Congo : pénurie instituée en mode de gouvernance, Loi suprême transformée en butin, une CID incompétente et violatrice des libertés…( lecture en 5 mins)

PARLONS-EN. Le Congo traverse une période marquée par de fortes tensions économiques et sociales sur fond de pénuries généralisées et récurrentes. Cette situation soulève des interrogations sur le renseignement économique et la protection des intérêts stratégiques du pays devant la gouvernance scabreuse d’Anatole Collinet Makosso (ACM) et le fonctionnement de la Centrale d’intelligence et de documentation (CID) qui inquiète au moment où des ballons d’essai sont lancés sur la révision constitutionnelle et où les libertés ne cessent d’être violées.

La CID face aux crises socio-économiques et aux libertés fondamentales

Dans un État moderne, une centrale d’intelligence et de documentation n’a pas seulement pour fonction de surveiller les menaces politiques ou sécuritaires. Elle contribue également à anticiper les risques susceptibles d’affecter les intérêts fondamentaux du pays : sécurité énergétique, approvisionnement alimentaire, flux financiers, infrastructures stratégiques, marchés des matières premières ou encore stabilité sociale. Mais, celle d’Okassa s’est spécialisée dans le montage des fausses fiches, la corruption, les règlements de comptes et les litiges civils qui ne sont pourtant pas de son ressort, les intimidations, les interpellations hors normes telles que dénoncées dans les rapports de l’ITIE, du FMI, de la DGSE, de Transparency international et autres. En 2024 par exemple, Freedom House et Amnesty International ont maintes fois indexé la CID et avant, l’ex DGST, de se cristalliser autour de la surveillance des journalistes, des syndicalistes, des opposants, etc. Ces accusations se confirment par l’enlèvement de Carl Boniface Maloula, le 23 septembre 2026 qui a été séquestré pendant cinq jours avant d’être déféré devant le juge qui l’a placé à la maison d’arrêt correctionnelle de Brazzaville (MACB), pour  » faux et usage de faux en écriture privée, usurpation d’identité et utilisation des attributs de la fecofoot  » d’après l’accusation. Selon les avocats Lionel Kalina Menga et Andrée Nzingoula, Carl, avocat de son état, a été interpellé en violation des textes qui exigent qu’un avocat soit interpellé en présence du bâtonnier ou du procureur général près la Cour d’Appel sauf, pour crime et délit flagrant ( article 53, loi n°026-92 du 20 août 1992 portant organisation de la profession d’avocat). Carl Boniface Maloula réfute les faits qui lui sont reprochés, son seul crime serait d’être candidat à l’élection de la fecofoot du 26 septembre remportée par des proches de Hugues Ngouolondélé ( Ngapi et Mantot dont la liste qu’il a conduit serait entachée d’irrégularités par deux membres qui étaient exclus, ce qui est contraire à l’article 16/g et k ).

Cette affaire collée sur le dos de Hugues à tort ou à raison, a été déclenchée par Henri Endzanga via la plainte du 18 septembre 2026 ref: 372/SG/FCF/2026 visant sept personnes, au grand plaisir d’Aristide Okassa et collabos qui ont interpellé les six autres mise en cause. La cène s’est déroulée dans un scénario digne de western ( en pleine élection, on coupe la lumière à l’hôtel Fespaco devant les membres de la Fifa et de la CAF puis, les sbires d’Aristide Okassa arrêtent deux membres du Comex et se barent). Si le procès verbal envoyé à la TAS, de la réunion dans lequel l’absence de Carl est dûment attestée est un vrai, alors, sa mise aux arrêts n’est donc autre chose qu’un complot bidon. Les cas d’arrestations arbitraires sont légion au Congo. Il en faut des tribunes pour en parler. Nous aurons le privilège de le faire la semaine prochaine lors de notre intervention au prix Bayeux qui regroupe plus de 3000 élèves, étudiants et travailleurs dont 350 journalistes venus de l’extérieur de la France si bien sûr, la température des apprenants français baisse. ( nous y reviendrons)

La CID d’Aristide Okassa s’est dévoyée. Elle a les pieds et les mains dans le cambouis des intrigues. Son fonctionnement tranche avec celui des renseignements sénégalais et rwandais où la répartition est : 40% sécurité nationale, 30% économie stratégique (pétrole, carburant, food security) et 30% social.

Au Congo, la CID ne se préoccupe pas des stocks de carburant dont le manque entraîne des conséquences graves. Ces agents notamment, ceux du service économique, ne sont pas formés. Ils ne savent pas lire un rapport ITIE sur les écarts de production pétrolière, ni un bilan SNPC, moins encore une courbe des importations de carburant depuis ARA (Amsterdam-Rotterdam)… Ils n’ont appris qu’à intimider, prendre des pots de vin, faire le blocus d’information ascendante. Ils confondent « documentation » et « fichage ». Leur « documentation » n’est pas stratégique comme celle des services spéciaux des pays que nous visitons lors de nos investigations. Chez Okassa, rien que des fiches bidons, pas de base de données scientifiques pour stopper le nombre des décès, les sociétés écrans, la cartographie des flux financiers, le suivi des contrats Coraf/ Total / Eni. La CID d’Okassa n’a pas les capacités nécessaires pour identifier à temps les risques économiques et sociaux susceptibles de provoquer une crise, ni d’alerter sur les menaces stratégiques auxquelles le pays est confronté. Pourtant un véritable dispositif de renseignement d’un pays dont l’économie dépend fortement des hydrocarbures devrait être capable d’analyser les données relatives à la production et aux exportations pétrolières, aux importations de carburants, aux stocks stratégiques, aux contrats des entreprises du secteur énergétique, aux flux financiers internationaux et aux risques pesant sur l’approvisionnement du pays. Ces données devraient être prioritaires puisqu’elles relèvent directement de la sécurité nationale. Peut-on ignorer que les ruptures d’approvisionnement en carburant mettent à mal l’économie du pays. si elles ne le plombent pas, tout simplement.
L’évolution des marchés internationaux, les perturbations logistiques, la dépendance à certaines routes commerciales, le niveau des stocks, la capacité de raffinage, les importations et les risques géopolitiques devraient être l’affaire d’Okassa. Mais hélas…
La pénurie est devenue un mode de gouvernance : elle crée la dépendance, la résignation, le silence, mais un silence dangereux.

Pourquoi réviser la constitution ?

Un certain professeur Doudoumou disparu de la circulation depuis des années, à la place de réfléchir sur les vrais problèmes qui minent l’éducation et la nation, soudoyer par le pouvoir, le voilà subtilement lancer le projet de la révision constitutionnelle. Présentée comme une nécessité institutionnelle, elle est plutôt perçue comme un outil de continuité du pouvoir. Le texte fondamental, loin d’être une protection des citoyens, est manipulé, morcelé, mis en réserve pour servir des intérêts partisans. Doudoumou est seul avec des journalistes qui se taisent devant les massacres d’une façon ou d’une autre des congolais par la DGSP.

Adapter les ordonnances et la loi selon ses besoins

Un État qui ne garantit plus ni eau, ni carburant, ni justice, ni cadre constitutionnel stable perd sa légitimité. Quand la loi devient butin, c’est le contrat social qui est rompu.
94% des populations que j’ai interrogé disent non à la révision constitutionnelle, ni au changement de constitution qui coutera chère pour rien. Les premiers changements où révisions n’ont rien apporté sinon des dépenses et des morts. ACM, Henri Bouka et Cie sont donc incompétents puisqu’ils nous avaient pondu la constitution de 2015 aujourd’hui sans vergogne ils reviennent pour la réviser. Ils doivent s’armer de courage de dire à M. Sassou que le peuple rejette ce projet. Qu’il travaille seulement comme le capitaine Ibrahim Traoré, Oligui Nguema, Paul Kagamé, Mamadou Doumbaya et le peuple lui accordera tout ce qu’il demande.

Ghys Fortune BEMBA DOMBE

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