Politique monétaire : Le marché table largement sur le maintien du taux directeur

Le Conseil de Bank Al-Maghrib (BAM) tiendra ce mardi 22 septembre sa troisième réunion trimestrielle de l’année 2026. A l’issue de cette session, la Banque centrale décidera du maintien ou non de son taux directeur. Une décision particulièrement attendue, notamment par les  investisseurs financiers qui se sont déjà exprimés sur l’orientation que devrait prendre le Conseil.

Un consensus très marqué pour le statu quo

En effet, au terme de son enquête réalisée auprès d’un échantillon de 35 investisseurs considérés parmi les plus influents du marché financier marocain, Attijari Global Research (AGR) relève « un consensus quasi-unanime des investisseurs au Maroc en faveur d’une stabilité du Taux Directeur de Bank Al-Maghrib ».

Selon les résultats de ce sondage, 93% des investisseurs interrogés anticipent un maintien du taux directeur de Bank Al-Maghrib contre seulement 7% qui tablent sur une hausse de 25 points de base (pbs), souligne-t-elle dans sa récente publication « Research Report-Strategy », citée par la MAP.

Le sondage, qui a été mené au cours du mois de septembre, révèle que 97% des  institutionnels locaux privilégient le maintien du taux directeur. 3% seulement d’entre eux s’attendent à une augmentation de 25 pbs.

En ce qui concerne les investisseurs étrangers, l’enquête montre que tous anticipent une stabilité du TD, relève la même source.

Pour leur part, les acteurs de référence restent largement favorables au statu quo. 92% de ces derniers, définis comme des personnes ayant suffisamment de recul sur le marché financier marocain leur permettant de retranscrire de manière relativement fidèle l’état d’esprit des investisseurs sans pour autant intervenir directement sur le marché, anticipent un statu quo. Seuls 8% s’attendent à une hausse de 25 pbs.

Quant aux personnes physiques, l’enquête révèle que 83% d’entre elles anticipent un statu quo du Taux directeur, tandis que 17% tablent sur une hausse de 25 pbs.

Etant donné qu’aucune baisse n’a été envisagée lors de cette enquête, on peut en déduire que l’hypothèse d’un nouvel assouplissement monétaire ne fait pas partie des anticipations des investisseurs interrogés.

Le marché privilégie la stabilité des taux

Une tendance déjà relevée dans une enquête de BMCE Capital Global Research (BKGR), publiée la veille, qui faisait ressortir le même scénario, avec un consensus unanime parmi les investisseurs institutionnels autour d’un statu quo à 2,25%. 

D’après les résultats de ce sondage, qui cible des investisseurs institutionnels marocains, tous (100%) anticipent ce scénario et jugent cette orientation adéquate.

Un équilibre entre soutien à l’économie et prudence

Selon BKGR, ce statu quo permettrait de continuer à soutenir l’activité tout en conservant une marge de manœuvre face au risque d’inflation importée et à l’incertitude concernant les décisions des grandes banques centrales. Par ailleurs, 90% estiment qu’une hausse du taux directeur n’est pas envisageable dans le contexte actuel.

L’autre enseignement de l’enquête de BKGR, et non des moindres, est qu’au-delà de la pause qu’ils anticipent, les investisseurs institutionnels retiennent 2,25% comme cible à fin 2026. En d’autres termes, ils intègrent le maintien de ce taux jusqu’à la fin de l’année 2026.

Pour les experts de BKGR, rapporte la MAP, la Banque centrale devrait conserver une approche prudente, réunion par réunion, fondée sur les données les plus récentes.

Pour rappel, lors de sa session du 23 juin dernier, le Conseil de Bank Al-Maghrib avait jugé approprié de maintenir le taux directeur inchangé à 2,25%, et promis de suivre de près la conjoncture interne et externe et de fonder ses décisions, réunion par réunion, sur les données les plus récentes.  Cette décision avait été motivée par l’évolution prévue de l’inflation à des niveaux en ligne avec l’objectif de stabilité des prix à moyen terme, la consolidation de la dynamique de l’activité économique et la forte incertitude entourant les perspectives économiques à l’échelle internationale.

Alain Bouithy

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