la diversification et la résilience, a-t-il exhorté. En conséquence, la politique macroéconomique doit aller au-delà de la stabilisation à court terme pour soutenir activement la transformation et faire en sorte que les investissements publics, les stratégies de financement et la gestion de la dette soient alignés sur les résultats en matière de développement, a poursuivi Claver Gatete insistant sur la nécessité d’aborder l’innovation «dans le cadre d’une politique globale et intégrée qui relie le financement, la technologie et les changements structurels». De son point de vue, «la question essentielle n’est pas l’accès à la technologie en soi; c’est plutôt sa diffusion effective dans les secteurs productifs. Placée sous le thème «La croissance par l’innovation: exploiter les données et les technologies de pointe au service de la transformation économique de l’Afrique», la 58e session de la Conférence des ministres africains des Finances, de la Planification et du Développement économique s’est déroulée du 28 mars au 3 avril dans la capitale du Détroit. Alain Bouithy
La résolution onusienne 2797 sur la question du Sahara marocain reflète l’engagement de la communauté internationale en faveur de solutions pacifiques,réalistes et pragmatiques aux différends régionaux

L’adoption d’une déclaration finale clôt les travaux du 2ème Congrès international du Réseau MENA-Latina Les travaux du deuxième Congrès international du Réseau MENA-Latina se sont achevés jeudi 2 avril à Tanger, par l’adoption d’une déclaration finale réitérant son ferme engagement en faveur de la démocratie, la paix et la justice et appelant «à la promotion de solutions politiques pacifiques aux conflits». Dans sa déclaration finale, le Réseau salue la résolution 2797 (2025) du Conseil de sécurité de l’ONU sur la question du Sahara marocain, estimant qu’elle reflète «l’engagement de la communauté internationale en faveur de solutions pacifiques, réalistes et pragmatiques aux différends régionaux». A cet égard, il «considère l’Initiative d’autonomie comme une solution sérieuse, crédible et réaliste à ce conflit, dans le cadre du respect de la souveraineté nationale et de la stabilité régionale, conformément aux principes des Nations Unies ». Le texte, lu par la Colombienne Maria Christina, cofondatrice du Réseau, réaffirme en outre son soutien indéfectible à la cause palestinienne et condamne fermement toute législation ou politique ciblant les droits des prisonniers, en particulier les projets de loi concernant l’exécution des prisonniers, expliquant qu’« ils constituent une violation grave du droit international humanitaire ». Le communiqué appelle également à l’arrêt immédiat de toutes les activités de colonisation, condamne les attaques contre les villages et villes palestiniens et alerte sur la situation humanitaire catastrophique à Gaza. Condamnant l’agression contre le Liban, les congressistes rejettent «tout plan visant à annexer des territoires libanais ou à saper sa souveraineté et son intégrité territoriale ». Le document adopté apporte aussi son appui aux processus démocratiques dans les pays d’Amérique latine et rejette « fermement toutes les formes de violence politique et les tentatives de prise de pouvoir par des moyens armés ou anticonstitutionnels ». Il condamne, par ailleurs, les coups d’Etat militaires en Afrique et l’escalade de la violence dans plusieurs pays africains. Le Réseau MENA-Latina considère «ces pratiques comme sapant les fondements démocratiques et entravant le développement et la stabilité» et appelle à un retour rapide aux processus démocratiques, au respect de la volonté populaire et à la promotion du dialogue pacifique comme seule voie viable pour surmonter les crises. Dans sa déclaration, le Réseau juge préoccupante la situation en Turquie et la défense de l’Etat de droit. Il s’inquiète «des pressions politiques sur les processus judiciaires ». Dans ce contexte, souligne-t-il, le Réseau MENA-Latina réaffirme son engagement à défendre l’Etat de droit conformément aux valeurs social-démocrates. Les forces progressistes expriment également leur «pleine solidarité avec Ekrem İmamoğlu et les autres maires, qui jouent un rôle crucial dans le renforcement de la démocratie et de la gouvernance locale en Turquie». Elles rejettent toute ingérence visant les élus ou sapant leur légitimité précisant que cette position reflète l’engagement du Réseau envers l’universalité des valeurs démocratiques et sa solidarité avec toutes les forces démocratiques en Turquie. Il est à souligner que, dans le cadre du processus de structuration en cours du Réseau MENA-Latina et en application des décisions adoptées lors des précédentes réunions tenues en Colombie et au Maroc, les congressistes ont procédé à l’expansion du Réseau par une représentation régionale équilibrée. Ils ont ainsi adopté une structure organisationnelle composée de : Hend Mgaieth (présidente du Réseau), Jesus Tapia (vice-président), Ayoub Elhachmi (secrétaire général), Mohamed Jenhani (coordinateur exécutif) ainsi que des coordinateurs régionaux Luis Páez (Amérique latine), Melis Asya (Méditerranée et Caucase), Omar Awad (Moyen-Orient) et Ali Abderrahmane (Afrique). Précisons que la représentation institutionnelle des jeunes est assurée par El Hassan Lachguar (coordinateur des jeunes parlementaires) et Salek Moussaoui (coordinateur des jeunes conseillers) qui siègent en tant que membres de droit. Les participants ont conclu leurs travaux en insistant sur l’importance de «renforcer la coopération entre les forces progressistes du monde entier et d’intensifier les efforts conjoints pour défendre la démocratie et les droits de l’Homme, tout en relevant les défis communs grâce à la solidarité internationale ». Ils ont également appelé à renforcer la participation des jeunes à la vie politique et à consolider les mécanismes d’action conjointe en faveur de la liberté, de la justice sociale et du développement. Enfin, le Front de lutte populaire palestinien a été admis en tant que membre à part entière du Réseau MENA-Latina. Organisé à l’initiative du parti de l’Union socialiste des forces populaires, le Congrès a réuni des responsables et représentants d’une quarantaine d’organisations issues d’Afrique du Nord, du Moyen-Orient, d’Amérique latine et du bassin méditerranéen. Deux jours durant, les forces progressistes internationales ont échangé autour des préoccupations du monde d’aujourd’hui, abordant notamment les transformations géopolitiques actuelles et l’impact des guerres et des conflits sur la stabilité politique et économique, les implications de la migration et la montée des réseaux transnationaux de crime organisé. Figuraient également au menu des échanges, les défis des politiques commerciales internationales dans un contexte de tensions mondiales ainsi que la question de la paix fragile en Afrique et en Amérique du Sud et les moyens de la soutenir et de la renforcer. Tanger – Alain Bouithy El Hassan Lachguar : Coordinateur du Forum international des jeunes parlementaires socialistes Nous sommes très satisfaits du déroulement et des conclusions La tenue de ces assises a principalement permis de restructurer l’organisation du Réseau MENA-Latina avec une équipe qui sera en charge pour la période à venir. Nous sommes très satisfaits des résolutions adoptées à l’issue de ce congrès, en particulier celles auxquelles nous attachons une grande importance au sein du Réseau. Parmi ces résolutions, il y a le soutien à la résolution du Conseil de sécurité concernant le Sahara marocain, rappelant ainsi la légitimité de la position marocaine, comme c’est souvent le cas dans nos congrès. Une autre résolution concerne le soutien à nos camarades du CHP turc, face aux difficultés qu’ils rencontrent aujourd’hui en Turquie, notamment les arrestations de plusieurs de leurs maires. Nous avons également réaffirmé notre engagement envers la cause palestinienne, dénonçant les agressions commises en Cisjordanie, à Gaza et, récemment, au Liban. Ces assises ont été aussi l’occasion de rappeler les valeurs que nous partageons. On peut
Ayoub El Hachmi : Pour le Maroc, en tant qu’acteur influent en Afrique, il est essentiel de consolider les liens avec les pays du Sud

INTERVIEWS. A l’occasion de la tenue du 2ème Congrès international du Réseau Mena-Latina, qui a pris fin hier à Tanger, « Pagesafrik/Libé » s’est entretenu avec Ayoub El Hachmi, coordinateur exécutif du Réseau Mena-Latina. Ce Congrès, organisé à l’initiative de l’USFP en partenariat avec le Réseau Mena-Latina, a connu la participation de représentants d’organisations internationales et de personnalités politiques des quatre coins du monde. Pagesarfrik/Libe: L’USFP a accueilli le deuxième Congrès du Réseau MENA-Latina à Tanger. Quelle importance stratégique revêt cet événement pour le parti ? Ayoub El Hachmi : Comme vous le savez, il y avait toujours des difficultés pour établir une relation directe avec les acteurs de la région d’Amérique latine. Nous n’avions jamais eu, si vous voulez, un contact direct avec les organisations ou les jeunes partis politiques de cette région. Nous devions toujours passer par l’intermédiation des Européens. Au sein de l’Internationale socialiste, nous avons donc pensé à créer un réseau capable de rassembler les jeunesses de la région MENA et d’Amérique latine. Quel intérêt cela représente pour le Maroc ? Et qu’est-ce que cela apporte à l’USFP ? Pour le Maroc, c’est clair : notre pays cherche de plus en plus à trouver sa place au sein du continent américain. C’est important, non seulement pour notre Cause nationale, mais aussi parce que cette zone a toujours été, si vous voulez, un terrain influencé par nos opposants. Il était donc essentiel d’établir des relations directes et d’expliquer notre vision et nos solutions concernant le conflit du Sahara marocain. Pour un parti socialiste, c’est aussi stratégique : les partis socialistes ont une forte influence en Amérique latine. Nous voulions donc créer des liens directs avec des responsables gouvernementaux et parlementaires pour transmettre nos messages et nos idées, tant au sein des partis qu’au sein des institutions. Ce congrès réunit des organisations progressistes d’Afrique, d’Europe, du Moyen-Orient et d’Amérique latine. Que peut apporter ce dialogue entre les différentes régions du monde ? C’est une coopération Sud-Sud, ce qui est très important. Jusqu’ici, nous avions surtout des relations avec le Nord. Mais pour le Maroc, en tant qu’acteur influent en Afrique, il est essentiel de consolider les liens avec les pays du Sud. Nous essayons donc de collaborer avec des organisations et des partis politiques confrontés aux mêmes enjeux que nous : immigration, trafic de personnes, problématiques de la jeunesse… Travailler ensemble nous permet de trouver des solutions communes et de faire entendre nos voix auprès du Nord. Les débats ont concerné notamment les conflits, les migrations et la jeunesse. Quel message souhaitez-vous faire passer à travers ces discussions ? Le message principal est d’élaborer des positions communes. Il s’agit de rapprocher nos points de vue pour faire passer nos messages via ces jeunes décideurs au sein de leurs partis et institutions, et plaider pour les causes qui nous rassemblent. Ce congrès marque aussi une nouvelle étape pour le Réseau MENA-Latina avec l’élection d’une nouvelle direction. Quelles sont vos attentes ? Au Maroc, nous occupions le poste de coordinateur exécutif du réseau. Nous sommes maintenant candidats au poste de secrétaire général du Réseau MENA-Latina et nous espérons bien l’obtenir. Plus largement, quel message adressez-vous à toutes les forces progressistes internationales à travers cette rencontre ? Il faut faire du networking, c’est essentiel. Nous ne pouvons pas relever tous les défis mondiaux sans coopération. Il est donc crucial de consolider nos forces et de travailler ensemble pour affronter les enjeux auxquels chaque région est confrontée. Propos recueillis par Alain Bouithy
Tanger. Les jeunes congressistes débattent des défis migratoires, économiques et politiques

Au deuxième jour du Congrès du Réseau MENA-Latina CONGRES. Les forces progressistes du Réseau «MENA-Latina» ont poursuivi leurs échanges, jeudi 2 avril, à Tanger dans une ambiance aussi studieuse que professionnelle. « Immigration et criminalité organisée » et « Tarifs et politique commerciale internationale » étaient au menu de la deuxième et dernière journée du Congrès dont la séance d’ouverture a été présidée, la veille, par le Premier secrétaire de l’USFP, Driss Lachguar, entouré des principaux responsables mondiaux de ce mouvement. Des thématiques qui n’ont pas laissé indifférents les congressistes, composés essentiellement de jeunes dont le Premier secrétaire a salué la veille l’enthousiasme et la volonté d’avancer, en soulignant qu’« à l’heure où la montée des populismes et de l’extrême droite s’accentue, où le sens de la liberté et de la justice est dévoyé, vous avez décidé de construire ce pont politique et humain entre le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et l’Amérique latine ». Saisissant cette occasion, Driss Lachguar a rappelé une vérité tenace : « Nos jeunesses partagent les mêmes maux: le chômage, les migrations forcées ou non sécurisées, la défiance envers l’action politique et l’aggravation des inégalités sociales ». Avant de délivrer un message sans ambiguïté : « Mais c’est depuis le cœur de Tanger que nous affirmons aujourd’hui que nous ne partageons pas seulement les souffrances, mais aussi la volonté, les solutions et l’espoir. » Selon le programme concocté, cette journée prévoyait également des discussions sur la «Ratification des règlements internes et élections des coordinateurs pour le réseau MENA-Latina». Pour rappel, la première journée de cet important rendez-vous a été ponctuée par des échanges et discussions autour de deux thèmes : « La guerre au Moyen-Orient et ses répercussions politiques et économiques », « Afrique et Amérique du Sud : Conflits armés et paix fragile ». Deux thématiques qui ont donné lieu à un échange riche entre les panelistes et les congressistes. A noter que le deuxième Congrès du Réseau MENA-Latina a réuni plusieurs responsables et représentants d’organisations issues d’Afrique, du Moyen-Orient, du Bassin méditerranéen et d’Amérique latine. Tanger. Alain Bouithy
Joao Martins Pereira : Construire une vision commune et un avenir partagé pour les jeunes à travers le monde

INTERVIEWS. A l’occasion de la tenue du 2ème Congrès international du Réseau Mena-Latina, qui a pris fin hier à Tanger (Maroc), « Pagesafrik.com/Libé » s’est entretenu avec Joao Martins Pereira, président des jeunes socialistes européens. Ce Congrès, organisé à l’initiative de l’USFP en partenariat avec le Réseau Mena-Latina, a connu la participation de représentants d’organisations internationales et de personnalités politiques des quatre coins du monde. Pagesafrik.com/Libe : Vous avez participé au deuxième congrès du Réseau MENA-Latina organisé ici à Tanger. Qu’est-ce qui a motivé votre présence à cet événement ? Joao Martins Pereira : En tant que président des Jeunes socialistes européens, il est important pour nous d’être présents dans ce type de rencontre et de réseaux qui permettent de mettre en contact et en perspective un certain nombre de combats entre plusieurs régions du monde. Et donc, en tant que Jeunes socialistes européens, nous souhaitons accompagner ce mouvement, apporter notre point de vue, mais surtout nous inspirer des échanges et des discussions entre les composantes d’Amérique latine et de la région MENA. Nous entretenons déjà de nombreux liens entre l’Europe et ces régions, et il est essentiel pour nous de nourrir ces relations et contacts. Ce congrès a rassemblé des organisations venues d’Afrique, du Moyen-Orient, d’Europe et d’Amérique latine. Selon vous, que peut apporter cette convergence politique à l’échelle internationale ? Pour nous, c’est quelque chose de majeur. Nous sommes socialistes et sociaux-démocrates et l’internationalisme fait partie intégrante de notre ADN. Il est donc essentiel de développer ce type de relations, de réseaux et de moments de rencontre. Ces espaces permettent de travailler ensemble afin de trouver des solutions communes aux problèmes internationaux. Ils permettent également à la famille socialiste mondiale d’élaborer des réponses partagées face aux grands enjeux de notre époque, notamment face à une extrême droite qui, elle aussi, s’internationalise et dispose de moyens importants. Il est donc vital pour nous de renforcer ces connexions afin de pouvoir, au final, améliorer concrètement la vie des populations et apporter des réponses rapides et efficaces aux défis auxquels elles sont confrontées partout dans le monde. Les conflits armés et les voies de la paix figuraient parmi les thèmes au cœur des discussions de ce congrès. Quel rôle les forces progressistes peuvent-elles jouer dans un monde marqué par les tensions géopolitiques ? Notre force réside justement dans cette dimension internationaliste dans notre combat. Nous ne sommes pas dans une logique d’opposition entre « eux » et « nous ». Lorsqu’il y a des conflits, nous savons qu’il existe des relais démocratiques et progressistes sur les terrains et territoires concernés. C’est une force que d’autres mouvements politiques n’ont peut-être pas à l’échelle mondiale. Cette capacité de dialogue et de coopération constitue un atout important de notre famille politique Notre rôle consiste à favoriser les rencontres entre ces forces progressistes au niveau national afin de prévenir les conflits, mais aussi d’apporter des réponses lorsqu’ils existent déjà. Nous devons incarner une alternative face à ceux qui promeuvent la guerre, les tensions et les logiques nationalistes. La question des migrations était également au cœur des débats. Quelles solutions solidaires et réalistes peuvent émerger de cette discussion entre les différentes régions ? La perspective européenne est particulièrement toute importante dans ce débat, car la question migratoire occupe aujourd’hui une place centrale dans le débat public en Europe. Cependant, il ne faut pas oublier que cette problématique concerne d’abord les pays d’origine, notamment en Afrique et en Amérique latine. Ce sont des personnes qui quittent leur territoire et leurs racines dans l’espoir de trouver une meilleure vie ailleurs. Je pense que la véritable réponse consiste à créer les conditions permettant à chacun de vivre dignement dans son pays, en sécurité et avec des perspectives d’avenir. Cela suppose une véritable solidarité internationale. Malheureusement, aujourd’hui, les financements destinés à cette solidarité sont fragilisés, aussi bien du côté des pays du Nord que des institutions internationales. Il est donc nécessaire de réactiver ces mécanismes de financement, dans la transparence, afin de montrer à quoi ils servent, de soutenir le développement et d’éviter que des personnes soient contraintes de quitter leur pays, parfois au risque de tomber dans des réseaux de trafic ou de vivre des situations dramatiques. Notre rôle consiste à créer des conditions de vie meilleures dans les pays partenaires d’Afrique et d’Amérique latine dans l’intérêt de l’Europe. Cela permet de construire des relations économiques, culturelles et humaines équilibrées, tout en évitant la fuite des cerveaux et le départ massif de la jeunesse. La jeunesse et les mutations du monde constituent un autre axe de réflexion. Comment les mouvements progressistes peuvent-ils mieux mobiliser les jeunes aujourd’hui ? A votre niveau, par exemple, avez-vous engagé des réflexions dans ce sens ? Oui, bien sûr. Les Jeunes socialistes européens sont une organisation dite «parapluie» qui regroupe des organisations nationales de jeunesse. Notre rôle consiste justement à favoriser les rencontres, les échanges et les débats afin de construire une dynamique commune. L’objectif est que les combats internationalistes soient portés simultanément en Europe, en Afrique, en Amérique latine et ailleurs dans le monde, avec un discours et une ambition partagés. Bien sûr, nous devons apporter des solutions aux problèmes hérités des générations précédentes, mais la jeunesse doit surtout construire son propre avenir, avec les jeunes du monde entier. Elle a cette force particulière : celle de regarder vers l’avenir. Propos recueillis par Alain Bouithy
La ville du Détroit à l’heure du MENA-Latina : L’USFP réunit les forces progressistes à Tanger

Les travaux du deuxième Congrès international du Réseau MENA-Latina ont été lancés mercredi 1er avril dans la ville de Tanger, en présence de nombreux invités venus d’Afrique, d’Europe et d’Amérique latine. La séance d’ouverture de ce congrès a été présidée par le Premier secrétaire de l’USFP, Driss Lachguar, aux côtés de plusieurs responsables d’organisations socialistes internationales, notamment la présidente de l’Union internationale de la jeunesse socialiste, la coordinatrice générale du Réseau MENA-Latina, la secrétaire générale des Jeunes socialistes européens ainsi que la coordinatrice générale des Femmes socialistes européennes. « Si le premier Congrès avait posé la pierre angulaire de ce projet ambitieux, le retour du Réseau à Tanger en 2026 marque son entrée dans une phase de maturité, d’enracinement et d’influence », a déclaré le Premier secrétaire de l’Union socialiste des forces populaires, Driss Lachguar. Les conflits armés et les voies de la paix, les flux migratoires et la solidarité internationale, la jeunesse face aux mutations du monde ainsi que la criminalité internationale dans un contexte de bouleversements politiques et économiques profonds alimenteront les discussions prévues dans le cadre de cette rencontre qui accueille une quarantaine de participants. Créé à l’initiative des jeunes de l’USFP, d’Ettakatol en Tunisie aux côtés d’autres des pays d’Amérique latine, le Réseau MENA-Latina, comme l’a rappelé El Hassan Lachguar, coordinateur du Forum international des jeunes parlementaires socialistes, «joue un rôle important dans le rapprochement des jeunes sur des thématiques qui nous tiennent tous à cœur et dont certaines seront abordées lors de ce congrès». Alain Bouithy Renforcer les espaces de dialogueet de travail commun des jeunes Il est essentiel de renforcer les espaces de dialogue, de coordination et de travail commun des jeunes. Dans ce cadre, je tiens à saluer l’une des initiatives issues de la dynamique du Réseau MENA-Latina: le Forum international des jeunes parlementaires sociaux-démocrates. Depuis 2021, ce forum s’attache à transformer l’esprit militant commun en force de proposition, de plaidoyer et d’influence législative concrète, traduisant la conviction fondamentale que la rue et l’hémicycle ne sont pas des espaces séparés, mais la continuité d’un même combat pour le changement. Driss LachguarPremier secrétaire de l’USFP Rapprocher les jeunes sur des sujetsqui nous tiennent tous à coeur MENA-Latina est le premier réseau qui a permis de créer un lien entre les jeunes des différents partis socialistes de l’Amérique latine et ceux de la région Maghreb et nord-africaine. Partenaire du Forum international des jeunes parlementaires socialistes, il joue un rôle important dans le rapprochement des jeunes sur des sujets qui nous tiennent tous à cœur dont certains seront abordés lors de ce congrès qui sera aussi et surtout l’occasion de le restructurer pour s’assurer de l’implication des nouveaux leaders des différents partis en son sein. El Hassan LachguarCoordinateur du Forum inter nationaldes jeunes parlementaires socialistes Partager nos bonnes pratiques La région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, notamment sa capitale, Tanger, a beaucoup d’expériences dans l’organisation de rencontres internationales, surtout celles liées aux mouvements progressistes et démocrates. La rencontre du Réseau MENA-Latina à Tanger n’est d’ailleurs pas une première ; c’est presque une tradition. Nous sommes convaincus que sans coopération et coordination entre les mouvements et partis socialistes, et sociaux-démocrates, il est impossible de répondre aux besoins et aux attentes des populations. Accueillir un événement comme celui-ci nous permet de partager nos bonnes pratiques. Cela nous donne la force d’aller plus loin et de relever les défis. Mohamed AssoualiMembre du Bureau politique/Secrétaire provincial de l’USFP à Tétouan Elaborer des positions communes Le message principal est d’élaborer des positions communes. Il s’agit de rapprocher nos points de vue – la jeunesse socialiste du Maroc et les jeunes socialistes des autres pays d’Amérique du Sud, d’Afrique ou du Moyen-Orient – pour faire passer nos messages via ces jeunes décideurs au sein de leurs partis et institutions, et plaider pour les causes qui nous rassemblent. Ayoub El HachmiCoordinateur exécutif du Réseau MENA-Latina Recueillis par Alain.B