ONU : la candidature fantôme de Macky Sall, propulsée en catimini par Évariste Ndayishimiye, fracasse l’Union africaine

ONU : la candidature fantôme de Macky Sall, propulsée en catimini par Évariste Ndayishimiye, fracasse l’Union africaine

Dans les couloirs feutrés de la diplomatie internationale, où l’on murmure plus qu’on ne parle, une farce aux relents de tragédie se joue à ciel ouvert : celle d’un ancien monarque républicain, Macky Sall, bien décidé à s’offrir un ultime trône, celui de Secrétaire général de l’ONU, quitte à transformer l’Union africaine en théâtre d’ombres et de manœuvres de coulisses. Car enfin, quelle épopée grotesque que cette candidature surgie des limbes, parachutée sans concertation, comme un décret nocturne griffonné à la hâte ! Une ambition emballée dans les habits trop larges d’un consensus africain… qui n’existe que dans l’imaginaire de ses promoteurs. À défaut de soutien continental, voilà que le lobby s’active, fébrile, bricolant une légitimité de fortune, avec pour seul pilier visible l’ombre portée de Évariste Ndayishimiye, devenu pour l’occasion chef d’orchestre d’une symphonie dissonante. Mais la partition a vite viré à la cacophonie. Depuis Kigali, la voix tranchante du ministre des Affaires étrangères du Rwanda, Olivier Nduhungirehe, a claqué comme un coup de fouet diplomatique, dénonçant une dérive inquiétante : un président de l’UA, en poste depuis à peine deux mois, qui se permet de court-circuiter les règles, d’ignorer ses pairs, et de travestir les procédures en instruments de passage en force. Une Union africaine transformée, le temps d’un caprice politique, en machine à valider des ambitions personnelles. Et que dire de cette “procédure de silence”, ce bijou d’ingénierie bureaucratique détourné en outil de pression ? Vingt-quatre heures pour avaliser une décision aussi lourde, ou se taire à jamais : voilà donc la nouvelle définition du consensus africain selon Gitega. Une diplomatie du chantage feutré, où le silence vaut consentement et où la précipitation tient lieu de légitimité. Mais cette fois, le silence s’est brisé. Une vingtaine d’États africains ont refusé de jouer les figurants dans cette pièce mal écrite. Ils ont rompu le mutisme imposé, opposé un veto cinglant à cette mascarade procédurale, et rappelé, fait rare, que même dans les arènes diplomatiques africaines, l’État de droit n’est pas une option décorative. Une gifle institutionnelle qui résonne encore dans les couloirs d’Addis-Abeba. Pendant ce temps, à Dakar, le soutien se fait aussi discret qu’un secret honteux. Le pays même de Macky Sall observe, distant, presque gêné. Pas d’embrasement patriotique, pas de levée de boucliers, juste un silence lourd de sens, celui d’une nation qui refuse d’endosser une ambition qu’elle n’a ni portée, ni validée. Et comme un clou supplémentaire dans le cercueil de cette candidature chancelante, Seydi Gassama est venu rappeler, avec la sobriété des convictions solides, que les postes internationaux ne sont pas des refuges pour héritages politiques en quête de recyclage. Que la paix, la démocratie et les droits humains ne sauraient être les accessoires d’une carrière prolongée. Au final, cette tentative ressemble moins à une candidature qu’à une fuite en avant. Une course solitaire, menée tambour battant par un lobby essoufflé, qui confond vitesse et précipitation, influence et isolement. Dans cette tragédie burlesque, une vérité s’impose : on ne devient pas Secrétaire général des Nations Unies à coups de lettres surprises et de silences forcés. Et surtout, on ne parle pas au nom de l’Afrique quand l’Afrique, elle, vous tourne ostensiblement le dos. Par Malick BA

Sénégal. Quand Macky Sall rêve de l’ONU

Sénégal. Quand Macky Sall rêve de l’ONU

LIBRES PROPOS. Il veut conquérir le monde pendant que son pays a enterré ses enfants. Macky Sall vise désormais le trône suprême de la diplomatie mondiale le Secrétariat général de l’Organisation des Nations unies. Rien que ça. Après avoir régné sans partage sur Dakar, le voilà qui se prend pour le messie planétaire, le gourou de la paix universelle, le pape autoproclamé des droits humains. Depuis des mois, l’ancien président parade dans les capitales comme un démarcheur de conscience mondiale. Il distribue des poignées de main comme des prospectus, aligne les sourires, collectionne les selfies diplomatiques. Le costume est impeccable, la cravate bien serrée, le storytelling bien huilé. Macky Sall vend de la stabilité en kit pendant que le Sénégal a compté ses morts. Car pendant que monsieur fait le beau dans les salons climatisés, la réalité, elle, pue le sang et la poudre au Sénégal. Plus de quatre-vingts morts. Des jeunes abattus. Des amputés. Des familles broyées. Une génération traumatisée entre 2021 et 2024. On peut repeindre son image en bleu ONU, mais on ne lave pas le sang avec de la diplomatie . Et pourtant, au Sénégal, c’est la foire au fantasme. Médias excités, chroniqueurs en transe, réseaux sociaux en délire. On parle d’une candidature “adoubée” par l’Union africaine. Pure hallucination collective. Delirium tremens politique. Dans les agendas officiels africains ? Zéro Macky. Nada. Pendant que certains dissertaient sur le sexe des anges, le pays sombrait dans l’homosexualité l’obsession de l’argent facile, l’insalubrité chronique et la foi transformée en gadget politique. Avant de rêver à New York, il faudrait déjà balayer devant nos portes. Soyons cash sans soutien officiel de l’État sénégalais, cette candidature est un ballon d’air chaud. Une ambition suspendue dans le vide. Mais même avec une signature, reste la question qui tue la morale. Comment devenir champion des droits humains avec un passif de cimetières politiques ? Comment prétendre arbitrer les guerres du monde quand on a laissé sa jeunesse se faire massacrer ? La crédibilité internationale ne s’achète pas à coups de voyages diplomatiques. Elle se gagne. Elle se paie. Pendant que Dakar fabrique des mirages, la vraie course avance ailleurs. Les profils sérieux sont déjà dans la place Rafael Mariano Grossi (Argentine) Michelle Bachelet (Chili), Rebeca Grynspan (Costa Rica), sans oublier Amina Mohammed, Jacinda Ardern, María Fernanda Espinosa, Kristalina Georgieva ou David Choquehuanca. Et cerise sur le cercueil politique une pression énorme pousse pour que la prochaine Secrétaire générale soit une femme. Pendant ce temps, Macky Sall joue à cache cache avec la réalité. Le processus est béton dialogues publics, votes secrets au Conseil de sécurité, validation finale à l’Assemblée générale. Pas de raccourci. Pas de piston africain. Pas de folklore made in Dakar. Comme si le feuilleton n’était pas assez grotesque, voilà Madiambal Diagne qui rajoute sa couche sur X, annonçant que la candidature coince, que Ousmane Sonko n’aurait reçu aucune instruction à l’UA pendant que Bassirou Diomaye Faye aurait savamment organisé son injoignabilité. Et le pompon Macky Sall aurait conditionné sa candidature au soutien officiel du Sénégal. Traduction il rêve d’ONU, mais attend encore le tampon de Dakar. Voilà où on en est. Un ancien président qui veut parler au monde pendant que son peuple hurle. Qui cherche la bénédiction des chancelleries pendant que les mères sénégalaises cherchent justice. Son projet onusien ressemble moins à une vocation qu’à une tentative de lessivage politique en eaux internationales. Comme si l’ONU était devenue un pressing pour bilans sanglants. On ne devient pas gardien de la paix mondiale quand on laisse derrière soi des tombes anonymes. On ne s’autoproclame pas conscience universelle quand sa propre jeunesse porte encore les cicatrices du plomb. Pour l’instant, Macky à l’ONU, ce n’est pas demain la veille. C’est surtout un sommet du déni. Et pendant qu’il court après les couloirs feutrés du monde, le Sénégal, lui, attend toujours vérité, dignité… et réparation. Par Malick BA Journaliste

L’ONU et l’Éthiopie exhortent le Sommet africain sur le climat à envoyer un message clair : la COP 30 doit tenir ses promesses envers les nations africaines

L’ONU et l’Éthiopie exhortent le Sommet africain sur le climat à envoyer un message clair : la COP 30 doit tenir ses promesses envers les nations africaines

Le Sommet africain sur le climat qui se tiendra la semaine prochaine est une occasion à ne pas manquer pour envoyer un message clair à la communauté internationale, selon une déclaration commune forte publiée aujourd’hui par l’ONU Climat et le gouvernement éthiopien : « L’Afrique est prête à intensifier son action en faveur du climat, mais la COP 30 doit veiller à ce qu’elle en ait pleinement les moyens. » La déclaration commune, publiée aujourd’hui lors de la Semaine du climat à Addis-Abeba, intervient alors que les nations du monde entier se préparent pour la conférence mondiale cruciale sur le climat COP 30 qui se tiendra au Brésil en novembre. La déclaration, signée par S.E. Dr Fitsum Assefa, ministre éthiopien de la Planification et du Développement, et M. Simon Stiell, Secrétaire exécutif d’ONU Climat, prépare le terrain pour le Sommet africain sur le climat qui débutera lundi prochain, le 8 septembre, à Addis-Abeba. « Cette Semaine du climat a montré qu’aucun continent n’a plus de potentiel que l’Afrique pour mener des actions climatiques qui transforment les vies et les économies pour le mieux. Avec la population la plus jeune du monde, de vastes ressources naturelles, un potentiel inégalé en matière d’énergies renouvelables, une diversité extraordinaire et l’ingéniosité humaine, l’Afrique est un énorme ressort prêt à se déployer pour mener des actions climatiques », indique la déclaration. « Cette semaine du climat a montré que les innovateurs africains proposent des solutions pionnières pour renforcer la résilience climatique et réduire les émissions responsables du réchauffement de la planète. Cependant, elle a également mis en évidence une fois de plus que seule une fraction de ce potentiel a été réalisée jusqu’à présent. La décarbonisation mondiale progresse à grands pas, les investissements dans les énergies propres ayant atteint 2 000 milliards de dollars rien que l’année dernière, stimulant la croissance économique et créant des millions de nouveaux emplois, mais seule une fraction de ces investissements est destinée aux pays africains. » Les deux dirigeants ont souligné que les récentes conférences des Nations unies sur le climat (COP) ont abouti à des résultats concrets à l’échelle mondiale qui devraient profiter de manière significative à l’Afrique et à d’autres pays en développement. « Mais pour concrétiser ces avantages, la COP 30 doit prendre les prochaines mesures concrètes : avec des résultats ambitieux qui transforment les accords en résultats concrets sur le terrain, et des solutions évolutives qui ouvrent une nouvelle ère de mise en œuvre… Car lorsque tous les pays sont en mesure de prendre des mesures climatiques audacieuses, cela renforce l’ensemble de l’économie mondiale et profite aux 8 milliards d’habitants de la planète », conclut la déclaration. Lisez l’intégralité de la déclaration commune à l’adresse suivante : Déclaration commune de l’ONU sur les changements climatiques et du gouvernement éthiopien | CCNUCC AMA

L’ONU somme Israël de renoncer au projet de colonie E1, qui couperait la Cisjordanie en deux

L’ONU somme Israël de renoncer au projet de colonie E1, qui couperait la Cisjordanie en deux

Alors qu’Israël est sur le point de prendre le contrôle militaire de la ville de Gaza, un nouveau front s’ouvre en Cisjordanie. Le gouvernement israélien a donné mercredi son feu vert définitif à la création de la colonie dite E1, à l’est de Jérusalem – en plein territoire palestinien occupé. Un projet illégal, selon l’ONU, qui couperait la Cisjordanie en deux, compromettant, de fait, la création d’un État palestinien. Depuis Yokohama, au Japon, António Guterres a sonné l’alarme. « Toute construction de colonies constitue une violation du droit international », a rappelé le Secrétaire général de l’ONU. S’il voyait le jour, le projet romprait le dernier corridor entre la ville palestinienne de Ramallah, au centre de la Cisjordanie, et celle de Bethléem, plus au sud. Et le chef de l’ONU d’ajouter : « La décision des autorités israéliennes d’étendre la construction illégale de colonies, divisant ainsi la Cisjordanie, doit être révoquée ». Initialement élaboré dans les années 1990, puis rejeté sous la pression internationale, le plan approuvé par Israël consiste à implanter 3.400 logements dans un espace de 12 kilomètres carrés, qui relierait Jérusalem-Est à la colonie israélienne de Maalé Adoumim. Une menace existentielle La nouvelle colonie de peuplement accentuerait l’isolement des localités palestiniennes. Déjà fragmentée par le mur de séparation et la présence de nombreux checkpoints, la Cisjordanie se verrait transformée en un puzzle inextricable. « La poursuite de ce projet représente une menace existentielle pour la solution à deux États », a averti mercredi le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric. « Il diviserait le nord et le sud de la Cisjordanie et aurait de graves conséquences pour la contiguïté territoriale du territoire palestinien occupé ». La zone concernée est actuellement habitée par environ 5.000 Palestiniens, lesquels ont reçu l’ordre d’évacuer avant l’arrivée des bulldozers. Les médias rapportent que l’opération de destruction de leurs habitations pourrait commencer dès jeudi. Face à ce tournant, António Guterres réitère son appel au gouvernement israélien : mettre fin « immédiatement » à la colonisation, respecter le droit international et se conformer aux résolutions des Nations Unies, ainsi qu’à la jurisprudence de Cour internationale de justice. Dans un avis consultatif rendu en juillet 2024, la plus haute juridiction des Nations Unies avait en effet conclu à l’illégalité de l’occupation israélienne. Onu

Les Congolais peuvent-ils enfin dire : Bye Bye Sassou Nguesso ?

Les Congolais peuvent-ils enfin dire : Bye Bye Sassou Nguesso ?

PARLONS-EN. Sortie honorable ou impunité maquillée ? Une analyse critique de la proposition onusienne à Denis Sassou Nguesso Sous l’impulsion de Daldy Rustichel Youbou, représentant permanent de la société civile et de la diaspora congolaise auprès des Nations Unies, un accord politique inédit aurait été négocié avec le Secrétariat général de l’ONU pour offrir au président congolais Denis Sassou Nguesso une sortie « honorable » de la vie politique nationale. L’accord prévoit la nomination de Denis Sassou Nguesso à la tête d’une nouvelle institution internationale chargée de la gestion des trois grands bassins forestiers tropicaux de la planète — Amazonie, Congo, Bornéo-Mékong —, à condition qu’il renonce formellement à se porter candidat à l’élection présidentielle congolaise de 2026. Le président français Emmanuel Macron aurait exprimé son soutien à cette proposition. L’idée paraît séduisante. Mais au-delà des apparences diplomatiques et des ambitions écologiques mondiales, ce scénario cache des zones d’ombre profondes. Il soulève des questions cruciales de justice, de mémoire collective et de souveraineté populaire. Les avantages apparents : une transition politique rendue possible Ce compromis pourrait offrir aux Congolais une bouffée d’air frais après des décennies de répression politique, de confiscation démocratique et de stagnation socio-économique : Fin de la présidence à vie : Pour la première fois depuis des décennies, Sassou Nguesso envisagerait de ne pas se représenter, mettant ainsi fin à un cycle politique basé sur la peur, la fraude électorale et l’usage abusif de la force publique. Libération des prisonniers politiques : Ce point est fondamental pour restaurer un climat de confiance entre les institutions et les citoyens. Dialogue national inclusif : L’engagement à organiser un dialogue avec toutes les forces vives de la nation, y compris la diaspora, pourrait jeter les bases d’une véritable refondation du pays. Ouverture à une transition politique : Si une feuille de route claire est définie, ce processus pourrait aboutir à la tenue d’élections crédibles et transparentes. Une reconnaissance de son engagement écologique Cependant, il faudra aussi reconnaître que depuis des décennies, Denis Sassou Nguesso a fait de la protection de l’environnement l’un de ses chevaux de bataille. Sa vision, notamment développée et relatée dans plusieurs ouvrages par Michel Innocent Peya, est connue et débattue sur le plan international. Cette année, la République du Congo a même réussi à faire adopter, lors de la soixante-dix-neuvième session des Nations Unies, une résolution importante — votée par 155 voix pour — proclamant la Décennie des Nations Unies pour le boisement et le reboisement (2027–2036), dans le cadre d’une gestion durable des forêts. Ce contexte explique en partie le choix des Nations Unies de lui proposer ce rôle de leadership environnemental mondial. Les dangers et désavantages : l’impunité sous couvert diplomatique Mais cette proposition soulève également de graves préoccupations, tant sur le plan éthique que politique : Une impunité légalisée : En garantissant la protection internationale de Denis Sassou Nguesso et de sa famille, les Nations Unies risquent de cautionner une amnistie de fait pour des crimes graves: crimes de sang (disparitions, tortures, exécutions extrajudiciaires), crimes économiques (détournements massifs de fonds publics), et crimes contre la démocratie (élections truquées, répression des opposants). Un dernier sursaut de violence ? : L’histoire montre que les dictateurs en fin de règne cherchent souvent à effacer les traces de leurs crimes. Cette période de transition pourrait donc être la plus dangereuse, marquée par des enlèvements, des assassinats ciblés ou des sabotages politiques. Mémoire des victimes bafouée : Une sortie « par la grande porte » sans justice reviendrait à insulter les familles des victimes et à invisibiliser les luttes du peuple congolais pour la liberté et la dignité. Un précédent dangereux : Ce type de compromis pourrait inspirer d’autres autocrates africains à négocier leur immunité en monnayant leur départ contre un poste honorifique ou international. L’interrogation sur la morale dans les institutions onusiennes La proposition fait également émerger une question sensible mais fondamentale : les recrutements et nominations au sein des organes des Nations Unies tiennent-ils compte de la moralité des individus ? Le cas du président congolais renvoie à d’autres précédents troublants, comme celui de la représentante du HCR à Kinshasa, qui bénéficie encore aujourd’hui d’une protection onusienne, les Nations Unies refusant de lever son immunité diplomatique, bien qu’elle ait été citée dans le dossier des disparus du Beach. Denis Sassou Nguesso, à l’instar de cette diplomate, pourrait donc être placé à l’abri de toute poursuite, profitant d’un bouclier juridique international. Ce scénario interroge : jusqu’à quel point l’ONU peut-elle protéger des individus poursuivis ou impliqués dans de graves violations des droits humains ? Une opportunité à condition d’un strict encadrement Cette initiative, aussi controversée soit-elle, pourrait réussir, mais à trois conditions fondamentales : Que la vérité soit dite : Un mécanisme de justice transitionnelle, type Commission Vérité et Réconciliation, doit être mis en place pour établir les responsabilités, même symboliques. Que la société civile soit garante du processus : Aucun dialogue ne peut être crédible sans les forces vives du pays, notamment la diaspora, les intellectuels, les jeunes et les femmes. Que l’accord ou les nouvelles fonctions diplomatiques ne bloquent pas les poursuites internationales : La protection diplomatique ne doit pas empêcher d’éventuelles plaintes au niveau international, notamment à la CPI ou dans le cadre de la compétence universelle. Conclusion : Une page à tourner, mais sans gommer le passé La proposition onusienne, si elle est acceptée par Denis Sassou Nguesso, marque un tournant politique majeur pour le Congo-Brazzaville. Elle pourrait permettre une transition pacifique, dans un pays meurtri par des décennies de dictature. Mais si elle n’est pas accompagnée de véritables garanties de justice et de vérité, elle risque de perpétuer le cycle de l’impunité et de détruire toute confiance dans les institutions internationales. Le Congo a besoin d’un nouveau départ, certes. Mais aucun avenir solide ne peut être bâti sur l’oubli organisé du passé. Par Serge Armand Zanzala Écrivain, chercheur, citoyen engagé, Directeur de La Société Littéraire, Initiateur du projet Kongo Ya Sika

RD Congo: à Beni, des voix féminines appellent l’ONU à sévir contre l’AFC/M23

RD Congo: à Beni, des voix féminines appellent l’ONU à sévir contre l’AFC/M23

A Beni, une province du Nord-Kivu (République démocratique du Congo (RDC), des voix féminines ont appelé l’Organisation des Nations Unies (ONU) à sanctionner les rebelles de l’AFC/M23, rapporte Radio Okapi. S’exprimant à l’occasion de la Journée de la femme africaine, célébrée le jeudi 31 juillet à Beni (Nord-Kivu), elles « se sont élevées pour réclamer une réponse plus ferme de l’ONU face aux violences perpétrées par les rebelles de l’AFC/M23 ». Lors d’une conférence-débat organisée en partenariat avec la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), les participantes ont dénoncé le manque de mesures contraignantes dans la résolution 2773, qui, bien qu’ayant condamné les exactions du M23 et exigé le retrait des forces rwandaises, n’a pas imposé de sanctions directes, selon la radio onusienne. En l’absence de sanctions, « le M23 continue à se vanter de ne pas quitter les zones occupées », a déploré la présidente de l’organisation Initiative pour le changement, paix et développement, Victorine Muhima Kamala. A souligner que ce plaidoyer est porté par l’Association des femmes pour la nutrition à assise communautaire (AFNAC) et du Collectif des associations féminines pour le développement (CAFED), comme l’a précisé la radio d’information indépendante. Patricia Engali

Selon l’ONU, le Rwanda dirige les opérations du M23 en RDC

Selon l’ONU, le Rwanda dirige les opérations du M23 en RDC

Moins d’une semaine après l’accord de paix paraphé par Kigali et Kinshasa à Washington, les Nations unies accusent le Rwanda d’exercer un commandement et un contrôle sur les rebelles du M23 en République démocratique du Congo. Selon le rapport publié mercredi, Kigali aurait directement dirigé les opérations du groupe rebelle lors de son offensive qui a abouti à la prise de localités essentielles dans l’Est de la République démocratique du Congo. Le document évoque jusqu’à 6 000 soldats rwandais directement impliqués dans les combats sur le sol congolais entre janvier et mai 2025, mentionnant les noms de plusieurs hauts responsables rwandais présent sur le terrain. Le rapport a été soumis au comité des sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU pour le Congo au début du mois de mai et devrait être publié prochainement, ont indiqué des diplomates. Le M23 a progressé dans l’est du Congo, s’emparant des deux plus grandes villes de la région, Goma et Bukavu, en janvier et février. Le Congo, les Nations unies et les puissances occidentales affirment que le Rwanda soutient le M23 avec l’envoi de troupes et d’armes. Africanews

RDC/Rwanda. Plus l’ONU est contournée par les Etats membres, plus elle s’affaiblit

RDC/Rwanda. Plus l’ONU est contournée par les Etats membres, plus elle s’affaiblit

TRIBUNE. Sous l’égide des USA, la République Démocratique du Congo et le Rwanda en sont arrivés à un accord pour mettre fin aux graves hostilités à l’Est de la République Démocratique du Congo. Il faut espérer que, cette fois, l’accord signé entre les deux parties au conflit, apporte un apaisement durable, contrairement aux précédents, sans résultats tangibles, qui n’avaient d’accord que les simples paraphes des représentants des États concernés. En attendant que l’accord produise ses effets, il est cependant légitime de se demander pourquoi les États-Unis n’ont pas usé de leur influence, au sein du Conseil de Securité de l’ONU, pour que l’accord soit signé, sous le parrainage de l’ONU. Cela aurait pu donner plus de légitimité et de crédibilité à l’accord, et aurait permis à la communauté internationale de jouer un rôle plus important dans la résolution du conflit. L’on pourrait également s’interroger si les motivations économiques ne sont pas derrière l’implication des USA, dans le conflit à l’Est de la République Démocratique du Congo. La région est riche en ressources minières, notamment en cobalt et en coltan, qui sont des minerais stratégiques pour l’industrie technologique. Il est aussi possible que les États-Unis chercheraient à protéger, dans l’espace en conflit, les intérêts de leurs entreprises existantes ou qui seraient amenées à y être implantées, le moment venu. Par extension, peut être que les USA seraient dans une logique de protection des accès aux ressources qu’ils voudraient exploiter. Malgré les interrogations qui peuvent être émises sur les motivations des États-Unis, dans la facilitation de l’accord signé entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda, il est hautement souhaitable que cet accord apporte un apaisement durable à la région et recrée à celle-ci les conditions de son plein développement. Les populations civiles de l’Est de la République Démocratique du Congo ont souffert, pendant des années, des violences et des déplacements. Il est temps que la paix et la stabilité reviennent sur leurs terres. Conséquemment, il est important que la communauté internationale reste vigilante et suive de près la mise en œuvre de l’accord pour éviter tout dérapage qui renverrait les choses à la case départ. Les organisations humanitaires et les défenseurs des droits de l’homme doivent continuer à dénoncer les violations des droits humains qui surviendraient sur les secteurs apaisés et traduire devant les tribunaux les auteurs de ces violations. La paix et la stabilité dans la région dépendent de la capacité de la communauté internationale à soutenir les efforts de paix et à protéger les populations civiles. Tout compte fait, l’accord en question est un exemple flagrant de mise à l’écart de l’ONU. Cette démarche unilatérale des États-Unis est une atteinte directe à l’autorité et à la légitimité de l’ONU, qui est censée être l’institution internationale chargée de promouvoir la paix et la sécurité dans le monde. En contournant l’ONU, les États-Unis procèdent comme s’ils chercheraient à affaiblir cette instance et à imposer leur propre agenda géopolitique. Une stratégie dangereuse pour la stabilité mondiale, car elle sape les fondements mêmes de la coopération internationale et de la diplomatie multilatérale. Plus les puissances, comme les États-Unis, contournent l’ONU, plus celle ci s’affaiblit et perd de sa crédibilité. L’ONU a été fondée pour promouvoir la paix et la sécurité dans le monde, et fournir un cadre institutionnel pour la coopération internationale. Le contournement de l’ONU par les États-Unis pourrait avoir des conséquences graves pour la stabilité mondiale. Il encouragerait d’autres États à agir de manière unilatérale, ce qui pourrait entraîner des conflits et des tensions entre les nations. Il est donc essentiel que les États-Unis et les autres puissances mondiales respectent l’autorité et la légitimité de l’ONU, et oeuvrent ensemble à promouvoir la paix et la sécurité dans le monde. Aussi est-il temps de renforcer l’ONU et de lui donner les moyens de jouer son rôle de manière efficace. Les États membres de l’ONU, dont les USA, sont appelés à agir ensemble pour promouvoir la coopération internationale et la diplomatie multilatérale. Méthode capitale pour résoudre les conflits de manière pacifique. Paris 28 juin 2025 Ouabari Mariotti