TRIBUNE. Le dysfonctionnement structurel du gouvernement congolais

LIBRES PROPOS. La situation actuelle du Congo met en lumière une réalité que nul ne peut désormais ignorer : le dysfonctionnement profond de l’appareil gouvernemental. Face aux difficultés quotidiennes des populations, le Gouvernement semble naviguer sans cap, multipliant les réactions improvisées plutôt qu’une véritable vision stratégique de développement.

Au lieu d’assumer pleinement leurs responsabilités, les dirigeants préfèrent souvent rechercher des boucs émissaires afin de justifier des résultats insuffisants et des politiques publiques inefficaces. Pourtant, la gestion d’un État se mesure à sa capacité à transformer les ressources nationales en progrès économique et social.

Les chiffres de la Loi de finances 2026 sont éloquents. Selon l’article 7 relatif aux recettes budgétaires, les revenus pétroliers sont estimés à environ 966 milliards de francs CFA, auxquels s’ajoutent 81 milliards de francs CFA issus du secteur gazier, soit un total de 1 047 milliards de francs CFA. Ces ressources considérables constituent la principale richesse du pays.

Contrairement à certaines affirmations récurrentes, la responsabilité de la gestion de cette manne financière incombe au Gouvernement et non à la SNPC. Le rôle de cette dernière est de reverser au Trésor public la part revenant à l’État. Dès lors, la question fondamentale n’est pas celle de la collecte des recettes, mais celle de leur affectation et de leur utilisation.

Or, l’analyse des dépenses publiques révèle que les charges de personnel absorbent une part importante du budget national, tandis que les ministères de la Défense, de l’Intérieur et la Présidence de la République concentrent une portion significative des ressources de l’État. Pendant ce temps, les secteurs stratégiques à fort impact économique et social demeurent insuffisamment financés.

Comment expliquer, dans un pays bénéficiant de plus de mille milliards de francs CFA de revenus pétroliers et gaziers, la persistance des délestages chroniques, la vétusté du réseau électrique, les insuffisances des infrastructures publiques et la dégradation continue des conditions de vie des populations ?

Le problème n’est donc pas l’absence de ressources. Le véritable défi réside dans l’absence de priorisation des dépenses publiques, dans le manque d’efficacité de l’action gouvernementale et dans une gouvernance qui peine à transformer la richesse nationale en développement durable.

En définitive, la SNPC ne saurait se substituer à un État dont les missions régaliennes et stratégiques relèvent exclusivement du Gouvernement. Si les Congolais souhaitent comprendre où va l’argent du pétrole, ils doivent examiner attentivement la Loi de finances 2026 et interroger Christian Yoka, ministre des finances.

C’est dans ce document que se trouvent les réponses essentielles sur les choix budgétaires, les priorités gouvernementales et l’utilisation réelle des ressources nationales.

Car au-delà des discours, un budget est toujours le reflet fidèle des priorités d’un pouvoir.

« La véritable richesse d’un pays ne réside pas dans ses ressources, mais dans la manière dont elles sont gérées. »

« Un budget est un acte politique : il révèle toujours les priorités réelles d’un gouvernement, au-delà des discours. »

« Ce n’est pas le manque de ressources qui condamne une nation, mais leur mauvaise gestion. »

« Gouverner, c’est choisir ; bien gouverner, c’est choisir les bonnes priorités. »

« La bonne gestion publique consiste à transformer les recettes de l’État en résultats concrets pour les citoyens. »

Fait à Paris, le 17 juin 2026

Evrard NANGHO,

Le Patriote Engagé

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