Maroc/« Koutoub 2025 ». El Jadida capitale de la littérature

Maroc/« Koutoub 2025 ». El Jadida capitale de la littérature

LIVRES. «Koutoub » est le rendez-vous de tous les acteurs du livre: auteurs, illustrateurs, éditeurs, diffuseurs, conférenciers, penseurs, libraires, critiques, bibliothécaires, lecteurs. Et des arts aussi : plasticiens, musiciens… Prévu du 16 au 18 octobre 2025 à l’ORMVAD d’El Jadida, l’événement  vise à célébrer la richesse de la création littéraire actuelle, locale et internationale, sous toutes ses expressions.  Cette importante manifestation, orchestrée par l’Association des Amis d’Ibn Zaidoun et le Laboratoire de Traduction, Communication et Littérature (TCL) de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université Chouaïb Doukkali à El Jadida, a concocté un programme abondant, diversifié mais soigneusement orienté pour plaire à tous les intérêts : des rencontres littéraires, des débats, une exposition artistique, des ateliers d’écriture, ainsi que des hommages rendus à d’importantes personnalités de la littérature et des arts… À cette célébration de la littérature et de l’art, on attendra la présence de nombreux auteurs, poètes, narrateurs, éditeurs, libraires, conférenciers et critiques littéraires, du Maroc et d’ailleurs, sans oublier les musiciens et artistes.  Pendant trois jours, « Koutoub » aspire à être un lieu d’interactions et de dialogues entre les différents intervenants dans le domaine du livre et de l’édition. « Au cœur d’El Jadida, cité millénaire bercée par les souffles de l’Atlantique et les murmures des siècles, naît Koutoub qui est une célébration de la puissance des mots, un carrefour où les langues, les cultures et les imaginaires convergent. Plus que des rencontres, Koutoub est une expérience sensorielle et intellectuelle et un hommage vibrant à l’écriture sous toutes ses formes. Ici, le patrimoine littéraire renaît, les créations se rencontrent et les voix de demain s’inventent.», précisent les organisateurs dans un communiqué de presse. Cet événement vise non seulement à rendre hommage au livre et à l’art dans toute leur beauté, mais aussi à maintenir l’héritage littéraire d’une ville aux racines profondes. Il a pour objectif de rassembler des auteurs et artistes marocains et du monde entier en ce lieu singulier où l’océan fusionne avec différentes cultures et formes d’art.  Il s’agira, selon les organisateurs, d’un laboratoire des futurs possibles, une nouvelle génération de conteurs, d’écrivains, de poètes et de penseurs. Ainsi, avec des auteurs venus du monde entier et des animations jeunesse et tout public (conférences, lectures, spectacles, rencontres…),  Koutoub, pendant trois jours, promet plusieurs activités dédiés aux livres, à la lecture et aux débats.  Mais ce n’est pas tout. En parallèle de cet événement, les amateurs d’art contemporain marocain auront la chance de voir et d’apprécier les créations récentes des artistes Abdelkarim Elazhar et El Mostafa Akil, au Complexe culturel de l’OCP d’El Jadida. Ajouter à cela, un des points saillants de cet événement sera la tribute dédiée à l’auteur, poète et journaliste Said Mountassib, lauréat du Prix de la Nouvelle 2024. Il faut dire que «Koutoub» aspire à être un point de rencontre d’échanges passionnants, où des voix diverses se regroupent pour honorer l’abondance du patrimoine littéraire et artistique. Les participants auront donc la chance de s’enrichir les uns les autres, de profiter des influences réciproques et de redécouvrir la force des mots. Le tout porté très haut par la peinture et la musique. «Nous proposons une immersion totale de l’intime solidarité d’auteur à auteur, pacte invisible où chacun devient le promoteur de l’autre, à la transmission exigeante lors d’ateliers dirigés par des maîtres, des livres mis en mouvement et qui dialoguant avec la peinture et la musique, aux conférences hommages qui lient mémoire et modernité», poursuit-on dans le communiqué de presse. Grâce à cette collaboration entre auteurs, artistes et chercheurs, le cœur sensible de cette manifestation est de mettre en place un échange dynamique et éternel qui préserve la culture sous ses diverses facettes. Ainsi, du 16 au 18 octobre 2025, El Jadida sera la capitale de la littérature où « les pages s’ouvrent, les encres voyagent et les voix résonnent bien au-delà des frontières», conclut-on. Soyez au rendez-vous ! Et on y sera ! A.A

Congo-Littérature : Remise en selle de la Rentrée Littéraire du Congo (RELICO) 

Congo-Littérature : Remise en selle de la Rentrée Littéraire du Congo (RELICO) 

La sixième édition de la Rentrée Littéraire du Congo (Relico 2023), a eu lieu le 24 août 2023 à Brazzaville, en présence de plusieurs personnalités dont le ministre de l’Industrie culturelle, touristique, artistique et des Loisirs, Lydie Pongault. Cette activité littéraire dénommée RELICO avait cessé de vivre du fait de l’impact de la Covid-19, après cinq éditions. Celle qui vient d’avoir lieu a été rendue possible grâce à Mme Bénédicte de Capelle. Six ouvrages ont été au centre de cette édition de relance de ce rendez-vous littéraire. Il s’est agi de « La poésie congolaise en mouvement » de Noël Ramata Kodia ; « Les jeunes années d’un producteur, la gomme, le pouvoir, énigmes et les genoux de la grand-mère » d’Abdallah Denis Sassou ; « Gahi ou l’affaire autochtone » d’Henri Djombo ; « Pouvoir, tradition, modernité-l’Ecole de Denis Sassou N’Guesso » d’Emile Gankama ; « Les stigmates » de Fidèle Lenormeux Biakoro et « Paul Pascal Gassackys, mon père » de Ferréol Gassackys. Après le mot d’ouverture, le président du Pen Centre Congo Brazzaville, Florent Sogni Zaou, a accordé la parole aux animateurs de la première table-ronde. C’est en effet le livre de Noël Ramata Kodia, intitulé, « La poésie congolaise en mouvement », qui a ouvert les hostilités. Ce livre, selon le présentateur Fidèle Lenormeux Biakoro, concerne une vingtaine d’auteurs. Il aborde les questions liées à l’amour, la mer, le lyrisme et le surréalisme, ajoutant que tous les poètes sont lyriques mais que certains parodiant les philosophes ont quitté la terre pour se réfugier dans les mots et pour évoquer une sorte d’insatisfaction de la vie. Florent Sogni Zaou, en ce qui le concerne, a fait la lecture du livre d’Abdallah Denis Nguesso titré « Les jeunes années d’un producteur, la gomme, le pouvoir, énigmes et les genoux de la grand-mère ». Il s’est appesanti sur la culture, l’art et la création contemporaines qui peuvent contribuer au développement. Dans « Gahi ou l’affaire autochtone » d’Henri Djombo, le lecteur, Rosin Loemba, a dit en substance, que l’autochtone dans la littérature congolaise s’inscrit avant tout dans une dynamique du vivre-ensemble au-delà des divergences sociologiques et culturelles.  Présentant le livre d’Emile Gankama, Ferréol Gassackys a indiqué que cette biographie comporte neuf chapitres et plusieurs annexes. Celui de Ferréol Gassackys « Paul Pascal Gassackys » a été présenté par Obambé Gakosso. Cette activité ne s’est pas tenue en trois jours comme les précédentes. Avant de quitter la salle, le ministre de l’Industrie Culturelle, Touristique, Artistique et des Loisirs, Lydie Pongault, s’est réjouie de la reprise de cette activité. Elle a annoncé la reprise prochaine des bibliothèques qui ne sont pas réhabilitées dans les départements avant d’annoncer l’achat de vingt-cinq exemplaires de chaque titre présenté à cette édition.   Florent Sogni Zaou

Congo/Littérature. Le retour des sorciers

Congo/Littérature. Le retour des sorciers

PARUTION. Le retour des sorciers est le titre d’un recueil de nouvelles de l’écrivain Patrick serge Boutsindi qui s’impose par une intelligence formelle de ce qui se passe à l’arrondissement 6 Talangai. L’arrondissement 6 Talangai est situé dans la périphérie nord de la ville de Brazzaville, au Congo. Lors de la guerre civile (1997) plusieurs habitants de ce quartier, en particulier les vieillards, dont certains étaient de grands sorciers, fuirent les combats pour aller se réfugier à l’intérieur du pays, dans leurs villages respectifs. La paix revenue, la plupart de ces sorciers refusèrent de revenir à Brazzaville. Ils allaient changer d’avis, et moyennant finances, retournèrent habiter à Brazzaville, dans leur quartier, avec la mission d’ensorceler plusieurs jeunes et moins jeunes de Talangaï, afin qu’ils tombent gravement malades. Dans ce neuvième recueil de nouvelles centré sur la sorcellerie et l’ensemble des traditions africaines qui perdurent encore aujourd’hui, Patrick Serge Boutsindi nous amène à la découverte de Talangaï, un quartier très peuplé et très animé de Brazzaville, en évoquant les ambitions et surtout l’appât du gain de certains de ses habitants. Patrick Serge Boutsindi est originzire du Congo-Brazzaville, en Afrique centrale, et vit à Montigny-Lès-Metz, en Moselle. IL a déjà publié plusieurs recueilles de nouvelles, des romans, des essais et des contes pour enfants. Clément Ossinondé. 

Congo/Littérature : Nouvelle publication, « Nzongo’ Soul Wa Semo, le livre de l’Apprenti Sage »

Congo/Littérature : Nouvelle publication, « Nzongo’ Soul Wa Semo, le livre de l’Apprenti Sage »

PARUTION. « Ce livre retrace l’aventure d’un enfant du Congo qui, après son passage à la Sorbonne et à l’Olympia, rêvait de créer un pont entre les cultures et faire devenir aux différences culturelles un socle commun, à travers une vision anthropologique universelle ». La quatrième de couverture poursuit que c’est l’histoire d’un artiste céleste qui, avec sa guitare, de l’Afrique à l’Europe, proposa une vision moderne du monde à travers la ‘’musicosophie’’. Cette hybridation de musique et de philosophie va toucher à la fois la tête, le cœur et le ventre de tous les Hommes et elle ne pouvait être explorée que par un seul contemporain :  Nzongo’ Soul Wa Semo, peut-on lire. Dans la pensée ancestrale du Wala (Wa : « l’écoute » La : la voie »), la totalité de la parole est prise en compte selon trois niveaux. Il s’agit de la parole parlée, la parole chantée et la parole dansée. La parole parlée dit l’existence, la parole chantée dit l’immanence et la parole dansée dit la transcendance. Une parole qui n’est pas parlée n’existe pas, manque d’émotion. Une parole qui ne se danse pas ne peut être agie, martèle l’auteur. Le livre est divisé en deux parties, à savoir, le Wala (la théorie) et le Mbui (la pratique). Il s’ouvre par une préface et un préambule avant la présentation de quelques éléments biographiques. L’auteur parle aussi de « l’origine de Nzongo Soul », de « l’influence de Sony Labou Tansi sur mon style d’écriture » et du « rêve éveillé, source de mon intuition du U : Tout sur ma mère ».  Dans la première partie, l’auteur présente le Wala avant d’aborder le premier chapitre intitulé, le Ngo : la perception lumineuse de notre propre image, de notre densité avec comme sous-titres, l’axe du Ngo, de l’expansion du Ngo au retour dans le Mochi. Le deuxième chapitre conseille d’écouter son corps pour mieux avancer dans la vie et le troisième aborde le problème du rythme naturel de la vie en commun.  Le chapitre quatre parle du corps qui est le temps de l’homme qui danse avec son cœur et la vibration : Zakama comme premier point, de l’intelligence et de la danse. La deuxième partie s’intitule, le MBui (la pratique) qui le présente comme le territoire tandis que le Wala est la carte. Le premier chapitre porte le titre de la pensée percussive en miroir et le second, Mpeve ya Nlongo l’expression du corps, avec comme sous-titres, le processus Mbui à l’épreuve des faits, le Mbui et le corps. Dans ce livre, il est décrit la culture congolaise comme une culture ayant gardé des traditions ancestrales, des rites et des symboles qui sont souvent muets, pour l’Homme moderne. Il y regarde absolument le langage caché de toutes ces langues.   Wa Sémo Nzongo, plus connu sous le nom de Nzongo Soul, a eu le destin qu’il souhaitait en étant auteur, compositeur, interprète. Débutant à 17 ans sa carrière musicale, il forme en 1977 à Brazzaville, Les Wala players et à sa tête, leur fait gagner le Prix du groupe d’Afro Soul d’Afrique centrale. Il développe et crée son propre style musical, novateur et urbain, le Wala, né de la fusion des rythmes du peuple Kongo, de la rumba congolaise, de la soul, du rock, du rythm and blues et du funk. En langue kongo, Walla signifie l’écoute de la voie. Florent Sogni Zaou

Congo/Littérature: La critique littéraire : ce qu’il faut savoir » de Noël Kodia-Ramata

Congo/Littérature: La critique littéraire : ce qu’il faut savoir » de Noël Kodia-Ramata

Depuis plus d’une décennie, la littérature congolaise, par le biais de la nouvelle génération d’écrivains, dont le talent n’est plus un vain mot, impose aux amateurs du livre, une autre rivalité dans la création littéraire, selon Noël Kodia-Ramata dans son livre « La critique littéraire : ce qu’il faut savoir » paru aux éditions LC à Paris en France.    De sa naissance jusqu’aux années 2000, la littérature écrite congolaise a été plus créatrice qu’analytique, affirme Noël Kodia-Ramata dans ce titre. Beaucoup de romanciers, de poètes, de dramaturges mais peu de critiques et de chroniqueurs littéraires. Une grande partie de la jeunesse, surtout, dans les grandes villes, s’intéresse peu ou prou à la culture du livre, en particulier dans les milieux scolaires et universitaires. Une grande visibilité du livre est remarquée par la présentation de nouvelles publications à travers les séances de dédicace, les conférences-débats sur certaines œuvres jugées pertinentes et ayant retenu l’attention des lecteurs, les animations culturelles de certains organismes. Il parle également de la littérature, critique et politique en précisant que dans la théorie de l’art pour l’art, l’artiste a pour mission primaire de mettre en exergue l’esthétique au premier plan dans toute création artistique. En littérature, la conception des textes a subi une grande évolution dans l’espace et dans le temps. On a remarqué qu’en Afrique, l’art reste encore au service de l’idéologie dominante. La critique africaine est en général sur les traces de la traditionnelle. Avec les nouvelles techniques de communication qui influencent la création littéraire, tels la télévision et le cinéma, il est dangereux de juger, comprendre et apprécier les textes littéraires avec les outils que nous a légués la critique traditionnelle, outils trop dogmatiques.       Dans la critique et littéraire africaine, Noël Kodia-Ramata dit que le développement de la littérature africaine et francophone dans le domaine des textes écrits voit le jour avec l’avènement de l’écriture dans la société. On passe de l’oralité aux textes écrits. On éprouve du plaisir à écrire dans la langue du colonisateur. Il se penche aussi sur l’opposition entre les critiques traditionnelle et moderne. Pour lui, dans les années 50, la naissance du nouveau roman bouleverse le paysage textuel des lecteurs et du roman. Cette nouvelle technique de construire un récit met implicitement en cause celle du roman en rapport des aventures qui déconcertent les lecteurs comme le fait le nouveau roman.   Dans ce livre, Noël Kodia-Ramata développe également la notion du temps, reconnaissant qu’un travail laborieux et considérable par rapport au récit a été développé dans son livre, Figures III par Gérard Genette.   Il y aborde aussi la fonction du narrateur qui était confondue avec l’auteur, surtout dans les récits autobiographiques. Il affirme également que le narrateur a une fonction langagière et scripturale alors que celle de l’auteur est sociale et extralinguistique. Il souligne que dans la tradition littéraire, le personnage doit être considéré comme une personne de chair et d’os. Noël Kodia-Ramata y aborde également les questions de critique traditionnelle, de tendances de la recherche critique, des rôles et tendances de la critique.     Docteur en littérature française de l’université de Paris IV Sorbonne, Noël Kodia-Ramata est un écrivain qui s’intéresse à la critique des œuvres littéraires. Il a mis sur le marché le premier Dictionnaire des œuvres littéraires congolaises de 1954 à 2005, publié aux éditions Paari à Paris en France. Il est aussi l’auteur de l’Anthologie analytique de la nouvelle génération des écrivains congolais, paru aux éditions LC, Paris 2018. L’auteur est une plume vivante et est l’auteur de plusieurs titres. Florent Sogni Zaou

Congo/littérature : Les blessures du passé colonial en Afrique et un dire nouveau dans Entre les lignes du silence de Prince Arnie Matoko

Congo/littérature : Les blessures du passé colonial en Afrique et un dire nouveau dans Entre les lignes du silence de Prince Arnie Matoko

LIVRES. La poésie est pour le poète le terroir d’inventer les matins, de soigner l’homme brisé par les incertitudes, brisé par le passé, brisé par la misère.  Elle est le lieu où, le poète s’engage pour maintenir vivant l’histoire, la parole.  L’histoire, en effet, est la composition des événements qui se sont déroulés dans l’espace et le temps. Le poète Prince Arnie Matoko dans Entre les lignes du silence, épousecette dimension historique. Sa poésie est face aux  blessures du passé colonial, face aux tempêtes de son pays, face à l’humanité sevrée de lumière « Je vends mon espérance brisée par la foudre de la rupture/ Par ce temps de vaches maigres/ Comme une maison dévastée par un obus/ Je vends à cinq cents francs mon sommeil/ Je vends mes larmes entrecoupées de  sanglots/ (p.68)/ Dites-moi, villes d’Afrique/N’êtes-vous que de simples squelettes/(p.62)/ Terre d’Afrique ! Terre appauvrie !/ Terre inondée par les flots de maux/ Terre de sang et de larmes (p.49) ». Le poète est traversé par un sentiment de révolte qui l’invite à rendre sa parole plus dynamique, plus volcanique, plus fleuve, plus mer, plus debout comme la pyramide des révolutions du monde. Il sait que son continent à lui, est toujours blessé par les impuretés du passé colonial « Que des films horribles me reviennent au ralenti / L’esclavage a eu ses victimes/ La colonisation a eu les siennes » (p.67).  Prince Arnie Matoko dans Entre les lignes du silence se veut poète hallucinant, poète qui sait laver et construire l’homme en intégrant la poésie comme la source naissante des libertés. La poésie, en effet, est l’unité de mesure du développement de chaque nation arc-en-ciel « Je veillerai à ce que ma parole soit une lumière/ Ma poésie c’est le fleuve Kongo/ C’est la mer/ C’est l’océan » (p.29). La parole du poète est un dire irrécusable, une rosée de soleil, une alliance avec  le temps et la mémoire. Le mot est la clé du poète, son feu artificiel, son éternité, sa passion de réinventer l’humanité détruite par la mauvaise odeur de l’homme… Prince Arnie  Matoko incarne la beauté du langage, incarne la subtilité de chaque instant, de chaque marche solaire.  Ecrire c’est témoigner le rythme alchimique du temps, écrire c’est se détacher du monde profane, écrire c’est transcrire les vibrations du feu, écrire c’est se lancer dans un défis, écrire c’est dépeindre la nuit sur terre, « Depuis combien de temps / Combien de temps/ Ces fouets si durs/ Ces chaines si impures (p.60)/ voici que depuis longtemps/ Ton âme ô Afrique/ demeure exilée dans les chaînes rouges/ Voici que tu souffres/ Des mers de maux (p.58) ». L’écriture de Prince éduque les vagues, éduque l’Afrique, éduque le Congo, en gros, exhorte l’homme à entreprendre la marche verte du progrès. Son cri est une louange à la postérité. Le poète dessine son pays natal malade, crasseux devant les évolutions des mondes. Pour lui, le pays doit prôner la paix et non le tribalisme «  Ton sang coule aux flots du fleuve Congo/ J’atteste ces massacres/ sur nos hommes nos femmes/ Sur nos filles et fils/ Sur nos vieillards/ Tous broyés par les cyclones du tribalisme/ Du clanisme et du népotisme (p.49)/ Laissez en paix la terre de mes ancêtres/ La terre de mes frères insurgés (p.67)/ Nous sommes les fruits d’un même arbre ».  Sa poésie se décrète comme une arme  qui lutte contre les menstruations universelles, contre les hécatombes, contre l’infidélité de l’homme, contre la mauvaise gestion du siècle, contre les involutions de sa patrie, de son continent. Il est semence de lumière, il est lotion magique trempé dans la beauté  des siècles « Il fait beau au ciel/ Comme il fait beau sur terre/ Quelle est cette splendeur/ Qui éclaire mon cœur » (p.92).            Ce recueil de poèmes interpelle notre continent à se libérer des chaines de l’esclavage. La poésie chez Prince Arnie Matoko comme moyen d’éduquer l’humanité Depuis fort longtemps, les poètes s’étaient engagés dans le temps pour transmettre des messages clés pour le développement de l’homme. C’est de là que naît la grande problématique humaine : éducation. Grâce aux efforts des poètes, l’homme peut encore retrouver sa conscience, son intériorité. Prince Arnie Matoko enseigne et renseigne sur les drames qui se sont produits dans le passé et qu’il ne veut plus revivre « Un jour je battrai les mains/ Je les battrai de joie le jour où l’égalité / Fleurira le champ de nos unis/ Lorsque la paix gouvernera nos relations. Et que rayonneront d’amour tous les visages/ Comme des étoiles au firmament/ Et je dis : et que le soleil se lève ! » (p.117). C’est à ce type d’exercice que se livre le poète Rosin Loemba dans son recueil de poèmes couleurs du crépuscule (Paris : les éditions + ,2021) « j’appelle à l’ablation des haines qui sommeillent en certains comme une hantise de mot/ Mon Congo est une conversion de toutes les lumières planétaires (p.37) / Viens, frère de tous les coins du vent/Ce pays profond submergé par les feux/ Viens, toi dont le sommeil a été annexé/ Viens, toi soleil libertaire/ Depuis l’affront des âges» (p.45) . Les deux poètes invitent l’homme à l’humanisme.   La poésie de Prince Arnie Matoko marche sur l’inépuisable cri du matin des Grand poètes comme Aimé Césaire, Sédar Senghor, Tati Loutard, Martial  Sinda, Tchicaya Utam’si, Edouard  Maunick, Georges Castera, Gabriel Mwénè Okoundji , Jean Blaise Bilombo Samba, Omer Massem, Jean-Marie Adiaffi, Georges Mavouba Sokate, Syto Cavé, François-Médard Mayengo Kulonda, Huppert Malanda, Sauve Ngoma Malanda, Eugene Ngoma Boubanga.  Il se sent très fier d’être sur leurs sentiers. « Le poète, gardien du temple inviolable de l’âme/ Veilleur des feux des origines/ Dans son cœur vaste des origines/ Dans son cœur vaste comme la mer/ Brille le flambeau de la fraternité universelle/ Ma poésie n’est pas un valet/ Mais délices phoniques de ma langue » (p.27). Il revient à cette nouvelle génération de poètes de lire et relire cette somme poétique et de chercher les munitions pour lutter contre le chaos de notre civilisation, pour lutter contre le cataclysme de notre siècle afin que comme, l’indique le poète  sénégalais Amadou  Moustapha Dieng dans son recueil de poèmes Le cri  de l’ifanbondi ( Dakar : Ed, Les éditions feu de brousse, 2022, «  J’irai réveiller Ageen et Jamboñ/ Scellant le nœud fraternel/ Pour que nous arrive de

Maroc/Congo. Littérature : Cérémonie de dédicace (Book Signing) du livre : « L’histoire d’une coutume brisée »

Maroc/Congo. Littérature : Cérémonie de dédicace (Book Signing) du livre : « L’histoire d’une coutume brisée »

Par le biais de la presse, d’essais, de romans, etc., des écrivains et des intellectuels, principalement francophones, n’ont cessé de s’interroger sur la situation du continent africain tout au long du 20e siècle, et ce de diverses manières. On assiste également à une montée en puissance des thématiques autour de l’Afrique sur ses cultures, ses croyances, ses pratiques, sa politique, etc. Nous constatons notamment l’éveil de l’esprit critique de la jeunesse africaine vis-à-vis de la gestion des Etats dans leur ensemble, sans gêne, sans peur et sans tabou. Tout ceci pourrait nous amener à penser que ce siècle est celui des lettres mais surtout des lettres africaines grâce à cette soudaine et forte ascension des jeunes africains dans le monde du livre. Il sera organisé le 30 novembre 2022 à partir de 14h30, une séance de dédicace du livre « L’histoire d’une coutume brisée » de Monsieur Ghisse ONTSIRA qui aura lieu à l’Institut Supérieur du Génie Appliquée – IGA à Casablanca, Maroc . Ce livre de 315 pages, publié par les éditions Gorée au Sénégal, s’articule autour de plusieurs thèmes dont les traditions africaines, la question de la gestion du pouvoir et de manière subliminale sur la place du divin dans le quotidien des hommes. L’importance de ce livre réside également dans le fait que son auteur est un disciple sinon un protégé du dénommé Saint-Pierre des mots de son vrai nom Pierre Ntsemou, célèbre écrivain de nationalité congolaise reconnu par ses pairs comme étant une icône de la littérature africaine moderne. Des écrivains congolais ont d’ailleurs rendu un hommage solennel à ce dernier, lors d’une cérémonie, le mercredi 5 octobre 2022, à Brazzaville, à l’occasion de la présentation et de la dédicace du livre consacré à son œuvre littéraire :  » Écrire jusqu’au-delà des frontières de l’imaginaire – un hommage à Pierre Ntsemou « . Autre fait marquant, la modératrice de cette cérémonie de dédicace et mentor de l’écrivain à l’honneur, Mme Bekkari a longtemps été la professeur de communication de M. Ghisse Ontsira lors de ses premières années d’université à l’IGA où il était lui-même à la tête du syndicat des étudiants ou bureau des étudiants pendant deux années consécutives, cette même école qui lui a ouvert ses portes pour l’organisation de cette cérémonie. Voilà une excellente histoire, un bon exemple pour les étudiants de cette école. Nous ne serons pas surpris que ce dernier devienne un professeur de communication à l’image de son mentor. « Ce qui est intéressant avec la littérature, c’est que nous pouvons aller au-delà de notre imagination et faire de nos rêves une réalité », a-t-il déclaré en aparté lors de son passage sur la radio 2M dans le cadre de l’émission Zik-Zap animée par l’illustre Teddy Patou. Enfin, cette cérémonie a aussi une dimension révolutionnaire à Casablanca, la porte ouverte à tous les jeunes subsahariens désireux de s’insérer dans le monde du livre : le rêve est possible, il faut oser, travailler et trouver les bons repères.

Congo/Littérature : «Ecrire au-delà des frontières de l’imaginaire » de Rosin Francis Emerson Loemba, présenté au public

Congo/Littérature : «Ecrire au-delà des frontières de l’imaginaire » de Rosin Francis Emerson Loemba, présenté au public

Le nouveau titre de Rosin Francis Emerson Loemba, « Ecrire au-delà des frontières de l’imaginaire » sous-titré Hommage à Pierre Ntsémou, a été présenté au public, le 5 octobre 2022 à Brazzaville, en présence de plusieurs personnalités.   Cet ouvrage est sorti des machines des éditions Kemet. Il s’ouvre sur un avant-propos intitulé « Pierre Ntsémou ou l’éclatement du sens » et d’une approche stylistique ouverte par le personnage-écrivain à l’honneur, à savoir, Pierre Ntsémou. D’autres écrivains respectables comme Mukala Kadima Nzuji qui a développé la figure de l’enseignant dans l’œuvre de Pierre Ntsémou ; Rosin Francis Loemba a suivi les rails avec La manifestation d’une poétique dans les appareils titulaires des œuvres de Pierre Ntsémou. Il s’en est suivi La fantaisie imaginative comme principe de création dans Mon cœur, ma plume et ma muse s’amusent de Pierre Ntsémou de Michel Gayido ; Les dénégations textuelles dans les écritures narratives de Pierre Ntsémou : une rupture du discours paratextuel d’Arnaud Mayounga Balenda ; Le style de Pierre Ntsémou d’Ulrich Bakoumissa Ngouani et la Communication moralisante et anthroponymique de Pierre Ntsémou : cas du roman Un bébé pas comme les autres de Willy Gom.  L’ouvrage présente aussi vingt et trois témoignages avec des titres comme, Pierre Ntsémou, l’enseignant et l’écrivain d’Emeraude Kouka ; Filiation d’Emma Mireille Opa Elion ; Pierre Ntsémou, une fierté nationale d’Oscar Kimbassa Bengui et plusieurs autres, autant édifiants les uns que les autres. Du Souffle poétique, cinq auteurs se sont adonnés à des titres comme, Mémoires solaires de Délice Mankou ; Cher Pierre d’Isabelle Pranayama ; Les mots et le ‘’pierriste’’ de Prince Lekouelewé ; Hommage à Pierre Ntsémou de Nicaise Servais Douckaga Nziengui et L’érudition d’Yvon Wilfride Lewa-Let Mandat. L’auteur Rosin Francis Emerson Loemba dit dans son avant-propos, que la littérature congolaise est un vaste champ du monde ou des mondes. Selon lui, l’œuvre de Pierre Ntsémou donne sens à toute existence qui mérite d’être vécue pleinement. Pour lui, il s’agit d’entendre par là la caractéristique première de son écriture qui réside dans l’élaboration esthétique du monde, dans l’émerveillement au travers des mots, ou dans ce que Roland Barthes qualifie de ‘’plaisir du texte’’. Rosin Francis Loemba n’est pas nouveau dans le monde de l’écriture. Il a déjà mis sur le marché du livre, des titres comme, Le ventre toujours nous trahit en 2014, Ici gît mon cœur en 2015 et Le ventre toujours nous trahit, revue et corrigée (Poésie) aux éditions Chapitre,Com, Edilivre et Alliance Koongo en 2019. Il a également publié, en 2020, L’œuvre de Benoît Moundélé Ngolo, rupture systémique et quête de la morale et Couleurs du crépuscule aux éditions+ en 2021.        Florent Sogni Zaou