Congo : Descalizi, Itoua, Ingoba, et Cie jouissent du gaz et des pétrodollars tandis que les pénuries…(lecture en 4 min)

TRIBUNE. Il est des silences qui interrogent autant que certaines prises de position. Les difficultés liées à l’eau potable, à l’électricité et aux carburants, qui occasionnent la hausse des coûts des transports et des denrées, alimentent le mécontentement populaire. Courber l’échine pour plaire aux Descalizi, Jean Jacques Bouya (JJB), Lydia Mikolo, Bruno Jean Richard Itoua-Lucifer et autres, c’est assassiner le peuple.

Depuis 2014, Claudio Descalzi dirige le groupe pétrolier italien ENI. Reconduit en 2026, il demeure l’un des principaux interlocuteurs étrangers des autorités congolaises dans le secteur énergétique.
Le hic, c’est les liens tissés entre certains acteurs économiques congolais et les activités pétrolières du pays qui continuent de susciter des débats et des questionnements. Marie Madeleine Ingoba-Descalzi épouse de Descalizi, a notamment été associée à Petroservices, une société active dans les services pétroliers ( Agence Ecofin, 19 mars 2021). Selon plusieurs informations judiciaires relayées par Reuters et autres, l’entreprise avait bénéficié de contrats de près de 105 millions de dollars avec ENI entre 2012 et 2017 ce qui frôlerait le conflit d’intérêts.

En 2022, Bruno Jean Richard Itoua-Lucifer et Claudio Descalzi signent à Brazzaville une lettre d’intention destinée à accélérer la production gazière du pays et à lancer le projet Congo LNG.
L’objectif affiché est ambitieux : dépasser les 3 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié par an( plus de 4,5 milliards de me/an) et exporter les surplus vers les marchés internationaux.
Trois ans plus tard, le projet franchit une étape majeure avec le lancement de sa deuxième phase. Cette expansion s’accompagne d’autres initiatives : développement de la filière agro-industrielle et des biocarburants, création d’un premier Agri-Hub doté d’une capacité de 30000 tonnes par an. Elle sera gérée par Rosalie Matondo pour presque 200 millards/an. La réhabilitation de la ligne haute tension 220 kV entre Pointe-Noire et Brazzaville, ainsi que plusieurs projets à Hinda, dont celui de la modernisation et la formation technique dans la filière pêche font partie des annonces.
Le 7 février 2026, à Pointe-Noire, Claudio Descalzi et M. Sassou célèbrent le premier chargement de GNL issu de la phase 2 de Congo LNG à partir du navire de liquéfaction Nguya FLNG. ENI prévoit également une hausse significative de sa production au Congo, avec un objectif annoncé d’environ 110.000 barils équivalent pétrole par jour en 2026 contre 70000 barils par jour en 2025. Cependant, malgré les ressources générées par les secteurs pétroliers et gaziers, les gouvernants et collabos plongent le peuple dans le noir. Lucifer s’est copieusement sucré sur tous les projets, mais…

Eau, électricité, carburant, transports et autres : un quotidien sous tension

La énième rupture en approvisionnement de carburant observée à la mi-juin 2026 illustre bien un marasme. Les coûts du transport ont fortement augmenté, avec des répercussions immédiates sur les activités économiques et sur le pouvoir d’achat des ménages avec une inflation de 100%. Dans le même temps, les étudiants et les retraités broient du noir ; les budgets de transferts (UMNG, CHUB, collectivités locales…) font face à des arriérés de salaires allant de 5 mois à plus d’un an.

Comme l’incurie gouvernementale n’a pas de limites, l’électricité a rejoint la crise en l’amplifiant. La centrale à gaz de Pointe-Noire est quasiment à l’arrêt (dimensionnement inapproprié par Descalzi et Lucifer), ainsi que Imboulou (malfaçons de construction de Bouya). Contraint de quémander de nouveau auprès de la RDC, le gouvernement fait profil bas, saisi de terreur et de honte indicible. Bien entendu, sans électricité, pas d’eau. Il faut ajouter au brigandage gouvernemental la vente anarchique des parcelles vendues sur des espaces publics réservés : Sur la voie ferrée, c’est la parcelle de feue Mme Bouya elle-même qui occupe l’emprise du CFCO derrière l’école pilote à Moungali 3/CHUB. Celle de Mme Etoka jouxte le même espace. Le domaine du CFCO déjà vendu par Isidore Mvouba à Mpila ne permet plus au train d’atteindre le port fluvial.

La cherté de la vie continue d’asphyxier les populations congolaises. Nous demandons à Mme Mikolo de sortir de sa zone de confort pour toucher cette réalité du doigt. Autrement, on pourrait dire d’elle qu’elle contribue à la mort lente des Congolais.

Ghys Fortune BEMBA DOMBE

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