Maroc/Politique monétaire. Bank Al-Maghrib privilégie la prudence et maintient son taux directeur

Le Conseil de Bank Al-Maghrib a décidé de maintenir inchangé le taux directeur à 2,25%, à l’issue de sa première réunion trimestrielle de l’année 2026, tenue mardi 17 mars à Rabat, s’alignant ainsi sur les anticipations et prédictions de nombreux experts et investisseurs. Bank Al-Maghrib (BAM) optera-t-elle pour le statu quo ou pour un ajustement du taux directeur ? Telle est la question que nous nous posions à la veille de la première réunion de l’année de la Banque centrale. Après avoir analysé l’évolution de la conjoncture économique nationale et internationale, ainsi que les projections macroéconomiques à moyen terme de la Banque, le Conseil a finalement jugé approprié de maintenir le TD inchangé, rejoignant ainsi le consensus en faveur d’une stabilité du taux directeur prédit, anticipé notamment par Attijari Global Research (AGR) et BMCE Capital Global Re search (BCGR). Cette décision tient compte notamment de la poursuite de la dynamique notable de l’activité économique, des niveaux modérés prévus de l’inflation, ainsi que de la forte incertitude entourant les perspectives internationales. Elle intègre également les résultats des stress tests réalisés par BAM pour l’économie nationale. Concernant l’escalade du conflit au Moyen-Orient, que certaines institutions craignaient susceptible d’influencer sa décision, BAM a estimé que « cette guerre ne serait pas sans conséquence à travers, notamment, les canaux des comptes extérieurs, en particulier les cours de l’énergie ». Qu’à cela ne tienne, selon les évaluations préliminaires de l’institution publique, « l’impact serait relativement contenu dans le scénario retenu d’un conflit de courte durée, mais pourrait s’avérer plus marqué dans le cas contraire », a-t-elle souligné. Quoi qu’il en soit, « la forte dynamique des secteurs non agricoles, tirée par l’investissement dans les infrastructures économiques et sociales, devrait se poursuivre et la production agricole connaîtrait un rebond notable à la faveur des conditions climatiques exceptionnelles qui ont prévalu au cours des derniers mois », a expliqué BAM. Lors de cette session, le Conseil a en outre noté que l’inflation a évolué à des niveaux bas, en lien avec l’amélioration de l’offre de certains produits alimentaires et le repli des prix des carburants. Selon ses prévisions, à moyen terme, elle devrait s’accélérer graduellement tout en restant à des niveaux modérés. Elle ressortirait ainsi « quasi stable d’une année à l’autre à 0,8% en 2026, puis atteindrait 1,4% en 2027 ». Le Conseil estime par ailleurs que les conditions climatiques très favorables devraient se traduire par une nette hausse de la production agricole. Selon ses estimations, basées sur une superficie emblavée de 3,9 millions d’hectares, la récolte des trois principales céréales atteindrait 82 millions de quintaux. Ainsi, BAM table sur un rebond de la valeur ajoutée agricole de 14,4% en 2026, suivi d’un recul de 5,3% en 2027 sous l’hypothèse d’un retour à une campagne céréalière moyenne. La croissance de l’économie nationale devrait se situer à 5,6% en 2026 Selon l’institution, la croissance des activités non agricoles resterait robuste, oscillant autour de 4,5%, tandis que celle de l’économie nationale devrait se situer à 5,6% en 2026, avant de ralentir à 3,5% en 2027. Enfin, le Conseil s’est engagé à continuer de suivre de près la conjoncture interne et externe et en particulier les développements au Moyen-Orient ainsi que leurs conséquences sur l’activité économique et l’inflation, et à fonder ses décisions, sur la base des données les plus actualisées. Alain Bouithy
Première réunion de l’année du Conseil de Bank Al-Maghrib : BAM optera-t-elle pour le statu quo ou un ajustement du taux directeur ?

Investisseurs et institutions financières scrutent la décision de la Banque centrale MAROC. Le premier Conseil de l’année de Bank Al Maghrib (BAM), qui se tient aujourd’hui, maintien dra-t-il son taux directeur in changé ou la Banque centrale décidera-t-elle de l’ajuster ? Dans un contexte marqué par l’escalade du conflit au Moyen-Orient, la question d’un éventuel im pact sur la décision de l’ins titution monétaire alimente également les analyses. Si ces questions préoccu pent de nombreux experts et investisseurs, le consensus semble toutefois pencher en faveur d’une stabilité du taux directeur, selon Attijari Global Research (AGR) et BMCE Capital Global Re search (BCGR).En effet, pour les inves tisseurs financiers interrogés par AGR, cette session de vrait se traduire par une sta bilité du taux directeur de Bank Al-Maghrib. Un avis partagé par BCGR, qui pré voit également son maintien à son niveau actuel. Selon AGR, les résultats de son enquête du mois de mars auprès de 35 investis seurs considérés parmi les plus influents du marché fi nancier marocain, font res sortir un consensus quasi-unanime de ces der niers en faveur d’une stabi lité du taux directeur de Bank Al-Maghrib. Dans sa récente publica tion « Research Report-Stra tegy », la filiale du groupe Attijariwafa bank dédiée à l’analyse et à la recherche sur les marchés financiers afri cains note que la probabilité d’un statu quo du TD est de 99% contre seulement 1% pour une hausse de 25 points de base (pbs), rap porte la MAP ajoutant que la probabilité d’un abaisse ment du taux directeur est nulle.Par catégorie d’investis seurs, les institutionnels lo caux et les acteurs de référence sont unanimes en faveur d’un maintien du TD inchangé. De son côté, BKGR s’at tend à ce que le Conseil de BAM maintienne inchangé le taux directeur. Dans son récent « Flash Strategy », le bureau de recherche panafri cain spécialisé en analyse fi nancière (sell-side) de BMCE Capital estime que « la pru dence apparaît comme la voie la plus raisonnable », dans un cadre macroécono mique mêlant apaisement sur le plan interne et volati lité à l’extérieur. Cité par la MAP, BKGR explique que la Banque cen trale « devrait donc opter pour un statu quo sur le taux directeur, le temps de laisser les signaux économiques se stabiliser et d’éviter tout mouvement prématuré dans un environnement mondial aussi instable ». Pour rappel, à l’issue de sa dernière réunion trimes trielle de l’année 2025, tenue le 16 décembre dernier, le Conseil de Bank Al-Maghrib avait jugé approprié le ni veau d’alors du taux direc teur et avait ainsi décidé de le maintenir inchangé à 2,25%.Cette décision avait été prise après examen de l’évo lution de la conjoncture éco nomique et des projections macroéconomiques à moyen terme de Bank Al-Maghrib d’alors. Lors de cette session, le Conseil avait relevé la per formance remarquable des activités non agricoles ainsi que les signes de reprise sur le marché du travail. Pour ce qui est de l’infla tion, BAM prévoyait qu’elle « continue d’évoluer à des niveaux bas, ressortant à 0,8% en moyenne sur les dix premiers mois de 2025, sous l’effet notamment de l’amé lioration de l’offre de cer tains produits alimentaires, en particulier l’huile d’olive, et de la baisse des prix des carburants et lubrifiants ». Selon les projections de l’institution, elle devrait s’accélérer graduellement pour converger vers des ni veaux en ligne avec l’objectif de stabilité des prix. Ainsi, elle s’établirait à 1,3% en 2026, puis à 1,9% en 2027, tandis que sa composante sous-jacente ressortirait à 0,7% cette année avant de s’accélérer à 1,9% en 2027. Il est à rappeler égale ment qu’au regard du ni veau d’incertitude encore élevé, observé au terme de l’année écoulée, en lien no tamment avec la persistance des tensions géoécono miques sur le plan interna tional et les conditions climatiques au niveau in terne, le Conseil s’était en gagé à « continuer de suivre de près l’évolution de la conjoncture et de fonder ses décisions, réunion par réu nion, sur la base des don nées les plus actualisées ». Alain Bouithy
Maroc : Bank Al-Maghrib juge le niveau actuel du taux directeur «approprié»

Le Conseil opte pour le statu quo RABAT. «Le niveau actuel du taux directeur reste approprié», a estimé le Conseil de Bank Al-Maghrib (BAM) au terme de sa quatrième et dernière réunion trimestrielle tenue mardi 16 décembre 2025 à son siège à Rabat. Sur la base d’éléments exposés lors de cette session, la Banque centrale a ainsi décidé de maintenir inchangé son taux directeur à 2,25%. La décision de BAM de maintenir le statu quo rejoint les prévisions de BMCE Capital Global Reserach (BKGR) et des investisseurs financiers sondés par Attijari Global Research (AGR) qui avaient anticipé quelques jours auparavant ce maintien. Rappelons à cet égard que 73% des investisseurs financiers s’attendaient à cette décision, selon les résultats de la dernière enquête du mois de septembre 2025 réalisée par Attijari Global Research (AGR). Dans son récent « Research Report – Strategy », la filiale du groupe Attijariwafa bank spécialisée dans l’analyse et la recherche financière révélait également que 27% d’entre eux avaient prédit une baisse de 25 points de base (pbs), tandis que la probabilité d’une baisse de 50 pbs est nulle. Dans son récent « Flash Strategy », BKGR avait prédit que la Banque centrale optera pour un deuxième statu quo du taux directeur expliquant que l’institution publique vise à consolider les acquis et à préserver une marge de manœuvre en 2026. Au regard du niveau d’incertitude encore élevé en lien notamment avec la persistance des tensions géoéconomiques au plan international et les conditions climatiques au niveau interne, la Banque centrale a toutefois affirmé qu’elle « continuera de suivre de près l’évolution de la conjoncture et de fonder ses décisions, réunion par réunion, sur la base des données les plus actualisées ». Examinant justement l’évolution de la conjoncture économique ainsi que ses projections macroéconomiques à moyen terme, l’institution a noté au cours de sa session un apaisement des tensions commerciales à l’échelle mondiale et la fin du blocage budgétaire américain, alors que le niveau d’incertitude reste élevé. Ce qui laisse penser que l’économie mondiale devrait continuer de ralentir, avant de connaître une amélioration en 2027, tandis que l’inflation poursuivrait sa décélération, avant de s’accélérer de nouveau en 2027. Commentant la performance remarquable des activités non agricoles ainsi que les signes de reprise sur le marché du travail observés au niveau national, le Conseil a prédit le maintien à moyen terme de cette dynamique, soutenue par l’effort d’investissement. BAM a en outre estimé que les données de la loi de Finances 2026 et de la Programmation budgétaire triennale 2026-2028 font ressortir une poursuite de la consolidation budgétaire et un allègement progressif de l’endettement du Trésor. Lors de cette session, l’institution a prédit que l’inflation continuera d’évoluer à des niveaux bas, ressortant à 0,8% en moyenne sur les dix premiers mois de 2025, sous l’effet notamment de l’amélioration de l’offre de certains produits alimentaires, en particulier l’huile d’olive, et de la baisse des prix des carburants et lubrifiants. Selon les projections de BAM, elle devrait s’accélérer graduellement pour converger vers des niveaux en ligne avec l’objectif de stabilité des prix. Ainsi, après un taux de 0,8% prévu pour l’ensemble de cette année, elle s’établirait à 1,3% en 2026 puis à 1,9% en 2027. Quant à sa composante sous-jacente, elle ressortirait à 0,7% cette année et l’année prochaine, avant de s’accélérer à 1,9% en 2027, a fait savoir BAM. Par ailleurs, si les anticipations d’inflation restent bien ancrées, « les experts du secteur financier interrogés dans le cadre de l’enquête trimestrielle de Bank Al-Maghrib tablent au quatrième trimestre 2025 sur un taux moyen de 2% à l’horizon de 8 trimestres et de 2,2% à celui de 12 trimestres », a relevé le Conseil. Toujours selon les projections de BAM, la croissance économique devrait marquer une accélération notable à 5% cette année et se consolider à 4,5% en moyenne au cours des deux prochaines années. L’institution s’attend à ce que la valeur ajoutée agricole ressorte en hausse de 4% en 2026 et de 2% en 2027, sous l’hypothèse d’un retour à des campagnes céréalières moyennes de 50 millions de quintaux. La croissance des activités non agricoles resterait vigoureuse à la faveur en particulier de la forte dynamique de l’investissement, s’établissant à 5% cette année, à 4,8% en 2026 et à 4,5% en 2027. Portées par l’amélioration des ventes de phosphate et dérivés à 108 milliards de dirhams, les exportations augmenteraient de 4,5% en 2025, puis de 8,4% en 2026 et de 7,9% en 2027, en lien notamment avec la reprise prévue des expéditions de l’industrie automobile. En parallèle, le rythme des importations resterait soutenu, tiré essentiellement par les acquisitions de biens d’équipement et de consommation. De leur côté, les recettes de voyages maintiendraient leur performance notable pour atteindre près de 155 milliards de dirhams en 2027; les transferts des MRE devraient s’accroître de 3,1% en moyenne annuelle entre 2025 et 2027 à 130 milliards de dirhams, tandis que les flux d’IDE continueraient de se renforcer, avec des recettes annuelles équivalentes à 3,5% du PIB. Les avoirs officiels de réserve de BAM se raffermiraient graduellement pour atteindre 448 milliards de dirhams à fin 2027, assurant une couverture de près de 5 mois et demi d’importations de biens et services, tandis que le besoin de liquidité bancaire se creuserait progressivement pour se situer à 158 milliards en 2027. Alain Bouithy
Maroc. Pour stimuler la croissance économique et l’emploi: Bank Al-Maghrib abaisse son taux directeur

ECONOMIE. Contre toute attente, le Conseil de Bank Al-Maghrib a décidé mardi 19 de réduire son taux directeur, pour la deuxième fois consécutive et la troisième depuis juin 2024, de 25 pb à 2,25% contre 2,50% précédemment. La décision d’abaisser son taux directeur prend de court les investisseurs et diverses analyses qui pronostiquaient son maintien à son précédent niveau au motif que l’évolution de l’inflation justifiait une stabilité et que des incertitudes persistantes entouraient les perspectives économiques à moyen terme. Cependant, lors de sa première réunion trimestrielle au titre de l’année 2025, la Banque centrale en a décidé autrement, justifiant que sa décision tient « compte de l’évolution prévue de l’inflation à des niveaux en ligne avec l’objectif de stabilité des prix et en vue de renforcer son soutien à l’activité économique et à l’emploi ». Comme à son habitude, le Conseil a en outre affirmé qu’«il continuera de suivre de très près l’évolution de la conjoncture et de fonder ses décisions réunion par réunion sur la base des données les plus actualisées ». Lors de cette session, qui a analysé l’évolution de la conjoncture économique, nationale et internationale, et celle récente en matière de politiques publiques au Maroc, ainsi que les projections macroéconomiques de la Banque à moyen terme, le Conseil a relevé la dynamique notable de l’activité dans les secteurs non agricoles, tirée en particulier par l’investissement, principalement dans les infrastructures. Bien qu’en nette amélioration depuis le début de ce mois, la production du secteur agricole continue de pâtir des conditions climatiques défavorables, a noté le Conseil. Après deux années de niveaux élevés, l’inflation a de son côté connu un ralentissement très sensible en 2024, revenant à 0,9% en moyenne. Selon les projections de Bank Al-Maghrib, elle devrait s’accélérer, tout en restant à un niveau modéré oscillant autour de 2% au cours des deux prochaines années. S’agissant de sa composante sous-jacente, le Conseil indique qu’elle est ressortie à 2,2% en 2024 et évoluerait également autour de 2% à moyen terme. Il souligne toutefois que ces perspectives demeurent entourées de fortes incertitudes liées notamment, au plan externe, à la persistance des tensions géoéconomiques et à leurs implications sur l’inflation mondiale, et au plan interne, à l’évolution de l’offre de produits agricoles. Qu’à cela ne tienne, « le Conseil a, par ailleurs, noté que les anticipations d’inflation restent ancrées, les experts du secteur financier s’attendant au premier trimestre 2025 à des taux moyens de 2,2% pour l’horizon de 8 trimestres et de 2,4% pour celui de 12 trimestres ». Sur le volet de la transmission de ses décisions, le Conseil a indiqué que les données collectées au quatrième trimestre 2024 montrent une baisse de 35 points de base (pb) des taux débiteurs assortissant les crédits bancaires au secteur non financier, comparativement au deuxième trimestre de la même année, contre une réduction de 25 pb du taux directeur au cours de la même période. Il est important de noter que Bank Al-Maghrib a mis en place un nouveau programme de soutien au financement bancaire des très petites entreprises (TPE), avec en particulier un refinancement des banques participantes à un taux préférentiel égal au taux directeur minoré de 25 pb. Selon le Conseil, « ce dispositif et l’engagement exprimé par le secteur bancaire devraient améliorer l’accès au financement de cette catégorie d’entreprises et renforcer sa contribution à la création d’emplois dans notre pays ». Alain Bouithy
Maroc. Prudence oblige, Bank Al-Maghrib maintient le taux directeur à 2,75%

Le Conseil de Bank Al-Maghrib (BAM) n’a pas procédé à un nouvel assouplissement de sa politique monétaire, comme attendu par les investisseurs financiers. Réuni mardi à Rabat, il n’a pas non plus opté pour un resserrement. Une attitude mitigée. En effet, jouant la carte de la prudence, la Banque centrale «a jugé approprié de maintenir l’orientation actuelle de la politique monétaire», en gardant ainsi le taux directeur inchangé à 2,75%. Se refusant à toute décision précipitée pouvant conduire par la suite à une rectification brutale du cap, le Conseil a affirmé continuer de suivre de près l’évolution de la conjoncture économique et sociale. Une décision à contrario des enseignements du sondage réalisé par Attijari Global Research (AGR) dans son récent « research report strategy » qui rapportait que «la probabilité d’une diminution de 25 points de base (pbs) du taux directeur est estimée à 83% par un panel de 35 investisseurs majeurs du marché marocain », comme l’a relevé récemment la MAP. Le contexte étant marqué par un certain apaisement des pressions inflationnistes, bien que les incertitudes économiques persistent, les investisseurs estimaient qu’une baisse du taux directeur offrirait un soutien à l’économie marocaine. Il est important de noter que la décision du Conseil tient compte d’un ensemble de données relevées au terme de la troisième réunion trimestrielle du Conseil de BAM pour l’année 2024. En effet, lors de cette session, le Conseil a analysé l’évolution de la conjoncture économique nationale et internationale, ainsi que les projections macroéconomiques à moyen terme de l’organisme public. Sur le plan international, il a été noté que l’activité économique a été relativement résiliente, mais devrait connaître une décélération sur l’horizon de prévision dans de nombreux pays avancés et émergents, alors que l’inflation poursuit sa tendance baissière, avec toutefois une persistance de la hausse des prix des services dans les principales économies avancées. Analysant cette fois-ci l’évolution de la conjoncture économique nationale, et alors que la production agricole reste dans une large mesure tributaire des conditions climatiques, le Conseil a noté que « les données infra-annuelles disponibles indiquent globalement une poursuite de la reprise des activités non agricoles, tendance qui devrait être soutenue à moyen terme par l’élan attendu de l’investissement public et privé». Au cours de cette session, il a été aussi constaté que l’inflation évolue à des niveaux modérés depuis le début de l’année. Ce qui, selon BAM, reflète essentiellement la baisse des prix des produits alimentaires à prix volatils et le ralentissement de sa composante sous-jacente qui oscille autour de 2% et resterait proche de ce taux au cours des huit prochains trimestres. D’après Bank Al-Maghrib, l’inflation globale devrait décélérer de 6,1% en 2023 à 1,3% cette année avant de s’accélérer à 2,5% en 2025. Ces projections tiennent compte notamment des changements annoncés concernant les subventions des prix des produits de base, et sous l’hypothèse d’une variation limitée à moyen terme des prix des produits alimentaires à prix volatils, a précisé l’Institution. Les perspectives économiques et sociales entourées d’un niveau élevé d’incertitudes La tenue de cette session a permis aussi de noter le renforcement de l’ancrage des anticipations d’inflation telles qu’elles ressortent de l’enquête trimestrielle de Bank Al-Maghrib auprès des experts du secteur financier, relevant que celles-ci sont revenues au troisième trimestre à 2,2% pour l’horizon de 8 trimestres et à 2,3% pour celui de 12 trimestres. Toujours d’après le Conseil, « les perspectives économiques et sociales à l’horizon des projections macroéconomiques de la Banque demeurent entourées d’un niveau élevé d’incertitudes ». La Banque centrale estime qu’elles sont liées au niveau international à l’enlisement de la guerre en Ukraine, à l’escalade du conflit au Moyen-Orient et aux tensions géopolitiques qui accentuent la fragmentation économique non sans impact sur le rythme de l’activité et sur l’évolution des prix, notamment énergétiques. Mais pas que. En effet, il se trouve qu’« au niveau national, la récurrence des sécheresses et le stress hydrique constituent un risque majeur pour la production agricole et la croissance économique plus globalement », a-t-on expliqué. De la même façon « la déclinaison des orientations du projet de loi de Finances 2025 ainsi que la poursuite des négociations dans le cadre du dialogue social pourraient se traduire par des impacts plus importants que prévu sur l’évolution de la demande et des prix», a estimé BAM. Alain Bouithy
Maroc. Bank Al-Maghrib marque une inflexion dans sa politique monétaire

Bank Al-Maghrib (BAM) a décidé lors de sa réunion du 25 juin de réduire son taux directeur de 25 points de base à 2,75%, après l’avoir maintenu inchangé pendant quatre réunions consécutives de son conseil. Effective à partir de ce jeudi 27 juin, cette décision prend le contrepied de la plupart des pronostics d’analystes et institutions qui laissaient présager le maintien du statu quo concernant le taux directeur. La Banque centrale réduit son taux directeur à 2,75% pour la première fois en deux ans La Banque centrale, qui marque ainsi une inflexion dans sa politique monétaire, se base sur un ensemble de considérations examinées lors de sa deuxième réunion trimestrielle de l’année. Elle souligne notamment des progrès très notables en matière de retour de l’inflation à des niveaux en ligne avec l’objectif de stabilité des prix et de préservation de la reprise post-Covid de l’activité économique. Des résultats obtenus grâce au resserrement calibré de sa politique monétaire, au suivi régulier de la transmission de ses décisions, ainsi qu’aux mesures mises en place par le gouvernement pour soutenir le pouvoir d’achat des ménages et certaines activités économiques, a expliqué l’institution à l’issue de sa réunion. Prenant l’exemple de l’inflation domestique, le Conseil de Bank Al-Maghrib a noté qu’après des taux de 6,6% en 2022 et de 6,1% en 2023, « elle est revenue à des taux faibles ces derniers mois, principalement tirée par l’atténuation des pressions d’origine externe et la baisse des prix des produits alimentaires à prix volatils». Prenant en considération ces réalisations ainsi que la reprise du processus de décompensation, le Conseil prévoit qu’elle devrait terminer l’année en cours sur un taux moyen de 1,5% et s’élever en 2025 à 2,7% ; tandis que sa composante sous-jacente, qui est ressortie à 2,1% en moyenne sur les cinq premiers mois de l’année, devrait rester proche de ce niveau d’ici fin 2025. Dans un communiqué, Bank Al-Maghrib annonce également que le Conseil a pris note du bon ancrage des anticipations d’inflation telles qu’elles ressortent de son enquête trimestrielle auprès des experts du secteur financier, notant que celles-ci ont enregistré un repli significatif, revenant au deuxième trimestre de l’année à 2,7% pour l’horizon de 8 trimestres et à 2,8% pour celui de 12 trimestres. Selon le Conseil, qui continuera de suivre de près l’évolution de la conjoncture économique et de l’inflation aussi bien au niveau national qu’international, la croissance économique a connu une accélération passant de 1,5% en 2022 à 3,4% en 2023. Cette évolution résulte d’une amélioration de 3,5%, après 3,4%, de la valeur ajoutée non agricole, et d’un léger redressement de 1,4%, après une contraction de 11,3%, de celle agricole, a-t-il indiqué estimant qu’à moyen terme, « les activités non agricoles devraient se raffermir à des rythmes de 3,8% en 2024 et de 4,1% en 2025 ». Ce raffermissement se fera « à la faveur notamment des différents chantiers lancés et programmés, de la poursuite de la dynamique des activités liées au tourisme et de la consolidation de la consommation des ménages en relation avec le repli de l’inflation et les revalorisations salariales », a justifié le Conseil prévoyant, en revanche, que la production agricole resterait tributaire des conditions climatiques. Sur le plan des comptes extérieurs, après une quasi-stagnation en 2023, les exportations de biens devraient s’améliorer de 4,4% en 2024 et de 8,9% en 2025 ; tandis que les importations augmenteraient en parallèle de 6,1% puis de 9,7%, après un repli de 2,9% en 2023. Les recettes de voyages devraient, pour leur part, poursuivre leur performance avec des accroissements annuels de 5,8% pour se situer à 117,2 milliards en 2025. De même, les données disponibles laissent présager une poursuite de la tendance haussière des transferts des MRE, avec des améliorations de 1,9% cette année et de 5,3% en 2025 à 123,7 milliards de dirhams. Prenant en compte les financements extérieurs prévisionnels du Trésor, le Conseil de BAM s’attend à ce que les avoirs officiels de réserve continuent à se renforcer pour atteindre 382 milliards de dirhams à fin 2024 et 395,6 milliards à fin 2025. Ce qui représenterait une couverture avoisinant les 5 mois et demi d’importations de biens et services. Le Conseil prévoit également une stabilité du déficit budgétaire à 4,4% du PIB cette année et son allègement à 4,1% en 2025. Alain Bouithy
Maroc/Taux directeur. S’achemine-t-on vers un nouveau statu quo ?

Le Conseil de Bank Al-Maghrib (BAM) tient ce mardi 25 sa deuxième réunion trimestrielle de l’année 2024, à l’issue de laquelle la Banque centrale annoncera sa décision de maintenir ou non inchangé son taux directeur. Cette décision est très attendue, au regard de l’évolution de la conjoncture économique nationale et internationale et de l‘inflation observée depuis sa dernière décision en mars dernier de le garder inchangé à 3%. Pour rappel, s’appuyant sur un ensemble de données, Bank Al-Maghrib avait estimé que le niveau du taux directeur restait approprié pour renforcer l’ancrage des anticipations d’inflation et soutenir son retour à des niveaux en ligne avec l’objectif de stabilité des prix. L’institution avait ainsi opté pour le statu quo, pour la quatrième fois consécutive (21 décembre, 28 septembre, 22 juin et 23 mars 2023) et s’était engagée à continuer de suivre de près l’évolution de la conjoncture économique et de l’inflation. Pour atteindre son objectif de stabilité des prix, appréhendée par référence à une évolution modérée de l’indice des prix à la consommation, rappelons le, la Banque centrale utilise deux principaux instruments : le taux directeur et la réserve obligatoire. « Le taux directeur est le taux d’intérêt appliqué aux avances à sept jours de BAM. Il constitue une référence pour toutes ses opérations avec les banques », indique BAM précisant que l’action sur celui-ci se base sur l’évaluation prospective des pressions inflationnistes et des risques entourant les prévisions d’inflation à moyen terme. Comme cela est relevé sur son site web, « ces pressions sont évaluées selon leurs origines et leurs natures et à travers l’analyse des évolutions récentes d’une panoplie d’indicateurs et de leurs projections à moyen terme, notamment l’inflation, la croissance, les soldes budgétaires et du compte courant, le crédit bancaire, les réserves internationales nettes et le taux de change effectif réel ». A propos de l’inflation, il sied de noter qu’au cours du mois de mai 2024, et en comparaison au même mois de l’année précédente, l’indice des prix à la consommation (IPC) est ressorti en une hausse de 0,4%, selon les chiffres publiés récemment par le Haut-commissariat au plan (HCP). D’après l’institution publique, cette évolution est « la conséquence de la hausse de l’indice des produits non alimentaires de 1,7% et de la baisse de celui des produits alimentaires de 1,2% », précisant en ce qui concerne les produits non alimentaires que les variations vont d’une baisse de 1,2% pour la «Santé» à une hausse de 3,2% pour les «Restaurants et hôtels». Toujours selon le HCP, comparé au mois précédent, l’IPC a accusé un recul de 0,2%, suite à la baisse de 0,7% de l’indice des produits alimentaires et de la hausse de 0,4% de l’indice des produits non alimentaires. A titre de comparaison, la réserve obligatoire représente quant à elle la part des exigibilités des banques qu’elles sont tenues de conserver sur leurs comptes courants auprès de Bank Al-Maghrib. Selon les explications de l’institution, elle permet de réguler de manière structurelle la situation de liquidité des banques en fonction de l’orientation de la politique monétaire. A noter que plusieurs investisseurs nationaux et étrangers pronostiquent un taux directeur inchangé. C’est du moins ce qui ressort des « Flash Strategy » de BMCE Capital Global Research (BKGR) et « Research Report-Strategy » de Attijari Global Research (AGR). Il est important de noter qu’à l’échelle régionale et internationale, de nombreuses banques centrales semblent s’être données des consigne en optant pour le maintien du taux directeur. C’est le cas de la Banque de Norvège qui a opté pour le statu quo – annonçant au passage qu’elle ne procédéra a aucune baisse des taux avant l’année prochaine. Le Conseil d’Administration de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) a également décidé de maintenir le taux directeur inchangé à 8%, tout comme la Banque d’Angleterre (BoE) (en dépit d’une inflation revenue à son objectif). Bien que cela n’ait pas plu au chef de l’Etat, la Banque centrale du Brésil a de son côté choisi de maintenir son taux d’intérêt de base inchangé. Alain Bouithy
Maroc. Bank Al-Maghrib laisse de nouveau inchangé son taux directeur

Le taux directeur reste de nouveau inchangé à 3%. Bank Al-Maghrib en a ainsi décidé au terme de la quatrième et dernière réunion trimestrielle de son Conseil de l’année 2023 tenue mardi 19 à Rabat. Le Conseil, estime que « le niveau actuel du taux directeur reste approprié et favorise le retour de l’inflation à des niveaux en ligne avec l’objectif de stabilité des prix » et assure suivre de près l’évolution de la conjoncture économique et des pressions inflationnistes, tant au niveau national qu’international. La croissance de l’économie nationale devrait s’établir à 2,7% en 2023 et s’améliorer à 3,2% en 2024 puis à 3,4% en 2025 Cette décision, qui se base sur un ensemble de données, prend en compte notamment l’évolution de la conjoncture nationale et internationale, les projections macroéconomiques à moyen terme de la Banque, la nette atténuation des pressions inflationnistes à l’international, la baisse des prix de l’énergie ainsi que la décélération de la croissance économique qui continue de pâtir des tensions géopolitiques et de la montée des incertitudes. A propos des pressions inflationnistes, en particulier de l’inflation domestique, le Conseil a noté un ralentissement sensible qui devrait se poursuivre à moyen terme. L’inflation terminerait l’année avec une moyenne de 6,1% contre 6,6% en 2022 Il en veut pour preuve, « depuis le pic de 10,1% atteint en février dernier, l’inflation a décéléré progressivement pour revenir à 4,3% en octobre et terminerait l’année avec une moyenne de 6,1% contre 6,6% en 2022 », a-t-il fait remarquer dans un communiqué publié à l’issue de sa réunion. Concernant toujours l’inflation, le Conseil prévoit qu’elle devrait enregistrer une nette baisse pour se situer autour de 2,4% en 2024 et en 2025. Précisons toutefois que cette prévision prend en considération la dissipation prévue des pressions inflationnistes d’origine externe, des effets directs des mesures fiscales de la loi de Finances 2024 et du processus de décompensation graduelle prévu par la programmation budgétaire triennale 2024-2026, et dans l’hypothèse d’une quasi-stabilité des prix des produits alimentaires à prix volatils, comme cela a été souligné. A cette prévision s’ajoute celle de sa composante sous-jacente qui « connaîtrait une évolution similaire, passant de 6,6% en 2022 à 5,6% en 2023 puis s’atténuerait à 2,4% en 2024 et à 2,3% en 2025 », selon le Conseil. Tenant compte cette fois-ci d’une production céréalière de 55,1 millions de quintaux au titre de la campagne précédente, le Conseil prévoit une amélioration de 5% de la valeur ajoutée agricole au titre de cette année. Selon la Banque centrale, « elle augmenterait ensuite de 5,9% en 2024 et de 2% en 2025, sous l’hypothèse de productions céréalières moyennes de 70 millions de quintaux et de la poursuite de la performance tendancielle des autres cultures ». Pour les activités non agricoles, le rythme d’accroissement de leur valeur ajoutée devrait ressortir à 2,5% cette année, à 2,7% en 2024 avant de s’accélérer à 3,7% en 2025, Tiré par la reprise prévue dans les secteurs de l’industrie et du BTP, le rythme d’accroissement de la valeur ajoutée des activités non agricoles devrait ressortir à 2,5% cette année, à 2,7% en 2024 avant de s’accélérer à 3,7% en 2025. Ainsi, « après un taux de 1,3% enregistré en 2022, la croissance de l’économie nationale devrait s’établir à 2,7% cette année et s’améliorer graduellement à 3,2% en 2024 puis à 3,4% en 2025 », selon le Conseil. Sur le plan des comptes extérieurs, les échanges de biens devraient accuser une légère baisse en 2023 avant de reprendre leur hausse. En effet, après une contraction prévue de 2,6% cette année, les importations s’accroîtraient de 4,2% en 2024 et de 8,2% en 2025 ; tandis que les exportations seraient en quasi-stagnation en 2023. En parallèle, les recettes voyages poursuivraient leur amélioration avec une progression de 13,2% en 2023 à 106 milliards de dirhams, une quasi-stabilité en 2024 et une augmentation de 6,5% en 2025 à 112,4 milliards. Les transferts des MRE devraient de leur côté s’établir à 112,8 milliards de dirhams en 2023, contre 110,7 milliards en 2022, et atteindre 120 milliards en 2025 ; tandis que les recettes des IDE connaîtraient une baisse en 2023 pour avoisiner l’équivalent de 2,3% du PIB, avant de retrouver leur niveau tendanciel de 3% au cours des deux prochaines années. Ainsi, et tenant compte notamment des financements extérieurs réalisés et prévus du Trésor, les avoirs officiels de réserve de Bank Al-Maghrib se situeraient à 360,9 milliards de dirhams à la fin de cette année et de 2024 avant d’atteindre 372,1 milliards à fin 2025. Sur les conditions monétaires, le Conseil note que les taux débiteurs ont connu une nouvelle hausse trimestrielle de 10 points de base à 5,36% au troisième trimestre 2023, cumulant ainsi une augmentation de 112 points de base depuis le début du resserrement de la politique monétaire. Le besoin de liquidité des banques continuerait de se creuser pour s’établir à 92,6 milliards de dirhams à fin 2023 et atteindre 137,7 milliards en 2025; le crédit au secteur non financier devrait connaître une sensible décélération avec un rythme revenant de 7,9% en 2022 à 2,6% en 2023, avant de s’accélérer à 4,6% en 2024 tandis que le taux de change effectif réel afficherait une hausse de 0,8% en 2023, et poursuivrait son appréciation avec des taux de 1,1% en 2024 et de 0,6% en 2025. Au niveau des finances publiques, le Conseil prévoit que « le déficit budgétaire devrait se situer, selon les projections macroéconomiques de BAM, à 4,8% du PIB en 2023, à 4,5% en 2024 et à 3,9% en 2025 ». Alain Bouithy