Sénégal/USA. Sonko tire à balles réelles sur Trump : la fin du silence africain ?

TRIBUNE. Dans les relations internationales, il arrive que les figurants deviennent des lanceurs de pavés. Et ce jour-là, depuis Sénégal, Ousmane Sonko a décidé de ne pas jouer les silhouettes diplomatiques. Non. Il a sorti la sulfateuse verbale, direction Donald Trump avec une phrase qui claque comme une gifle dans un sommet feutré : « Monsieur Trump n’est pas un homme de paix. C’est un homme de déstabilisation du monde. » Dans le jargon diplomatique habituel : on ne partage pas entièrement la même vision stratégique. Traduction réelle version Sonko : le cow-boy Trump met le feu à la prairie et vend ensuite les extincteurs. Car il fallait oser. Dans un monde où les dirigeants africains ont longtemps pratiqué l’art délicat du sourire crispé face aux puissants de ce monde, voilà que Sonko, lui, choisit la franchise brutale, presque insolente. Comme si la diplomatie sénégalaise avait troqué ses gants blancs contre des gants de boxe. Et il faut le dire sans détour : Ousmane Sonko n’est pas de ces hommes qui tremblent devant leurs propres idées. Il les porte, il les assume, il les projette. Un homme courageux, donc, au sens rare du terme, qui préfère le risque de la parole à la sécurité du silence. Haro, dès lors, à ceux qui bavardent sur son audace sans jamais avoir affronté le vertige de dire ce qu’ils pensent. Car enfin, qu’est-ce qu’un leader qui se tait ? Souvent un esprit enchaîné. Une personne qui possède un avis mais craint de l’exprimer est prisonnière de l’inhibition : elle doute, elle redoute le jugement, cette vieille compagne appelée atélophobie, ou pire encore, elle se noie dans le people pleasing, cette maladie moderne qui transforme les convictions en pâte molle prête à épouser toutes les formes. Ce profil trahit une carence fondamentale : l’absence d’affirmation de soi. Or, Sonko n’habite pas ce territoire-là. Il appartient à une autre catégorie : celle des personnalités assertives. Il dit, clairement, directement, sans détour inutile et surtout sans cette agressivité hystérique qui trahit souvent la faiblesse, ni cette passivité molle qui signe la résignation. Il parle en acteur, pas en spectateur. En stratège, pas en suiveur. Bref, un leader audacieux, proactif, qui préfère tracer sa ligne plutôt que marcher dans les empreintes des autres. Et pendant qu’il parle, il imprime le tempo. Ousmane Sonko ne suit pas l’actualité, il la fabrique, il la cadence, il lui impose son rythme. Autour de lui, une nuée de stagiaires politiciens tente de s’agripper à cette pulsation nouvelle, courant derrière chaque déclaration comme des sprinteurs sans souffle. Mais l’essoufflement les guette déjà : on ne court pas longtemps dans les pas de quelqu’un qui avance plus vite que son époque. Certains, grisés ou irrités, murmurent déjà des grands mots. D’autres, plus audacieux, le classent sans trembler parmi les prétendus « maîtres du monde » — clin d’œil ironique à Les Maîtres du Monde de Pascal Boniface. Provocation ? Hyperbole ? Peut-être. Mais derrière l’emphase, une réalité politique s’impose : celle d’un homme qui pèse, qui dérange et qui imprime sa marque bien au-delà de ses frontières. Face à lui, Donald Trump, incarnation assumée du chaos organisé, architecte de tweets incendiaires et pyromane en chef d’une géopolitique sous stéroïdes. Un homme pour qui la paix ressemble souvent à une pause publicitaire entre deux conflits d’intérêts. Et Sonko, dans un rare moment de clarté géopolitique sans anesthésie, résume l’affaire en une phrase que beaucoup pensent tout bas, mais que peu osent hurler tout haut. Mais derrière la formule choc, il y a une ligne de fracture. D’un côté, ceux qui pensent, parlent et assument. De l’autre, cette cohorte docile, véritables moutons de Panurge, comme dans Gargantua de François Rabelais, qui attendent qu’une voix s’élève pour bêler en chœur, découvrant soudain des convictions qu’ils n’avaient pas la veille. Et pendant que certaines chancelleries africaines ajustent encore leurs courbettes protocolaires, le Sénégal version Sonko semble dire : ici, on ne chuchote plus, on parle. Quitte à déranger. Quitte à froisser. Quitte à rappeler que la paix n’est pas un slogan de campagne, mais une denrée rare que certains leaders manipulent comme un vulgaire outil de communication. Alors oui, au bout de cette tirade qui dérange et qui divise, il reste une image : celle d’un homme qui marche vite, parle fort et pense libre. Un homme qui, pour beaucoup, honore Sénégal et donne des raisons de fierté à une partie de l’Afrique. Chapeau, Maître, chapeau notre gardien de la révolution. Par Malick BA Journaliste
Notes toxiques et dette sous tutelle : le Sénégal défie l’orthodoxie financière

TRIBUNE. Dans les bureaux où se trament les destinées économiques du monde, une odeur de cigare froid et de panique mal dissimulée flotte désormais à chaque évocation du Sénégal. Oui, ce petit caillou insolent sur la carte des puissances financières semble avoir commis l’impardonnable : refuser de jouer le rôle de débiteur docile dans les marchés internationaux. Car voilà le crime. Pendant que les grandes officines de la finance mondiale, ces lobbies en costume trois pièces, qui parlent en taux d’intérêt et respirent en spreads obligataires, resserrent l’étau, le Sénégal, lui, refuse de suffoquer. On lui ferme les robinets internationaux ? Il ouvre grand les fenêtres de l’UEMOA. On lui promet l’asphyxie ? Il répond par une respiration locale, presque insolente. Mais l’Empire n’aime pas qu’on lui échappe. Alors entrent en scène les prêtres modernes de la crédibilité financière : Standard & Poor’s et Moody’s. Deux noms qui sonnent comme des jugements divins, deux plumes capables de transformer une économie en mirage ou en miraculée. Et voilà que les notes tombent, glaciales, chirurgicales, prétendument techniques mais étrangement synchronisées avec les humeurs des marchés dominants. Dégradation par-ci, perspective négative par-là… Le tout servi avec le vernis de la rigueur méthodologique. Pourtant, sur le terrain, une autre musique se joue : des chantiers qui avancent, une dynamique sociale qui résiste, une économie qui, malgré les vents contraires, refuse de plier l’échine. Deux réalités. Deux récits. Et entre les deux, une bataille silencieuse pour le contrôle du narratif. Car ce que redoutent ces architectes de la dette, ce n’est pas seulement un défaut de paiement. Non. Ce qui les empêche de dormir, c’est le précédent. L’exemple. L’idée contagieuse qu’un pays puisse dire non. Non à la restructuration imposée, non aux recettes standardisées, non à la camisole financière. Et au cœur de cette insubordination calculée, un homme cristallise les crispations : Ousmane Sonko. En refusant la « restructuration », ce mot poli pour désigner une mise sous tutelle déguisée, il a brisé un tabou. Il a rappelé, presque brutalement, que la souveraineté ne se négocie pas à la décimale près. Alors oui, les notes chutent sur le papier. Mais dans les rues, dans les marchés, dans les circuits alternatifs de financement, quelque chose d’autre monte. Une forme de défi. Une volonté presque obstinée de reprendre la main sur son destin économique. Parce qu’au fond, tout le monde a compris l’enjeu : si le Sénégal réussit ce pari, ce ne sera pas seulement une victoire nationale. Ce sera une fissure dans l’édifice. Une tache d’huile sur le costume impeccable de l’orthodoxie financière. Et ça, pour certains, c’est tout simplement inacceptable. Alors on agite les menaces, on brandit les notes, on susurre le mot « défaut » comme une malédiction. Mais en face, une autre vérité s’impose, rugueuse, imparfaite, mais tenace : la souveraineté a un prix. Et visiblement, le Sénégal semble prêt à le payer. Reste à savoir si le peuple, lui aussi, est prêt à tenir la ligne non pas par naïveté, mais avec lucidité, vigilance et exigence. Car dans ce bras de fer, il ne s’agit pas seulement d’économie. Il s’agit de dignité. Par Malick BA Journaliste
ONU : la candidature fantôme de Macky Sall, propulsée en catimini par Évariste Ndayishimiye, fracasse l’Union africaine

Dans les couloirs feutrés de la diplomatie internationale, où l’on murmure plus qu’on ne parle, une farce aux relents de tragédie se joue à ciel ouvert : celle d’un ancien monarque républicain, Macky Sall, bien décidé à s’offrir un ultime trône, celui de Secrétaire général de l’ONU, quitte à transformer l’Union africaine en théâtre d’ombres et de manœuvres de coulisses. Car enfin, quelle épopée grotesque que cette candidature surgie des limbes, parachutée sans concertation, comme un décret nocturne griffonné à la hâte ! Une ambition emballée dans les habits trop larges d’un consensus africain… qui n’existe que dans l’imaginaire de ses promoteurs. À défaut de soutien continental, voilà que le lobby s’active, fébrile, bricolant une légitimité de fortune, avec pour seul pilier visible l’ombre portée de Évariste Ndayishimiye, devenu pour l’occasion chef d’orchestre d’une symphonie dissonante. Mais la partition a vite viré à la cacophonie. Depuis Kigali, la voix tranchante du ministre des Affaires étrangères du Rwanda, Olivier Nduhungirehe, a claqué comme un coup de fouet diplomatique, dénonçant une dérive inquiétante : un président de l’UA, en poste depuis à peine deux mois, qui se permet de court-circuiter les règles, d’ignorer ses pairs, et de travestir les procédures en instruments de passage en force. Une Union africaine transformée, le temps d’un caprice politique, en machine à valider des ambitions personnelles. Et que dire de cette “procédure de silence”, ce bijou d’ingénierie bureaucratique détourné en outil de pression ? Vingt-quatre heures pour avaliser une décision aussi lourde, ou se taire à jamais : voilà donc la nouvelle définition du consensus africain selon Gitega. Une diplomatie du chantage feutré, où le silence vaut consentement et où la précipitation tient lieu de légitimité. Mais cette fois, le silence s’est brisé. Une vingtaine d’États africains ont refusé de jouer les figurants dans cette pièce mal écrite. Ils ont rompu le mutisme imposé, opposé un veto cinglant à cette mascarade procédurale, et rappelé, fait rare, que même dans les arènes diplomatiques africaines, l’État de droit n’est pas une option décorative. Une gifle institutionnelle qui résonne encore dans les couloirs d’Addis-Abeba. Pendant ce temps, à Dakar, le soutien se fait aussi discret qu’un secret honteux. Le pays même de Macky Sall observe, distant, presque gêné. Pas d’embrasement patriotique, pas de levée de boucliers, juste un silence lourd de sens, celui d’une nation qui refuse d’endosser une ambition qu’elle n’a ni portée, ni validée. Et comme un clou supplémentaire dans le cercueil de cette candidature chancelante, Seydi Gassama est venu rappeler, avec la sobriété des convictions solides, que les postes internationaux ne sont pas des refuges pour héritages politiques en quête de recyclage. Que la paix, la démocratie et les droits humains ne sauraient être les accessoires d’une carrière prolongée. Au final, cette tentative ressemble moins à une candidature qu’à une fuite en avant. Une course solitaire, menée tambour battant par un lobby essoufflé, qui confond vitesse et précipitation, influence et isolement. Dans cette tragédie burlesque, une vérité s’impose : on ne devient pas Secrétaire général des Nations Unies à coups de lettres surprises et de silences forcés. Et surtout, on ne parle pas au nom de l’Afrique quand l’Afrique, elle, vous tourne ostensiblement le dos. Par Malick BA
La Banque mondiale mobilise 135 millions de dollars pour soutenir le système de santé au Sénégal

La Banque mondiale annonce avoir approuvé un financement en faveur de la République du Sénégal à fin de renforcer le système de santé de ce pays d’Afrique de l’Ouest, via le programme NAATANGUE 2030. D’un montant de 135 millions de dollars, ce financement s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du programme de développement du système de santé et de protection financière du Sénégal (NAATANGUE 2030) ll vise concrètement à améliorer la prise en charge sanitaire des femmes, des enfants et des adolescents et assurer une protection financière aux populations vulnérables », a indiqué l’institution financière internationale. Dans un communiqué, la BM précise que ledit programme « est financé par un crédit de 100 millions de dollars de l’Association internationale de développement (IDA), complété par des contributions à titre de don du Mécanisme de financement mondial (GFF) et du Fonds fiduciaire multi-donateurs pour la transformation et la résilience des systèmes de santé (HSTRF), à hauteur respectivement de 20 et 15 millions de dollars ». Selon la même source, pendant toute la durée de sa mise en œuvre, NAATANGUE 2030 « contribuera à élargir l’accès à des soins obstétricaux et néonatals d’urgence de qualité, à renforcer le dépistage de routine et la continuité des soins pour les femmes et les enfants, tout en appuyant l’extension d’une couverture d’assurance santé efficace aux populations vulnérables ». Le programme favorisera également des améliorations systémiques, notamment en matière de disponibilité des médicaments essentiels, de déploiement des agents de santé dans les zones mal desservies, de systèmes d’information et d’utilisation des données, ainsi que de préparation aux chocs sanitaires et environnementaux, grâce à des mécanismes régionaux d’alerte précoce multirisques, souligne-t-on. Cité dans le communiqué, Djibrilla Issa, directeur de division pour le Sénégal, la Mauritanie, le Cap-Vert, la Guinée-Bissau et la Gambie, explique que « ce programme soutient la vision du Sénégal de bâtir un système de santé plus solide, plus équitable et mieux préparé à affronter les défis sanitaires à venir, tout en contribuant à l’ambition du Groupe de la Banque mondiale d’atteindre 1,5 milliard de personnes dans le monde à l’horizon 2030 avec des services de qualité en matière de santé, et de nutrition. » Martin Kam
La Banque mondiale nomme Djibrilla Issa, directeur de division pour le Sénégal, la Mauritanie, le Cap-Vert, la Guinée-Bissau et la Gambie

La Banque mondiale a annoncé (en début de semaine, DNR) la nomination de Djibrilla Issa au poste de directeur de division pour le Sénégal, la Mauritanie, le Cap-Vert, la Guinée-Bissau et la Gambie. Dans l’exercice de ses nouvelles fonctions, M. Issa assurera la coordination de l’engagement de la Banque mondiale dans ces cinq pays, en travaillant en étroite collaboration avec les gouvernements, les partenaires au développement et les parties prenantes. Son action s’articulera notamment autour de la promotion de l’emploi, à travers des investissements stratégiques dans les infrastructures, l’énergie, l’agriculture, la connectivité numérique et le capital humain, en vue de soutenir une croissance inclusive et durable. « C’est un honneur pour moi d’assumer cette nouvelle responsabilité et de renforcer le partenariat du Groupe de la Banque mondiale avec les pays dont j’aurai la charge de soutenir les ambitions de développement », a déclaré Djibrilla Issa, directeur de division pour le Sénégal, la Mauritanie, le Cap-Vert, la Guinée-Bissau et la Gambie. « Je me réjouis de collaborer étroitement avec les autorités nationales et nos partenaires afin de mettre en œuvre des solutions concrètes et adaptées aux aspirations des populations. » De nationalité nigérienne, M. Issa a intégré la Banque mondiale en 2001 en qualité de spécialiste du secteur financier. En 20 ans, il y a occupé des postes de responsabilité dans diverses régions du monde, acquérant une solide expertise opérationnelle et managériale. Avant cette nomination, M. Issa a occupé le poste de directeur sectoriel Finance, compétitivité et investissement pour le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord, l’Afghanistan et le Pakistan. Dans ce rôle, il a conduit le dialogue politique et apporté un soutien opérationnel en faveur d’une croissance inclusive dans des environnements nationaux complexes. Antérieurement à son parcours à la Banque mondiale, M. Issa a exercé des fonctions de direction dans le domaine de la supervision et de la régulation bancaires à la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), tout en contribuant à des travaux de recherche et d’enseignement sur le commerce et l’intégration régionale. M. Issa sera basé à Dakar, au Sénégal, d’où il pilotera l’engagement stratégique et les programmes pays de la Banque mondiale à travers un portefeuille de près de 6 milliards de dollars sur les cinq pays. BM
CAN 2025 : « La Fédération Sénégalaise de Football dénonce une décision inique, sans précédent et inacceptable »

JURY D’APPEL DE LA CAF Dans un communiqué, la Fédération sénégalaise de football (FSF) indique avoir pris connaissance de la notification de la décision rendue le 17 mars 2026 par le Jury d’appel de la Confédération africaine de football (CAF), dans le cadre de l’affaire DC23316, qu’elle juge « inique, sans précédent et inacceptable », dont l’intégralité est à lire ci-dessous. AFFAIRE DECISION JURY D’APPEL DE LA CAF La Fédération Sénégalaise de Football (FSF) a pris connaissance ce jour de la notification de la décision rendue le 17 mars 2026 par le Jury d’Appel de la Confédération Africaine de Football (CAF), dans le cadre de l’affaire DC23316. Cette procédure fait suite à la plainte formulée lors du match n° 52 de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) TotalEnergies, Maroc 2025, opposant le Sénégal au Maroc. Par cette décision, le Jury d’Appel de la CAF a déclaré l’appel de la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) recevable et l’a admis. Ce faisant, l’instance a annulé la décision qui avait été rendue par le Jury Disciplinaire de la CAF, au motif que le droit d’être entendu de la partie appelante n’aurait pas été respecté lors de la procédure de première instance. Le Jury d’Appel a par ailleurs estimé que le comportement de l’équipe du Sénégal relevait des articles 82 et 84 du Règlement de la Coupe d’Afrique des Nations. En conséquence, la CAF a déclaré que la FSF avait enfreint l’article 82 et a prononcé la perte du match par forfait pour le Sénégal, avec un score enregistré de 3-0 en faveur de la FRMF, en application de l’article 84. La Fédération Sénégalaise de Football dénonce une décision inique, sans précédent et inacceptable qui jette le discrédit sur le football africain. Pour la défense de ses droits et des intérêts du football sénégalais, la Fédération engagera, dans les plus brefs délais, une procédure d’appel devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) à Lausanne. La FSF réaffirme son engagement indéfectible envers les valeurs d’intégrité et de justice sportive, et tiendra le public informé des suites données à cette affaire. Dakar, le 17 mars 2026 Le Secrétaire Général
Finale de la CAN 2025 : le Maroc vainqueur sur tapis vert par la CAF

SPORTS. Dans une déclaration aux médias publiée le mardi 17 mars 2026, le Jury d’appel de la Confédération africaine de football (CAF) a rendu son verdict dans le litige portant sur la finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) Maroc 2025. Considérant que l’appel introduit par la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) est recevable en la forme et fondé, et conformément à l’article 84 du règlement de la compétition, l’organe juridictionnel a déclaré l’équipe nationale du Sénégal forfait. En conséquence, le match est homologué sur le score de 3-0 en faveur du Maroc. Les Lions de l’Atlas se voient ainsi attribuer la victoire sur décision administrative. Lire ci-dessous l’intégralité de ladite déclaration. « Déclaration aux médias du Jury d’Appel de la CAF Le Jury d’Appel de la Confédération Africaine de Football (CAF) a décidé, en application de l’article 84 du Règlement de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), de déclarer l’équipe nationale du Sénégal forfait lors de la finale de la TotalEnergies CAF Coupe d’Afrique des Nations Maroc 2025 (« le Match »), le résultat étant homologué sur le score de 3-0 en faveur de la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF). Réuni ce jour, le Jury d’Appel de la CAF a statué, suite à l’appel introduit par la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) concernant l’application des articles 82 et 84 du Règlement de la Coupe d’Afrique des Nations, comme suit : Décisions du Jury d’Appel de la CAF : • L’appel introduit par la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) est déclaré recevable en la forme et fondé. • La décision du Jury Disciplinaire de la CAF est annulée. • Le Jury d’Appel de la CAF considère que le comportement de l’équipe du Sénégal relève du champ d’application des articles 82 et 84 du Règlement de la Coupe d’Afrique des Nations. • La réserve introduite par la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) est déclarée fondée. • Il est établi que la Fédération Sénégalaise de Football (FSF), à travers le comportement de son équipe, a enfreint l’article 82 du Règlement de la Coupe d’Afrique des Nations. • En application de l’article 84 du Règlement, l’équipe du Sénégal est déclarée forfait pour ce match, dont le résultat est enregistré sur le score de 3-0 en faveur de la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF). • Toutes les autres demandes ou conclusions sont rejetées. Le Jury d’Appel de la CAF a également statué comme suit : • L’appel introduit concernant M. Ismaël Saibari (joueur n°11 de l’équipe nationale du Maroc) est partiellement accepté. • Le Jury d’Appel confirme que M. Ismaël Saibari s’est rendu coupable d’un comportement fautif en violation des articles 82 et 83(1) du Code disciplinaire de la CAF. • La sanction prononcée à l’encontre de M. Ismaël Saibari est révisée à une suspension de deux (2) matches officiels de la CAF, dont un (1) match avec sursis. • L’amende de 100 000 USD infligée à M. Ismaël Saibari est annulée. • L’appel relatif à l’incident impliquant les ramasseurs de balles est partiellement accepté. • Le Jury d’Appel confirme la responsabilité de la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) concernant le comportement des ramasseurs de balles lors de ce match. • L’amende infligée à la FRMF pour cet incident est réduite à 50 000 USD. • L’appel concernant les interférences autour de la zone de révision OFR/VAR est rejeté. • L’amende de 100 000 USD infligée à la FRMF pour cet incident est confirmée. • L’appel relatif à l’incident du laser est partiellement accepté. • L’amende infligée à la FRMF pour cet incident est réduite à 10 000 USD. • Toutes les autres demandes sont rejetées ».
SENEGAL. La grande lessive du parapublic : quand le gouvernement Sonko sort enfin la serpillière

PARLONS-EN. Pendant des années, le secteur parapublic sénégalais ressemblait à une vieille maison de famille : des pièces ajoutées au fil du temps, des portes qui ne mènent nulle part, des couloirs administratifs où l’on se perd, et surtout une facture d’entretien que personne n’ose regarder de trop près. Puis un jour, quelqu’un a décidé d’ouvrir les fenêtres, de faire entrer la lumière… et de sortir la serpillière. La rationalisation du secteur parapublic n’est pas une simple opération cosmétique. C’est une véritable chirurgie administrative, presque une opération à cœur ouvert sur un organisme public qui, à force de multiplier les entités, les conseils, les agences et les structures parallèles, avait fini par ressembler à un mille-feuille institutionnel. Le premier coup de balai est spectaculaire : 19 entités budgétaires seront supprimées. Dix-neuf. Autant de bureaux, de conseils d’administration, de lignes budgétaires et parfois de fauteuils confortables qui disparaissent du paysage administratif. Une décision qui, dans certains salons de la République, a dû provoquer quelques étourdissements. Mais le ménage ne s’arrête pas là. L’État a également entrepris l’apurement d’une dette de 2,6 milliards, comme pour rappeler une vérité simple : les dettes publiques ne disparaissent pas par magie, même lorsqu’elles sont dissimulées derrière des acronymes technocratiques. Dans le même temps, dix entités stratégiques seront repositionnées. Traduction : on arrête de créer des structures pour se donner l’illusion d’agir, et on renforce celles qui doivent réellement produire des résultats. C’est aussi l’heure de la discipline administrative : renforcement du contrôle, de l’évaluation et harmonisation des grilles salariales. Autrement dit, fini du moins sur le papier, les salaires qui varient d’une agence à l’autre comme les prix au marché Sandaga. Et puis il y aura le redéploiement des 982 agents. Une manière élégante de dire que les compétences doivent enfin être utilisées là où elles servent vraiment, et non là où les organigrammes les avaient oubliées. Le résultat, lui, est chiffré : plus de 55 milliards d’économies nettes sur trois ans. Une somme qui, dans un pays où chaque franc public est observé avec la loupe du contribuable, n’a rien d’anecdotique. L’État y gagne en crédibilité financière, avec des finances assainies. Les citoyens, eux, héritent, espérons-le, d’une administration plus lisible, débarrassée de ses doublons et de ses labyrinthes bureaucratiques. Car la véritable révolution est peut-être là : mettre fin à la culture du doublon administratif, cette étrange tradition nationale où deux structures peuvent tranquillement faire le même travail… sans que personne ne s’en étonne. Avec cette réforme, le message est clair : chaque franc public doit désormais être investi là où il est utile, et non là où il est simplement possible de le dépenser. Les 28 milliards économisés et réinvestis dans des secteurs prioritaires vont devenir ainsi le symbole d’une souveraineté budgétaire retrouvée. Et sur le plan social, la réforme prétend corriger un vieux mal sénégalais : les disparités salariales injustifiées, qui faisaient parfois d’un agent parapublic un privilégié administratif pendant que son voisin fonctionnaire regardait son bulletin de salaire avec résignation. Enfin, la promesse ultime : une administration plus agile, capable de répondre plus rapidement aux besoins des populations. Une promesse qui, au Sénégal comme ailleurs, constitue le test ultime de toutes les réformes publiques. Car dans ce pays, les citoyens ont vu passer tant de “grandes réformes” qu’ils ont développé un réflexe salutaire : applaudir poliment… puis attendre les résultats. Mais si cette rationalisation tient ses promesses, elle pourrait bien marquer la fin d’une époque : celle où l’État ressemblait à une hydre administrative, multipliant les têtes budgétaires pendant que la caisse publique soupirait. Et pour une fois, la plaisanterie pourrait être prise de court par la réalité : celle d’un État qui découvre qu’en coupant les excès bureaucratiques, on gagne non seulement de l’argent… mais aussi un peu de respect. Par Malick BA Journaliste