Congo : une hécatombe sanitaire silencieuse sous le nez du Gouvernement ?( Lecture 5 minutes)

PARLONS-EN. Fièvre typhoïde, embolie, arrêt cardiaque, choléra, cancers et accident cardio-vasculaire, le Congo subit silencieusement plusieurs formes d’épidémies dont certaines ne sont pas déclarées. Face à l’incapacité des autorités à redresser le système de santé et à assainir l’environnement urbain insalubre et toxique, les cas de décès se comptent et se multiplient et la responsabilité de six ministres est engagée. Le dernier bilan du choléra en date du 28 juillet 2025 dans les départements de Brazzaville et de Congo-Oubangui, fait état de 187 cas dont 21 décès depuis sa recrudescence, le 25 juin. Certes, depuis la fièvre hémorragique Ébola et la Covid-19, l’État forme des jeunes en santé publique et l’OMS l’accompagne pour une véritable riposte, mais il joue au médecin après la mort. La preuve, les immondices, véritables foyers des moustiques et d’épidémies, jonchent les artères ; l’eau ne coule pas dans les robinets à défaut d’être indigeste. Résultat, les populations meurent à petit feu par manque de mécanismes de coordination sanitaire et de moyens financiers. Le conseil des ministres du 11 juillet 2025, à contretemps de la mort de masse pendant que les AVC et l’insalubrité déciment et que les morgues débordent de cadavres, préfère célébrer des projets de campagne présidentielle sans rapport avec la gravité de la situation sanitaire. Le Gouvernement discute de la création de deux hôpitaux à Ouesso et Sibiti, sans interpeller les mafieux qui ont détourné l’argent destiné à la construction des hôpitaux généraux, comme au CHU, et celui injecté dans la lutte contre les épidémies. Les textes soumis par le ministre de la Santé à ce conseil relèvent d’une planification long-termiste honorable, mais complètement hors-sol face à l’hécatombe actuelle. A la situation sanitaire dramatique du Congo, sept personnes doivent rendre des comptes sur la prise en charge des malades et les obsèques des décousus. Sept ministres silencieux, une responsabilité historique La première, Jean Jacques Bouya qui doit justifier les milliards de fcfa pour construire les infrastructures et l’équipement; La deuxième est le Pr Jean Rosaire Ibara. Quoi qu’il mène à bien la riposte avec le concours des docteurs Kankou Jean Médard, Gnekoumou Libaba Youssef, Nianga Gilbert Aristide (COUSP) Kandoko Youba (OMS), Niama Roch (LNSP) et Nicole Makaya Dangi Nicole (enseignante-chercheurUMNG et LNSP), son inertie face aux décès vasculaires massifs et l’absence totale d’action épidémiologique, de coordination médicale et de communication publique le condamnent. Il ne peut ignorer que les morts subites à répétition relèvent d’un phénomène pathologique de masse, et non d’un fait divers sanitaire. Les troisième et quatrième sont les ministres N’Silou, Mboulou et Ngobo dont la responsabilité est engagée pour leur silence sur les importations, la circulation et l’utilisation des pesticides au Congo. Ils sont à ce titre coupables de non-assistance à population en danger. Pareil pour Arlette Soudan Nonault et Juste Moundélé en raison de l’insalubrité ambiante. Ces ministres ne disconviendront pas. Ils n’ont jamais publié d’audit des intrants agricoles toxiques, ni présenté un rapport sur le contrôle des produits phytosanitaires en circulation, moins un moratoire sur l’utilisation des substances identifiées comme génotoxiques, reprotoxiques ou interdites à l’étranger. Il y a aussi Bruno Jean Richard Itoua et le D.G. de la Snpc, Raoul Ominga, responsables d’importations massives de produits pétroliers au soufre, totalement toxiques, qui polluent et tuent avec le smog (nuage toxique) présent sur Brazzaville tous les jours de 11 h à 20 h. Le peuple congolais est exposé à un cocktail meurtrier constitué de négligence médicale, d’alimentation contaminée, de pollution invisible dans le bazar des tueurs pesticides bannis en Europe, mais écoulés en Afrique. En 2020, l’enquête du journaliste Stéphane Mandard publiée dans Le Monde a révélé que la France continue à produire des pesticides ultra-dangereux, interdits sur son propre sol, pour les vendre aux pays du Sud. Le cas de l’atrazine, interdite dans l’Union européenne depuis 2003 pour ses effets reprotoxiques et génotoxiques graves. Ces poisons exportés au Mali, au Togo, au Bénin, au Congo et en RDC sont pulvérisés sans protection, souvent entre les mains des ignorants qui en abusent. Ils contaminent les sols, les nappes phréatiques, les cultures vivrières et les corps : c’est la mort lente des consommateurs via les produits qui circulent désormais dans leur sang. Ils impactent le cerveau, les artères, les fœtus. Mais, le sujet ne préoccupe pas l’élite. La preuve, aucune barrière sanitaire ou réglementation stricte sur les importations phytosanitaires n’a été imposée. Quant à la typhoïde, la situation est de plus en plus alarmante au regard de l’environnement insalubre, l’eau impropre à la consommation ou des aliments contaminés. Que faire? Face au mutisme d’État, les ONG de santé publique, les syndicats médicaux, les associations de consommateurs, les laborantins, les universitaires et les professionnels agricoles sont en droit de : • Enquêter et publier des analyses indépendantes des eaux, sols, aliments, sang et urines des populations exposées ; • Établir des registres communautaires des morts subites et des AVC non expliqués, pour contourner l’inaction officielle ; • Engager des poursuites judiciaires nationales et internationales pour atteinte aux droits fondamentaux à la santé, à l’information contre les sept autorités pour incompétence. Ce que les Congolais vivent n’est pas un simple retard de gestion publique, mais un effondrement sanitaire, une trahison de l’État protecteur. Ghys Fortuné DOMBE BEMBA
RDC : accord de cessez-le-feu entre le M23 et le gouvernement à Doha

GUERRE DE L’EST. Après trois mois de discussions, le groupe armé M23 et le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) sont parvenus à un accord de cessez-le-feu permanent dans l’est du Congo. « Les rebelles du M23, soutenu par le Rwanda, et les autorités congolaises ont signé, samedi 19 juillet, un accord de cessez-le-feu au Qatar », annonce France 24. Selon la chaîne française, citant indique une déclaration de principe signée à Doha par les parties au conflit, « les parties s’engagent à respecter leur engagement en faveur d’un cessez-le-feu permanent ». Comme le souligne Radio Okapi, cette signature marque une étape cruciale dans le processus de paix engagé pour ramener la stabilité dans la région du Kivu. Et de rappeler : « depuis plus de deux ans, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) affrontent une résurgence du M23 dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Cette rébellion occupe une grande partie de la région minière du Kivu depuis janvier 2025 ». Selon le ministre congolais de la Communication et des Médias, porte-parole du Gouvernement congolais, Patrick Muyaya, cité par la radio d’informations indépendante, le texte de la déclaration de Doha contient des engagements clairs en faveur de la protection des civils, du respect de la souveraineté nationale et de la consolidation de la paix. Sur son compte X, rapporte-elle, ce dernier affirme que ce document repose sur : le respect strict de la Constitution de la RDC, les Chartes des Nations Unies et de l’Union africaine, le droit international, les résolutions du Conseil de sécurité, notamment la Résolution 2773 et une conformité avec l’accord de Washington Il est important de noter que des négociations formelles en vue d’un accord de paix global sont prévues à la suite de cette signature, a rapport France 24. Patricia Engali
Coopération et gestion : la dérive administrative institutionnalisée par le gouvernement congolais ( lecture en 3 minutes )

TRIBUNE. Au cœur d’un système à la dérive en proie au contournement du droit et au désordre normatif, le premier ministre Anatole Collinet Makosso (ACM) est désormais partagé entre les notes de service sans quintessence juridique, les nominations opaques et la confusion des compétences. Tout ceci supplante la légalité républicaine et le déminage des différents dossiers à la veille du périple qui conduira ACM en France, à Abu Dhabi et à Dubaï. Le 14 mai 2025, à la suite des ministres Jean Claude Gakosso et Christian Yoka, ACM effectuera une visite de 48 heures en France pour baliser le terrain avant l’arrivée de M. Sassou. Officiellement et officieusement, il tentera de scruter les dossiers juridiques, culturels et surtout financiers qui le conduiront par la suite au moyen Orient où il assistera aussi au mariage de Christel Denis Sassou Nguesso. D’une part, dans le cadre de la géopolitique de l’énergie, des indiscrétions indiquent que TotalEnergies injectera 500 milliards dans les finances congolaises. D’autres part, dans le cadre des montages très dangereux, 1500 milliards de fcfa vont être déversés au Congo. Une partie de toutes ces sommes glisseront dans la campagne de M. Sassou et une très infime seront reversées aux Congolais. L’effondrement de la hiérarchie normative et la confusion des instruments juridiques Tout examen considéré, le Congo est dans une crise systémique avancée de légalité administrative. Cette crise est marquée par un renversement de la hiérarchie des normes. Il apparaît que des actes majeurs (nominations, organisation de services publics, gestion des établissements) sont pris sous forme de notes de service, en lieu et place des actes prévus par la Constitution et les lois. Or, en règle de droit, une note de service n’a pas de portée normative : c’est un instrument interne, destiné à transmettre des instructions, non à créer des commissions nationales ou modifier l’architecture de l’État. La dérive est absolument manifeste avec le recours par le Premier ministre à une note de service (n°0026/PM-CAB du 28 juin 2024) pour créer une commission aussi stratégique que celle chargée de la gestion de la trésorerie nationale. Pire, cette note a été abrogée par l’arrêté du Ministre des finances (n°351 du 3 avril 2025 portant « création, attributions, composition et fonctionnement du comité de trésorerie de l’État »), révélant une illogique inversion normative. Une telle pratique constitue une violation manifeste du principe de légalité administrative, symptomatique d’une gouvernance contournant les règles fondamentales. Et les cas sont légions. L’administration congolaise semble ainsi régie non par le droit, mais par des pratiques désinvoltes, privilégiant la souplesse apparente des outils internes, au détriment de la sécurité juridique, de la transparence et de la responsabilité des autorités. Dénaturation de la fonction administrative La situation est davantage alarmante dans les établissements publics à caractère administratif (EPA), bras opérationnels de l’État. Aucune décision formelle n’y est prise ; seules des notes de service structurent les orientations, y compris budgétaires ou statutaires. Ce mode de fonctionnement entérine l’effondrement du modèle d’administration publique fondé sur l’acte unilatéral, motivé, signé par l’autorité compétente et susceptible de recours. La nomination du Directeur adjoint du Trésor public en est un exemple édifiant. Le 16 avril a été publié le décret n°2025-114 du 16 avril 2025 portant « Attributions et Organisation de la Direction générale du trésor ». Ce texte abroge le décret n°2024-99 du 6 mars 2024 portant « attributions et organisation de la direction générale du Trésor ». Sans coup férir, le 18 avril en Conseil des ministres, M. Hylarion Stève Ibobi Ollessongo, Inspecteur du trésor, a été nommé DGA et les directeurs centraux, anciens adjoints, renvoyés à leurs études sans autre forme de procès, leurs postes ayant « disparus » ! L’intéressé a néanmoins pris fonction, sans titre légal. Or, un décret aurait dû suivre le compte-rendu du conseil des ministres, précisant : • la mention obligatoire : la nomination de M. Ibobi Ollessongo, Inspecteur des finances ; • la mention obligatoire : de son numéro matricule d’agent de la fonction publique suivi de son classement, échelle, indice, etc. ; du poste budgétaire d’affectation des fonds de sa rémunération (le cas échéant) ; • la mention obligatoire : « en remplacement de xxx appelé à d’autres fonctions » ; • la mention obligatoire « Sur la proposition de … » ; • la mention obligatoire « le Conseil des ministres entendu ». Sans tout ce dispositif normatif, cela constitue une usurpation implicite de fonction publique, en contradiction totale avec les principes de publicité des actes et de légalité. C’est la preuve que l’État crée lui-même des situations d’illégalité fonctionnelle, rendant les actes posés potentiellement nuls. Ce mécanisme installe une administration parallèle, fondée sur des décisions informelles, des actes non publiés, des délégations sans textes. La gouvernance devient discrétionnaire, non au sens juridique du terme, mais dans celui d’une gestion au gré des volontés individuelles, hors de tout cadre contraignant. ( la suite prochainement) Ghys Fortuné BEMBA DOMBE
Congo/Energie : Le gouvernement va révoquer les contrats d’affermage avec Selenec face à la crise

Le gouvernement va retirer les contrats d’affermage avec la Société nationale d’électricité du Sénégal, si cela ne trouve pas l’assentiment de la population, a déclaré, le 21 février à Brazzaville, le Premier ministre, Chef du gouvernement, M. Anatole Collinet Makosso. Lors de la séance de questions orales au gouvernement, devant les sénateurs, il a expliqué que cette décision s’inscrit dans un processus visant à résoudre définitivement la crise énergétique qui frappe le pays. « Nous avons pris la décision courageuse de régler cette question de la crise énergétique », a-t-il affirmé, en référence au refus des agents de la société Energie électrique du Congo (E2C).par rapport aux contrats d’affermage avec Selenec. Le Premier ministre a précisé que ces mesures avaient été prises en raison des difficultés financières rencontrées par l’État pour entretenir des infrastructures vieillissantes, notamment les barrages hydroélectriques. « Les révisions des turbines et des barrages n’ont pas été effectuées depuis plusieurs années, faute de ressources financières », a-t-il déploré. Il a ajouté que la libéralisation des centrales de production, des systèmes de transport d’électricité, ainsi que de la distribution et de la commercialisation de l’électricité, vise à améliorer la gestion du secteur. M. Makosso a également rassuré que, malgré ce processus de mise en concession et de gestion des contrats d’affermage, la société E2C, propriétaire des installations, conservera son rôle d’actionnaire et de contrôle. Le chef du gouvernement a souligné que l’État continuera à jouer un rôle de régulation dans ce secteur stratégique à travers E2C. Il a rassuré que les conditions de travail des employés ainsi que les tarifs sociaux seraient maintenus, réaffirmant l’engagement du gouvernement à réguler le secteur de l’électricité via l’Agence de régulation, compétente pour gérer les conflits entre les différents acteurs. Cette régulation vise à équilibrer les intérêts des producteurs, des distributeurs et des consommateurs, bien que des abus persistent, souvent ignorés par les usagers en raison d’un manque de culture juridique et de compréhension des mécanismes de recours, a-t-il dit. Par ailleurs, il a signifié que le gouvernement va poursuivre les discussions avec les partenaires et de fournir des informations supplémentaires pour garantir une gestion transparente du secteur tout en protégeant les intérêts de l’État et des citoyens. Intervenant à cette occasion, le président du Sénat, M. Pierre Ngolo, a insisté sur l’importance du dialogue avec les différents partenaires pour trouver des solutions aux problèmes du pays. Aussi, il a encouragé le gouvernement à poursuivre les discussions avec les partenaires. « Nous vous poussons à l’action. Il faut que nous dialoguions et bien avec les différents partenaires », a-t-il dit. ACI/Berninie Dédé Massamba.
Congo : les non-dits sur le remaniement du Gouvernement et le séjour du Président angolais à Brazzaville

TRIBUNE. Le remaniement gouvernemental annoncé dans notre publication du 9/01/2025 avec deux challengers, Yves Castanou et Anatole Collinet Makosso (ACM) à la primature, a été confirmé ce 11/01/2025 par le Président Denis Sassou Nguesso qui recevait le même jour son homologue angolais, Joâo Lourenço. Véritable Gendarme d’Afrique centrale, il est venu délivrer un message de fermeté à son hôte qui jouerait un jeu trouble entre la RDC et le Rwanda. L’anxiété par rapport au futur incertain qui taraude 80% des Congolais est palpable. La confirmation d’ACM au poste de premier des ministres, n’est pas une surprise en soi : son équilibrisme, sa bonne étoile qui le place au centre de tous les prétendants au trône, son don de négociateur, son contrôle partiel, des Vili du Kouilou et Pointe-Noire, des Yombé et Kugnis de Dolisie, mais aussi ses relations avec certains leaders de l’axe de la mort (Mindouli-Mayama-Missafou-Madzia-Vindza ) et, last but not least l’appui de la Première Dame ont milité pour son maintien au poste. Son challenger, Yves Castanou comme Jean Baptiste Ondaye, a été victime de plusieurs tirs croisés (torpiller). M. Sassou reçoit nuit et jour plusieurs plaintes concernant Yves Castanou, notamment le fait qu’il met en difficulté le système par des prêches à l’image de celles de son frère jumeau Yvan. La dernière fut celle du dimanche 5/01/25 où il a indexé des dictateurs africains qui sont aux affaires depuis 40 ans et les responsables politiques qui transgressent les lois bibliques (transgenres) ! Exit Jean-Baptiste Ondaye, éphémère Ministre de l’économie et des Finances. Le choc est rude pour lui qui est toujours sacrifié même quand il a raison : les affaires du « DSRP 2 » ou de « l’évaluation de l’action gouvernementale » face au Ministre d’État Pierre Moussa ; le nettoyage du fichier des agents de la présidence de la république qui avait abouti à la détection de milliers d’agents fictifs percevant des salaires. C’est suite à cela qu’il décida de procéder au paiement des salaires par virement bancaire, suscitant l’ire des clans au sein de la Présidence. En 2025, en voulant fermer le GUP/CUT, initier les audits sur les douanes et les impôts, dénoncer au grand jour la magouille du président de l’Assemblée et de sa commission économie et finances qui ont balayé les amendements de la loi de finances 2025, bref mettre de l’ordre dans les régies financières, il a déclenché l’acrimonie, de l’entourage de M.Sassou, des gouvernants mafieux et méchants qui se sont mis à ses trousses. Jean-Jacques Bouya, en revanche, sort ultime grand vainqueur de cette affaire de remaniement. Non seulement il tient désormais très fermement ACM par ses précieux <<bijoux de famille >> en ayant plaidé pour son maintien, mais il aura réussi à renforcer ses positions en maintenant en premier Ingrid Eboucka Babackas dont les résultats ont été scabreux et catastrophiques. Rappelons qu’en sa qualité de Gouverneur-Pays, elle a vu les financements de 491 millions de dollars pour les 10 projets en cours être arrêtés depuis septembre 2024 faute de contrepartie. La gestion des projets PRISP, PSTAT ou COVID par son petit frère a fait l’objet de scandales inouïs qui ont contribué à affaiblir très largement la position du Congo. En second, le retour de Rigobert Maboundou comme Ministre de la recherche scientifique et de l’innovation technologique lui permet d’élargir et de neutraliser simultanément l’axe Niari-Bouenza-Lekoumou en maîtrisant Pierre Mabiala et Thierry Lezin Moungala. En troisième, le maintien de Ludovic Ngatsé à l’économie et au plan en lieu et place de Eboucka-Babackas. A l’avenir, il devrait lui être entièrement redevable, notamment dans la phase des négociations (incontournables) avec le duo Banque mondiale – FMI qu’il a déjà pratiqué. Ancien négociateur auprès du FMI/BM avec Denis Gokana pour le point d’achèvement IPPTE, JJB avance ses pions dans l’optique de la conquête ultime du pouvoir. La découverte d’un écart de déclaration de 1000 milliards de stock de la dette a été gérée par lui en 2010-2011. Suffisamment de quoi se financer un destin… En quatrième et dernière position qu’on pourra qualifier de coup de maître, Christian Yoka ! Ancien Enfant de Troupe (AET) de la promotion 1978, Christian Yoka dit « Kijo », fils d’Aimé Emmanuel Yoka, arrive aux affaires en ayant perdu sa sœur Nathalie Laurence, un atout solide et habile de la fratrie. Il arrive sans complexe, doté de réseaux africains, français et anglo-saxons, à un poste délétère et dans des circonstances où aucun clan ne lui laissera le temps de s’asseoir s’il est réellement transparent. Il aura, à travers Edgard Nguesso, son bleu, y compris Christel Denis Sassou un appui indéniable du réseau des AET. Son premier défi sera avant tout technique. Il aura 60 jours en général, mais dans la pratique, 30 jours seulement en raison du premier grand obstacle qui va arriver dès février 2025 : la contraction des finances publiques en raison du changement brutal dans les termes de l’échange du sous-jacent central de l’économie congolaise qui est le pétrole. Ce tsunami annoncé s’inscrit dans le sillage des remous des relations économiques internationales pour l’Afrique centrale avec le retour en force des USA via l’Angola. Que présage l’arrivée du Président angolais à Brazzaville ? Peu de gens ont noté le retrait définitif de l’américain Chevron qui vient de céder officiellement l’ensemble de ses actifs à la compagnie pétrolière Trident Energy, après plus de 30 années de présence continue au Congo. Les actes d’approbation de cette cession ont été validés par ya Bruno Jean Richard Itoua, Ministre des Hydrocarbures ce 09 janvier. Que cache ce départ ? Le repositionnement du groupe Chevron en Angola pour le « Corridor de Lobito » d’une part, et l’accroissement du risque-pays du Congo, dont la notation dans les structures financières n’en finit plus de se dégrader. Le Congo est désormais sujet à caution en matière d’investissements : une gouvernance économique scabreuse et un pouvoir politique à l’agonie ne permettent plus d’engager des financements sur le long terme. D’ailleurs, la visite du Président angolais à Brazzaville le 11 janvier vient souligner
Le gouvernement « condamne fermement » l’incident survenu dans la résidence d’un diplomate français

Kinshasa, 24 août 2025 (ACP)-Le Ministère congolais des Affaires Étrangères a condamné « fermement » samedi, l’incident survenu vendredi à Kinshasa dans la résidence d’un diplomate français accrédité officiellement en République démocratique du Congo, dans un communiqué de presse. Selon des sources diplomatiques à Kinshasa contacté par l’ACP, il s’était agi vendredi d’une tentative d’expulsion d’un diplomate français d’une villa de l’ambassade de France sur l’avenue Batetela non loin du Pullman hôtel, qu’une famille congolaise a toujours voulu s’en approprier. « Le diplomate était retenu de force dans la villa, privé de ses mouvements pendant un long moment« . « Le Ministère des Affaires Étrangères condamne fermement cet acte de violence et une enquête rigoureuse est en cours afin d’identifier et de poursuivre les responsables de ces actes« , a annoncé le cabinet de la ministre Thérèse Kayikwamba Wagner. « La sécurité des diplomates est garantie en tout lieu et en toute circonstance« , a insisté le ministère. « L’engagement du Ministère envers le respect des conventions diplomatiques est et demeure assuré par des mesures nécessaires de prévention de tels incidents« , a rassuré le ministère. Cette villa de l’ambassade de France a régulièrement fait l’objet de convoitise d’une famille congolaise, qui s’est toujours prévalu d’en être propriétaire sur la base d’une décision de justice. Les occupants ont régulièrement été victimes de déguerpissement illégal et forcé de cette emprise diplomatique, par les forces de l’ordre réquisitionnées pour exécuter une décision de justice contestée et « absolument aberrante, absurde et illicite », selon un vieux diplomate africain de Kinshasa. Chaque fois, l’ambassade de France a toujours été rétablie dans ses droits. Le diplomate français « va bien mais il est très choqué. A quelques jours de la retraite, il va quitter le pays sur un bien mauvais souvenir hélas« , a regretté un diplomate européen de la Mission onusienne en RDC. Il a déploré que la famille s’était fait accompagner lors de l’opération par « un groupe d’excités très menaçants. » ACP
Lettre ouverte aux Ecclésiastiques, membres du gouvernement, parlementaires, conseils consultatifs et institutions congolaises et internationales

Primis, Messieurs les Ecclésiastiques, « Acquiers la vérité, n’en fais pas commerce, de même pour la sagesse, l’éducation et l’intelligence » (Pr 23,23).En vous rappelant cette parole qui vous est coutumière, je ne doute pas un seul instant que le serment que vous avez pris de servir le peuple de Dieu et de le guider dans la vérité lorsque vous avez été investis de la respectable fonction que vous assumez aujourd’hui, vous confère une honorabilité ecclésiale de haute cime. Elle n’est nullement symbolique, elle participe de l’engagement à demeurer l’ami du pauvre et de l’opprimé. Ainsi, la principale mission que votre charge vous commande est de prêcher l’évangile et d’apporter en toute sincérité le réconfort à ceux qui sont plongés dans la détresse.Mais, l’Église reste muette devant les crimes, les vols, les détournements des deniers publics, les tricheries, la corruption, autant d’anti-valeurs devenues la marque de fabrique des autorités congolaises. Pourtant la Bible recommande à dénoncer le mal (Esaïe 58:1, Ephésiens 5:11, Matthieu14:1-12) Messieurs les Ecclésiastiques, Êtes-vous insensibles aux conditions de vie des populations à qui vous adressez des homélies qui ne sont finalement aux yeux de vos fidèles que des paroles vaines et improductives, la misère allant crescendo ? « Un ventre affamé n’a point d’oreilles » nous enseigne le dicton populaire dont la pertinence est avérée. J’interpelle votre conscience sur cette effroyable misère entretenue par ceux qui vous donnent du fromage pour que vous puissiez vous taire, à l’image du corbeau dans la poésie de Jean de La Fontaine. Image ubuesque, sans doute, mais c’est celle qui colle le mieux à votre personnalité dont je crains qu’elle soit dévoyée. L’Église combative, proche du peuple, a disparu. La promesse d’un avenir radieux que vous faites est devenue un leurre pour les chrétiens au regard de ce que nous vivons et que vous n’arrivez pas à dénoncer. Messieurs les Ecclésiastiques, Venons-en à la question des terres du Congo. Le 13 juin, au cours de la messe célébrant la journée de la terre, l’archevêque de Brazzaville, Monseigneur Bienvenu Manamika a pris, enfin, conscience de la vox populi vox dei, mais les paroles seules ne rassurent pas et ne suffisent pas. D’ailleurs elles sont incomplètes. Elles auraient à gagner à être consignées dans la Lettre des Évêques pour dédire l’interview accordée aux médias par le Secrétaire général de la Conférence épiscopale du Congo au sortir de l’audience avec le Premier ministre Anatole Collinet Makosso et le communiqué publié aux pas de charge. Les dignitaires de Brazzaville ont poussé leur perfidie jusqu’à brandir votre communiqué, pour servir de caution morale du clergé, auprès des institutionsinternationales et missions diplomatiques. Messieurs les Évêques, vous vous êtes compromis dans les manœuvres sordides du gouvernement. J’interpelle ici également les clergés protestant, salutiste, kimbanguiste, le Conseil Islamique du Congo, le Conseil supérieur des églises de réveil du Congo, les Ngundistes et les confessions animistes, pour leur silence coupable s’apparentant à une complicité avec le gouvernement qui martyrise les populations dans tous les sens du terme. Mesdames et Messieurs les parlementaires, Vous avez reconnu que la question des terres a suscité et suscite encore beaucoup d’inquiétudes, mais vous feignez d’avoir écouté le souverain primaire qui vous a pourtant délégué son pouvoir. Le choix de l’objectivité, de la raison et de la vérité est décidément une épreuve périlleuse pour vous. Votre présence à l’hémicycle se justifie à l’aune de votre allégeance au prince, je peux le comprendre. Mais je m’indigne du fait que votre rôle de contrôle de l’action gouvernementale ne soit qu’un simulacre servi au peuple. Les questions orales sont de simples pantomimes; le ludique l’emporte sur le débat des problèmes sérieux auxquels sont confrontées les populations. Vous avez déclaré urbi et orbi que rien ne semble poser problème dans les accords que vous avez lus. Si ceux qui vous ont été présentés sont vrais, j’en doute, personnellement, sont-ils légaux au regard des articles 5, 44, 217, 218, 219 de la Constitution du 25 octobre 2015 que vous aviez vous même portée sur les fontsbaptismaux, sur le sang des Congolais ? Vous avez donné un blanc seing aux accords qui n’ont fait l’objet d’aucun débat populaire. De toutes les façons, les Congolais ne veulent plus d’un référendum pipé d’avance que veut organiser le pouvoir de Brazzaville. Nous savons comment les opérations électorales se déroulent au Congo. Elles ne sont ni transparentes ni crédibles. Elles sont toujours entachées d’irrégularités. Si les textes de lois que vous votez à l’hémicycle s’érodent si vite de votre mémoire, je peux conclure que vous n’y êtes que pour garnir vos poches. Messieurs les Ecclésiastiques, Mesdames et Messieurs les membres du gouvernement, du parlement et des conseils consultatifs, La question des terres n’est pas close, comme vous semblez le prétendre. Elle est encore là et plus que d’actualité. A ce sujet, je me pose des questions légitimes auxquelles je sollicite vos réponses, comme la grande majorité sinon toute la population congolaise, puisque vous affirmez avoir lu et apprécié les accords pour dire qu’ils sont bons et « gagnant-gagnants» pour notre pays. Je marque mon étonnement sur cette fausse assurance que le gouvernement rabâche quotidiennement et que les suppôts du pouvoir et autres affidés reprennent en chœur comme des « moutons de Panurge ». Quelle est donc la garantie de ce partenariat gagnant-gagnant ? Vous affirmez péremptoirement que les terres congolaises n’ont été ni vendues ni cédées. Avez-vous écouté et analysé ce que disent les Rwandais eux-mêmes sur les chaînes de télévision rwandaise des 980 kilomètres carrés de terres ( soit 2 fois la superficie de la ville deKigali) quand ils affirment haut et fort que celles-ci « appartiennent désormais au Rwanda » ? Quel sens, Mesdames, Messieurs, donnez-vous au verbe « appartenir » si ce n’est pas « avoir un droit de propriété sur quelque chose » ? Que dites- vous donc de la demande des actes fonciers formulée le 27 juillet 2021 par l’ambassadeur du Rwanda au Congo, Théoneste Mutsindashyaka auprès du Ministre d’État, M. Pierre Mabiala,ministre des affaires foncières et du Domaine
RDC : la Première ministre Suminwa face à plusieurs défis économiques

Plusieurs défis, notamment sur le plan économique, attendent Judith Suminwa Tuluka, nommée lundi 1er avril comme cheffe du Gouvernement de la RDC. Sa nomination intervient dans un contexte économique que beaucoup d’économistes jugent instable. Selon le Fonds monétaire international (FMI), la RDC est le deuxième pays à afficher une croissance économique à 6% au sein de l’Afrique subsaharienne en 2023. Et la commission des économiques des Nations unies pour l’Afrique classe le pays dans le top 10 des économies africaines à plus forte croissance en 2024. Pour autant, ces perspectives heureuses font face à plusieurs défis, dont le plus important est celui lié à l’inflation, qui reste très élevée autour de 20 %. Il y a donc une hausse généralisée et durable des prix des biens et des services sur le marché. Cette situation entraîne une baisse du pouvoir d’achat des Congolais, surtout avec le franc congolais qui se déprécie face au dollar américain, très utilisé dans le circuit économique de la RDC. 1 USD vaut actuellement 2800 francs congolais à Kinshasa. En clair, avec la même somme d’argent, on achète moins d’articles qu’auparavant. Œuvrer à renverser cette conjoncture économique délicate, est actuellement l’une des préoccupations majeures exprimées dans l’opinion. L’autre défi de taille sera la relance du tissu industriel comme fer de lance du développement de la RDC. Cette relance va de pair avec l’amélioration de la connectivité du pays, en corrigeant le déficit d’infrastructures routières. Ce dernier ne favorise pas l’évacuation de la production agricole excédentaire dans le Congo profond mais aussi l’acheminement des produits vivriers importés. Pour la Fédération des entreprises du Congo (FEC), il est surtout question de travailler à assainir le climat des affaires et mettre fin à la multiplicité des taxes, dont se plaignent beaucoup d’opérateurs économiques.