Malgré le conflit au Moyen-Orient : le commerce mondial plus résilient que prévu au premier trimestre 2026

Le commerce mondial des marchandises a fait preuve de résilience au premier trimestre 2026, malgré le conflit au Moyen-Orient, souligne l’Organisation mondiale du commerce (OMC) dans un nouveau rapport faisant état d’une croissance bien au-dessus des attentes de cette période. La progression des échanges mondiaux a été portée par la forte augmentation des échanges de composants électroniques liés à l’intelligence artificielle (IA) qui a compensé l’impact négatif du conflit déclenché au cours du dernier mois du trimestre.

«Le rythme de la croissance en glissement annuel au premier trimestre 2026 a été particulièrement impressionnant, si l’on considère que les échanges du premier trimestre 2025 avaient été dopés par une anticipation des importations en Amérique du Nord en prévision de hausses de droits de douane attendues», a estimé l’organisation dans son rapport.

Les données conjointes de l’OMC et de la CNUCED (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement) montrent que « le volume du commerce mondial de marchandises, corrigé des variations saisonnières, a progressé de 1,9% au premier trimestre par rapport au trimestre précédent et de 3,2% par rapport au même trimestre de l’année précédente », indique l’institution précisant qu’en valeur, il a augmenté de 2% d’un trimestre à l’autre et de 11% en glissement annuel au cours du premier trimestre.

L’organisation estime toutefois que l’ampleur réelle des perturbations des échanges dans le détroit d’Ormuz devrait se refléter plus pleinement dans les statistiques du commerce mondial du deuxième trimestre.

Entre-temps, l’OMC constate que «le dynamisme des échanges de composants électroniques liés à l’IA a compensé les effets négatifs du déclenchement du conflit au Moyen-Orient, notamment les perturbations des expéditions de marchandises via le détroit d’Ormuz et le ralentissement de la croissance du PIB dans les pays importateurs nets de combustibles, dû à la hausse des prix de l’énergie».

D’après les données recueillies, les échanges en Asie ont été marqués par un fort dynamisme au cours de cette période, les exportations et les importations de la région, corrigées des variations saisonnières, ayant progressé respectivement de 12,9% et de 14,6% par rapport au premier trimestre 2025. Ce dynamisme s’explique en partie par des hausses trimestrielles très marquées des exportations (5,5%) comme des importations (7,2%).

En revanche, le conflit a lourdement pesé sur les flux de commerce de marchandises du Moyen-Orient où les volumes d’exportation et d’importation de la région, corrigés des variations saisonnières, ont reculé respectivement de 9,7% et de 11,9% en glissement annuel.

En Amérique du Nord, les exportations du premier trimestre ont augmenté de 7,0% en glissement annuel, tandis que les importations ont reculé de 10,7% par rapport au premier trimestre 2025.

L’OMC souligne également le  recul de 2,6% en glissement annuel du volume des exportations européennes.

Rappelons que les dernières prévisions commerciales de l’OMC tablaient sur une croissance de 1,9% du volume du commerce mondial de marchandises en 2026.

Dans son rapport «Global Trade Outlook and Statistics » (GTOS),  publié en mars dernier, l’organisation estimait que le conflit au Moyen-Orient pourrait amputer la croissance du commerce mondial de 0,5 point de pourcentage dans un scénario de prix élevés de l’énergie, mais que la poursuite des investissements massifs liés à l’IA pourrait, à l’inverse, ajouter 0,5 point de pourcentage à cette croissance.

Pour l’OMC, l’évolution du commerce mondial des marchandises dépendra désormais de la prédominance de l’essor de l’IA et des effets du conflit au Moyen-Orient.

Alain Bouithy

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