La démocratie a-t-elle vraiment échoué en Afrique ?

La démocratie a-t-elle vraiment échoué en Afrique ?

PARLONS-EN. Ce que l’on présente souvent comme des oppositions naturelles repose en réalité sur une construction idéologique soigneusement entretenue. L’Occident a réussi à opposer des notions qui ne relèvent pas du même registre. On a mis la démocratie face au communisme, et la dictature face au capitalisme, comme si ces concepts formaient des couples équivalents. Or ils ne parlent pas de la même chose. La démocratie et la dictature concernent la manière dont le pouvoir est exercé. Le capitalisme et le communisme concernent la manière dont les richesses sont produites et réparties. Confondre ces deux niveaux est un choix politique qui brouille volontairement la compréhension. Cette confusion n’est pas innocente. Le capitalisme ne s’est pas introduit en Afrique comme un choix souverain des peuples. Il s’est imposé par la violence de la conquête, dans une logique d’extraction et d’accumulation qui n’a jamais cessé de se perfectionner. Nos terres, nos ressources, nos corps mêmes ont été intégrés de force dans un système dont la finalité première était l’enrichissement d’autres sociétés, au prix de l’appauvrissement structurel des nôtres. Face à cela, les luttes pour l’indépendance ont porté en elles une aspiration qui dépassait le simple transfert de souveraineté formelle. Elles visaient aussi la réappropriation des richesses, la fin de l’exploitation, la redistribution au service d’un projet de société. C’est dans ce contexte que des modèles inspirés du socialisme ou du marxisme ont trouvé un écho profond et sincère, non par mimétisme idéologique, mais parce qu’ils offraient un langage pour penser la justice et la fin de l’exploitation dans des termes qui correspondaient à l’expérience africaine de la dépossession. Mais très tôt, ces trajectoires ont été brisées. Les dirigeants qui portaient ces visions ont été renversés, éliminés ou marginalisés, remplacés par des élites dont la fonction réelle était de maintenir l’ordre économique hérité de la colonisation et de le rendre praticable pour les capitaux extérieurs, en s’appuyant sur des réseaux d’influence, des interventions dissimulées, et une redéfinition progressive du discours politique global. C’est précisément là que la démocratie a été instrumentalisée. Les États-Unis et ses alliés européens ont soutenu pendant des décennies des régimes parmi les plus autoritaires de la planète, des monarchies héréditaires, des juntes militaires, des présidents à vie, les ont armés, financés, défendus dans les instances internationales. Et dans le même temps, ils brandissaient la démocratie comme l’horizon moral de l’humanité au nom duquel ils se donnaient le droit d’intervenir et de déstabiliser d’autres gouvernements. La règle réelle était simple : ce qui comptait, ce n’était pas la nature du régime, mais sa disponibilité économique. Un régime autoritaire qui ouvrait ses marchés était un allié fréquentable. Un gouvernement élu qui tentait de reprendre le contrôle de ses ressources devenait une menace, et l’étiquette de dictature lui était collée dessus pour rendre son renversement moralement présentable. Face à ce constat, je veux être précise, parce que la clarté sur ce point engage une position intellectuelle. Je préfère la démocratie. Non par révérence pour l’Occident qui en a fait un étendard aussi souvent brandi que trahi, mais pour une raison structurelle. La démocratie ne vaut pas parce qu’elle produit toujours de bons gouvernements. Elle vaut parce qu’elle contient en elle-même les instruments de sa propre correction. Elle est le seul cadre politique dans lequel un peuple peut, sans verser de sang et sans attendre que le chef meure, dire collectivement : nous voulons quelqu’un d’autre, nous voulons autre chose. Ce n’est pas un luxe réservé aux sociétés riches. C’est la condition la plus élémentaire de la souveraineté populaire. Aucun régime autoritaire, aussi bienveillant qu’il se prétende, ne peut offrir cette garantie. La bienveillance d’un chef n’est pas inscrite dans une loi ni dans une institution que ses successeurs seraient obligés d’honorer. Elle est inscrite en lui, dans sa personne. Et les personnes changent, se corrompent, perdent le sens des réalités que vivent ceux qu’elles gouvernent. Quand cela arrive dans une dictature, il n’existe aucun mécanisme pour corriger la trajectoire. Les populations se retrouvent seules face au pouvoir, sans recours légal, sans contre-pouvoir, sans voix. Reconnaître qu’un régime autoritaire peut produire certains résultats sociaux positifs est une observation que l’honnêteté intellectuelle impose de faire. Mais elle doit immédiatement appeler deux questions. La première : ces résultats auraient-ils été impossibles dans un cadre démocratique ? Rien ne le démontre. La deuxième : à quel prix ont-ils été obtenus, et qui a payé ce prix sans jamais avoir été consulté ? Car ce qui définit la dictature, ce n’est pas uniquement l’absence d’élections. C’est l’impossibilité structurelle pour les populations d’influencer les décisions qui les concernent et de se protéger contre les abus d’un pouvoir qui n’a de comptes à rendre à personne. Il faut également refuser le discours qui prétend que la démocratie serait culturellement inadaptée à l’Afrique, comme si ses peuples étaient incapables de se gouverner sans un homme fort. Ce qui a échoué dans de nombreux pays africains, ce n’est pas la démocratie : c’est sa simulation. Des constitutions ont été rédigées, des élections organisées, sans que le pouvoir ne cesse d’être concentré entre les mains d’un individu qui n’avait aucune intention de le partager. Une élection dont l’issue est connue d’avance n’est pas un exercice démocratique. C’est une mise en scène destinée à produire une légitimité de façade à usage international. Les faits résistent à toutes les manipulations discursives. Le Botswana, depuis son indépendance en 1966, a maintenu des alternances pacifiques et des institutions qui fonctionnent, et affiche aujourd’hui l’un des revenus par habitant les plus élevés d’Afrique subsaharienne. La Namibie a construit depuis 1990 une presse libre, une justice relativement indépendante, et figure parmi les pays les mieux classés du continent en matière de libertés civiles. Le Cap-Vert, sans ressources naturelles spectaculaires, présente des indicateurs de développement humain que des pays bien plus riches en pétrole ne parviennent pas à atteindre. À l’inverse, au Togo, la famille Gnassingbé gouverne depuis 1967, d’abord le père pendant trente-huit ans, puis le fils qui lui a succédé comme on hérite d’un domaine privé,

Déconstruire les mythes autour de la démocratie: pour une libération complète de l’Afrique (Tribune)

Déconstruire les mythes autour de la démocratie: pour une libération complète de l’Afrique (Tribune)

L’Afrique traverse aujourd’hui une véritable crise de classes. Aux premières heures de nos luttes pour les indépendances, nous avons trouvé des alliés dans certains mouvements citoyens occidentaux, unis par une vision commune de liberté et de justice. Mais il faut comprendre que la démocratie occidentale, telle qu’elle s’est imposée au monde, est née d’une guerre de classes : celle qui opposa, en Europe, les monarchies absolues, concentrant richesses et pouvoir, aux masses laborieuses condamnées à vivre dans la précarité. La révolution industrielle n’a fait qu’aggraver l’exploitation des ouvriers, nourrissant des mouvements de libération centrés sur la cause des travailleurs. En Afrique, la réalité historique est tout autre. Bien avant la colonisation, de nombreuses sociétés africaines avaient déjà mis en place des systèmes démocratiques et républicains : le Bouganda avec son parlement, les Zoulous avec leurs assemblées de guerriers, les Ibos avec leurs conseils de clans, et bien d’autres encore. Certaines communautés pratiquaient même le vote et imposaient la reddition de comptes à leurs dirigeants. Nos rois, reines, chefs ou présidents de conseils tribaux s’entouraient de ministres chargés de différents portefeuilles, et les contre-pouvoirs existaient. Dire que la démocratie est un produit importé de l’occident est une véritable falsification de l’histoire. La vérité, c’est que la colonisation a détruit ces structures, annihilé nos institutions, et imposé des régimes monarchiques ou autoritaires au service des métropoles. Quand j’entends quelqu’un me dire : « Tu es panafricaniste, pourquoi parles-tu de démocratie ? C’est une idée importée par les Blancs », je vois là le résultat de décennies d’acculturation et d’alénation qui nous ont conduit à croire que l’occident nous aurait apporté la démocratie. C’est archi faux! Ce que certains appellent aujourd’hui la “démocratie à l’africaine” : un système où les dirigeants ne rendent de comptes à personne est une insulte à nos sociétés démocratiques précoloniales. Chaque nation possède son propre modèle démocratique, et les nôtres n’avaient rien à envier à ceux de l’Europe. La démocratie, c’est un pouvoir au service du peuple, redevable devant le peuple. Or, les dictatures actuelles, qu’on essaie de nous vendre comme une alternative adaptée à nos “réalités africaines”, ne servent que leurs propres intérêts et ceux de leurs alliés étrangers. Dans nos traditions, le principe de redevabilité était ancré dans la culture et les institutions et lea exemples sont légions. Chez les Ashanti du Ghana, le roi pouvait être démis de ses fonctions par le conseil des anciens, symbole à l’appui, si son comportement trahissait le peuple. Chez les Yoruba du Nigéria, un roi injuste recevait un message rituel l’invitant à se retirer ou à se suicider pour préserver l’honneur de la communauté. Chez les Buganda de l’Ouganda, le conseil pouvait retirer sa confiance au roi, le forçant à abdiquer. Chez les Igbo du Nigéria, un chef abusif perdait ses terres et son statut, ce qui revenait à une mort politique. Des élections existaient dans certaines sociétés précoloniales. Chez les Sena du Mozambique et les Shona du Zimbabwe, les chefs pouvaient être choisis à travers des assemblées de consensus réunissant des anciens et des représentants de différents clans. Chez les Somali, les dirigeants appelés Ugases étaient élus par des conseils d’anciens représentant diverses lignées et pouvaient être destitués s’ils agissaient contre la volonté du peuple. Dans le système Gadaa des Oromo en Éthiopie, le dirigeant changeait tous les huit ans à travers un processus électoral très organisé, impliquant des débats publics et des votes communautaires. Pour celles et ceux qui veulent approfondir, plusieurs travaux détaillent l’existence et le fonctionnement des systèmes démocratiques précoloniaux en Afrique lisez : 1-Precolonial Black Africa de Cheikh Anta Diop 2-African Political Systems de Meyer Fortes et E.E. Evans-Pritchard 3-The History of Africa de Molefi Kete Asante 4-Democracy and Precolonial African Societies de Kwasi Wiredu 5-The African Heritage de Basil Davidson Nos résistances ont d’abord été dirigées contre les colons. Mais après les indépendances, dans beaucoup de pays, ils sont revenus par la grande porte ou par la petite, installant des régimes fantoches. Une nouvelle élite locale a pris le relais, exploitant nos peuples avec la même voracité que les colons, parfois pire. Aujourd’hui, notre véritable combat est donc un combat contre deux groupes: d’abord, contre les oppresseurs étrangers et ensuite contre nos féodaux locaux. Ce combat doit se mener simultanément à plusieurs niveaux : 1-Sur le plan politique, en luttant contre les dictatures et les lois liberticides tout en combattant les ingérences étrangères qui les soutiennent. 2-Sur le plan économique, en brisant la dépendance vis-à-vis des institutions financières internationales et en s’attaquant à la corruption des élites locales qui détournent les richesses. 3-Sur le plan social, en combattant les discriminations héritées du colonialisme et renforcées par l’oligarchie interne : sexisme, tribalisme, mépris des pauvres. 4-Sur le plan culturel et moral, en restaurant nos valeurs de justice, de solidarité et de responsabilité, et en refusant les compromis avec ceux qui utilisent la culture comme prétexte pour justifier la tyrannie. Restructurer notre société implique aussi de guérir nos traumatismes. Des décennies de résistance et de luttes, de répression et de trahison, ont érodé nos traditions les plus nobles et fragilisé nos valeurs. Nous devons replacer la vertu au cœur de notre action. Cela signifie que nous ne pouvons pas tolérer ceux qui, par opportunisme ou lâcheté, deviennent les “traîtres intellectuels” : ces universitaires, journalistes, artistes ou leaders d’opinion qui se rangent du côté des élites corrompues tout en prétendant défendre la souveraineté. Ils inventent alors une soi-disant « démocratie à l’africaine » qui, en réalité, n’est qu’une tyrannie repeinte aux couleurs locales : un système où l’on accepte l’exploitation et le silence imposé, sous prétexte de respecter les “spécificités culturelles”. Or, la vraie démocratie à l’africaine, c’est celle de nos sociétés précoloniales : un pouvoir partagé, une justice accessible, des dirigeants révocables, des décisions collectives, et une gouvernance fondée sur la redevabilité et l’honneur. On ne peut pas parler de souveraineté lorsque nos pays sont dirigés par des féodaux locaux, lorsque le pouvoir est entre les mains d’hommes et de femmes qui utilisent l’appareil

Tidjane Thiam déclare qu’une décision d’un tribunal ivoirien empêchant sa candidature à la présidentielle est un « déni de justice indigne d’une démocratie »

Tidjane Thiam déclare qu’une décision d’un tribunal ivoirien empêchant sa candidature à la présidentielle est un « déni de justice indigne d’une démocratie »

POLITIQUE. Tidjane Thiam, leader du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA), conteste la décision judiciaire visant à empêcher sa candidature à l’élection présidentielle d’octobre.  Le tribunal de première instance d’Abidjan a disqualifié M. Thiam mardi au prétexte fallacieux d’une question de nationalité, alors que les sondages d’opinion lui donnent une avance considérable sur ses rivaux politiques, à six mois de l’élection.  Réagissant à la décision, M. Thiam a dit ceci : « Les ivoiriens attendent du système judiciaire qu’il garantisse la tenue d’élections pacifiques, transparentes et crédibles, et non qu’il serve d’instrument à un régime qui cherche à accaparer le pouvoir et à faire taire ses détracteurs. »  « Le parti au pouvoir a utilisé les tribunaux pour éliminer son rival le plus sérieux tout en maintenant l’illusion d’une procédure régulière. Le pouvoir a déployé toutes sortes de manœuvres pour laisser croire que j’étais contesté au sein de mon parti le PDCI. Finalement aujourd’hui, les masques tombent : les procédures à l’origine de ce jugement infondé ont été initiées par des militants du parti au pouvoir, représentés par des avocats du parti au pouvoir devant des juges nommés par le parti au pouvoir. Ne nous y trompons pas, cette décision est un déni de justice indigne d’une démocratie qui priverait des millions d’électeurs de leur droit de vote si la situation restait en l’état. » « Il est maintenant essentiel que la communauté internationale soutienne les électeurs ivoiriens dans leur quête d’élections libres et équitables en octobre. » M. Thiam a été choisi il y a moins d’une semaine, le 16 avril comme candidat de son parti à l’issue d’une convention électorale, remportant 5 321 voix sur 5 348 suffrages exprimés, soit 99,50 % des voix avec un taux de participation de 93,17 %. M. Thiam a été élu par les présidents de 25 partis d’opposition à la tête de la conférence des présidents de partis de la Coalition pour une Alternance Pacifique (CAP) en Côte d’Ivoire, confirmant ainsi son statut de chef de file de l’opposition. Ces derniers jours, il a été rapporté que deux sondages d’opinion commandés par le gouvernement montrent que M. Thiam jouit d’une avance à deux chiffres sur ses rivaux potentiels, y compris le Président.  Le Président Alassane Ouattara en est actuellement à son troisième mandat, en dépit des règles constitutionnelles qui limitent le Président de la République à effectuer deux mandats. Il envisagerait de se présenter pour un quatrième mandat, ce qui constituerait une nouvelle violation de la constitution.  M. Thiam déclare: « « Il n’est pas surprenant que cette décision de justice intervienne tandis que notre soutien auprès des électeurs ne cesse de croître. » « Après 15 ans au pouvoir, les dirigeants du RHDP ont peur et tentent d’accaparer le pouvoir et les moyens de l’Etat l’État plutôt que de rendre des comptes aux ivoiriens et d’affronter le jugement de l’électorat. »  Appel au dialogue entre les partis  M. Thiam invite les dirigeants politiques de tous bords à engager des pourparlers pour sortir de l’impasse. Il rappelle le précédent de 2007 au cours duquel le président de l’époque, Laurent Gbagbo, avait permis à M. Ouattara de se présenter à la prochaine élection présidentielle (qui s’est finalement tenue en 2010) tandis que ce dernier avait été disqualifié précédemment à deux reprises.  M. Thiam déclare : « nous sommes une fois de plus, et je le regrette, au bord d’une crise pour notre pays. Il est essentiel dans ce contexte que le gouvernement et les institutions de la république aient le souci de l’intérêt général et que leurs dirigeants inspirent confiance aux électeurs ivoiriens, aux pays voisins de la Cote d’Ivoire et à tous nos partenaires internationaux. »  « Nous demandons donc instamment à toutes les parties de s’engager dans un dialogue constructif afin que le scrutin d’octobre soit conforme aux normes internationales et que personne ne soit exclu du processus électoral. »

La démocratie n’est pas de l’électionisme pour la 3C-RDC

La démocratie n’est pas de l’électionisme pour la 3C-RDC

Depuis 2006, la République Démocratique du Congo connaît des crises électorales patentes. Dans ce contexte, le processus électoral de 2018 et du début 2019 est sans doute aucun l’un des pires processus électoraux de notre histoire comme peuple et  nation en Afrique et dans le monde. Les crises électorales ne sont qu’une émanation de la crise profonde de l’être Congolais et de sa société face aux enjeux iniques et géostratégiques de pillage des riches ressources naturelles de la République Démocratique du Congo.    L’électionisme est un système où les élections sont organisées pour des élections sans tenir compte de tous les paramètres fondamentaux et des intérêts du peuple. C’est une obsession d’organiser des élections à n’importe quelle condition où le Peuple Congolais peut devenir le dindon de la farce. Une obsession nourrie par des forces exogènes. C’est ainsi  une obsession à dessein d’organiser des mauvaises élections  pour la confiscation du pouvoir et les nominations électorales. Dans le cadre de l’électionisme,  des contraintes savantes sont mises en place volontairement pour de mauvaises élections. L’électionisme découle de la médiocratie tant décriée par notre référence nationale le Cardinal Laurent MONSENGWO PASINYA d’heureuse mémoire. Il importe de souligner que l’électionisme est un concept initié par le lexicologue Armand MAVINGA TSAFUNENGA dans le cadre de la vision de la Coalition pour le Changement en République Démocratique du Congo (3C-RDC).    La République Démocratique du Congo vit la plus grave crise à l’échelle planétaire après la Seconde Guerre mondiale : plus de 12.000.000 de morts ; plus de 7.500.000 de Congolaises et Congolais déplacés de force et qui vivent comme des réfugiés abandonnés sur le sol de nos ancêtres ; le Congolais est parmi les sept peuples les plus pauvres de l’humanité ; plus de 2.000.000 de femmes, filles et enfants violées et à jamais détruites. Une véritable guerre africaine internationale silencieuse se déroule dans notre pays envahi par des armées  étrangères. Le pays est resté esclave des enjeux iniques et brutaux de pillage de ses ressources naturelles par les puissances et les forces négatives internationales. Les armées étrangères se promènent en République Démocratique du Congo, comme dans une sorte de territoire conquis. L’insécurité généralisée, le clientélisme politique violent et la cohésion nationale brisée annoncent des élections violentes du terrorisme, de la guerre civile et de la balkanisation du pays, si elles étaient organisées en décembre 2023. Les autorités congolaises sont défiées depuis plus d’une année par le mouvement rebelle et terroriste du M23 appuyé par des pays voisins dont le Rwanda. L’état de siège n’a pas donné des résultats escomptés, car l’insécurité  ne fait que s’accroître à l’Est du pays.    N’en déplaisent aux uns et aux autres, les conditions ne sont pas réunies et ne seront pas réunies pour des élections justes, libres, transparentes, inclusives et apaisées en République Démocratique du Congo. Les faits ci-après en témoignent :    Sans des réformes profondes et titanesques, personne ne gagnera des élections en décembre 2023, si elles étaient organisées à la date prévue, car nous allons tous perdre notre peuple et notre pays. La Coalition pour le Changement en République Démocratique du Congo (3C-RDC) est pour la mise en place d’une véritable tradition des élections irréprochables, puisant dans nos valeurs millénaires issues de notre génie comme peuple. Ce qui exige des réformes profondes de notre société avec l’avènement de la Quatrième République. La 3C-RDCpréconise la dissolution de la CENI d’essence exogène pour la mise en place d’une tradition électorale correspondant au génie du Peuple Congolais avec le Conseil National des Choix Populaires (CNCP) et des Comités des Choix Populaires (CCP). Les élections locales deviendront les élections prioritaires au dessus des autres élections dans notre tradition électorale. Le génie local sera au cœur de notre tradition électorale et par surcroît au cœur de notre processus démocratique. Il sera inscrit dans la loi nationale que les élections débuteront impérativement par les élections locales. Faire autrement deviendra une faute lourde. Le génie congolais et la sacralité congolaise seront au cœur de la nouvelle vie démocratique nationale.   La vision d’une transition exceptionnelle de la Coalition pour le Changement en République Démocratique du Congo (3C-RDC) fait autorité. Un consensus autour de cette vision se dégage de plus en plus dans la diaspora congolaise et au pays. Une transition exceptionnelle va s’imposer à tous en République Démocratique du Congo en vue de l’avènement d’un nouveau Congo. C’est une question de vie ou de mort. La Troisième République, héritée de l’AFDL, risque de s’effondrer brusquement et de manière brutale avec un chaos électoral. Un consensus national est urgent pour la mise en place des fondements de la Quatrième République. Le patriotisme élevé hérité de nos pères et ancêtres, l’humilité et l’intérêt suprême de la nation congolaise exigent un véritable consensus national pour l’avenir de notre pays. Faire autrement, ce sera une grande responsabilité de l’histoire pour nous tous.    La 3C-RDC, en tant que grande force d’anticipation, a déjà préparé le cadre de cette transition exceptionnelle. Vous pourriez lire avec intérêt l’ouvrage publié par la 3C-RDC. En voici les références : MAVINGA TSAFUNENGA Armand et IZOUELE DJAMBA Jerry, La conquête du pouvoir pour un nouvel ordre politique, économique et social en République Démocratique du Congo, Paris, Ed. Ceprocom-Afrique, 2023, 406p.). C’est une contribution à la nouvelle pensée congolaise. C’est ainsi que la 3C-RDC a toujours proposé que le Gouvernement de Transition soit dirigé par une personnalité neutre de la Diaspora Congolaise. La Diaspora Congolaise, premier bailleur de fonds du Peuple Congolais et laboratoire de la transition exceptionnelle, doit être au cœur de la gestion de cette transition    La Coalition pour le Changement en République Démocratique du Congo (3C-RDC) appuie le travail que réalise le Conseil Mondial de la Diaspora Congolaise (CMDC) pour la participation active et juste de la Diaspora Congolaise à la gestion d’une transition exceptionnelle en République Démocratique du Congo. Des réformes profondes et urgentes devront être opérées pour l’avènement de la Quatrième République. Il y aura notamment le Gouvernement de Transition et le Parlement de Transition ne dépassant pas 500 membres. La Diaspora

Vers la démocratie, la paix et la prospérité : Un appel commun pour une Afrique de l’Ouest plus forte

Vers la démocratie, la paix et la prospérité : Un appel commun pour une Afrique de l’Ouest plus forte

Préambule Nous, les participants de la toute première Semaine de la Société Civile de l’Afrique de l’Ouest 2023 (WACSW23), représentant plus de 100 organisations venues de toute l’Afrique de l’Ouest et des partenaires de l’Afrique de l’Est et de l’Afrique australe, réunis à Lagos, au Nigéria, du 29 au 31 août 2023, sous les auspices de l’Institut de la Société Civile de I ‘Afrique de I ‘Ouest (WACSI) et du Réseau de Solidarité pour la Démocratie en Afrique de I‘Ouest (WADEMOS), avons abordé les questions vitales portant sur la démocratie, la paix et la prospérité. Nous avons engagé des discussions ouvertes, partagé nos expériences et collectivement formulé des stratégies et des requêtes afin d’une part, de faire face aux défis et d’autre part, apporter notre pierre à la construction d’une Afrique de l’Ouest pacifique et prospère. Défis et Enjeux Le  tout  premier  WACSW23  s’est  tenu  dans  un  climat  marqué  par  un  recul démocratique  profondément  préoccupant,   une  montée  de  l’autoritarisme,  un rétrécissement de l’espace civique et une hausse de la grogne populaire face à la mauvaise gouvernance et les coups d’État à répétition dans la sous-région. En effet, pendant que se déroulait la conférence, un coup d’État militaire était perpétré au Gabon, en Afrique centrale, mettant une fois de plus, en lumière, la pertinence et l’urgence de la réponse à apporter aux défis actuels. Nous reconnaissons que notre sous-région est à la croisée des chemins. Les citoyens protestent de plus en plus en réaction aux frustrations résultant des dividendes démocratiques inabouties et à un vide de gouvernance. Nous nous opposons catégoriquement aux coups d’État et interventions militaires perçues comme une panacée aux problèmes de gouvernance dont souffre la sous-région. Nous insistons sur la nécessité de faire entendre, la voix des citoyens, de reconnaître leurs préoccupations légitimes et, d’y répondre par des moyens pacifiques et démocratiques. C’est pour cela, nous condamnons avec la dernière énergie, les coups d’État survenus dans notre région, et le récent coup d’État au Gabon, en Afrique centrale. Nous condamnons également toutes les autres méthodes anticonstitutionnelles d’accession au pouvoir et de prolongation des mandats, portant atteinte aux principes démocratiques que notre région aspire à préserver. Non seulement, nous exprimons, notre profonde inquiétude, face à la tendance troublante au recul des pratiques et valeurs démocratiques, mais nous réaffirmons notre engagement en faveur de la gouvernance démocratique, de l’État de droit et des pratiques électorales transparentes, qui constituent les principes fondamentaux pour le développement durable et la paix. Résolutions: 1. Contre les interventions militaires: nous appelons la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à faire preuve de prudence et à privilégier les solutions pacifiques face aux crises d’accession au pouvoir d’Etat dans la sous-région. Comme un seul homme, nous nous dressons contre toute intervention militaire de la CEDEAO au Niger, ou dans toute autre partie de la région car elle pourrait entraîner des répercussions déstabilisantes dans la sous-région. Nous plaidons pour le retour à l’ordre constitutionnel à travers le dialogue et la négociation, conformément aux principes de la démocratie et aux intérêts des populations. 2. Protection de l’espace civique et développement inclusif: Nous rappelons la nécessité de protéger, de renforcer et d’élargir l’espace civique, en cette période critique, en veillant tout particulièrement à donner aux organisations de la société civile les outils nécessaires pour prospérer et contribuer efficacement à la gouvernance démocratique, et au développement national et sous-régional. Nous rejetons toute tentative visant à restreindre la liberté d’expression, d’association et de rassemblement, car elle est fondamentale pour le fonctionnement d’une société civile dynamique. Nous appelons les gouvernements à faire respecter les droits de l’homme et à garantir la sécurité des acteurs de la société civile. 3. Autorité Morale de la CEDEAO: Nous invitons la CEDEAO à réaffirmer son autorité morale et à reconquérir la confiance de ses citoyens. Il est plus qu’urgent que le slogan « CEDEAO des peuples » se traduise par un engagement tangible en faveur de la promotion du bien-être des populations en Afrique de l’Ouest. Nous plaidons pour que le Conseil Economique et Social de la CEDEAO (ECOSOCC) soit opérationnel en vue de renforcer la collaboration entre la CEDEAO et la société civile, dans une démarche tournée vers l’avenir. 4. La CEDEAO doit adopter les dispositions du protocole additionnel: Nous lançons un appel à la CEDEAO afin que, d’une part, elle adopte le protocole additionnel révisé portant sur la démocratie et la bonne gouvernance (tel qu’amendé), et d’autre part, elle s’engage à appliquer uniformément les dispositions de ce protocole en réponse à toute accession anticonstitutionnelle au pouvoir. 5. La Solidarité de la Société Civile: nous soulignons l’importance de l’unité entre les organisations de la société civile afin que leur impact et contributions à la démocratie, à la paix et à la prospérité de la sous-région soient accrus. 6. Renforcer l’Agence jeune: soutenir et préserver l’engagement des jeunes en mettant à leur disposition des plateformes, des formations et des ressources et enfin, veiller ainsi la prise en compte réelle de leur voix dans l’espace civique. 7. Paix et Prospérité par la Collaboration: Nous reconnaissons que l’instauration d’une paix et d’une prospérité durables en Afrique de l’Ouest exige des efforts concertés et multipartites. Nous exhortons les gouvernements, la CEDEAO et les partenaires au développement à prioriser le bien-être des citoyens au détriment des intérêts politiques. La société civile joue un rôle vital dans la promotion des droits et du bien-être de la population, et nous nous engageons à un dialogue soutenu, à une action collective et à des approches novatrices pour faire progresser ces objectifs. 8. Des actions inclusives en faveur du progrès: Nous soulignons l’importance du principe « ne laisser aucune voix de côté ». A cet égard, nous exhortons les acteurs étatiques et non étatiques à prioriser l’inclusion, en particulier l’implication des jeunes et des femmes, dans toutes les actions axées sur le progrès de notre sous-région. Conclusion, La Semaine de la Société Civile de l’Afrique de l’Ouest 2023 a été un moment privilégié de dialogue et de réflexion approfondie en ces

Les professionnels de la politique en Afrique et en RDC sont allergiques à l’alternance

Les professionnels de la politique en Afrique et en RDC sont allergiques à l’alternance

OPINION. « Peut-on sacrifier l’avenir de toute une nation pour donner satisfaction aux instincts d’un seul individu ? », s’interroge le Professeur Lohata Tambwe okitokosa Paul-René dans une tribune à Pagesafrik. Les professionnels de la politique en Afrique et en RDC sont allergiques à l’alternance. Il est fort dommage de constater que même les intellectuels comme Alpha Kone, Mackyasal, Ouattara  et tant  d’autres sont ou ont été tentés par cette aventure. Mandela, le meilleur, s’est contenté d’un seul mandat. En RDC, Mobutu réclamait cent ans , Kabila continue à pleurer le troisième mandat raté,  par la volonté du peuple. Aujourd’hui, Fatshi mise sur sept ans à nouveau, ce qui signifie qu’on ne lui appliquerait pas  le premier mandat, la constitution une fois changée, ce qui lui permettrait de rester au pouvoir aussi longtemps qu’il le voudrait. Le lien entre les honneurs, les richesses et la sécurité juridique  individuels ou égoïstes  avec le pouvoir politique peuvent expliquer cette perversion. D’abord, rien ne prouve que l’on peut réussir le deuxième ou le troisième mandat alors que le premier n’est pas concluant. Les prémisses inhérentes au premier mandat feront que les conclusions soient mauvaises si on ajoute de nouveaux mandats. Plus on s’éternise au pouvoir, plus on devient mauvais. Le cas Mobutu en constitue une éloquente illustration. Peut-on sacrifier l’avenir de toute une nation pour donner satisfaction aux instincts d’un seul individu ? La demande d’un  nouveau mandat devient en soi,  un projet de société. Il est surprenant que la démocratie directe ait réussi là où la démocratie représentative africaine a du mal à civiliser et à moderniser la vie politico- administrative.  Tenez,  entre le 6 ème et le 4 ème  siècles avant J.C.  en Grèce antique, le mandat était de 1 an non renouvelable; et les choses marchaient car la corruption, les détournements et l’autoritarisme n’y existaient pas. Tout dirigeant tenté par ces perversions était chassé des cités – Etats : ce fut cela l’ostracisme. Comment expliquer que l’antiquité ait été meilleure que les régimes africains du 21 ème siècle ? Professeur Lohata Tambwe okitokosa Paul – René.

TRIBUNE. France et Afrique francophone, c’est quoi le problème?

TRIBUNE. France et Afrique francophone, c’est quoi le problème?

OPINION. « Il faut sortir de l’obsession française», lance Hervé Mahicka dans cette tribune persuadé que la France « est un partenaire comme un autre, qu’on peut écarter, associer à d’autres, ou manipuler nous aussi ». « Que la France s’en aille », Comment doit-elle partir ? En rompant toutes les relations diplomatiques, commerciales ou touristiques ? Que les panafricarusses nous expliquent. « On veut la vraie indépendance ». Elle se donne où, et que contient-elle ? Soyez précis. « On veut coopérer avec la Russie ». Pour quel objectif exactement? Pour gagner quel savoir faire ou savoir Etre? De quelle manière? Lorsque je gratte un peu, il me semble que ce que les gens veulent (ou auraient voulu), c’est que la France soit un genre de gendarme de l’Afrique qui valide les bons régimes, et punit les non démocratiques. Qu’elle fasse également du développement visible (construction de routes, hôpitaux, logements, écoles) et enfin que les ex-colonisés accèdent à son territoire en toute liberté (visas). Mais comme on la voit commercer avec des régimes non souhaités par plusieurs, elle n’est pas dans le rôle de gendarme démocratique. En plus elle n’investit pas, alors là, à quoi bon ! Quant à la vraie indépendance, c’est le concept même qui est flou : pour certains c’est le droit d’imposer des prix des matières premières… Bon ! Comment vouloir être indépendant tout en désirant une surveillance de son pays, ne serait ce que de sa vie démocratique, et attendre des actions de développement de l’ancien colonisateur? L’indépendant que je suis, conteste totalement à la France ce droit de regard, et réfute ces attentes d’investissements. L’indépendance doit rester totale: budgétaire, militaire, politique. L’indépendance, je le rappelle, c’est le fait pour un pays que ce soient ses ressortissants qui décident in fine. POINT. Ça ne veut pas dire démocratie, ni l’égalité de toutes les nations, ni qu’il n’existe plus de pression d’autres pays ou sociétés. Non. Tout le monde a la pression d’un plus fort que soi. C’est la vie. La politique internationale c’est de tisser de bonnes alliances, de présenter les meilleurs atouts pour attirer et de savoir jongler avec les opportunités pour tirer son épingle du jeu. Que Félix Houphouët Boigny ait su tirer avantage de sa relation avec la France, heureux pour lui. Que le Congo Brazzaville ait pu profiter de l’URSS notamment en matière d’enseignement supérieur, bravo ! Il n’y a pas à se plaindre pour dire que le plan de la France était que le Congo ne se développe pas d’où elle n’accordait pas de bourses suffisantes. Elle ne nous doit rien. Elle n’a pas à nous aimer, ou à nous privilégier pour demander des comptes d’amour. Personne ne nous aimera. Ni, les russes, ni les suisses, ni les chinois. Que les français aient préféré Damiba à Goïta, c’est pas notre père pour exiger de lui un amour égal de ses fils. Il a droit à sa politique, c’est son problème. A chacun de jouer de sa diplomatie pour avoir ses alliés sûrs. Le Tchad c’est pareil. C’est déplorable que la France ait aidé, c’est critiquable, et même condamnable dans son propre pays. Mais on ne va pas ignorer que ça tient surtout de nous africains, avec une CEEAC, une CEMAC (clubs de tyrans) et une Union Africaine qui n’ont rien fait. Par confort, parce qu’eux mêmes ressemblent au Tchad, avec des pouvoirs ravis, des successions dynastiques en place ou à prévoir, des modifications de constitution. En RCA le conflit de Touadera et la France est connu, ce n’est donc pas Paris qui l’envoie rester au pouvoir. Le problème de fond est là. Le soutien de Paris vient en appui à un terreau fertile. Puis en relations internationales les États sont sensés reconnaître d’autres États et non les régimes qui sont une affaire interne. Une fois que Ouattara, Déby ou Traoré se sont imposés, c’est avec eux que tous les étrangers vont coopérer. Imposons le nôtre, il coopéreront avec lui. Au degré qu’ils veulent d’ailleurs, ou au niveau que notre capacité de plaire va les emmener. Ils ne sont obligés à rien. Au lieu de pleurer, je veux aussi que la France m’aide à renverser Sassou. Je chercherais aussi chez les américains, les nigérians, les chinois… Je n’hésiterai pas une seconde. Mais je n’ai pas peur de la France. Je ne lui accorde pas la toute puissance que ceux qui la vénèrent en faignant de critiquer, lui accordent. Elle n’est pas à l’origine de tous les coups d’état, elle n’est pas garante du développement de l’Afrique, ni propriétaire ou manipulateur de tous ses faits politiques. Par quelle intelligence? quel moyen? Ca c’est que veulent les panafricarusses qui prennent finalement cette France pour un Dieu. « Nous avons une nouvelle jeunesse consciente » entend-on, mais quelle nouveauté ? Ce discours de la vraie indépendance a été créé par Mongo Beti en 1960 quand l’UPC qu’il soutenait a été éradiqué par les français pour mettre Aïdjo au pouvoir. Depuis il a refusé de reconnaitre l’indépendance du Cameroun et, partant, de tous les pays africains francophone. Et tout ce courant est bloqué là-dessus depuis 62 ans. Quant aux russes, on ne comprend pas quel rôle veut-on les faire jouer. Pour protéger le Sahel? c’est impossible. 5000 mercenaires de Wagner pour des millions de Km2 ?! Payer à prix d’or sur les finances publiques en plus. C’est pour aider au développement? ils n’ont pas d’argent. La Russie c’est le PIB de la Guinée équatoriale par tête d’habitant. Pib Global de l’Espagne l’an dernier, mais tout les études montrent qu’il va passer de 1400 milliards de dollars à 800 milliards cette année à cause des sanctions. Ils parasitent les pays les plus pauvres du monde, sans Etats ou très faibles, pour donner une présence à Moscou. Mais même entretenir une ambassade ils ont du mal. Je ne crois d’ailleurs pas à leur entrée au Congo où des tas de ministres sont plus riches de Prigojine, en milliards de dollars. Sassou peut s’offrir des Wagner en

Congo. La commémoration improbable

Congo. La commémoration improbable

OPINION. C’est férié au Congo aujourd’hui. Tous les 10 juin on y commémore en effet la fin de la conférence nationale souveraine et ses acquis: la démocratie, la justice, la tolérance, le pluralisme politique, le vivre ensemble harmonieux, l’état de droit, la méritocratie… bref tout le contraire de ce qui caractérise aujourd’hui ce pays, a sa fête. Sa démocratie parmi les plus fausses que le continent n’a engendré, sa justice sélective menace et retient derrière les barreaux tout opposants sincères tandis que les abus de biens sociaux sont ignorés d’elle, le pluralisme politique est complètement inexistant avec un parti unique de fait qui comme chacun sait ne peut pas gagner une élection honnête au Congo, l’apartheid tribaliste écrase la société, la liberté de parole est un suicide et l’accès aux prébendes de l’Etat ne s’obtient qu’au prix de l’encensement du régime. C’est tellement gênant pour les autorités que les médias d’Etat s’abstiennent de rappeler les circonstances de cette date. Il faudrait alors dire que sous le règne de celui qui est toujours au pouvoir, la liberté de parole fut accordée durant 3 mois et on lui reprocha sa mauvaise gestion, son tribalisme, son népotisme, son intolérance à la contradiction, sa tendance à l’enrichissement personnel, la paupérisation de société etc. Alors on fête sans dire dire pourquoi. Cela participe au vernis de démocratie dont se prévalent les slogans officiels. Mais, difficile d’être honnête sans souligner que ce n’est pas lui, Denis Sassou Nguesso qui au lendemain de ces grandes promesses en a empêché seul le triomphe. Ce partage des responsabilités explique en soi les difficultés à sortir de ce piège, tant les intérêts de clans qui subsistent, priment sur la cohésion nationale. La déclaration de Bruno Itoua affirmant que le PCT restera au pouvoir tant qu’il y aura à faire ne vient que confirmer ce que chacun sait: ce n’est pas une élection qui changera quoi que ce soit dans ce pays. Bonne fête à ceux qui célèbrent l’échec de la conférence nationale. Par Hervé Mahicka