ONU : la candidature fantôme de Macky Sall, propulsée en catimini par Évariste Ndayishimiye, fracasse l’Union africaine

Dans les couloirs feutrés de la diplomatie internationale, où l’on murmure plus qu’on ne parle, une farce aux relents de tragédie se joue à ciel ouvert : celle d’un ancien monarque républicain, Macky Sall, bien décidé à s’offrir un ultime trône, celui de Secrétaire général de l’ONU, quitte à transformer l’Union africaine en théâtre d’ombres et de manœuvres de coulisses.

Car enfin, quelle épopée grotesque que cette candidature surgie des limbes, parachutée sans concertation, comme un décret nocturne griffonné à la hâte ! Une ambition emballée dans les habits trop larges d’un consensus africain… qui n’existe que dans l’imaginaire de ses promoteurs. À défaut de soutien continental, voilà que le lobby s’active, fébrile, bricolant une légitimité de fortune, avec pour seul pilier visible l’ombre portée de Évariste Ndayishimiye, devenu pour l’occasion chef d’orchestre d’une symphonie dissonante.

Mais la partition a vite viré à la cacophonie.

Depuis Kigali, la voix tranchante du ministre des Affaires étrangères du Rwanda, Olivier Nduhungirehe, a claqué comme un coup de fouet diplomatique, dénonçant une dérive inquiétante : un président de l’UA, en poste depuis à peine deux mois, qui se permet de court-circuiter les règles, d’ignorer ses pairs, et de travestir les procédures en instruments de passage en force. Une Union africaine transformée, le temps d’un caprice politique, en machine à valider des ambitions personnelles.

Et que dire de cette “procédure de silence”, ce bijou d’ingénierie bureaucratique détourné en outil de pression ? Vingt-quatre heures pour avaliser une décision aussi lourde, ou se taire à jamais : voilà donc la nouvelle définition du consensus africain selon Gitega. Une diplomatie du chantage feutré, où le silence vaut consentement et où la précipitation tient lieu de légitimité.

Mais cette fois, le silence s’est brisé.

Une vingtaine d’États africains ont refusé de jouer les figurants dans cette pièce mal écrite. Ils ont rompu le mutisme imposé, opposé un veto cinglant à cette mascarade procédurale, et rappelé, fait rare, que même dans les arènes diplomatiques africaines, l’État de droit n’est pas une option décorative. Une gifle institutionnelle qui résonne encore dans les couloirs d’Addis-Abeba.

Pendant ce temps, à Dakar, le soutien se fait aussi discret qu’un secret honteux. Le pays même de Macky Sall observe, distant, presque gêné. Pas d’embrasement patriotique, pas de levée de boucliers, juste un silence lourd de sens, celui d’une nation qui refuse d’endosser une ambition qu’elle n’a ni portée, ni validée.

Et comme un clou supplémentaire dans le cercueil de cette candidature chancelante, Seydi Gassama est venu rappeler, avec la sobriété des convictions solides, que les postes internationaux ne sont pas des refuges pour héritages politiques en quête de recyclage. Que la paix, la démocratie et les droits humains ne sauraient être les accessoires d’une carrière prolongée.

Au final, cette tentative ressemble moins à une candidature qu’à une fuite en avant. Une course solitaire, menée tambour battant par un lobby essoufflé, qui confond vitesse et précipitation, influence et isolement.

Dans cette tragédie burlesque, une vérité s’impose : on ne devient pas Secrétaire général des Nations Unies à coups de lettres surprises et de silences forcés. Et surtout, on ne parle pas au nom de l’Afrique quand l’Afrique, elle, vous tourne ostensiblement le dos.

Par Malick BA

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