Congo. Le Pool : une crise fabriquée pour conserver le pouvoir

HAUT ET FORT. À l’approche de l’élection présidentielle de mars 2026, le régime de Sassou Nguesso recycle une méthode désormais bien connue : fabriquer la crise pour éliminer l’adversaire politique. Cette énième crise que le pouvoir de sassou entretient volontairement dans le département Pool a un objectif clair : Ntumi, en tant que citoyen congolais, dispose pleinement du droit constitutionnel de se porter candidat à l’élection présidentielle de mars 2026, s’il le souhaite. L’histoire politique récente du Congo montre une constante : 1) Une stratégie répétée depuis 1997 : Depuis son retour au pouvoir en 1997, Sassou Nguesso s’est systématiquement arrangé pour ne jamais affronter un adversaire de taille, capable de créer un véritable rapport de force politique. Entre 2007 et 2009, dans la même logique, plusieurs figures politiques majeures disparaissent successivement de la scène : Résultat : Sassou se présente à l’élection de 2029 sans adversaire crédible et se permet même de fanfaronner publiquement : « Je joue le penalty sans gardien ». En 2016, malgré le rendez-vous manqué de l’opposition, minée par les égos, les pressions et les intimidations, le pouvoir se retrouve en grande difficulté. Sassou était clairement battu par Parfait Kolélas et Jean-Marie Michel Mokoko. L’un finira en prison, l’autre sera contraint, sous pression, de reconnaître des résultats falsifiés, étouffant ainsi toute contestation sérieuse. Une disparition lourde de conséquences : Sassou se retrouve, une fois encore, sans adversaire. 2) Ntumi, la nouvelle cible : À la lumière de ces événements, une évidence s’impose : Sassou Nguesso craint l’adversité et le véritable challenge politique. Et la guerre actuelle contre Ntumi s’inscrit parfaitement dans cette logique. Dès lors que ce dernier manifeste son intention de se porter candidat à l’élection de mars 2026, il devient immédiatement un homme à abattre, afin de permettre au pouvoir en place de dérouler, une fois de plus, son tapis électoral sans opposition réelle. 3) Qui veut vraiment le changement ? Entre ceux qui refusent de participer aux élections par peur d’affronter le système et ceux qui accusent Ntumi sans établir le lien évident avec l’échéance de mars 2026, il devient facile de distinguer ceux qui veulent réellement le changement de ceux qui entretiennent le statu quo. Après 43 années de confiscation du pouvoir, le Congo reste pris en otage par un régime qui ne survit que par la peur, la manipulation et l’élimination méthodique de toute alternative crédible. Le changement ne viendra ni de la peur ni du silence, mais du courage de celles et ceux qui refusent de se soumettre à l’injustice. L’histoire nous observe, et chacun devra assumer sa position. « Les luttes que l’on évite aujourd’hui deviennent les chaînes que l’on portera demain. Le changement n’est jamais offert, il se conquiert. » Milos HEMILEMBOLO Secrétaire national aux relations extérieures de la Convergence Citoyenne
L’opposition congolaise : une opposition de cinéma

LIBRES PROPOS. À moins de deux mois de l’élection présidentielle, l’opposition congolaise s’agite soudainement, à l’image de molécules d’eau portées à ébullition. Après cinq longues années de silence, d’inaction et d’absence totale sur le terrain politique et social, la voilà qui refait surface. Le spectacle auquel nous assistons ressemble davantage à un film d’horreur politique : des acteurs que l’on croyait politiquement morts ressuscitent opportunément, surgissant des tombeaux du mutisme et de l’irresponsabilité. L’opposition congolaise donne l’image de cet oiseau de Minerve qui ne prend son envol qu’au crépuscule, lorsque l’échéance présidentielle approche. Le pays est plongé dans une cacophonie politique assourdissante. Il convient de rappeler, avec gravité, que nombre de ces acteurs de l’opposition ignorent fondamentalement ce que signifie être une opposition dans une démocratie, même si certains qualifient notre régime de « démocrature ». Or, dans toute démocratie, l’opposition — parlementaire ou non — a pour mission essentielle d’être un contre-pouvoir structuré, une force de propositions crédibles et une alternative politique sérieuse. L’opposition ne peut se réduire à une critique stérile et émotionnelle de l’action gouvernementale, sans vision, sans programme, ni projet cohérent pour la nation. Au Congo, l’opposition a largement perdu sa crédibilité. La confusion règne jusque dans les institutions. Une partie de ceux qui se réclament de l’opposition siège paradoxalement au sein du gouvernement, sans coalition formelle ni pacte républicain assumé. Cette dissonance permanente est profondément inquiétante : elle donne l’image d’une véritable tour de Babel politique, où chacun parle, mais personne ne s’entend. Pendant ce temps, le pouvoir publie son ouvrage bilan : « En toute transparence 2021-2026 : le bilan du quinquennat ». Une question s’impose alors avec acuité : où est le bilan du quinquennat de l’opposition congolaise ? Comment cette opposition peut-elle encore espérer un changement en comptant sur la Françafrique pour renverser le régime de Denis Sassou Nguesso, alors même que la France et l’Europe sont aujourd’hui bousculées sur l’échiquier international par les États-Unis, la Chine, la Russie, sans oublier les pays de l’AES ? La géopolitique mondiale redessine profondément les rapports de force. L’influence française en Afrique s’est considérablement érodée depuis l’arrivée du président Macron, au profit de nouveaux acteurs comme la Chine, la Russie ou la Turquie. Ce n’est ni Paris ni aucune capitale étrangère qui doit décider de l’avenir du Congo. Le renouvellement de la classe politique congolaise est devenu une urgence nationale. Les Congolais ont besoin d’une véritable opposition, et non d’une opposition de façade qui se donne en spectacle à la veille des élections. Les « tigrons » de l’opposition actuelle n’ont ni poids politique réel, ni crédibilité morale. Beaucoup manquent d’expériences professionnelles probantes et d’exemplarité éthique. Dans ces conditions, il est difficile, voire impossible, de convaincre un peuple lucide et éprouvé. Le vieillissement de l’opposition congolaise s’accompagne inexorablement du vieillissement des idées. Les mêmes discours, les mêmes stratégies obsolètes, les mêmes échecs se répètent. En définitive, certains appellent aujourd’hui à un rassemblement de l’opposition, sans véritable projet fédérateur ni enthousiasme populaire. La seule voie crédible, tant au niveau national qu’international, serait l’organisation d’une primaire démocratique ouverte à toutes les forces d’opposition au PCT. Des États généraux de l’opposition s’imposent, incluant également la diaspora congolaise. Il est impératif de dégager une ligne politique claire, lisible et cohérente. La morosité de l’opposition reflète tristement celle du pays et de son pouvoir. La politique au Congo a perdu ses lettres de noblesse. Elle est gangrenée par l’oisiveté, les acteurs fictifs et les aventuriers sans convictions. La politique étant devenue l’ascenseur social le plus rapide, elle attire toutes les convoitises : un véritable Eldorado pour ceux qui veulent réussir sans effort, y compris au sein de la diaspora. Les Congolais sont avertis et loin d’être dupes. L’opposition ne captive plus. Le bilan catastrophique du quinquennat en cours aurait dû ouvrir un boulevard politique à une opposition structurée et crédible. Hélas, ce boulevard reste désespérément vide. Dans ce contexte, un candidat véritablement indépendant, sans étiquette du pouvoir ni de l’opposition traditionnelle, pourrait fédérer les foules, susciter l’adhésion populaire et remporter l’élection présidentielle de mars 2026. « Tout le discours politique est fondé sur cette opposition entre ventres creux et ventres dorés. » Max Gallo « S’opposer, c’est proposer. Une opposition sans proposition n’est qu’un mouvement d’humeur. » Robert Sabatier « Nul gouvernement ne peut être longtemps solide sans une redoutable opposition. » Benjamin Disraeli Fait à Dijon, le 14 janvier 2026 Evrard NANGHO Le Patriote engagé
Entre égoïsme et analphabétisme politique : l’opposition congolaise face au rendez-vous de mars 2026

TRIBUNE. L’opposition du Congo-Brazzaville semble, une fois de plus, s’acheminer vers un échec annoncé pour l’échéance présidentielle de mars 2026. Depuis quelque temps, un courant partisan du statu quo gagne dangereusement l’espace public. Il est essentiel de dénoncer cette attitude irresponsable, qui personnalise la lutte politique au service d’intérêts particuliers. Le fait de ne pas disposer de candidat, ou d’avoir son leader en prison, ne saurait justifier qu’on tente de discréditer tout un processus électoral ou qu’on exige des préalables que l’on sait inatteignables, compte tenu du rapport de force existant. Dans les systèmes politiques verrouillés, une erreur d’appréciation revient sans cesse : croire qu’un régime autoritaire offrira de lui-même des conditions électorales justes, transparentes et équilibrées. C’est une illusion dangereuse, à l’origine de fautes stratégiques répétées. Comment les forces politiques peuvent revendiquer des conditions qu’elles savent irréalisables ? Demander à un régime autoritaire de démanteler ses propres mécanismes de contrôle revient à espérer qu’un pouvoir absolu accepte volontairement sa vulnérabilité.Ce qui est présenté comme une exigence de principe révèle, en réalité, un manque criant de lucidité stratégique.Il ne s’agit plus simplement de naïveté, mais bien d’un analphabétisme politique, c’est-à-dire d’une méconnaissance fondamentale de la nature même du pouvoir autoritaire. Le pouvoir ne se cède jamais : il se prend.La politique n’est pas un concours de bonnes intentions, mais un espace où seuls comptent le rapport de force, la présence et la capacité à occuper le terrain, même lorsqu’il est miné. Dans un système verrouillé, refuser de participer au jeu électoral revient à abandonner le seul espace institutionnel disponible, aussi imparfait soit-il.Or, laisser le terrain libre au pouvoir en place ne l’affaiblit pas : cela renforce sa domination. Jamais un régime autoritaire n’est tombé parce que les citoyens ont choisi de ne pas voter.Le boycott n’est pas un acte révolutionnaire : c’est un retrait.Et dans la logique du pouvoir, tout retrait équivaut à une capitulation discrète. Les régimes autoritaires ne cèdent que sous l’effet de pressions multiples : Pression institutionnelle, Pression populaire, Pression issue de coalitions internes, Pression générée par le courage d’affronter le pouvoir sur son propre terrain. Jamais sous l’effet de l’abstention. Ailleurs, des oppositions stratégiques ont profité d’élections biaisées pour construire des coalitions inédites ; Ailleurs, les campagnes électorales ont servi de catalyseurs à des mobilisations populaires dépassant le cadre du vote ; Ailleurs, de simples victoires symboliques ont déclenché de profondes transformations politiques. Dans l’histoire politique contemporain, des processus électoraux faussés ont parfois ouvert la voie au changement, non parce qu’ils étaient honnêtes, mais parce qu’ils offraient un terrain d’affrontement visible. Pour terminer, dans un régime autoritaire, la lucidité politique impose de renoncer aux illusions et d’affronter la réalité : les conditions idéales n’existeront pas. Le progrès dépend du courage d’occuper le terrain, même lorsqu’il est déséquilibré, plutôt que d’attendre passivement un changement qui ne viendra jamais de lui-même. Pour mars 2026, notre consigne est claire : non au boycott. Nous n’avons pas de candidat attitré, en dehors de tous ceux qui s’opposent au dictateur Sassou. Chaque Congolais devra se mobiliser aux côtés du candidat ou de la candidate de son choix sauf Sassou.Pour 2026 : voter et défendre son vote. Voilà notre message. Par Paraclet Milos Hemilembolo Progressiste et social-démocrate
Congo-Brazzaville : le Rassemblement des Forces du Changement conditionne sa participation à la présidentielle de 2026

POLITIQUE. Le Rassemblement des Forces du Changement (RFC) pose ses conditions pour participer au scrutin, notamment la libération des prisonniers politiques et une gouvernance électorale crédible. À quelques mois de l’élection présidentielle prévue en mars 2026, la nouvelle plateforme de l’opposition congolaise, réunie au sein du Rassemblement des Forces du Changement (RFC), pose des conditions préalables à sa participation au scrutin. Le RFC se dit favorable à une élection inclusive, mais insiste sur le respect de certaines conditions. La première exigence concerne la libération de tous les prisonniers politiques, notamment Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa, figures de l’opposition détenues respectivement depuis le 16 juin 2016 et le 10 janvier 2017. À la suite de procès largement critiqués comme iniques, Mokoko a été condamné à vingt ans de prison et Okombi Salissa à vingt ans de travaux forcés. Les Nations unies considèrent ces détentions comme arbitraires et demandent leur libération. Le RFC s’appuie sur les avis du Conseil des droits de l’homme Groupe de travail sur la détention arbitraire : La plateforme affirme que la libération de Mokoko, Okombi Salissa et d’autres prisonniers politiques et la gouvernance électorale crédible sont des conditions incontournables pour garantir un processus électoral crédible en 2026. Dans sa déclaration, la nouvelle plateforme de l’opposition congolaise a également rendu hommage à Guy Brice Parfait Kolélas, candidat malheureux de la présidentielle de 2021, décédé en pleine campagne, laissant « un testament fort » pour la lutte démocratique au Congo. En posant ces conditions, le RFC entend créer les bases d’une élection présidentielle libre, démocratique, apaisée, crédible et transparente, à l’image de celle de 1992. Dans un pays où les scrutins successifs sont régulièrement contestés par l’opposition et une partie de la société civile, et avec une appréciation souvent mitigée de la communauté internationale, ces exigences reflètent la volonté de rétablir la confiance dans le processus électoral. Fredrich Gunther M’bemba
L’opposition et les forces sociales congolaises dénoncent les limites de l’accord de paix RDC-Rwanda

L’opposition congolaise, soutenue par plusieurs forces sociales, a rendu publique une déclaration samedi 12 juillet dans laquelle elle émet de sérieuses réserves, quant à l’accord de paix signé à Washington par la RDC et le Rwanda. Dans une déclaration commune, une dizaine de partis et plateformes politiques, parmi lesquels Ensemble pour la République, le Front commun pour le Congo et le Cadre de concertation des forces politiques et sociales, reconnaissent l’existence de cet accord, mais dénoncent ses limites. Pour eux, le texte signé aux États-Unis ne permet pas de garantir une paix durable. Il se limite, disent-ils, à une lecture bilatérale de la crise, en négligeant l’implication d’autres puissances régionales. L’opposition insiste surtout sur les racines internes du conflit. Elle accuse le pouvoir congolais d’autoritarisme, dénonce des atteintes à la Constitution, la corruption, le népotisme et un recul de l’État de droit. Les signataires appellent donc à un dialogue sincère entre Congolais, comme le suggèrent les évêques de la CENCO et de l’ECC. Ce dialogue, selon eux, est le seul moyen pour restaurer la cohésion nationale. Radio Okapi
Congo. Lettre ouverte au président de la République

Excellence, monsieur le président de la République, Les partis politiques, les associations de la société civile et les personnalités indépendantes de l’intérieur et de la diaspora congolaise, signataires de la lettre dont la teneur suit, viennent à vous, par la présente, vous adresser leurs civilités et vous exprimer leur protestation indignée contre l’explosion de la criminalité et de l’intolérance politiques dans notre pays, l’indifférence hautaine du pouvoir face à la désespérance sociale des populations, l’idée lunaire du pouvoir, d’organiser une élection présidentielle en mars 2026, dans un pays aujourd’hui naufragé, ce, sans que les conditions préalables d’organisation d’une élection libre, transparente, honnête et apaisée ne soient remplies. Excellence, monsieur le président de la République, Le Congo-Brazzaville se donne à voir à l’international, comme une République et une démocratie. C’est énoncer une banalité que de rappeler qu’une République se caractérise entre autres, par la garantie réelle des libertés individuelles et collectives (libertés de pensée, d’opinion, d’expression, de communication, de presse, de réunion, de manifestation, de cortège, de conscience) et par la protection des citoyens contre l’arbitraire et la criminalité politique. Quant à la démocratie, entendue comme « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple », elle a pour fondement, la garantie réelle et la protection véritable des libertés fondamentales et des droits humains (droits à la liberté, à la vie, à des soins de santé de qualité, à un emploi et un salaire décents, à une éducation et une formation professionnelle de bon niveau, à une nourriture nutritive et saine, à un logement décent, à des loisirs sains, à un environnement salubre, à une vie digne). S’agissant du droit à la liberté, l’article 9 de la Constitution du 25 octobre 2015 dispose : « La liberté de la personne humaine est inviolable. Nul ne peut être arbitrairement accusé, arrêté ou détenu ». Sur le même sujet, l’article 11 de la Constitution stipule : « Toute personne arrêtée est informée du motif de son arrestation et de ses droits dans la langue qu’elle comprend. Tout acte de torture, tout traitement cruel, inhumain et dégradant est interdit. Le pouvoir judiciaire, gardien des libertés individuelles assure le respect de ce principe dans les conditions fixées par la loi ». Dans cet esprit, l’article 14 de la Constitution dispose : « Tout individu, tout agent de l’Etat, tout agent des collectivités locales, toute autorité publique qui se rendrait coupable d’actes de torture ou de traitement cruel, inhumain ou dégradant, soit de sa propre initiative, soit sur instruction est punie conformément à la loi ». S’agissant des partis politiques, l’article 58 de la Constitution stipule : « les partis politiques se créent librement autour d’un idéal de paix, d’unité nationale et de développement socio-économique. Ils jouissent de la personnalité morale. L’adhésion à un parti politique est libre. Nul ne peut faire l’objet de mesures discriminatoires en raison de son appartenance à un parti ou du fait qu’il n’appartient à aucune formation politique ». A propos de l’opposition politique, l’article 63 de la Constitution dispose : « L’opposition est reconnue en République du Congo. Elle ne peut subir de limites, quant à son existence et à ses activités démocratiques, que celles imposées à tous les partis politiques par la Constitution et la loi ». A cette disposition constitutionnelle, il convient d’ajouter le principe selon lequel, dans une démocratie, l’opposition politique remplit une fonction tribunitienne, qui consiste pour elle, à mettre en accusation l’action gouvernementale, à critiquer les mauvais choix et les défaillances du pouvoir en place et à proposer des politiques alternatives. Excellence, monsieur le président de la République, La République et la démocratie protègent les différences. Elles garantissent les libertés fondamentales et les droits humains. La République se construit autour des droits inaliénables des citoyens. Elle postule le règne des citoyens égaux en droits. Un régime construit sur la pratique de la violence politique viole les valeurs de la République et de la démocratie. Un Etat démocratique a l’impérieux devoir de protéger les citoyens contre la criminalité politique. Or, sur le plan sécuritaire, dans notre pays et dans la perspective de l’élection présidentielle de mars 2026, en violation flagrante des caractères républicain et démocratique officiellement proclamés du pays, ainsi que des articles 9,11, 14, 58 et 63 de la Constitution en vigueur, articles cités supra, les mœurs barbares à l’œuvre pendant les temps funestes de la JMNR, temps caractérisés par des violences politiques perpétrées par les tortionnaires Mabouaka François, Kouvouama, alias Castro et autres Antoine Ngayot de triste mémoire, sont ressuscitées allègrement. Le mode opératoire est toujours le même : créer un climat d’insécurité dans le pays, dans le sinistre dessein d’intimider les opposants politiques et tous ceux qui ne portent pas le pouvoir actuel dans leurs cœurs, et plus largement, de faire peur aux populations. Cette stratégie de l’intimidation nous a été récemment rappelée dans un audio devenu viral sur les réseaux sociaux, audio diffusé par l’ancien député de Moungali, Heydevert Mouagni. En effet, dans cet audio, l’ancien député, aujourd’hui déchu et en fuite à l’étranger, a révélé que sous le pouvoir dirigé par l’ancien président Pascal Lissouba, les têtes pensantes du camp de l’actuel président de la République, ayant à leur tête, le défunt Oko Camille, avaient mis en œuvre une stratégie visant à créer l’insécurité dans le pays, aux fins de discréditer le pouvoir de l’époque, retourner l’opinion nationale contre lui, amener les populations à regretter la période Sassou, caractérisée selon eux, par le règne de la paix sociale et de la tranquillité de l’ordre public, et partant, de les inciter à exiger le retour au pouvoir de l’ancien président Denis Sassou Nguesso. Aujourd’hui, comme dans les années 1993-1998 au cours desquelles les exécutions extrajudiciaires étaient légion, le pouvoir actuel a remis en train la stratégie de l’intimidation, en vue de se donner les moyens de se maintenir à vie à la barre par la force brutale. Pourtant, lors de la Conférence nationale souveraine de 1991, les participants avaient lancé le cri de cœur suivant, à l’endroit de la classe politique congolaise : « Plus jamais
Présidentielles congolaises de 2026: Primaires de l’opposition congolaise.

LIBRES PROPOS. Réaffirmer ma position. Sur ma Page Facebook, ces derniers temps, des compatriotes de la diaspora de la République du Congo, en France, en appellent à mon apport dans un projet de démarche sur l’organisation des primaires au sein des forces de l’opposition congolaise pour désigner un candidat unique aux élections présidentielles congolaises de mars 2026. Tout en respectant l’opinion de ces compatriotes dans cette affaire de primaire de l’opposition congolaise, je réaffirme ici l’esprit de ma position publiée le 5 juin 2025. En effet, de mon pays, la République du Congo que j’aime intensément, je voudrai qu’il parvienne à une alternative nouvelle, en passant par l’étape de la tenue des états généraux de la nation qui devront aboutir à un compromis politique dont les termes seront à définir pour ouvrir la voie à une élection présidentielle aux normes de transparence, de liberté et de démocratie garanties. Les états généraux de la nation seraient une occasion unique de rassembler toutes les forces vives de la nation pour refonder le pays sur de nouvelles bases et trouver des solutions collectives aux maux profonds qui le minent. Ce qui pourrait contribuer à réduire les tensions et les divisions, nettement visibles au Congo, d’autant qu’elles sont aggravées par les inégalités sociales, la pauvreté, la forte accumulation des biens de la classe au pouvoir et l’extravagance de ceux qui exhibent insolemment des attributs de richesse. Ce à quoi s’ajoute la non indemnisation par les pouvoirs publics des destructions des biens et autres sinistres survenus au pays par le fait des violences politiques et autres catastrophes dont l’Etat est rendu responsable. Reste qu’au regard de toutes les considérations, bonnes ou mauvaises, qui gravitent autour des démarches, pourtant républicaines et bien nobles, comme les états généraux de la nation, les concertations et dialogues, sans exclusive, les compromis politiques, toujours pas bien acceptés par les tenants du pouvoir de Brazzaville, par pur égoïsme et instinct de conservation des privilèges, seule demeure déterminante, dans ces cas, la décision constructive, dans l’intérêt supérieur de la nation, du Président Denis Sassou Nguesso, lui-même, symbole et incarnation de l’expression de l’unité et de la cohésion nationales. Paris 13 juin 2023 Ouabari Mariotti
Quand l’opposition congolaise devient son propre obstacle

HAUT-ET-FORT. Au Congo-Brazzaville, dix-huit partis de la majorité présidentielle se sont récemment réunis pour réaffirmer leur soutien total au président Denis Sassou Nguesso. Cette mobilisation, à la fois massive et sans équivoque, confirme que le chef de l’État incarnera, une nouvelle fois, la candidature unique de sa famille politique à l’élection présidentielle de mars 2026. Face à cette démonstration d’unité, l’opposition congolaise peine à parler d’une seule voix. Plusieurs figures annoncent déjà leur intention de se présenter, sans concertation, sans stratégie commune, et sans vision collective. Une dispersion qui, au lieu de représenter la diversité démocratique, illustre une faiblesse structurelle et un manque de maturité politique. Aujourd’hui, le principal argument de l’opposition congolaise, c’est » Denis Sassou Nguesso doit partir » . Au-delà de critiques souvent virulentes, cette opposition peine à proposer une véritable alternative. Elle est incapable de se rassembler pour porter un programme commun, ni de désigner un leader unique autour duquel fédérer l’espoir populaire. Il est donc crucial de rappeler que la lutte menée par l’opposition congolaises ne doit pas être une lutte contre un homme. Ce n’est pas une bataille personnelle pour faire partir le président Denis Sassou Nguesso car rien ne garantit qu’après lui, la démocratie s’installera d’elle-même. Ce que les partisans de l’opposition exigent c’est bien plus fondamental : l’instauration de la démocratie, de la justice, de la transparence, de l’alternance pacifique, de la liberté de la presse, de la responsabilité politique, de la cohésion sociale et de l’inclusion de la diaspora. Et cette exigence vaut pour tous, majorité comme opposition. Or, au lieu d’incarner cette exigence démocratique, une partie de l’opposition s’enferme dans des comportements contraires aux principes qu’elle revendique. Dernier exemple en date : un opposant, Mr Clément Mierassa, probablement en quête de légitimité, n’a pas hésité à poser un genou à terre pour demander pardon, s’imaginant ainsi s’imposer comme candidat naturel au nom de son âge ou de son statut. Cette genouflexion, loin d’être un acte d’unité, est un symbole de soumission. Elle dénature le débat démocratique. Elle montre combien l’opposition peut se perdre dans le théâtre politique au lieu de construire un avenir commun. Il faut que cela change. Et cela passe par l’organisation de primaires ouvertes au sein de l’opposition. Ces primaires doivent reposer sur une méthode claire et rigoureuse : 1- Création d’un comité d’organisation indépendant, composé de membres de la société civile, de la diaspora, d’intellectuels, d’experts électoraux et de représentants de chaque candidat déclaré. 2- Élaboration d’une charte démocratique, engageant chaque participant à respecter les résultats des primaires et à soutenir le vainqueur. 3- Débats publics et campagnes internes, afin que les Congolais puissent évaluer les candidats sur la base de leur programme, de leur capacité à rassembler, et de leur engagement pour l’intérêt général. 4- Vote transparent et inclusif, organisé à Brazzaville, dans d’autres grandes villes du pays, et dans les communautés de la diaspora (Europe, Amérique du Nord, Afrique centrale…), grâce à des mécanismes adaptés. 5- Proclamation d’un candidat unique, qui portera le projet collectif de l’opposition et qui pourra, avec légitimité, affronter le candidat de la majorité présidentielle. C’est ce processus qui donnera du sens à l’alternance. C’est cette démarche qui prouvera que l’opposition est capable de faire mieux que ce qu’elle dénonce. Refuser d’organiser ces primaires, c’est refuser le jeu démocratique. C’est trahir les attentes des Congolais. C’est un abus de confiance. L’opposition congolaise doit rompre avec les vieilles méthodes. Elle doit sortir de la critique permanente pour entrer dans la proposition constructive. Elle doit démontrer, non par les mots mais par les actes, qu’elle est prête à gouverner autrement. Sinon, elle perd toute légitimité à critiquer ceux qui, eux, ont su préserver l’unité de leur camp et présenter un candidat unique. Il est temps que les grands intellectuels de l’opposition congolaise se penchent avec responsabilité sur la crise qui mine leur camp, afin d’ouvrir, ensemble, un chemin digne des exigences démocratiques que portent les opposants congolais. Louis Modeste ZOUBABELA