PARIS. La Semaine africaine 2026 met l’accent sur l’eau et la jeunesse

Du mardi 19 au vendredi 22 mai à la Maison de l’UNESCO La Semaine africaine 2026 à l’UNESCO accueille un programme riche et diversifié articulé autour de conférences, panels de haut niveau, activités jeunesse, rencontres avec la société civile, expositions, cinéma, gastronomie, un salon du livre et un gala. À travers différents temps forts, l’UNESCO et le Groupe Afrique mettront en lumière les enjeux liés à l’eau, à la jeunesse, à la culture et au développement durable sur le continent africain. La Semaine africaine de l’eau 2026 s’ouvrira le mardi 19 mai avec un panel ministériel de haut niveau consacré à « La sécurité de l’eau comme moteur de l’Agenda 2063 », réunissant représentants des États membres, de l’Union africaine, d’ONG et de la jeunesse. Dans l’après-midi, la session « La Voix » donnera la parole à de jeunes entrepreneurs innovateurs dans le domaine de l’eau et de l’assainissement, avant que le Forum des ONG n’explore le thème de la promotion d’une culture de la paix en Afrique. Les jours suivants seront rythmés par des panels de discussion portant sur la transformation numérique, l’inclusion sociale et le patrimoine culturel lié à l’eau. Le Carrefour Jeunesse constituera l’un des moments phares de cette édition, avec des stands qui mettront en lumière les innovations et solutions développées par de jeunes africains et africaines, en lien avec le thème de cette édition. Le Carrefour ouvrira ses portes à partir de 10h00 et sera animé tout au long de la semaine avec la présentation de de jeunes Africains. La semaine se clôturera le vendredi 22 mai par un Forum des ONG abordant le rôle des femmes et des savoirs autochtones dans la consolidation de la paix, suivi de la cérémonie officielle de clôture, avec la présentation des recommandations finales et des performances artistiques.
Farida Bemba Nabourema à Macron : « Le panafricanisme n’est pas né à Paris. Il n’a pas été théorisé dans les couloirs de Sciences Po »

LIBRES PROPOS. « Le panafricanisme est, dans sa forme la plus fondamentale, la philosophie politique qui a dit non à tout ce à quoi la France a dit oui pendant quatre siècles: l’esclavage, la colonisation et la néocolonisation », écrit la militante togolaise des droits de l’homme et écrivaine Farida Bemba Nabourema dans une lettre ouverte adressée au président français, Emmanuel Macron, à lire ci-dessous. « Lettre Ouverte à Emmanuel Macron Sur l’audace particulière de revendiquer ce que vous avez passé des générations à détruire Monsieur Macron, Vous vous êtes levé à Nairobi en Mai 2026, lors d’un sommet que vous avez convoqué à la hâte pour sauver ce qu’il restait de la crédibilité africaine de la France, après que les dignes peuples du Mali, du Niger, du Burkina Faso ont expulsé vos soldats, vos bases et vos drapeaux de leur sol, et vous avez déclaré, devant une salle pleine de chefs d’état africains qui ont eu le malheur historique de s’y asseoir en silence, que “vous ( les français) êtes les vrais panafricanistes”. J’ai essayé, avec un effort intellectuel sincère, d’identifier la catégorie précise d’échec moral et cognitif qui produit une déclaration d’une telle magnitude, livrée avec ce degré de sang-froid, et j’ai conclu qu’elle échappe à toute taxonomie existante. Ce que vous avez dit à Nairobi est sa propre espèce de stupidité. Une stupidité si magistralement accomplie, qu’elle exige un mot nouveau. Un néoligisme qui se situerait quelque part à l’intersection exacte de l’analphabétisme historique le plus crasse, de l’impudence institutionnelle la plus consommée, et de cette arrogance civilisationnelle particulière que votre république a si patiemment raffinée sur cinq siècles qu’elle ne ressemble plus à un choix mais à une condition congénitale. Cher Emmanuel Macron : on ne devient pas capable de dire ce que vous avez dit hier (10 mai 2026, DNR) à Nairobi par accident. On y arrive au terme d’une longue éducation dans l’art de ne jamais avoir à rendre de comptes: une éducation que la Cinquième République dispense à ses présidents avec une générosité qu’elle n’a jamais étendue aux peuples qu’elle a colonisés. Permettez-moi donc de vous offrir ce que votre éducation, aussi coûteuse et célébrée qu’elle ait sans doute été, a manifestement omis de vous fournir : une leçon d’hustoire. Le panafricanisme n’est pas né à Paris. Il n’a pas été théorisé dans les couloirs de Sciences Po ni dans les salons de votre république. Il est né dans les cales des navires négriers, dans les champs de plantation de Saint-Domingue, dans l’exil d’hommes et de femmes que votre république et ses prédécesseurs ont traqués, empoisonnés, abattus, disparus et enterrés dans des fosses communes précisément parce qu’ils avaient l’audace de croire que les peuples africains et d’origine africaine méritaient de se gouverner eux-mêmes. Le panafricanisme est, dans sa forme la plus fondamentale, la philosophie politique qui a dit non à tout ce à quoi la France a dit oui pendant quatre siècles: l’esclavage, la colonisation et la néocolonisation. C’est la tradition intellectuelle et organisationnelle construite en opposition directe et irréconciliable avec le projet que votre nation a mené sur ce continent avec une constance et une brutalité que votre repositionnement rhétorique actuel ne peut pas blanchir rétrospectivement. Vous connaissez les noms, Monsieur Macron, car ils figurent dans les archives que votre gouvernement a passé des décennies à gérer avec un soin exquis, à publier sélectivement, à classer stratégiquement, et sans jamais les confronter avec la pleine honnêteté sans médiation que la justice exigerait. Toussaint Louverture, qui a conduit la seule révolution d’esclaves réussie de l’histoire humaine et que votre prédécesseur Napoléon Bonaparte a fait empoisonner dans une prison française en 1803, parce que l’existence d’une république noire libre était une contradiction philosophique intolérable pour le projet impérial français et pour l’esclavage que votre république avait brièvement aboli avant de le rétablir. Ruben Um Nyobe, le leader indépendantiste camerounais que les forces françaises ont traqué à travers les forêts de son propre pays et tué en 1958, avant même que l’indépendance ne soit formellement accordée, parce qu’il représentait la possibilité d’un Cameroun qui ne servirait pas les intérêts français. Felix Moumie, également camerounais, empoisonné à Genève en 1960 par vos services de renseignement parce qu’il poursuivait le travail d’Um Nyobe avec une déférence insuffisante envers les préférences françaises. Sylvanus Olympio, le premier président démocratiquement élu du Togo qui construisait une monnaie nationale abattu à Lomé en 1963 par des soldats qui avaient servi dans votre armée coloniale, avec votre gouvernement reconnaissant et soutenant la junte qui lui a succédé jusqu’à ce jour. Mehdi Ben Barka, le leader de l’opposition marocaine qui a disparu à Paris en 1965 avec la complicité directe des services de renseignement et de la police française, dont le corps n’a jamais été retrouvé, et dont le cas demeure l’une des illustrations les plus soigneusement documentées de la manière dont votre république traite le leadership politique africain qui refuse d’être soumis. Modibo Keita du Mali, déstabilisé et renversé. Sekou Toure de Guinée, que votre gouvernement a tenté d’assassiner à huit reprises distinctes après qu’il eut la dignité singulière en 1958 de dire non à l’offre de de Gaulle de tutelle française continue, et quand les assassinats ont échoué, votre gouvernement a imprimé de la fausse monnaie guinéenne en quantités industrielles et a inondé son économie, parce qu’une Guinée libre avec une monnaie indépendante fonctionnelle était menaçante pour les intérêts français. Thomas Sankara, l’intelligence politique la plus lumineuse qu’ait produite l’Afrique de l’Ouest au vingtième siècle, assassiné en 1987 par un homme que votre gouvernement a armé, soutenu, puis maintenu au pouvoir pendant 27 ans pendant que le Burkina Faso était systématiquement pillé et affamé. Et au-delà des individus parlons des massacres. Au moins 250 000 Camerounais tués entre 1958 et 1962 dans une campagne de contre-insurrection que votre gouvernement a menée au napalm et par la punition collective et la destruction systématique de villages. Une campagne si soigneusement supprimée dans la mémoire historique française que la plupart des citoyens français l’ignorent totalement aujourd’hui,
Roch Régis BIKOUA : Nous continuons à brasser du vent pendant que les catastrophes climatiques se multiplient

INTERVIEW. « Dix ans après l’Accord de Paris, les promesses ne sont toujours pas tenues », constate l’écrivain congolais Roch Régis Bikoua qui a construit une réflexion profondément nourrie par son engagement pour l’environnement et par les réalités climatiques vécues sur le continent africain. Dans La gouvernance responsable pour le climat, son nouvel ouvrage paru aux éditions libres-opinions, le Président de l’association Espoir pour l’avenir dénonce une diplomatie climatique mondiale qu’il juge prisonnière des discours, des effets d’annonce et de l’inaction. Pour l’auteur de Un regard sur l’environnement au Congo et L’excellence environnementale, une énergie à bon marché, l’heure n’est plus aux grands discours. PAGESAFRIK.COM : « La gouvernance responsable pour le climat » est le titre de votre nouvel ouvrage. Quel constat principal vous a poussé à poursuivre cette réflexion et pourquoi estimez-vous que, dix ans après l’Accord de Paris, les résultats restent insuffisants ? Roch Régis BIKOUA : L’idée de mon troisième livre est née d’une colère froide, celle de voir l’intelligence humaine et la puissance diplomatique s’enliser dans une mise en scène permanente où l’on feint de soigner le malade tout en alimentant sa fièvre. J’ai écrit ce livre pour celles et ceux qui, comme moi, se sentent trahis par l’écart considérable entre les discours et les actes lors des grands soirs de signatures internationales sur le climat. On organise des sommets qui coutent très chers pour promouvoir juste « les effets d’annonce » pendant le monde brule. Les populations les plus vulnérables payant le prix d’une crise qu’elles n’ont pas provoqué, ont besoin des actes palpables sur le terrain que les effets d’annonce des décideurs. Le problème est que les promesses des Etats riches ne sont toujours pas tenues et qu’ils refusent de financer d’avantage et c’est le point de blocage dans les négociations internationales. C’est ainsi où je me suis posé des questions sur la crédibilité de la parole politique. Comment sortir de la pauvreté sans polluer la planète ? Comment donner l’accès à l’énergie aux populations du sud qui ont des problèmes d’électricité ? Comment se développer ? Bref ! Dix ans après l’accord de Paris, les promesses ne sont toujours pas tenues Les Pays riches font un semblant de promouvoir les énergies renouvelables avec les publicités des voitures électriques mais aucune mesure sur les énergies fossiles qui continuent à faire d’eux les pays les plus riches. Dix après l’accord de Paris, la planète est loin d’être sauvée. On nous embrouille dans les médias des pays riches avec des trajectoires montrant une légère baisse des émissions du CO2 alors que sur le terrain Il y a un constat sur la hausse des émissions de gaz à effet de serre causant des catastrophes énormes dans les pays pauvres. Ceci étant, dix ans après l’accord de Paris, dix ans après la mise en place des objectifs de développement durables des Nations unies, rien n’a avancé dans les actes et cela met en cause le leadership climatique. C’est ainsi où j’alerte que La COP21 est un accord histotoxique trahi par l’inaction d’une part, et d’autre part il y a l’échec des ODD en matière climatique. Vous évoquez un fossé entre les discours et les actes, tout en dénonçant l’écoblanchiment et l’inaction institutionnelle. Comment ce décalage se manifeste-t-il aujourd’hui dans les politiques climatiques internationales ? Des prétentions écolo qui ne sont pas appuyées par les faits se manifestent du jour au lendemain. Ce marketing commercial originaire des pays riches, a été inventé pour plonger le monde dans un embrouillamini, est une preuve de l’irresponsabilité pour le climat. Il se manifeste en attirant les consommateurs soucieux de l’environnement en présentant des publicités, des slogans, des logos et des emballages soulignant les attributs ou les avantages environnementaux d’un produit ou service. Le non-respect des engagements climatiques est aussi une forme d’écoblanchiment malgré la multiplicité des discours écolo sans lendemain. Présenter un produit ou service comme ayant plus d’avantage environnemental qu’ils n’en ont pas, est illégal car c’est une publicité trompeuse. Dans les politiques climatiques internationales, on nous fait croire que le thermomètre mondial est placé sous haute surveillance diplomatique. Pourtant, quand on regarde les graphiques de concentration de concentration de CO2 dans l’atmosphère, on a l’impression d’observer les débris d’un naufrage. Quand l’accord de Paris devient aujourd’hui une cathédrale de papier, magnifique à contempler mais incapable de nous abriter contre les catastrophes climatiques, est une trahison historique. Car il est insupportable de voir un succès médiatique planétaire se transformer en un désert législatif national. Les grandes puissances économiques portent-elles, selon vous, une responsabilité particulière dans l’échec des engagements climatiques et l’inefficacité des mécanismes de justice climatique ? Les responsables historiques de la dégradation du climat mondial sont censées être exemplaires dans la lutte contre le réchauffement climatique surtout en ce qui concerne le respect des engagements. Triste est de constater l’écart considérable entre les discours et les actes. La diplomation mondiale pour le climat a brillamment échoué. Cependant, je m’explique : Les pays ayant ratifié l’accord de Paris, avaient pris l’engagement de le faire valider au niveau de leur parlement respectif ? Est-ce le cas aujourd’hui ? Même la France, pays organisateur de la COP21 n’a jamais pensé faire valider cet accord dans son arsenal législatif. Pourquoi ce refus tacite des dirigeants du monde d’intégrer l’accord de Paris dans la loi nationale des pays ayant ratifié ledit accord? A mon avis, les décideurs ont peur que le juge puisse annuler une décision gouvernementale au nom de la protection du climat. Voilà la raison du refus de faire entrer l’accord de Paris dans la loi ; le refus de donner le pouvoir au citoyen de trainer leur propre Etat devant les tribunaux pour « faute climatique ». Vous affirmez que l’Afrique paie le prix d’une crise qu’elle n’a pas provoquée. Quels sont aujourd’hui les impacts climatiques les plus alarmants sur le continent et que faudrait-il changer concrètement ? Les impacts climatiques les plus alarmants sont partout en Afrique : Bref, la liste des catastrophes climatiques en Afrique est tellement longue que le temps de cette interview n’y suffirait pas. Voilà pourquoi le changement ne peut que
L’IA et les infrastructures numériques accompagnent la transition de l’Afrique vers des systèmes de santé plus résilients, plus préventifs et mieux connectés

GITEX FUTURE HEALTH AFRICA Morocco, dont la première édition se tient du 4 au 6 mai, mettra en lumière l’innovation pharmaceutique, le diagnostic de précision et les technologies dédiées au parcours patient Le système de santé marocain connaît aujourd’hui une transformation profonde. Il s’éloigne progressivement d’un modèle principalement réactif, centré sur la prise en charge des épisodes aigus, pour évoluer vers des dispositifs de santé davantage portés par le numérique, la prévention, le dépistage précoce et le suivi des maladies dans la durée. Cette dynamique sera au cœur de GITEX FUTURE HEALTH AFRICA Morocco, dont la première édition se tient du 4 au 6 mai à la Foire Internationale de Casablanca. Organisé sur trois jours, l’événement se tient sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, sous l’égide du ministère de la Santé et de la Protection sociale du Royaume du Maroc, en partenariat stratégique avec la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé (FM6SS), et sous l’organisation de KAOUN International, organisateur des événements GITEX à l’échelle mondiale. Cette première édition met en avant les opportunités d’investissement dans les startups africaines de la health-tech et contribuera à faire émerger des partenariats transfrontaliers capables de répondre aux défis spécifiques du continent. Elle réunit des acteurs publics et privés mondiaux du secteur de la santé, issus de plus de 27 pays, ainsi que 200 marques exposantes, parmi lesquelles AstraZeneca du Royaume-Uni, Pfizer des États-Unis, Sanofi et Numih de France, MedLabs de Jordanie, SEDCO des Émirats arabes unis et Elekta de Suède. La dynamique d’investissement et d’accélération des startups sera portée par des jeunes entreprises primées, à l’image de LifeBank, au Nigeria, qui fournit du sang et de l’oxygène dans les zones rurales d’Afrique. Des entrepreneurs issus de Pradaan Innovation Labs, pionnier des nanotechnologies, ainsi que Baby FM, fabricant de dispositifs connectés dédiés à la santé maternelle, ambitionnent également d’étendre leurs activités sur le continent africain à partir du Maroc. Ces startups et entrepreneurs seront mis en relation avec des investisseurs internationaux représentant plus de 10 milliards de dollars d’actifs sous gestion, ainsi qu’avec des accélérateurs et institutions internationales encore jamais présents au Maroc. Parmi eux figurent Amethis, Boehringer Ingelheim, Gobi Partners, Southeast Asia Exponential Ventures (SeaX), UM6P Ventures et Villgro Africa. Plusieurs ONG prendront également part à l’événement, notamment ABCHealth, Africa Healthcare Federation et Healthtech Hub. Les innovateurs qui donnent corps à la transformation de la santé Les organisations internationales présentes lors de l’événement donneront à voir l’ampleur de la transformation en cours, depuis l’innovation pharmaceutique jusqu’au diagnostic de précision, en passant par les technologies dédiées au parcours patient. À titre d’exemple, AstraZeneca présentera des déploiements numériques déjà appliqués sur le terrain, illustrant la manière dont l’intelligence clinique, la donnée et la technologie peuvent être intégrées pour favoriser un diagnostic plus précoce et une gestion plus intelligente des maladies. Cette approche permet aux professionnels de santé d’identifier les risques plus en amont et d’orienter les patients avec davantage d’efficacité, depuis le dépistage jusqu’au traitement. Rami Scandar, Cluster President, AstraZeneca Near East and Maghreb, a déclaré : « GITEX Future Health Africa représente une formidable opportunité pour AstraZeneca d’échanger avec l’écosystème marocain de la santé et de l’innovation. En réunissant des leaders technologiques et des partenaires du secteur de la santé, cette plateforme crée un espace privilégié pour explorer la manière dont la donnée, la science et l’IA peuvent soutenir des systèmes de santé résilients et durables, tout en favorisant un accès équitable des patients aux médicaments innovants. » Il a également souligné qu’AstraZeneca travaille avec Qure.ai au déploiement d’une solution de tri par imagerie thoracique alimentée par l’IA, afin d’aider les équipes de radiologie à signaler plus rapidement les lésions pulmonaires suspectes et à réduire ainsi le délai critique entre la première image et l’examen par un spécialiste. Pour les patients atteints, ou à risque, de maladie rénale chronique, un parcours baptisé « Healthy Route » associe une évaluation simple du risque en soins primaires, des rappels numériques pour réaliser des tests de fonction rénale et des orientations structurées vers la néphrologie, avec pour objectif de ralentir la progression de la maladie grâce à une intervention plus précoce. Ces initiatives ne sont pas de simples programmes pilotes, a insisté Rami Scandar. « Elles reflètent l’élargissement de notre réseau de collaborations formelles, notamment à travers un protocole d’accord portant sur un centre d’excellence dédié aux maladies rares avec la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé, ainsi qu’un partenariat avec la Fondation Lalla Salma dans le domaine de l’oncologie. Ces collaborations montrent comment l’innovation peut être intégrée aux priorités de santé publique du Maroc afin de générer un impact mesurable pour les patients. » MedLabs, groupe de référence dans le diagnostic, participera également à l’événement, marquant ainsi sa première présence en tant qu’exposant sur le continent africain. L’entreprise mettra en avant son modèle de solutions de santé intégrées, notamment le séquençage clinique du génome entier, porté par plusieurs plateformes de séquençage de nouvelle génération (NGS). Il s’agit du premier et unique service commercial de ce type disponible en Jordanie, désormais proposé aux marchés africains. « L’accès à des diagnostics de haute qualité est une condition essentielle à l’efficacité des soins de santé. Notre participation à GITEX Future Health Africa constitue une étape importante dans l’exploration de nouvelles opportunités pour contribuer au développement des systèmes de santé à travers le continent », a souligné le Dr George Sahyoun, COO de MedLabs. De son côté, SEDCO, fournisseur de solutions intelligentes pour la santé, présentera sa plateforme « Phygital Patient Journey », conçue pour répondre à l’un des défis les plus persistants du secteur : l’expérience fragmentée et discontinue que vivent les patients, depuis le premier contact avec le système de santé jusqu’au traitement. Son système unifié permet de gérer l’ensemble du parcours patient au sein d’un environnement intelligent unique. « L’avenir de la santé repose sur la création d’expériences fluides, intelligentes et centrées sur le patient. Notre participation à GITEX Future Health Africa reflète
La banque de développement KfW entre au Capital d’ATIDI et renforce les opportunités d’investissement allemandes en Afrique

La banque de développement allemande KfW, agissant au nom et pour le compte de la République fédérale d’Allemagne, est devenue le dernier actionnaire en date d’ATIDI, l’Assurance pour le développement du commerce et de l’investissement en Afrique (ATIDI). La KfW devient le 13è actionnaire institutionnel de la première institution d’assurance-crédit au développement en Afrique, renforçant le capital de l’organisation ainsi que sa capacité à soutenir le commerce et l’investissement à travers le continent. La signature officielle de l’accord de souscription entre les deux organisations a été célébrée à l’occasion d’une rencontre à Nairobi entre le directeur général d’ATIDI et la ministre fédérale allemande de la Coopération économique et du Développement, Reem Alabali Radovan. Cette prise de participation souligne la volonté de l’Allemagne de renforcer son partenariat économique avec l’Afrique et de soutenir les institutions africaines qui facilitent le commerce et les investissements sur le continent. La KfW a investi 32 millions de dollars pour devenir actionnaire de catégorie D2 d’ATIDI, un statut réservé aux agences de crédit à l’exportation et aux entités publiques non-africaines. Sur ce montant, 18,4 millions de dollars proviennent du budget du BMZ, les 13,6 millions de dollars restants étant financés sur fonds propres de la KfW. À ce titre, elle assumera les obligations et bénéficiera des avantages liés à son statut d’actionnaire, notamment en termes de représentation au sein des instances de gouvernance et de prise de décision d’ATIDI, tout en contribuant à améliorer le commerce et les investissements allemands en Afrique, conformément au Pacte du G20 avec l’Afrique (CwA 2.0). La prise de participation de la KfW dans ATIDI est l’aboutissement d’un partenariat dynamique entre les deux organisations. Au nom du ministère fédéral de la Coopération économique et du Développement (BMZ), la KfW a financé l’adhésion de plusieurs pays à ATIDI à hauteur de plus de 100 millions de dollars, renforçant l’assise financière de l’organisation et élargissant sa capacité à atténuer les risques et à mobiliser des investissements privés sur les marchés africains. Cette nouvelle prise de participation directe vient compléter cette coopération de longue date. Fondée en 1948, la KfW est la banque publique allemande de promotion et de développement et un partenaire clef du BMZ en matière de coopération financière internationale. Elle finance des projets dans des secteurs cruciaux tels que le développement durable, les infrastructures, les énergies renouvelables et l’appui aux petites entreprises dans les pays en développement. Sa participation dans ATIDI vise à générer jusqu’à 500 millions de dollars supplémentaires d’échanges commerciaux et d’investissements entre les entreprises allemandes et les marchés africains. Au cours des 25 dernières années, ATIDI est devenu le premier fournisseur africain d’assurance pour le développement et un des organismes financiers africains les mieux notés. Elle s’appuie sur ses partenariats avec des institutions multilatérales et régionales de premier plan – notamment l’Union africaine, le Groupe de la Banque mondiale, le COMESA, la Banque européenne d’investissement (BEI) et l’Agence norvégienne de coopération pour le développement (NORAD) – pour proposer des produits innovants d’assurance-crédit et d’assurance-investissement qui favorisent une croissance durable et transformatrice en Afrique. Au-delà de l’apport financier, ce partenariat constitue un lien solide entre l’expertise financière européenne et le secteur de l’investissement africain en pleine expansion. En associant l’expérience de la KfW en matière de financement du développement à l’échelle mondiale à la connaissance profonde des risques en Afrique et la présence d’ATIDI sur ce marché, cette collaboration contribuera à ouvrir de nouvelles perspectives d’investissement dans des secteurs stratégiques et contribuera à soutenir une croissance durable, à renforcer les corridors commerciaux et permettra aux investisseurs de participer avec davantage de confiance à la transformation économique à long terme du continent. Pour Manuel Moses, directeur général d’ATIDI, « cet événement est symbolique à plus d’un titre. Tout d’abord, il renforce nos liens déjà solides avec la KfW et crée de nouvelles opportunités pour les investisseurs allemands qui souhaitent s’implanter en Afrique. C’est également une reconnaissance du statut acquis par ATIDI en tant que principal organisme d’assurance pour le développement en Afrique, ainsi qu’une preuve de la solidité de notre modèle économique. Enfin, cela met en évidence l’importance des partenariats dans un contexte mondial de plus en plus marqué par la volatilité et l’incertitude. ATIDI ne ménagera aucun effort pour que ce partenariat soit couronné de succès. » Pour sa part, Christiane Laibach, membre du comité de direction de la KfW, affirme : « aujourd’hui, nous réaffirmons notre partenariat stratégique de longue date avec ATIDI. Ensemble, nous entendons renforcer les opportunités d’affaires pour les investisseurs européens et allemands en Afrique, dans le but de favoriser la prospérité et le développement, dans l’intérêt de tous. Nous adhérons à l’institution au nom de la République fédérale d’Allemagne. Il s’agit de l’aboutissement d’une coopération fructueuse qui a permis à plusieurs États africains d’adhérer à ATIDI et a donné naissance à des solutions d’assurance innovantes destinées à attirer les investissements étrangers sur le continent.»
Parution imminente : Sur les traces de Saint Augustin : Léon XIV en prière à Hippone, l’Afrique aux sources du christianisme de Serge Armand Zanzala

LIVRES. La Société Littéraire annonce la sortie prochaine de l’ouvrage : Sur les traces de Saint Augustin : Léon XIV en prière à Hippone, l’Afrique aux sources du christianisme de Serge Armand Zanzala « À travers une plongée à la fois spirituelle, historique et intellectuelle, cet ouvrage met en lumière la place fondamentale de l’Afrique dans la naissance et le développement du christianisme, en s’appuyant sur l’héritage intemporel de Saint Augustin », souligne La Société Littéraire dans une annonce officielle. Entre mémoire et réflexion contemporaine, Serge Armand Zanzala , par ailleurs Directeur de Publication de La Société Littéraire, nous entraîne dans un voyage symbolique à Hippone, sur les traces d’une pensée qui a façonné le monde chrétien, tout en interrogeant les silences de l’histoire, poursuit la même source soulignant « un livre essentiel pour comprendre les racines africaines du christianisme, l’influence majeure de Saint Augustin et les enjeux de mémoire, de foi et d’identité ». Disponible très prochainement, l’ouvrage est publié aux Éditions La Société Littéraire
Pourquoi la protection des clients est importante pour les entrepreneurs du quotidien à travers l’Afrique

TRIBUNE. Partout en Afrique, des millions d’entrepreneurs dépendent des services financiers pour développer leurs activités. Pourtant, les risques demeurent importants. Advans accompagne plus de 755 000 clients, principalement des petits entrepreneurs et des agriculteurs. Si l’accès au financement progresse, les données de 60 Decibels montrent que nombre d’entre eux peinent encore à honorer leurs obligations de remboursement, à s’y retrouver parmi les produits financiers complexes et à gérer les compromis nécessaires au sein de leur foyer en période d’instabilité des revenus. Sans garanties solides, l’inclusion financière peut exposer involontairement les clients au surendettement et à des difficultés financières. C’est pourquoi des cadres comme le parcours de protection des clients sont si importants : ils visent à garantir que les acteurs de la microfinance disposent des politiques, des processus et de la formation nécessaires pour servir les clients vulnérables de manière responsable, en s’appuyant sur huit principes : conception et distribution de produits adaptés, prévention du surendettement, transparence, tarification responsable, traitement équitable et respectueux des clients, protection des données des clients, mécanismes de traitement des plaintes et gouvernance. Chez Advans, la protection des clients est au cœur des valeurs et des activités quotidiennes. Les données de l’étude 60 Decibels (menée auprès de 1 712 clients Advans dans 6 filiales en 2024) montrent que 82 % des clients Advans estiment que le personnel d’Advans les traite toujours avec équité et respect (+4 points au-dessus de la moyenne africaine). Advans est convaincue que l’inclusion financière doit être source de stabilité, et non de risque. Au cours de l’année écoulée, cet engagement s’est renforcé grâce au déploiement d’une stratégie decertification indépendante. Advans Tunisie a obtenu la certification Or en matière de protection des clients, tandis qu’Advans Côte d’Ivoire a décroché la certification Argent. En mars 2026, Advans Ghana a rejoint ce groupe, sa certification Argent ayant été confirmée il y a quelques jours. Ces certifications ont été décernées par l’agence de notation internationale indépendante MFR et placent le réseau Advans parmi les premiers en Afrique à obtenir ce niveau de certification selon les nouvelles normes de protection des clients. Advans International ambitionne d’obtenir la certification pour toutes ses institutions d’ici la fin de l’année. Advans Nigeria, Advans Congo et Advans Cameroun ont déjà passé avec succès les audits de pré-certification. Cette démarche témoigne de l’engagement du groupe à appliquer les mêmes normes de protection des clients sur tous les marchés. Depuis sa création, Advans a octroyé plus d’un million de prêts, pour un montant de 3,5 milliards d’euros, à travers ses filiales africaines. Rien qu’en 2025, le groupe a accordé 520 millions d’euros de prêts aux entreprises et aux agriculteurs. Cette envergure s’accompagne de responsabilités. La certification exige des institutions qu’elles démontrent que la protection des clients est intégrée pleinement à ses processus opérationnels. Chez Advans, les équipes de terrain sont formées pour évaluer rigoureusement la capacité de remboursement des clients avant d’approuver un prêt et pour expliquer clairement les conditions générales dans un langage simple et adapté à chaque client. Advans s’est également efforcé de rendre ses supports marketing et sa documentation produit aussi clairs et lisibles que possible pour les clients et de communiquer clairement sur les mécanismes de traitement des réclamations afin que les clients puissent exprimer leurs préoccupations et obtenir des réponses rapides. Selon le rapport d’impact d’Advans International, 89 % des plaintes sont résolues en moins de 30 jours, ce qui démontre le fonctionnement concret de ces systèmes. L’approche d’Advans est également axée sur la qualité du service. Chaque emprunteur bénéficie du soutien d’un chargé de clientèle dédié, et les clients fidèles ayant un bon historique de remboursement peuvent bénéficier de renouvellements automatiques. Aujourd’hui, Advans emploie plus de 1 350 chargés de clientèle sur ses différents marchés. Ce contact humain est essentiel pour instaurer la confiance et comprendre les besoins réels des clients. La certification n’est pas une fin en soi, mais une étape importante. En interne, elle renforce la responsabilisation et encourage les équipes à s’améliorer en continu. En externe, elle rassure les autorités de réglementation, les investisseurs et les partenaires quant à l’engagement d’Advans en matière de finance responsable. Suite à la certification réussie d’Advans Ghana, son DG, Guillaume Valence, a déclaré : « Cette certification témoigne du dévouement et de la persévérance de toutes nos équipes. Leur engagement a été exceptionnel. Elle reconnaît la qualité de nos pratiques et les valeurs qui guident notre travail au quotidien. Nous sommes extrêmement fiers de cette réussite, qui fait de nous la troisième filiale de notre groupe à obtenir cette certification. » – Guillaume Valence, DG d’Advans Ghana. Pour l’avenir, Advans reste déterminé à renforcer la qualité de ses services. Cela se traduit par une communication transparente, des pratiques équitables et des produits adaptés aux besoins réels. Cela implique également d’être à l’écoute des retours clients et d’utiliser les données pour améliorer nos services. Advans collabore avec des partenaires indépendants tels que 60 Decibels pour mesurer les résultats et identifier les axes d’amélioration. En intégrant la protection des clients à ses opérations, Advans souhaite contribuer à un secteur financier plus responsable et digne de confiance en Afrique, où l’accès au financement favorise la stabilité, la dignité et la croissance à long terme des entrepreneurs et de leurs communautés. 60 Decibels est une entreprise internationale de mesure de la performance sociale qui recueille des données auprès des clients par le biais d’enquêtes téléphoniques. Ses recherches portent sur la compréhension du vécu des clients de la microfinance et de la finance à impact, notamment le stress financier, la pression du remboursement et la résilience. Disponible sur :https://60decibels.com MFR (MicroFinanza Rating) est une agence de notation internationale spécialisée dans l’évaluation des institutions de microfinance, des intermédiaires financiers et des fonds d’investissement à impact. Elle fournit des notations et des évaluations axées sur la performance financière, la gouvernance, la gestion des risques et la responsabilité sociale. Disponible sur : https://www.microfinanzarating.com
La démocratie a-t-elle vraiment échoué en Afrique ?

PARLONS-EN. Ce que l’on présente souvent comme des oppositions naturelles repose en réalité sur une construction idéologique soigneusement entretenue. L’Occident a réussi à opposer des notions qui ne relèvent pas du même registre. On a mis la démocratie face au communisme, et la dictature face au capitalisme, comme si ces concepts formaient des couples équivalents. Or ils ne parlent pas de la même chose. La démocratie et la dictature concernent la manière dont le pouvoir est exercé. Le capitalisme et le communisme concernent la manière dont les richesses sont produites et réparties. Confondre ces deux niveaux est un choix politique qui brouille volontairement la compréhension. Cette confusion n’est pas innocente. Le capitalisme ne s’est pas introduit en Afrique comme un choix souverain des peuples. Il s’est imposé par la violence de la conquête, dans une logique d’extraction et d’accumulation qui n’a jamais cessé de se perfectionner. Nos terres, nos ressources, nos corps mêmes ont été intégrés de force dans un système dont la finalité première était l’enrichissement d’autres sociétés, au prix de l’appauvrissement structurel des nôtres. Face à cela, les luttes pour l’indépendance ont porté en elles une aspiration qui dépassait le simple transfert de souveraineté formelle. Elles visaient aussi la réappropriation des richesses, la fin de l’exploitation, la redistribution au service d’un projet de société. C’est dans ce contexte que des modèles inspirés du socialisme ou du marxisme ont trouvé un écho profond et sincère, non par mimétisme idéologique, mais parce qu’ils offraient un langage pour penser la justice et la fin de l’exploitation dans des termes qui correspondaient à l’expérience africaine de la dépossession. Mais très tôt, ces trajectoires ont été brisées. Les dirigeants qui portaient ces visions ont été renversés, éliminés ou marginalisés, remplacés par des élites dont la fonction réelle était de maintenir l’ordre économique hérité de la colonisation et de le rendre praticable pour les capitaux extérieurs, en s’appuyant sur des réseaux d’influence, des interventions dissimulées, et une redéfinition progressive du discours politique global. C’est précisément là que la démocratie a été instrumentalisée. Les États-Unis et ses alliés européens ont soutenu pendant des décennies des régimes parmi les plus autoritaires de la planète, des monarchies héréditaires, des juntes militaires, des présidents à vie, les ont armés, financés, défendus dans les instances internationales. Et dans le même temps, ils brandissaient la démocratie comme l’horizon moral de l’humanité au nom duquel ils se donnaient le droit d’intervenir et de déstabiliser d’autres gouvernements. La règle réelle était simple : ce qui comptait, ce n’était pas la nature du régime, mais sa disponibilité économique. Un régime autoritaire qui ouvrait ses marchés était un allié fréquentable. Un gouvernement élu qui tentait de reprendre le contrôle de ses ressources devenait une menace, et l’étiquette de dictature lui était collée dessus pour rendre son renversement moralement présentable. Face à ce constat, je veux être précise, parce que la clarté sur ce point engage une position intellectuelle. Je préfère la démocratie. Non par révérence pour l’Occident qui en a fait un étendard aussi souvent brandi que trahi, mais pour une raison structurelle. La démocratie ne vaut pas parce qu’elle produit toujours de bons gouvernements. Elle vaut parce qu’elle contient en elle-même les instruments de sa propre correction. Elle est le seul cadre politique dans lequel un peuple peut, sans verser de sang et sans attendre que le chef meure, dire collectivement : nous voulons quelqu’un d’autre, nous voulons autre chose. Ce n’est pas un luxe réservé aux sociétés riches. C’est la condition la plus élémentaire de la souveraineté populaire. Aucun régime autoritaire, aussi bienveillant qu’il se prétende, ne peut offrir cette garantie. La bienveillance d’un chef n’est pas inscrite dans une loi ni dans une institution que ses successeurs seraient obligés d’honorer. Elle est inscrite en lui, dans sa personne. Et les personnes changent, se corrompent, perdent le sens des réalités que vivent ceux qu’elles gouvernent. Quand cela arrive dans une dictature, il n’existe aucun mécanisme pour corriger la trajectoire. Les populations se retrouvent seules face au pouvoir, sans recours légal, sans contre-pouvoir, sans voix. Reconnaître qu’un régime autoritaire peut produire certains résultats sociaux positifs est une observation que l’honnêteté intellectuelle impose de faire. Mais elle doit immédiatement appeler deux questions. La première : ces résultats auraient-ils été impossibles dans un cadre démocratique ? Rien ne le démontre. La deuxième : à quel prix ont-ils été obtenus, et qui a payé ce prix sans jamais avoir été consulté ? Car ce qui définit la dictature, ce n’est pas uniquement l’absence d’élections. C’est l’impossibilité structurelle pour les populations d’influencer les décisions qui les concernent et de se protéger contre les abus d’un pouvoir qui n’a de comptes à rendre à personne. Il faut également refuser le discours qui prétend que la démocratie serait culturellement inadaptée à l’Afrique, comme si ses peuples étaient incapables de se gouverner sans un homme fort. Ce qui a échoué dans de nombreux pays africains, ce n’est pas la démocratie : c’est sa simulation. Des constitutions ont été rédigées, des élections organisées, sans que le pouvoir ne cesse d’être concentré entre les mains d’un individu qui n’avait aucune intention de le partager. Une élection dont l’issue est connue d’avance n’est pas un exercice démocratique. C’est une mise en scène destinée à produire une légitimité de façade à usage international. Les faits résistent à toutes les manipulations discursives. Le Botswana, depuis son indépendance en 1966, a maintenu des alternances pacifiques et des institutions qui fonctionnent, et affiche aujourd’hui l’un des revenus par habitant les plus élevés d’Afrique subsaharienne. La Namibie a construit depuis 1990 une presse libre, une justice relativement indépendante, et figure parmi les pays les mieux classés du continent en matière de libertés civiles. Le Cap-Vert, sans ressources naturelles spectaculaires, présente des indicateurs de développement humain que des pays bien plus riches en pétrole ne parviennent pas à atteindre. À l’inverse, au Togo, la famille Gnassingbé gouverne depuis 1967, d’abord le père pendant trente-huit ans, puis le fils qui lui a succédé comme on hérite d’un domaine privé,