Congo : cacophonie au sommet de l’État ( lecture en 4 minutes )

PARLONS-EN. À peine reconduits, le Premier ministre Anatole Collinet Makosso (ACM ), le directeur de cabinet à la présidence de la République, Florent Tsiba et le secrétaire général du gouvernement s’emmêlent déjà les pinceaux. Leur retour aux affaires leur donnent du tournis au point de confondre les noms des animateurs des départements ministériels, prendre maladroitement des notes et laisser M. Sassou valider des décrets d’une architecture contre la constitution. Les consultations recommandées le 22 avril à ACM ont été menées au pas de charge avec un bandeau bien noir sur les yeux pour ne pas distinguer les visages. On se demanderait si les personnalités figurant sur le décret n° 2026-176 du 24 avril 2026 ont effectivement été consultées, vues et reçues pour un entretien préalable et si elles sont à la hauteur des missions. Tenez, après une première polémique survenue le 23 avril 2026 à la suite de ses propos sur l’expression « Mokolo Tonga » (propriétaire de l’aiguille, en lingala) empruntée au musicien Luambo Makiadi, nombreux espéraient un ressaisissement de ACM qui s’était illustré par une incroyable vulgarité indigne de son rang et de sa fonction, grosse erreur !La confusion de l’identité d’un ministre peut être interprétée comme un détail à banaliser, tant elle relève d’un lapsus calami que peut commettre tout un humain.C’est pourtant dans le détail que se cache souvent le diable.Et ce diable a été révélé lors du conseil de cabinet tenu le 27 avril qui a débouché sur la note de service n°0009 PM-CAB du 28 avril 2026 portant correction de l’identité du ministre en question.Cela met en lumière des fragilités préoccupantes dans la gestion de la parole et des procédures administratives au sommet de l’État. Cela interroge également le juridique, l’administratif et la qualité des hommes qui dirigent le Congo Les observations Les frères Nzé ne sont pas nés d’une grossesse gémellaire pour qu’une confusion de haute voltige ait puse faire. Serge est passé comme lettre à la poste, et tout le gotha administratif n’y a vu que du feu, depuis le décideur suprême jusqu’au secrétaire général en passant par le directeur de cabinet. Les paraphes et les signatures ont été apposés les yeux fermés. La pédale de l’accélérateur s’est enfoncée sur le plancher, et tout est allé vite, trop vite au point de ne plus reconnaître les règles administratives :la correction d’un acte officiel, tel qu’un décret, relèverait d’une autorité de niveau équivalent ou supérieur, notamment la présidence de la République. Une note de service, généralement destinée à un usage interne, ne saurait modifier ni contredire un décret. Parallélisme de forme oblige, le rôle de clarification ou de rectification reviendrait davantage aux services compétents de la présidence, notamment du directeur de cabinet, Florent Tsiba qui doit repartir sur le plateau de télé Congo muni d’un décret de modification en bonne et due forme. Dans ce contexte, la note pondue par le premier ministre est illégale et confirme que le décret n°2026-176 du 24 avril est un faux. Le chef de gouvernement a fait usage de faux. Oko Ngakala ou la haute cour de justice devraient s’auto-saisir de cette forfaiture, parce qu’elle en est une. Toute la chaîne administrative devrait être désavouée. Il est clair que la précipitation et la pression ont présidé à la prise du décret présidentiel. M. Sassou a-t-il encore les facultés de contrôle? Pris dans un tourbillon où le clan, la famille, les partenaires politiques et les amis, veulent chacun une part du gâteau et pensent à la succession, le président a les pieds et les mains liés. On lui fourgue tout. Le Congo est en péril. Cet épisode relance le débat sur l’encadrement et le choix des conseillers qui fourmillent autour du Premier ministre. La compétence y est un pari difficile à réaliser. Le quinquennat qui commence augure l’échec si le ménage, sans état d’âme, n’est pas fait. ACM doit renforcer la rigueur administrative et mettre en place des outils de contrôle efficaces. La complaisance risque de lui coûter cher. A l’époque du général Jacques Joachim Yhombi Opangault, le dircab de la primature, les conseillers administratif, juridique, politique et celui de la communication devraient être remerciés ou mis en examen, à défaut de les recycler. Ghys Fortune BEMBA DOMBE
Congo. Une recomposition gouvernementale aux accents stratégiques sur l’empreinte de Jean Jacques Bouya

PARLONS-EN. L’annonce du nouveau gouvernement conduit par Anatole Collinet Makosso constitue un signal politique majeur dans la reconfiguration des équilibres internes du pouvoir en République du Congo. Au-delà de sa composition formelle, cette équipe gouvernementale révèle des dynamiques d’influence et des rapports de force qui dépassent le cadre institutionnel. L’analyse de cette nouvelle architecture gouvernementale suggère l’émergence d’un centre décisionnel structuré autour de Jean-Jacques Bouya, vice-Premier ministre et acteur clé du dispositif étatique. La distribution des portefeuilles, loin d’être neutre, semble refléter une stratégie de consolidation d’un réseau d’alliances politiques et administratives lui étant favorable. Dans cette configuration, le Vice Premier ministre apparaît davantage comme un pivot institutionnel que comme un véritable centre d’impulsion politique, laissant entrevoir une dissociation entre pouvoir formel et pouvoir réel. Une stratégie d’occupation des leviers régaliens L’un des éléments les plus significatifs réside dans le contrôle, direct ou indirect, des ministères dits régaliens (Intérieur, Finances, Affaires étrangères, Énergie). Cette mainmise stratégique permet de sécuriser les instruments essentiels de gouvernance, de régulation économique et de projection diplomatique. Une telle configuration traduit une logique classique de verrouillage institutionnel dans les systèmes politiques caractérisés par une forte personnalisation du pouvoir. La bataille de succession : un enjeu central. En toile de fond, cette recomposition s’inscrit dans la perspective de la succession du président Denis Sassou Nguesso. Dans cette compétition implicite, Jean-Jacques Bouya semble prendre une longueur d’avance en structurant un appareil politique loyaliste et opérationnel. Face à lui, Denis Christel Sassou Nguesso incarne une autre hypothèse qsuccessorale, reposant notamment sur un éventuel réaménagement constitutionnel qui pourrait redéfinir les équilibres institutionnels en sa faveur. Des réseaux d’influence étendus, y compris au sein de l’opposition Un autre aspect notable réside dans la capacité d’influence transversale attribuée à Jean-Jacques Bouya, qui dépasserait les frontières de la majorité présidentielle. Certains acteurs politiques, y compris dans l’opposition, seraient perçus comme entretenant des relations de proximité ou de dépendance stratégique avec son réseau. Cette porosité des clivages politiques témoigne d’un système où les logiques d’allégeance et de positionnement priment parfois sur les oppositions idéologiques formelles. Un jeu d’acteurs encore ouvert Si certains prétendants à la succession semblent s’être effacés, à l’instar de Jean-Dominique Okemba, d’autres acteurs majeurs demeurent en observation stratégique, prêts à intervenir en fonction de l’évolution du rapport de force. Dans ce contexte, des figures comme Pierre Oba pourraient jouer un rôle d’équilibre ou de régulation au sein de l’appareil sécuritaire et politique. Conclusion : une dynamique de transition sous tension Au total, la formation de ce gouvernement apparaît comme une étape dans un processus plus large de transition politique anticipée. Elle traduit une volonté de structuration du pouvoir en vue de l’après-Denis Sassou Nguesso, dans un contexte où les scénarios de succession semblent déjà en gestation. Toutefois, la fluidité des alliances, la multiplicité des acteurs et les incertitudes institutionnelles laissent ouverte l’issue de cette compétition stratégique. L’évolution de cette séquence politique dépendra autant des équilibres internes que des variables exogènes, régionales et internationales. George Orwell : « Le pouvoir n’est pas un moyen, il est une fin. » Fait à Tours, le 27 Avril 2026. Evrard NANGHO Le Patriote Engagé
Congo – gouvernement : blocage ou choix de l’immobilisme devenu une doctrine ? ( lecture en 5 minutes )

PARLONS-EN. La reconduction d’Anatole Collinet Makosso (ACM) au poste de Premier ministre, acté par décret n°2026-174 du 22 avril 2026, suivie du maintien d’environ 95% des membres de son équipe gouvernementale deux jours plus tard ( décret n° 2026-176 du 24 avril ) n’est pas une surprise. C’est un signal d’un pouvoir qui, face à l’usure, choisit non pas de se réinventer, mais de se replier. Nous l’avons dit, le président Denis Sassou Nguesso n’a plus des coudées-franches pour rompre avec les combines, et nommer utilement des personnalités qui tiendraient tête aux caciques du PCT. Il reste otage des contingences claniques, des allégeances amicales et des pressions politiques qui n’offrent aucune perspective heureuse pour le bien être des congolais. Bis repetita ! Le Congo continuera avec les mêmes Hommes, les mêmes méthodes, et assurément les mêmes résultats. Car, il ne faut pas se tromper sur le gouvernement à quadruple tête : ACM, Jean Jacques Bouya (JJB), Françoise Joly et Julienne Nguesso (Joujou). JJB, patron de l’axe Bokouelé – Tchikapika a sous lui, Christian Yoka, Prince Bahamboula, Eboucka Babackas, Lydia Mikolo, Paul Valentin Ngobo, Pierre Mabiala, Rigobert Maboundou, Ludovic Ngatsé, il est le véritable Premier ministre qui doit ramener l’argent qu’il a placé çà et là. Il lorgne le fauteuil présidentiel même s’il n’a pu propulser Serges Oboa à l’interieur et Gilbert Ondongo dircab. Les Hydrocarbures bien que gérés par Stev Onanga, sont une chasse gardée familiale via Joujou, liée à l’axe Gamboma-Ollombo-Oyo. Le maintien de Rosalie Matondo, Hugues Ngouélondélé, Ngouonimba Rodrigues et l’arrivée de Christ Kaba Mboko sont du ressort dudit axe. De même, Pierre Oba et Bruno Jean Richard Itoua après toutes les bourdes ont été maintenus par Joujou et Junior Omar Denis Bongo. Ce dernier vient d’entrer en scène, surtout par l’économie numérique. L’eldorado qu’ils vont gérer à partir du think tank « Initiative pour la Prospérité en Afrique Centrale (IPAC) ». Il rassemble une équipe d’économistes de renommée internationale, dont Hervé Assah Matsika, Ha-Joon Chang, (Pr. Cambridge, SOAS) Spécialiste des questions de politiques industrielles, ayant travaillé avec l’Union Africaine, les États Brésilien, Ethiopien et Sud-Africain ainsi qu’avec Efosa Ojomo (Harvard), spécialiste des questions d’innovation, Directeur du Groupe de Recherche sur la Prospérité Mondiale à l’Institut Clayton Christensen. La sécurité est confiée au Général Ollessongo pour discipliner et repréciser le rôle de chaque entité ( gendarmerie, DGSP-GR, CID, la police et la DGAF ou Innocent Pea confond tout dans l’obsession d’accéder au grade de général.Florent Ntsiba pistonne Malanda Rodrigues pour continuer le pillage après le Figa ou il ne voit plus » clair « . N’Silou est sauvé par son deal avec les partis, l’hospitalité accordé autrefois à Ma Antou mais surtout pour le charnier de…Le général Mondjo tout comme Émile Ouosso, a été écarté en raison de leur relation amicale avec JDO. Ils ont également été ciblés à cause des querelles discrètes avec Joujou : Ouosso concernant l’électricité et Mondjo pour son soutien à Denis Gokana, qui se retrouve en désaccord avec Joujou sur divers sujets tels que, HEMLA, AOGC, Pétro Congo Puits de pétrole , PétroCongo et autres. ACM n’est pas revenu à la primature en raison des résultats de son précédent quinquennat, dont les réussites sont difficiles à cerner dans un pays où l’électricité ( pourtant essentielle au développement) fait défaut, et où les décès se comptent quotidiennement, conséquences des choix priviligeant des dépenses de prestiges au détriment d’équipements des hôpitaux de plateaux techniques complet et de payer à juste titre le personnel médical. Son retour, accompagné de son équipe, s’inscrit plutôt dans une logique d’ornementation au sein de l’architecture du pouvoir. ACM apparaît comme un « rideau ya ndako » destiné à absorber l’usure et neutraliser les ambitions concurrentes. Dans un système où la compétence peut devenir une menace, les intrigues et la loyauté restent les seules valeurs sûres. Tous ces choix interviennent au plus mauvais moment. Les données budgétaires de 2026 sont sans appel, témoins : la loi des finances 2026 affiche un déficit hors pétrole, pression de la dette, marges de manœuvre quasi inexistantes avec des recettes de l’ordre de, 2501, 391 milliards de fcfa, et des dépenses de de 2267,167 milliards, mais aussi un solde primaire hors pétrole négatif de 461,662 milliards fcfa et des charges de trésorerie-financement de 1479,732 milliards de fcfa, dont 800 milliards liés à la dette des OTA/BTA. Dans ce contexte, le Congo a besoin d’un gouvernement résolument tourné vers le redressement économique : gestion de la trésorerie, amélioration de la productivité fiscale, réforme de la gouvernance des entreprises publiques, discipline contractuelle et renégociation financière. Le Congo se retrouve avec un gouvernement d’équilibre politique où Yoka Christian reste aux finances et budget, Djombo, Nzé, Onanga et Mikolo par consensus de 3/4 des premiers ministres et M. Sassou. Décalage lourd de conséquences Il faut le dire clairement qu’ACM n’est pas la cause mais le symptôme. Encore faut-il qu’il ait suffisamment appris de ses turpitudes et de ses défaillances. L’histoire politique montre que les systèmes qui refusent de se réformer finissent presque toujours par être rattrapés ( souvent brutalement) par la réalité. A-t-il pris de l’étoffe pour ne plus tomber dans la mesquinerie ? Ses premières déclarations, largement relayées sur les réseaux sociaux sont très bas pour un premier ministre se réclamant « chrétien ». Au lieu de rendre grâce à Dieu où d’exprimer sa reconnaissance envers son bienfaiteur Sassou, il a préféré narguer la population en parlant de « Mokolo Tonga » comme s’il était né avec la fonction de premier ministre. Quant à la digitalisation qu’il met en avant, elle semble lui avoir échappée d’autant qu’il a mis en quarantaine la candidature de Luc Missidimbazi à l’UAT. Pire, aucune initiative numérique, ni société des télécoms n’ont été soutenues durant le quinquennat écoulé ( les acteurs du secteur peuvent le temoigner. Les couacs du premier ministre risques de se multiplier s’il continue avec les mêmes conseillers. Que devient Sassou ? À 82 ans, on est plus en totale capacité mentale, la nature imposant des limites. À ce niveau
Démission du Gouvernement : Collinet Makosso réunit un Conseil de cabinet afin de baliser la gestion des affaires courantes

BRAZZAVILLE. À la suite de la démission du Gouvernement, la Primature de la République du Congo a rendu public un communiqué portant sur la tenue d’un Conseil de cabinet consacré à la gestion des affaires courantes, à lire ci-dessous. « Quelques heures seulement après la remise officielle de sa démission et de celle de son Gouvernement au Président de la République, le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Anatole Collinet Makosso, a réuni un Conseil de cabinet à Brazzaville afin de baliser la gestion des affaires courantes. Cette réunion, tenue dans un contexte institutionnel marqué par la réélection du Chef de l’État et son investiture récente, s’inscrit dans le strict respect des dispositions constitutionnelles, notamment l’article 83 de la Constitution du 25 octobre 2015. Elle visait principalement à assurer la continuité de l’action gouvernementale jusqu’à la mise en place d’une nouvelle équipe. Au cours des échanges, le Premier Ministre a donné des orientations claires aux membres du Gouvernement démissionnaire quant à la conduite des affaires courantes. L’accent a été mis sur la nécessité de maintenir la stabilité administrative, de garantir le fonctionnement régulier des services publics et d’éviter toute rupture dans le traitement des dossiers prioritaires de l’État. Anatole Collinet Makosso a également saisi cette occasion pour exprimer sa reconnaissance aux membres de son équipe. Il a salué leur engagement, leur sens du devoir et leur abnégation tout au long du quinquennat écoulé. Il a en particulier mis en avant le climat apaisé ayant caractérisé la gouvernance durant cette période, facteur ayant contribué à la cohésion institutionnelle et à la stabilité du pays. Ce Conseil de cabinet marque ainsi une étape transitoire importante, en attendant la nomination d’un nouveau Gouvernement, appelé à poursuivre la mise en œuvre du programme du Président de la République pour le nouveau mandat ».
Congo/Société : Le nouveau siège du Registre Social Unique officiellement livré

Inauguré après six mois de travaux intensifs, en présence du premier ministre, Anatole Collinet MAKOSSO et la ministre des affaires sociale, Irène Marie Cécile MBOUKOU-KIMBATSA, ce nouveau bâtiment de type R+2 s’impose comme le futur centre névralgique de l’inclusion sociale. Ralliant performance architecturale et accessibilité, l’ouvrage a été conçu pour offrir un service digne aux populations les plus vulnérables. Un outil moderne au service de l’équité C’est un tournant majeur pour le service public. Le nouveau bâtiment « Initiatif », destiné à abriter le Registre Social Unique (RSU), a été officiellement réceptionné. Pensé pour être à la fois fonctionnel et inclusif, ce projet reflète une ambition claire : moderniser l’administration pour mieux servir les citoyens.D’une emprise au sol de 413 m² sur une superficie totale de 1 666 m², cet édifice de type R+2 avec toiture-terrasse a été bâti selon des standards de qualité rigoureux. L’accent a été mis sur l’accessibilité, avec l’installation d’un ascenseur de six places et des aménagements spécifiquement dédiés aux personnes à mobilité réduite (PMR). Une organisation optimisée pour le bien-être L’agencement intérieur a été minutieusement étudié pour fluidifier l’accueil du public et optimiser les conditions de travail du personnel :• Rez-de-chaussée : Pôle opérationnel comprenant une salle d’enrôlement et de production, une salle de formation, des archives, un réfectoire et des bureaux administratifs.• 1er et 2ème étages : Espaces de direction et de concertation, regroupant quatorze bureaux, des salles de réunion équipées et des zones d’attente confortables.L’extérieur n’est pas en reste : une clôture sécurisée avec guérite, un groupe électrogène pour l’autonomie énergétique, une bâche à eau de et un parking en béton armé complètent l’ensemble. Un défi technique et financier relevé Lancés en mars 2024, les travaux ont été achevés en un temps record de six mois. Malgré des contraintes logistiques de taille, les entreprises Entreprise des Travaux d’Afrique et Bureau Top Iris ont livré l’ouvrage dans le respect des délais.Le coût global de l’investissement s’élève à 663 722 125 francs CFA TTC, réparti en deux lots principaux :• Lot 1 : 550 millions FCFA.• Lot 2 : 113,7 millions FCFA. Une vision pour le développement social Au-delà du béton, cet ouvrage incarne une vision politique. Lors de la cérémonie, les intervenants ont tenu à remercier le Premier ministre ainsi que la ministre des Affaires sociales, de la Solidarité et de l’Action humanitaire pour leur soutien indéfectible.Ce bâtiment est un levier essentiel pour une meilleure prise en charge des populations. Il est l’exemple de ce que la collaboration entre institutions publiques et acteurs techniques peut produire de mieux pour la justice sociale.Ce nouveau siège ne se contente pas d’offrir des bureaux ; il devient le symbole d’un service public plus structuré, plus équitable et résolument tourné vers l’avenir. Wilfrid Lawilla D.
Congo : Kakamoeka, le rituel salvateur d’Anatole Collinet Makosso pour survivre au pouvoir ? ( Lecture en 4 minutes )

PARLONS-EN. Le deuxième Conclave des filles et fils du Kouilou s’est tenu le 31 janvier 2026 à KAKAMOЕКА sous le « haut patronage » du Premier ministre Anatole Collinet Makosso (ACM). Loin d’un simple rassemblement culturel, cet événement à Kakamoeka – nom signifiant « notre grand ancêtre » en vili – apparaît comme une manœuvre stratégique pour ancrer sa survie politique dans les forces spirituelles du terroir vili, au cœur d’une région marquée par la pauvreté et l’histoire kongo-vili. Il s’agit d’une centralisation masquée en rassemblement ethnique. ACM n’était pas un simple invité : il présidait le conclave, son comité préparatoire et d’organisation. Cette concentration de pouvoirs traduit une recentralisation symbolique, où l’État s’approprie les périphéries culturelles. Objectif affiché ? Court-circuiter les institutions républicaines pour soutenir ou viser une succession à M. Sassou, via un rituel initiatique réservé aux initiés. Alliance inédite entre État et traditions Le conclave a réuni trois légitimités : républicaine (préfets, parlementaires), territoriale (conseils départementaux, maires) et traditionnelle (Roi de Loango Moe Mpaka Siindji N’tukuni, dignitaires buali, sages yombé, kugni, vili et lumbu). Pas de folklore : ces actes – oracles royaux, invocation du « Grand Ancêtre », installation de gouverneurs traditionnels – hybrident pouvoir étatique et anthropologie.Lorsque le Professeur Placide Moudoudou plaidait en 2015 pour un serment présidentiel via le « Nzobi », il a été raillé alors qu’il exprimait une réalité congolaise. Vous conviendrez que, la présence centrale du putatif « Roi de Loango », les actes évoqués plus haut et le rituel d’invocation du « Grand Ancêtre » constituent des taches occultes. ACM les intègre dans le protocole officiel quoiqu’il ait été un des farouche opposant au Pr Moudoudou qui n’a pas reconnu son doctorat en droit réalisé à partir du diplôme de l’ENAM qui est une école professionnelle inhabilitée à délivrer des M2 Recherche/DEA/Doctorats. Ce choix révèle une posture stratégique sélective et perfide, clairement adossée à une volonté manifeste de transformer la tradition en ressource de gouvernement à son seul profit. Le rituel devenant non pas un contre-pouvoir, mais un auxiliaire de légitimation de l’ordre étatique en devenir pour la prochaine présidentielle. Quelles sont donc les fins non avouées in fine ? Celles de soutenir M. Sassou comme proclamé urbi et orbi ou plutôt les siennes propres secretum en opérant la substitution ésotérique parfaite ? Pour plus d’une personne, ACM instrumentalise ces rites pour sa légitimation, transformant la tradition en levier électoral. Tradition dépossédée, ambitions ésotériques La démarche engagée par ACM est donc pleine d’ambiguïtés. En présidant un conclave qui mobilise l’ensemble des forces vives locales, il se place au cœur d’un dispositif de médiation politique qui veut court-circuiter les institutions représentatives classiques. Ce conclave devient alors un espace para-institutionnel de production de consensus, où la parole coutumière et l’autorité morale peuvent peser sur les orientations publiques tenues par le droit positif, sans passer par les mécanismes délibératifs reconnus. Elle devient un cénacle d’élévation ésotérique (caché) situé à Kakamoeka (i-e Nkaka li muek = notre grand ancêtre) lieu éponyme de résidence de la sirène-mère Mwé Kikambissi, déesse tutélaire des lieux. Si avant l’appel des forces se faisait depuis Diosso, la translation opérée par ACM relève de mélanges des pratiques Yombé et Vodu issus des pêcheurs Popo (Béninois) installés à Madingou-Kayes depuis la construction du chemin de fer et dont les « métissages » ont abouti au Premier Ministre. On note donc non seulement une volonté de dépossession des Ba-Vili de leurs propres outils de gouvernance ( Vincent Gomez dépositaire du Nkobi à Diosso ostracisé ; Les Bouiti-Viaudo marginalisés alors qu’ils sont les enfants du Bi-witi ; les Goma-Sylvain et Dello Thomas banalisés alors qu’ils sont les uniques gardiens du dernier Tchibila des mânes ; les Portella-Yoyo-Gomez effacés alors qu’ils sont les Mfumu Ntoto de Mpita ; etc.). Promouvoir la fille de Mounthault dans ce contexte paraît comme une duplicité de l’arbre sensé cacher la forêt puisqu’au final, elle risque de servir comme agneau sacrificiel prisé par le rite opéré. Un duel invisible vers la prochaine présidentielle Le travail para-institutionnel engagé depuis la consécration de l’église nouvelle Saint Christophe ayant permis l’accès aux reliques de Mgr Godefroid Poity (c.f notre publication du 5 août 2025) se prolonge à Kakamoueka dans un geste ritualisé envers la Génie à la confluence de trois lacs sur la » Cité des grands lacs » qui servirait d’autel d’appel depuis 2024 date de la dernière vo. Ledit travail produit un consensus ésotérique, contournant les délibérations classiques. Soutien à M. Sassou qui a prévu annoncer sa candidature le 7 janvier ou substitution secrète ? Le chemin de l’enfer est toujours pavé de bonnes intentions. Les combats à venir, traduisant ces forces invisibles, s’annoncent âpres. Certes, il est difficile de savoir si ACM et Cie, ivrent du pouvoir abandonneront le syncrétisme et les appétits démesurés, mais ceux qui défendent justice, vérité et liberté, l’heure est venue. Ghys Fortuné BEMBA DOMBE
Congo. Bilan du quinquennat 2021-2025 : quand Denis Sassou Nguesso délègue sa parole et confisque le débat national

Un aveu de faiblesse politique, et peut-être aussi de peur d’affronter les Congolais « Si tu veux cacher quelque chose aux Congolais, mets-le dans un livre. » Dans toute République qui se respecte, la présentation du bilan présidentiel constitue un moment politique majeur. Elle marque l’instant où le chef de l’État accepte de sortir du confort institutionnel pour se soumettre à l’exigence démocratique de la reddition de comptes. C’est un face-à-face symbolique avec le peuple, un exercice de vérité où le président assume ses choix, ses réussites comme ses échecs. Au Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso a choisi de s’extraire de cet exercice fondamental. Un bilan présidentiel sans président Le bilan du quinquennat 2021-2025 n’a pas été présenté par Denis Sassou Nguesso lui-même, mais par son Premier ministre, Anatole Collinet Makosso, à travers un ouvrage intitulé « En toute transparence, le bilan du quinquennat (2021-2026) », présenté le 22 décembre 2025 devant l’Assemblée nationale et le Sénat réunis en Congrès. Ce simple fait pose déjà un problème politique majeur : comment un président de la République peut-il rendre compte de son mandat sans prendre lui-même la parole devant la nation ? La reddition de comptes est une responsabilité personnelle, indissociable de la fonction présidentielle. Elle ne peut être ni déléguée ni externalisée sans en vider le sens. Plus encore, ce silence présidentiel soulève une question constitutionnelle fondamentale. Si le président de la République se trouve dans un état — physique, mental ou institutionnel — qui l’empêche d’assumer pleinement ses fonctions, la Constitution congolaise définit clairement les règles, les procédures et les voies à suivre. L’empêchement du chef de l’État n’est ni une hypothèse informelle ni un arrangement politique ; il est strictement encadré par le droit constitutionnel afin de préserver la continuité et la clarté de l’État. Or, au lieu de s’inscrire dans ce cadre légal, le pouvoir a préféré inventer un scénario ambigu : un président silencieux, un Premier ministre qui parle en son nom, un livre servant de support politique, et un Parlement acquis d’avance. Cette mise en scène ne correspond à aucune procédure constitutionnelle clairement identifiée. Elle entretient le flou, alimente les interrogations et ouvre la voie à toutes les spéculations, là où la Constitution aurait dû servir de seule boussole. En déléguant cette mission régalienne à son chef de gouvernement, Denis Sassou Nguesso donne l’image d’un pouvoir qui se cache derrière ses institutions, plutôt que de les assumer pleinement et d’en respecter l’esprit. Les voies traditionnelles de la reddition de comptes présidentiels Dans les régimes démocratiques, y compris en Afrique, la présentation du bilan présidentiel emprunte des voies bien établies. Un président de la République s’adresse traditionnellement à son peuple par : une adresse solennelle à la nation, diffusée à la radio et à la télévision ; un discours devant le Parlement, suivi ou non d’un débat contradictoire ; une conférence de presse, permettant aux journalistes d’interroger le chef de l’État ; des tournées nationales, au contact direct des populations ; ou encore un rapport officiel public, largement diffusé et accessible. Ces mécanismes ont un objectif commun : instaurer un minimum de dialogue entre le pouvoir exécutif et les citoyens. Denis Sassou Nguesso a délibérément évité toutes ces voies. Un Congrès transformé en chambre d’adoration La présentation du livre devant les deux chambres réunies en Congrès, dans un Parlement où le président dispose d’une majorité absolue, a davantage ressemblé à une cérémonie de célébration qu’à un exercice institutionnel de contrôle. La scène évoque un service religieux : le pasteur proclame la parole, et l’assemblée répond unanimement « Amen ». Aucun débat réel, aucune contradiction, aucune remise en question du contenu du bilan. Le Parlement, censé incarner la souveraineté populaire, s’est mué en simple chambre d’enregistrement. Le livre comme outil d’évitement politique Le choix du livre comme support de présentation du bilan n’est pas neutre. Une boutade populaire affirme : « Si tu veux cacher quelque chose aux Congolais, mets-le dans un livre. » Derrière l’ironie se cache une réalité sociale préoccupante : la lecture a perdu sa place dans les écoles et dans la société congolaise. La culture du livre s’est effritée, le débat écrit s’est raréfié, et l’on voit aujourd’hui des lecteurs se plaindre de la longueur d’articles ne dépassant pas trois pages dactylographiées. Dans ces conditions, publier un bilan présidentiel sous forme d’ouvrage revient moins à informer qu’à neutraliser l’impact du message. Le livre devient ainsi un outil de dissimulation politique par l’inaccessibilité, non par le secret. Un bilan préfacé par le président lui-même Autre singularité troublante : l’ouvrage est préfacé par Denis Sassou Nguesso lui-même. Cette auto-préface illustre une logique de pouvoir fermée sur elle-même, où le président se juge, se valide et se félicite sans regard extérieur. Dans une démocratie vivante, un bilan est confronté à l’analyse des parlementaires, des experts, de la société civile et des citoyens. Ici, le pouvoir se contente de son propre écho. L’impossibilité du face-à-face avec le peuple Pourquoi éviter la parole directe ? La réponse se trouve dans la réalité sociale du Congo-Brazzaville. Comment s’adresser sereinement à un peuple : privé de salaires réguliers ; privé de pensions de retraite ; privé de bourses d’études ; privé d’eau potable et d’électricité ; privé de soins médicaux accessibles ; privé d’une éducation de qualité ; privé de routes et d’infrastructures de base ? Regarder ce peuple droit dans les yeux suppose un courage politique que le pouvoir semble avoir perdu. Une transparence proclamée mais jamais pratiquée Le titre « En toute transparence » apparaît dès lors comme un slogan vidé de sa substance. La transparence ne se proclame pas dans un livre présenté devant un auditoire acquis ; elle se construit par le débat, la contradiction et l’accès réel à l’information. Conclusion Ce qui s’est joué le 22 décembre 2025 dépasse la simple présentation d’un bilan. C’est le symbole d’un pouvoir qui refuse le face-à-face avec la nation, qui contourne les règles constitutionnelles et qui confond communication politique et gouvernance responsable. Un bilan sans parole présidentielle directe,
La Banque africaine de développement et la République du Congo signent le protocole d’accord pour l’organisation des assemblées annuelles 2026

Le Groupe de la Banque africaine de développement et la République du Congo ont signé, vendredi 19 à Brazzaville, un protocole d’accord ainsi que le premier aide-mémoire en vue de l’organisation des prochaines Assemblées annuelles de l’institution, prévues du 25 au 29 mai 2026 dans la capitale congolaise. La cérémonie s’est tenue en présence de Anatole Collinet Makosso, Premier ministre de la République du Congo ainsi que d’autres membres du gouvernement congolais. Les Assemblées annuelles 2026, du Groupe de la Banque comprendront la 61ᵉ Assemblée annuelle de la Banque africaine de développement et la 52ᵉ Assemblée du Fonds africain de développement, guichet de prêts à taux concessionnels du Groupe destiné aux pays africains à faible revenu. Le protocole d’accord, qui précise le cadre juridique et organisationnel de la rencontre, a été paraphé par Ludovic Ngatsé, ministre de l’Économie, du Plan, de la Statistique et de l’Intégration régionale et gouverneur de la Banque pour la République du Congo, et par Vincent O. Nmehielle, Secrétaire général du Groupe de la Banque africaine de développement. La signature du protocole d’accord et de l’aide-mémoire intervient au terme de la première mission préparatoire des Assemblées annuelles menée par une délégation du Groupe de la Banque entre le 11 et le 19 septembre au Congo. Pour le ministre Ngatsé, « cette première mission d’organisation des 61ème Assemblées du Groupe de la Banque a été utile et riche. Utile, car elle a permis aux parties d’échanger sur les cadres organisationnels mis en place de part et d’autre, en vue de disposer de structures institutionnelles dédiées … riche, car elle nous a tous permis non seulement de prendre la mesure de nos engagements, mais également de mieux connaitre les différentes tâches qui nous incombent ». Cette signature marque une étape importante dans le programme des Assemblées annuelles 2026. Elle reflète une compréhension commune des conditions nécessaires à sa réussite ainsi qu’un engagement partagé dans des domaines clés comme l’organisation logistique, la sécurité, l’accueil, les services linguistiques, l’hébergement, les transports, les technologies de l’information et les réunions statutaires. « Par la signature de ce protocole d’accord, le gouvernement de la République du Congo s’engage à fournir les biens et services nécessaires à l’organisation efficace et au bon déroulement des Assemblées annuelles, conformément aux règles et procédures de la Banque en matière de passation de marchés. Par un dialogue permanent avec le pays hôte, la Banque s’emploiera également à garantir le respect des normes de qualité des Assemblées annuelles à tout moment », a déclaré M. Nmehielle. Rendez-vous statutaire du Groupe de la Banque, ces Assemblées permettent aux Conseils des gouverneurs et à la direction de l’institution de dresser le bilan de l’année écoulée et d’adopter des résolutions stratégiques pour accélérer le développement du continent. Parallèlement à cette signature et afin de préparer efficacement l’échéance de mai 2026, les deux parties ont également officialisé le premier aide-mémoire de la mission préparatoire. Ce document a été paraphé le même jour par Sylvain Lekaka, directeur de cabinet du ministre congolais de l’Économie, du Plan, de la Statistique et de l’Intégration régionale, et par André Basse, chef de la Division du protocole, des privilèges et immunités du Groupe de la Banque africaine de développement. Premier d’une série de trois, cet aide-mémoire détaille les travaux à réaliser par les autorités congolaises afin d’assurer une organisation fluide et offrir une expérience optimale aux représentants des gouvernements, partenaires et autres parties prenantes. Les Assemblées annuelles du Groupe de la Banque attirent chaque année plus de 3 000 participants : gouverneurs et administrateurs de la Banque, partenaires du développement, philanthropes, chercheurs, acteurs du secteur privé, représentants de la société civile, médias, ainsi que les équipes dirigeantes et le personnel de l’institution. Leur tenue dans un pays membre obéit à un principe de rotation. La République du Congo accueillera les Assemblées pour la deuxième fois depuis la création de l’institution en 1964, après une première édition en 1984 à Brazzaville. Les Assemblées 2026 seront les premières à se dérouler sous la présidence de M. Sidi Ould Tah, élu le 29 mai dernier à la tête du Groupe de la Banque. La coopération entre le Groupe de la Banque africaine de développement et la République du Congo a démarré en 1972. Depuis, l’institution a approuvé des projets et programmes pour une valeur cumulée de 1,27 milliard de dollars. Le 30 juin 2025, le portefeuille actif du Groupe de la Banque au Congo comptait neuf opérations souveraines pour un engagement total d’environ 223,3 millions de dollars américains, reparti entre les secteurs suivants : transports, agriculture, finance, énergie et eau & assainissement. Afdb