Congo – gouvernement : une architecture contre la constitution ( lecture en 4 minutes)

Congo – gouvernement : une architecture contre la constitution ( lecture en 4 minutes)

HAUT ET FORT. À la suite de notre publication du 26 avril 2026, plus d’une personne nous a traités de tous les noms d’oiseaux, pourtant, les faits sont patents : il existe une manière subtile de vider une institution de sa substance sans jamais l’abolir en la diluant jusqu’à l’insignifiance. Le décret n° 2026-176 du 24 avril 2026, portant nomination des membres du gouvernement congolais, illustre parfaitement cette mécanique. Derrière une apparente conformité à la Constitution de 2015, il en altère profondément l’équilibre… Un socle constitutionnel fragilisé Les articles 99, 100 et 102 de la Constitution définissent un schéma clair : le Premier ministre détermine la politique économique et sociale en concertation avec le Président, en assume la responsabilité devant l’Assemblée nationale(article 100) et coordonne l’action gouvernementale via les comités interministériels (article 102). Cet édifice suppose une architecture gouvernementale cohérente. Or, le décret du 24 avril en compromet les fondements : l’apparition d’un Vice-Premier ministre, fonction absente de l’article 98 qui limite la composition du gouvernement au Premier ministre et aux ministres est la première anomalie. La nomination de Jean-Jacques Bouya à ce poste introduit une autorité parallèle, chargée de la coordination des infrastructures et de l’aménagement du territoire. Des prérogatives qui recoupent directement celles du chef du gouvernement selon l’article 102 cité précédemment.Ce chevauchement crée une ambiguïté institutionnelle majeure : deux centres de coordination sans hiérarchie clairement établie. Une telle configuration fragilise mécaniquement l’autorité du Premier ministre et brouille la chaîne décisionnelle. Une politique économique éclatée La dispersion des leviers économiques entre plusieurs ministères autonomes. Finances( Yoka) tient les ressources, Économie et Plan (Ngatsé) tient la planification, Industrie (Djombo) tient l’investissement productif, Coopération et Partenariats public-privé(Christel Sassou) tient les flux extérieurs, Emploi Malanda-Samba) gère les effets sur le marché du travail qui doit rentrer en conflit avec les PME ( Cécile Kimbatsa) pour le contrôle du Figa. Autant de pôles stratégiques éclatés entre différents titulaires disposant chacun de circuits d’influence propres.Dans ce schéma, le Premier ministre se trouve constitutionnellement responsable d’une politique dont il ne maîtrise ni les instruments ni les arbitrages. La responsabilité prévue par l’article 100 perd alors sa portée réelle, devenant largement théorique. Des chevauchements de compétences paralysants Troisième faille : La multiplication des zones de recouvrement entre portefeuilles. La Construction relève simultanément de JJB et, des ministres N’silou ainsi que, Moundélé. Les ministres délégués Bahamboula, Kaba Mboko reproduisent littéralement les intitulés de leur ministre de tutelle. Enfin, le social ou l’humanitaire divisera Ebouka Babackas et Pongault. Bref, vous conviendrez avec moi, que, les ressources naturelles, développement des entreprises de plusieurs secteurs sont fragmentés entre ministères aux compétences mal délimitées.Ces doublons ne sont pas neutres. Ils génèrent des conflits d’attribution, ralentissent la prise de décision et favorisent le déplacement des arbitrages vers un centre informel de pouvoir. En pratique, ce type de configuration renforce la centralité de la Présidence au détriment de la Primature. La pléthore ministérielle comme stratégie politique La taille du gouvernement Quarante et un ministres constitue en elle-même un facteur de désorganisation. Une telle configuration rend la coordination effective extrêmement difficile, sinon impossible. Loin d’être un simple excès, cette inflation ministérielle répond à une logique politique : multiplier les portefeuilles pour intégrer des équilibres régionaux et consolider des alliances. Mais ce choix au coût institutionnel transforme le gouvernement en structure difficilement pilotable, où la coordination réelle tend à se déplacer hors de la Primature.À titre comparatif, des pays africains démographiquement plus importants, comme la Côte d’Ivoire (27 millions d’habitants gouvernés par 28-32 ministres) et ou le Sénégal (17 millions avec 35 ministres) fonctionnent avec des équipes gouvernementales plus resserrées, sans que cela nuise à leur capacité d’action. Au final, le Premier ministre conserve son titre, mais voit ses prérogatives progressivement neutralisées. Entre concurrence interne, dispersion des pouvoirs et surcharge structurelle, sa capacité à diriger l’action gouvernementale apparaît fortement limitée. Le décret du 24 avril 2026 ne supprime pas la fonction : il en redéfinit silencieusement la portée. La Primature subsiste en droit, mais s’efface en pratique au profit d’un centre de décision plus concentré.Dernier point révélateur d’une élaboration précipitée, c’est les erreurs d’identification dans les nominations, comme la confusion entre Frédéric Nze et Serges Nze, viennent renforcer l’impression d’un texte improvisé, appelant révision. Ce gouvernement, marqué par les égots et les conflits de compétences entre les ministres qui le composent, peut-il être efficace ? Ghys Fortune BEMBA DOMBE

Congo – gouvernement : blocage ou choix de l’immobilisme devenu une doctrine ? ( lecture en 5 minutes )

Congo – gouvernement : blocage ou choix de l’immobilisme devenu une doctrine ? ( lecture en 5 minutes )

PARLONS-EN. La reconduction d’Anatole Collinet Makosso (ACM) au poste de Premier ministre, acté par décret n°2026-174 du 22 avril 2026, suivie du maintien d’environ 95% des membres de son équipe gouvernementale deux jours plus tard ( décret n° 2026-176 du 24 avril ) n’est pas une surprise. C’est un signal d’un pouvoir qui, face à l’usure, choisit non pas de se réinventer, mais de se replier. Nous l’avons dit, le président Denis Sassou Nguesso n’a plus des coudées-franches pour rompre avec les combines, et nommer utilement des personnalités qui tiendraient tête aux caciques du PCT. Il reste otage des contingences claniques, des allégeances amicales et des pressions politiques qui n’offrent aucune perspective heureuse pour le bien être des congolais. Bis repetita ! Le Congo continuera avec les mêmes Hommes, les mêmes méthodes, et assurément les mêmes résultats. Car, il ne faut pas se tromper sur le gouvernement à quadruple tête : ACM, Jean Jacques Bouya (JJB), Françoise Joly et Julienne Nguesso (Joujou). JJB, patron de l’axe Bokouelé – Tchikapika a sous lui, Christian Yoka, Prince Bahamboula, Eboucka Babackas, Lydia Mikolo, Paul Valentin Ngobo, Pierre Mabiala, Rigobert Maboundou, Ludovic Ngatsé, il est le véritable Premier ministre qui doit ramener l’argent qu’il a placé çà et là. Il lorgne le fauteuil présidentiel même s’il n’a pu propulser Serges Oboa à l’interieur et Gilbert Ondongo dircab. Les Hydrocarbures bien que gérés par Stev Onanga, sont une chasse gardée familiale via Joujou, liée à l’axe Gamboma-Ollombo-Oyo. Le maintien de Rosalie Matondo, Hugues Ngouélondélé, Ngouonimba Rodrigues et l’arrivée de Christ Kaba Mboko sont du ressort dudit axe. De même, Pierre Oba et Bruno Jean Richard Itoua après toutes les bourdes ont été maintenus par Joujou et Junior Omar Denis Bongo. Ce dernier vient d’entrer en scène, surtout par l’économie numérique. L’eldorado qu’ils vont gérer à partir du think tank « Initiative pour la Prospérité en Afrique Centrale (IPAC) ». Il rassemble une équipe d’économistes de renommée internationale, dont Hervé Assah Matsika, Ha-Joon Chang, (Pr. Cambridge, SOAS) Spécialiste des questions de politiques industrielles, ayant travaillé avec l’Union Africaine, les États Brésilien, Ethiopien et Sud-Africain ainsi qu’avec Efosa Ojomo (Harvard), spécialiste des questions d’innovation, Directeur du Groupe de Recherche sur la Prospérité Mondiale à l’Institut Clayton Christensen. La sécurité est confiée au Général Ollessongo pour discipliner et repréciser le rôle de chaque entité ( gendarmerie, DGSP-GR, CID, la police et la DGAF ou Innocent Pea confond tout dans l’obsession d’accéder au grade de général.Florent Ntsiba pistonne Malanda Rodrigues pour continuer le pillage après le Figa ou il ne voit plus  » clair « . N’Silou est sauvé par son deal avec les partis, l’hospitalité accordé autrefois à Ma Antou mais surtout pour le charnier de…Le général Mondjo tout comme Émile Ouosso, a été écarté en raison de leur relation amicale avec JDO. Ils ont également été ciblés à cause des querelles discrètes avec Joujou : Ouosso concernant l’électricité et Mondjo pour son soutien à Denis Gokana, qui se retrouve en désaccord avec Joujou sur divers sujets tels que, HEMLA, AOGC, Pétro Congo Puits de pétrole , PétroCongo et autres. ACM n’est pas revenu à la primature en raison des résultats de son précédent quinquennat, dont les réussites sont difficiles à cerner dans un pays où l’électricité ( pourtant essentielle au développement) fait défaut, et où les décès se comptent quotidiennement, conséquences des choix priviligeant des dépenses de prestiges au détriment d’équipements des hôpitaux de plateaux techniques complet et de payer à juste titre le personnel médical. Son retour, accompagné de son équipe, s’inscrit plutôt dans une logique d’ornementation au sein de l’architecture du pouvoir. ACM apparaît comme un « rideau ya ndako » destiné à absorber l’usure et neutraliser les ambitions concurrentes. Dans un système où la compétence peut devenir une menace, les intrigues et la loyauté restent les seules valeurs sûres. Tous ces choix interviennent au plus mauvais moment. Les données budgétaires de 2026 sont sans appel, témoins : la loi des finances 2026 affiche un déficit hors pétrole, pression de la dette, marges de manœuvre quasi inexistantes avec des recettes de l’ordre de, 2501, 391 milliards de fcfa, et des dépenses de de 2267,167 milliards, mais aussi un solde primaire hors pétrole négatif de 461,662 milliards fcfa et des charges de trésorerie-financement de 1479,732 milliards de fcfa, dont 800 milliards liés à la dette des OTA/BTA. Dans ce contexte, le Congo a besoin d’un gouvernement résolument tourné vers le redressement économique : gestion de la trésorerie, amélioration de la productivité fiscale, réforme de la gouvernance des entreprises publiques, discipline contractuelle et renégociation financière. Le Congo se retrouve avec un gouvernement d’équilibre politique où Yoka Christian reste aux finances et budget, Djombo, Nzé, Onanga et Mikolo par consensus de 3/4 des premiers ministres et M. Sassou. Décalage lourd de conséquences Il faut le dire clairement qu’ACM n’est pas la cause mais le symptôme. Encore faut-il qu’il ait suffisamment appris de ses turpitudes et de ses défaillances. L’histoire politique montre que les systèmes qui refusent de se réformer finissent presque toujours par être rattrapés ( souvent brutalement) par la réalité. A-t-il pris de l’étoffe pour ne plus tomber dans la mesquinerie ? Ses premières déclarations, largement relayées sur les réseaux sociaux sont très bas pour un premier ministre se réclamant « chrétien ». Au lieu de rendre grâce à Dieu où d’exprimer sa reconnaissance envers son bienfaiteur Sassou, il a préféré narguer la population en parlant de « Mokolo Tonga » comme s’il était né avec la fonction de premier ministre. Quant à la digitalisation qu’il met en avant, elle semble lui avoir échappée d’autant qu’il a mis en quarantaine la candidature de Luc Missidimbazi à l’UAT. Pire, aucune initiative numérique, ni société des télécoms n’ont été soutenues durant le quinquennat écoulé ( les acteurs du secteur peuvent le temoigner. Les couacs du premier ministre risques de se multiplier s’il continue avec les mêmes conseillers. Que devient Sassou ? À 82 ans, on est plus en totale capacité mentale, la nature imposant des limites. À ce niveau

Congo : une hécatombe sanitaire silencieuse sous le nez du Gouvernement ?( Lecture 5 minutes)

Congo : une hécatombe sanitaire silencieuse sous le nez du Gouvernement ?( Lecture 5 minutes)

PARLONS-EN. Fièvre typhoïde, embolie, arrêt cardiaque, choléra, cancers et accident cardio-vasculaire, le Congo subit silencieusement plusieurs formes d’épidémies dont certaines ne sont pas déclarées. Face à l’incapacité des autorités à redresser le système de santé et à assainir l’environnement urbain insalubre et toxique, les cas de décès se comptent et se multiplient et la responsabilité de six ministres est engagée. Le dernier bilan du choléra en date du 28 juillet 2025 dans les départements de Brazzaville et de Congo-Oubangui, fait état de 187 cas dont 21 décès depuis sa recrudescence, le 25 juin. Certes, depuis la fièvre hémorragique Ébola et la Covid-19, l’État forme des jeunes en santé publique et l’OMS l’accompagne pour une véritable riposte, mais il joue au médecin après la mort. La preuve, les immondices, véritables foyers des moustiques et d’épidémies, jonchent les artères ; l’eau ne coule pas dans les robinets à défaut d’être indigeste. Résultat, les populations meurent à petit feu par manque de mécanismes de coordination sanitaire et de moyens financiers. Le conseil des ministres du 11 juillet 2025, à contretemps de la mort de masse pendant que les AVC et l’insalubrité déciment et que les morgues débordent de cadavres, préfère célébrer des projets de campagne présidentielle sans rapport avec la gravité de la situation sanitaire. Le Gouvernement discute de la création de deux hôpitaux à Ouesso et Sibiti, sans interpeller les mafieux qui ont détourné l’argent destiné à la construction des hôpitaux généraux, comme au CHU, et celui injecté dans la lutte contre les épidémies. Les textes soumis par le ministre de la Santé à ce conseil relèvent d’une planification long-termiste honorable, mais complètement hors-sol face à l’hécatombe actuelle. A la situation sanitaire dramatique du Congo, sept personnes doivent rendre des comptes sur la prise en charge des malades et les obsèques des décousus. Sept ministres silencieux, une responsabilité historique La première, Jean Jacques Bouya qui doit justifier les milliards de fcfa pour construire les infrastructures et l’équipement; La deuxième est le Pr Jean Rosaire Ibara. Quoi qu’il mène à bien la riposte avec le concours des docteurs Kankou Jean Médard, Gnekoumou Libaba Youssef, Nianga Gilbert Aristide (COUSP) Kandoko Youba (OMS), Niama Roch (LNSP) et Nicole Makaya Dangi Nicole (enseignante-chercheurUMNG et LNSP), son inertie face aux décès vasculaires massifs et l’absence totale d’action épidémiologique, de coordination médicale et de communication publique le condamnent. Il ne peut ignorer que les morts subites à répétition relèvent d’un phénomène pathologique de masse, et non d’un fait divers sanitaire. Les troisième et quatrième sont les ministres N’Silou, Mboulou et Ngobo dont la responsabilité est engagée pour leur silence sur les importations, la circulation et l’utilisation des pesticides au Congo. Ils sont à ce titre coupables de non-assistance à population en danger. Pareil pour Arlette Soudan Nonault et Juste Moundélé en raison de l’insalubrité ambiante. Ces ministres ne disconviendront pas. Ils n’ont jamais publié d’audit des intrants agricoles toxiques, ni présenté un rapport sur le contrôle des produits phytosanitaires en circulation, moins un moratoire sur l’utilisation des substances identifiées comme génotoxiques, reprotoxiques ou interdites à l’étranger. Il y a aussi Bruno Jean Richard Itoua et le D.G. de la Snpc, Raoul Ominga, responsables d’importations massives de produits pétroliers au soufre, totalement toxiques, qui polluent et tuent avec le smog (nuage toxique) présent sur Brazzaville tous les jours de 11 h à 20 h. Le peuple congolais est exposé à un cocktail meurtrier constitué de négligence médicale, d’alimentation contaminée, de pollution invisible dans le bazar des tueurs pesticides bannis en Europe, mais écoulés en Afrique. En 2020, l’enquête du journaliste Stéphane Mandard publiée dans Le Monde a révélé que la France continue à produire des pesticides ultra-dangereux, interdits sur son propre sol, pour les vendre aux pays du Sud. Le cas de l’atrazine, interdite dans l’Union européenne depuis 2003 pour ses effets reprotoxiques et génotoxiques graves. Ces poisons exportés au Mali, au Togo, au Bénin, au Congo et en RDC sont pulvérisés sans protection, souvent entre les mains des ignorants qui en abusent. Ils contaminent les sols, les nappes phréatiques, les cultures vivrières et les corps : c’est la mort lente des consommateurs via les produits qui circulent désormais dans leur sang. Ils impactent le cerveau, les artères, les fœtus. Mais, le sujet ne préoccupe pas l’élite. La preuve, aucune barrière sanitaire ou réglementation stricte sur les importations phytosanitaires n’a été imposée. Quant à la typhoïde, la situation est de plus en plus alarmante au regard de l’environnement insalubre, l’eau impropre à la consommation ou des aliments contaminés. Que faire? Face au mutisme d’État, les ONG de santé publique, les syndicats médicaux, les associations de consommateurs, les laborantins, les universitaires et les professionnels agricoles sont en droit de : • Enquêter et publier des analyses indépendantes des eaux, sols, aliments, sang et urines des populations exposées ; • Établir des registres communautaires des morts subites et des AVC non expliqués, pour contourner l’inaction officielle ; • Engager des poursuites judiciaires nationales et internationales pour atteinte aux droits fondamentaux à la santé, à l’information contre les sept autorités pour incompétence. Ce que les Congolais vivent n’est pas un simple retard de gestion publique, mais un effondrement sanitaire, une trahison de l’État protecteur. Ghys Fortuné DOMBE BEMBA

RDC : accord de cessez-le-feu entre le M23 et le gouvernement à Doha

RDC : accord de cessez-le-feu entre le M23 et le gouvernement à Doha

GUERRE DE L’EST. Après trois mois de discussions, le groupe armé M23 et le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) sont parvenus à un accord de cessez-le-feu permanent dans l’est du Congo. « Les rebelles du M23, soutenu par le Rwanda, et les autorités congolaises ont signé, samedi 19 juillet, un accord de cessez-le-feu au Qatar », annonce France 24. Selon la chaîne française, citant indique une déclaration de principe signée à Doha par les parties au conflit, « les parties s’engagent à respecter leur engagement en faveur d’un cessez-le-feu permanent ». Comme le souligne Radio Okapi, cette signature marque une étape cruciale dans le processus de paix engagé pour ramener la stabilité dans la région du Kivu. Et de rappeler : « depuis plus de deux ans, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) affrontent une résurgence du M23 dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Cette rébellion occupe une grande partie de la région minière du Kivu depuis janvier 2025 ». Selon le ministre congolais de la Communication et des Médias, porte-parole du Gouvernement congolais, Patrick Muyaya, cité par la radio d’informations indépendante, le texte de la déclaration de Doha contient des engagements clairs en faveur de la protection des civils, du respect de la souveraineté nationale et de la consolidation de la paix. Sur son compte X, rapporte-elle, ce dernier affirme que ce document repose sur : le respect strict de la Constitution de la RDC, les Chartes des Nations Unies et de l’Union africaine, le droit international, les résolutions du Conseil de sécurité, notamment la Résolution 2773 et une conformité avec l’accord de Washington Il est important de noter que des négociations formelles en vue d’un accord de paix global sont prévues à la suite de cette signature, a rapport France 24. Patricia Engali

Coopération et gestion : la dérive administrative institutionnalisée par le gouvernement congolais ( lecture en 3 minutes )

Coopération et gestion : la dérive administrative institutionnalisée par le gouvernement congolais ( lecture en 3 minutes )

TRIBUNE. Au cœur d’un système à la dérive en proie au contournement du droit et au désordre normatif, le premier ministre Anatole Collinet Makosso (ACM) est désormais partagé entre les notes de service sans quintessence juridique, les nominations opaques et la confusion des compétences. Tout ceci supplante la légalité républicaine et le déminage des différents dossiers à la veille du périple qui conduira ACM en France, à Abu Dhabi et à Dubaï. Le 14 mai 2025, à la suite des ministres Jean Claude Gakosso et Christian Yoka, ACM effectuera une visite de 48 heures en France pour baliser le terrain avant l’arrivée de M. Sassou. Officiellement et officieusement, il tentera de scruter les dossiers juridiques, culturels et surtout financiers qui le conduiront par la suite au moyen Orient où il assistera aussi au mariage de Christel Denis Sassou Nguesso. D’une part, dans le cadre de la géopolitique de l’énergie, des indiscrétions indiquent que TotalEnergies injectera 500 milliards dans les finances congolaises. D’autres part, dans le cadre des montages très dangereux, 1500 milliards de fcfa vont être déversés au Congo. Une partie de toutes ces sommes glisseront dans la campagne de M. Sassou et une très infime seront reversées aux Congolais. L’effondrement de la hiérarchie normative et la confusion des instruments juridiques Tout examen considéré, le Congo est dans une crise systémique avancée de légalité administrative. Cette crise est marquée par un renversement de la hiérarchie des normes. Il apparaît que des actes majeurs (nominations, organisation de services publics, gestion des établissements) sont pris sous forme de notes de service, en lieu et place des actes prévus par la Constitution et les lois. Or, en règle de droit, une note de service n’a pas de portée normative : c’est un instrument interne, destiné à transmettre des instructions, non à créer des commissions nationales ou modifier l’architecture de l’État. La dérive est absolument manifeste avec le recours par le Premier ministre à une note de service (n°0026/PM-CAB du 28 juin 2024) pour créer une commission aussi stratégique que celle chargée de la gestion de la trésorerie nationale. Pire, cette note a été abrogée par l’arrêté du Ministre des finances (n°351 du 3 avril 2025 portant « création, attributions, composition et fonctionnement du comité de trésorerie de l’État »), révélant une illogique inversion normative. Une telle pratique constitue une violation manifeste du principe de légalité administrative, symptomatique d’une gouvernance contournant les règles fondamentales. Et les cas sont légions. L’administration congolaise semble ainsi régie non par le droit, mais par des pratiques désinvoltes, privilégiant la souplesse apparente des outils internes, au détriment de la sécurité juridique, de la transparence et de la responsabilité des autorités. Dénaturation de la fonction administrative La situation est davantage alarmante dans les établissements publics à caractère administratif (EPA), bras opérationnels de l’État. Aucune décision formelle n’y est prise ; seules des notes de service structurent les orientations, y compris budgétaires ou statutaires. Ce mode de fonctionnement entérine l’effondrement du modèle d’administration publique fondé sur l’acte unilatéral, motivé, signé par l’autorité compétente et susceptible de recours. La nomination du Directeur adjoint du Trésor public en est un exemple édifiant. Le 16 avril a été publié le décret n°2025-114 du 16 avril 2025 portant « Attributions et Organisation de la Direction générale du trésor ». Ce texte abroge le décret n°2024-99 du 6 mars 2024 portant « attributions et organisation de la direction générale du Trésor ». Sans coup férir, le 18 avril en Conseil des ministres, M. Hylarion Stève Ibobi Ollessongo, Inspecteur du trésor, a été nommé DGA et les directeurs centraux, anciens adjoints, renvoyés à leurs études sans autre forme de procès, leurs postes ayant « disparus » ! L’intéressé a néanmoins pris fonction, sans titre légal. Or, un décret aurait dû suivre le compte-rendu du conseil des ministres, précisant : • la mention obligatoire : la nomination de M. Ibobi Ollessongo, Inspecteur des finances ; • la mention obligatoire : de son numéro matricule d’agent de la fonction publique suivi de son classement, échelle, indice, etc. ; du poste budgétaire d’affectation des fonds de sa rémunération (le cas échéant) ; • la mention obligatoire : « en remplacement de xxx appelé à d’autres fonctions » ; • la mention obligatoire « Sur la proposition de … » ; • la mention obligatoire « le Conseil des ministres entendu ». Sans tout ce dispositif normatif, cela constitue une usurpation implicite de fonction publique, en contradiction totale avec les principes de publicité des actes et de légalité. C’est la preuve que l’État crée lui-même des situations d’illégalité fonctionnelle, rendant les actes posés potentiellement nuls. Ce mécanisme installe une administration parallèle, fondée sur des décisions informelles, des actes non publiés, des délégations sans textes. La gouvernance devient discrétionnaire, non au sens juridique du terme, mais dans celui d’une gestion au gré des volontés individuelles, hors de tout cadre contraignant. ( la suite prochainement) Ghys Fortuné BEMBA DOMBE

Congo/Energie : Le gouvernement va révoquer les contrats d’affermage avec Selenec face à la crise

Congo/Energie : Le gouvernement va révoquer les contrats d’affermage avec Selenec face à la crise

Le gouvernement va retirer les contrats d’affermage avec la Société nationale d’électricité du Sénégal, si cela ne trouve pas l’assentiment de la population, a déclaré, le 21 février à Brazzaville, le Premier ministre, Chef du gouvernement, M. Anatole Collinet Makosso. Lors de la séance de questions orales au gouvernement, devant les sénateurs, il a expliqué que cette décision s’inscrit dans un processus visant à résoudre définitivement la crise énergétique qui frappe le pays. « Nous avons pris la décision courageuse de régler cette question de la crise énergétique », a-t-il affirmé, en référence au refus des agents de la société Energie électrique du Congo (E2C).par rapport aux contrats d’affermage avec Selenec. Le Premier ministre a précisé que ces mesures avaient été prises en raison des difficultés financières rencontrées par l’État pour entretenir des infrastructures vieillissantes, notamment les barrages hydroélectriques. « Les révisions des turbines et des barrages n’ont pas été effectuées depuis plusieurs années, faute de ressources financières », a-t-il déploré. Il a ajouté que la libéralisation des centrales de production, des systèmes de transport d’électricité, ainsi que de la distribution et de la commercialisation de l’électricité, vise à améliorer la gestion du secteur. M. Makosso a également rassuré que, malgré ce processus de mise en concession et de gestion des contrats d’affermage, la société E2C, propriétaire des installations, conservera son rôle d’actionnaire et de contrôle. Le chef du gouvernement a souligné que l’État continuera à jouer un rôle de régulation dans ce secteur stratégique à travers E2C. Il a rassuré que les conditions de travail des employés ainsi que les tarifs sociaux seraient maintenus, réaffirmant l’engagement du gouvernement à réguler le secteur de l’électricité via l’Agence de régulation, compétente pour gérer les conflits entre les différents acteurs. Cette régulation vise à équilibrer les intérêts des producteurs, des distributeurs et des consommateurs, bien que des abus persistent, souvent ignorés par les usagers en raison d’un manque de culture juridique et de compréhension des mécanismes de recours, a-t-il dit. Par ailleurs, il a signifié que le gouvernement va  poursuivre les discussions avec les partenaires et de fournir des informations supplémentaires pour garantir une gestion transparente du secteur tout en protégeant les intérêts de l’État et des citoyens. Intervenant à cette occasion, le président du Sénat, M. Pierre Ngolo, a insisté sur l’importance du dialogue avec les différents partenaires pour trouver des solutions aux problèmes du pays. Aussi, il a encouragé le gouvernement à poursuivre les discussions avec les partenaires. « Nous vous poussons à l’action. Il faut que nous dialoguions et bien avec les différents partenaires », a-t-il dit. ACI/Berninie Dédé Massamba.

Congo : les non-dits sur le remaniement du Gouvernement et le séjour du Président angolais à Brazzaville

Congo : les non-dits sur le remaniement du Gouvernement et le séjour du Président angolais à Brazzaville

TRIBUNE. Le remaniement gouvernemental annoncé dans notre publication du 9/01/2025 avec deux challengers, Yves Castanou et Anatole Collinet Makosso (ACM) à la primature, a été confirmé ce 11/01/2025 par le Président Denis Sassou Nguesso qui recevait le même jour son homologue angolais, Joâo Lourenço. Véritable Gendarme d’Afrique centrale, il est venu délivrer un message de fermeté à son hôte qui jouerait un jeu trouble entre la RDC et le Rwanda. L’anxiété par rapport au futur incertain qui taraude 80% des Congolais est palpable. La confirmation d’ACM au poste de premier des ministres, n’est pas une surprise en soi : son équilibrisme, sa bonne étoile qui le place au centre de tous les prétendants au trône, son don de négociateur, son contrôle partiel, des Vili du Kouilou et Pointe-Noire, des Yombé et Kugnis de Dolisie, mais aussi ses relations avec certains leaders de l’axe de la mort (Mindouli-Mayama-Missafou-Madzia-Vindza ) et, last but not least l’appui de la Première Dame ont milité pour son maintien au poste. Son challenger, Yves Castanou comme Jean Baptiste Ondaye, a été victime de plusieurs tirs croisés (torpiller). M. Sassou reçoit nuit et jour plusieurs plaintes concernant Yves Castanou, notamment le fait qu’il met en difficulté le système par des prêches à l’image de celles de son frère jumeau Yvan. La dernière fut celle du dimanche 5/01/25 où il a indexé des dictateurs africains qui sont aux affaires depuis 40 ans et les responsables politiques qui transgressent les lois bibliques (transgenres) ! Exit Jean-Baptiste Ondaye, éphémère Ministre de l’économie et des Finances. Le choc est rude pour lui qui est toujours sacrifié même quand il a raison : les affaires du « DSRP 2 » ou de « l’évaluation de l’action gouvernementale » face au Ministre d’État Pierre Moussa ; le nettoyage du fichier des agents de la présidence de la république qui avait abouti à la détection de milliers d’agents fictifs percevant des salaires. C’est suite à cela qu’il décida de procéder au paiement des salaires par virement bancaire, suscitant l’ire des clans au sein de la Présidence. En 2025, en voulant fermer le GUP/CUT, initier les audits sur les douanes et les impôts, dénoncer au grand jour la magouille du président de l’Assemblée et de sa commission économie et finances qui ont balayé les amendements de la loi de finances 2025, bref mettre de l’ordre dans les régies financières, il a déclenché l’acrimonie, de l’entourage de M.Sassou, des gouvernants mafieux et méchants qui se sont mis à ses trousses. Jean-Jacques Bouya, en revanche, sort ultime grand vainqueur de cette affaire de remaniement. Non seulement il tient désormais très fermement ACM par ses précieux <<bijoux de famille >> en ayant plaidé pour son maintien, mais il aura réussi à renforcer ses positions en maintenant en premier Ingrid Eboucka Babackas dont les résultats ont été scabreux et catastrophiques. Rappelons qu’en sa qualité de Gouverneur-Pays, elle a vu les financements de 491 millions de dollars pour les 10 projets en cours être arrêtés depuis septembre 2024 faute de contrepartie. La gestion des projets PRISP, PSTAT ou COVID par son petit frère a fait l’objet de scandales inouïs qui ont contribué à affaiblir très largement la position du Congo. En second, le retour de Rigobert Maboundou comme Ministre de la recherche scientifique et de l’innovation technologique lui permet d’élargir et de neutraliser simultanément l’axe Niari-Bouenza-Lekoumou en maîtrisant Pierre Mabiala et Thierry Lezin Moungala. En troisième, le maintien de Ludovic Ngatsé à l’économie et au plan en lieu et place de Eboucka-Babackas. A l’avenir, il devrait lui être entièrement redevable, notamment dans la phase des négociations (incontournables) avec le duo Banque mondiale – FMI qu’il a déjà pratiqué. Ancien négociateur auprès du FMI/BM avec Denis Gokana pour le point d’achèvement IPPTE, JJB avance ses pions dans l’optique de la conquête ultime du pouvoir. La découverte d’un écart de déclaration de 1000 milliards de stock de la dette a été gérée par lui en 2010-2011. Suffisamment de quoi se financer un destin… En quatrième et dernière position qu’on pourra qualifier de coup de maître, Christian Yoka ! Ancien Enfant de Troupe (AET) de la promotion 1978, Christian Yoka dit « Kijo », fils d’Aimé Emmanuel Yoka, arrive aux affaires en ayant perdu sa sœur Nathalie Laurence, un atout solide et habile de la fratrie. Il arrive sans complexe, doté de réseaux africains, français et anglo-saxons, à un poste délétère et dans des circonstances où aucun clan ne lui laissera le temps de s’asseoir s’il est réellement transparent. Il aura, à travers Edgard Nguesso, son bleu, y compris Christel Denis Sassou un appui indéniable du réseau des AET. Son premier défi sera avant tout technique. Il aura 60 jours en général, mais dans la pratique, 30 jours seulement en raison du premier grand obstacle qui va arriver dès février 2025 : la contraction des finances publiques en raison du changement brutal dans les termes de l’échange du sous-jacent central de l’économie congolaise qui est le pétrole. Ce tsunami annoncé s’inscrit dans le sillage des remous des relations économiques internationales pour l’Afrique centrale avec le retour en force des USA via l’Angola. Que présage l’arrivée du Président angolais à Brazzaville ? Peu de gens ont noté le retrait définitif de l’américain Chevron qui vient de céder officiellement l’ensemble de ses actifs à la compagnie pétrolière Trident Energy, après plus de 30 années de présence continue au Congo. Les actes d’approbation de cette cession ont été validés par ya Bruno Jean Richard Itoua, Ministre des Hydrocarbures ce 09 janvier. Que cache ce départ ? Le repositionnement du groupe Chevron en Angola pour le « Corridor de Lobito » d’une part, et l’accroissement du risque-pays du Congo, dont la notation dans les structures financières n’en finit plus de se dégrader. Le Congo est désormais sujet à caution en matière d’investissements : une gouvernance économique scabreuse et un pouvoir politique à l’agonie ne permettent plus d’engager des financements sur le long terme. D’ailleurs, la visite du Président angolais à Brazzaville le 11 janvier vient souligner

Le gouvernement « condamne fermement » l’incident survenu dans la résidence d’un diplomate français

Le gouvernement « condamne fermement » l’incident survenu dans la résidence d’un diplomate français

Kinshasa, 24 août 2025 (ACP)-Le Ministère congolais des Affaires Étrangères a condamné « fermement » samedi, l’incident survenu vendredi à Kinshasa dans la résidence d’un diplomate français accrédité officiellement en République démocratique du Congo, dans un communiqué de presse. Selon des sources diplomatiques à Kinshasa contacté par l’ACP, il s’était agi vendredi d’une tentative d’expulsion d’un diplomate français d’une villa de l’ambassade de France sur l’avenue Batetela non loin du Pullman hôtel, qu’une famille congolaise a toujours voulu s’en approprier. « Le diplomate était retenu de force dans la villa, privé de ses mouvements pendant un long moment« . « Le Ministère des Affaires Étrangères condamne fermement cet acte de violence et une enquête rigoureuse est en cours afin d’identifier et de poursuivre les responsables de ces actes« , a annoncé le cabinet de la ministre Thérèse Kayikwamba Wagner. « La sécurité des diplomates est garantie en tout lieu et en toute circonstance« , a insisté le ministère. « L’engagement du Ministère envers le respect des conventions diplomatiques est et demeure assuré par des mesures nécessaires de prévention de tels incidents« , a rassuré le ministère. Cette villa de l’ambassade de France a régulièrement fait l’objet de convoitise d’une famille congolaise, qui s’est toujours prévalu d’en être propriétaire sur la base d’une décision de justice. Les occupants ont régulièrement été victimes de déguerpissement illégal et forcé de cette emprise diplomatique, par les forces de l’ordre réquisitionnées pour exécuter une décision de justice contestée et « absolument aberrante, absurde et illicite », selon un vieux diplomate africain de Kinshasa. Chaque fois, l’ambassade de France a toujours été rétablie dans ses droits. Le diplomate français « va bien mais il est très choqué. A quelques jours de la retraite, il va quitter le pays sur un bien mauvais souvenir hélas« , a regretté un diplomate européen de la Mission onusienne en RDC. Il a déploré que la famille s’était fait accompagner  lors de l’opération par « un groupe d’excités très menaçants. » ACP