
PARLONS-EN. Dans une communication de ce 16 juin 2026, la plateforme de l’opposition congolaise dénommée C64 composée de Martin Fayulu, Delly Sesanga, Jean Marc Kabund et autres, a programmé une marche populaire sur toute l’étendue du territoire en direction du palais de la nation, avec un seul mot d’ordre: Renverser le pouvoir de Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Cela s’appelle une insurrection.
L’opposition se base sur l’article 64 qui dit,
« Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution. »
Cet article est un couteau à double tranchant, qui dans son alinéa 2 dit :
« Toute tentative de renversement du régime constitutionnel constitue une infraction imprescriptible contre la Nation et l’État. Elle est punie conformément à la loi. »
La constitution reconnaît à tout congolais le droit de faire barrage à tout abus de pouvoir et la prise de pouvoir par la force. Mais cependant, dans l’alinéa 2 de ce même article, la constitution exclut l’insurrection comme moyen de faire échec à la dictature.
L’opposition peut utiliser d’autres moyens sauf celui d’une insurrection populaire qui est punie par la constitution qu’elle prétend défendre.
Ces opposants risquent d’être arrêtés tout aussi légalement pour atteinte à la sûreté de l’État.
Jouer la carte de l’agitation politique est optionnel, mais elle n’est pas sans risques. Car ceux qui sont en face n’attendent qu’une indélicatesse pour bondir tel un léopard tapi dans l’herbe.
Compter sur l’écho populaire et internationale si jamais ils sont arrêtés est un mauvais calcul politique. Une insurrection ratée n’a pas de sympathisants.
les militants bouderont certainement et ça sera tout; leurs leaders seront en prison. Quand Ils en sortiront, la cinquième République sera déjà proclamée.
L’opposition congolaise montre à tout analyste averti une faiblesse tactique et stratégique qui est en réalité un pain béni pour le pouvoir en place.
Les accusations de l’opposition ne reposent que sur les procès d’intention plutôt que sur des faits réels.
1- l’initiative du changement de la constitution de la RDC n’est pas une faute, mais un droit constitutionnel reconnu au président de la république dans l’article 218. Ce droit est aussi attribué selon le même article au gouvernement, aux deux chambres, et à une pétition de 100.000 citoyens congolais.
Donc, le fait que Tshisekedi propose de changer la constitution, cela ne peut pas être considéré comme une haute trahison, car ce droit lui est conféré par la même constitution.
2- La seule façon de refuser le changement de la constitution est dit dans l’article 5:
« La souveraineté nationale appartient au peuple. Tout pouvoir émane du peuple qui l’exerce directement par voie de référendum ou d’élections… »
Le mouvement insurrectionnel programmé par l’opposition est anticonstitutionnel. Cela foule aux pieds les dispositions de la constitution qu’elle prétend défendre.
Les seules façons de protester c’est par des marchés pacifiques et par le référendum.
Il est fort possible pour ce coup ci, que les leaders de l’opposition de la RDC soient arrêtés en flagrance et incarcérés tout à fait légalement pour rébellion et atteinte à la sûreté de l’État.
Qui vivra verra, j’ai dit.
Par Kevin Mbaki
Analyste d’actualités politiques internationales et de la sous région Afrique
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