
OPINION. C’est férié au Congo aujourd’hui. Tous les 10 juin on y commémore en effet la fin de la conférence nationale souveraine et ses acquis: la démocratie, la justice, la tolérance, le pluralisme politique, le vivre ensemble harmonieux, l’état de droit, la méritocratie… bref tout le contraire de ce qui caractérise aujourd’hui ce pays, a sa fête.
Sa démocratie parmi les plus fausses que le continent n’a engendré, sa justice sélective menace et retient derrière les barreaux tout opposants sincères tandis que les abus de biens sociaux sont ignorés d’elle, le pluralisme politique est complètement inexistant avec un parti unique de fait qui comme chacun sait ne peut pas gagner une élection honnête au Congo, l’apartheid tribaliste écrase la société, la liberté de parole est un suicide et l’accès aux prébendes de l’Etat ne s’obtient qu’au prix de l’encensement du régime.
C’est tellement gênant pour les autorités que les médias d’Etat s’abstiennent de rappeler les circonstances de cette date. Il faudrait alors dire que sous le règne de celui qui est toujours au pouvoir, la liberté de parole fut accordée durant 3 mois et on lui reprocha sa mauvaise gestion, son tribalisme, son népotisme, son intolérance à la contradiction, sa tendance à l’enrichissement personnel, la paupérisation de société etc. Alors on fête sans dire dire pourquoi. Cela participe au vernis de démocratie dont se prévalent les slogans officiels.
Mais, difficile d’être honnête sans souligner que ce n’est pas lui, Denis Sassou Nguesso qui au lendemain de ces grandes promesses en a empêché seul le triomphe.
Ce partage des responsabilités explique en soi les difficultés à sortir de ce piège, tant les intérêts de clans qui subsistent, priment sur la cohésion nationale. La déclaration de Bruno Itoua affirmant que le PCT restera au pouvoir tant qu’il y aura à faire ne vient que confirmer ce que chacun sait: ce n’est pas une élection qui changera quoi que ce soit dans ce pays.
Bonne fête à ceux qui célèbrent l’échec de la conférence nationale.
Par Hervé Mahicka
Hervé Mahicka
Essayiste, énarque, spécialisé dans l’économie du développement et la gouvernance.


