Congo – gouvernement : blocage ou choix de l’immobilisme devenu une doctrine ? ( lecture en 5 minutes )

PARLONS-EN. La reconduction d’Anatole Collinet Makosso (ACM) au poste de Premier ministre, acté par décret n°2026-174 du 22 avril 2026, suivie du maintien d’environ 95% des membres de son équipe gouvernementale deux jours plus tard ( décret n° 2026-176 du 24 avril ) n’est pas une surprise. C’est un signal d’un pouvoir qui, face à l’usure, choisit non pas de se réinventer, mais de se replier.

Nous l’avons dit, le président Denis Sassou Nguesso n’a plus des coudées-franches pour rompre avec les combines, et nommer utilement des personnalités qui tiendraient tête aux caciques du PCT. Il reste otage des contingences claniques, des allégeances amicales et des pressions politiques qui n’offrent aucune perspective heureuse pour le bien être des congolais. Bis repetita ! Le Congo continuera avec les mêmes Hommes, les mêmes méthodes, et assurément les mêmes résultats. Car, il ne faut pas se tromper sur le gouvernement à quadruple tête : ACM, Jean Jacques Bouya (JJB), Françoise Joly et Julienne Nguesso (Joujou).

JJB, patron de l’axe Bokouelé – Tchikapika a sous lui, Christian Yoka, Prince Bahamboula, Eboucka Babackas, Lydia Mikolo, Paul Valentin Ngobo, Pierre Mabiala, Rigobert Maboundou, Ludovic Ngatsé, il est le véritable Premier ministre qui doit ramener l’argent qu’il a placé çà et là. Il lorgne le fauteuil présidentiel même s’il n’a pu propulser Serges Oboa à l’interieur et Gilbert Ondongo dircab. Les Hydrocarbures bien que gérés par Stev Onanga, sont une chasse gardée familiale via Joujou, liée à l’axe Gamboma-Ollombo-Oyo. Le maintien de Rosalie Matondo, Hugues Ngouélondélé, Ngouonimba Rodrigues et l’arrivée de Christ Kaba Mboko sont du ressort dudit axe. De même, Pierre Oba et Bruno Jean Richard Itoua après toutes les bourdes ont été maintenus par Joujou et Junior Omar Denis Bongo.

Ce dernier vient d’entrer en scène, surtout par l’économie numérique. L’eldorado qu’ils vont gérer à partir du think tank « Initiative pour la Prospérité en Afrique Centrale (IPAC) ». Il rassemble une équipe d’économistes de renommée internationale, dont Hervé Assah Matsika, Ha-Joon Chang, (Pr. Cambridge, SOAS) Spécialiste des questions de politiques industrielles, ayant travaillé avec l’Union Africaine, les États Brésilien, Ethiopien et Sud-Africain ainsi qu’avec Efosa Ojomo (Harvard), spécialiste des questions d’innovation, Directeur du Groupe de Recherche sur la Prospérité Mondiale à l’Institut Clayton Christensen.

La sécurité est confiée au Général Ollessongo pour discipliner et repréciser le rôle de chaque entité ( gendarmerie, DGSP-GR, CID, la police et la DGAF ou Innocent Pea confond tout dans l’obsession d’accéder au grade de général.
Florent Ntsiba pistonne Malanda Rodrigues pour continuer le pillage après le Figa ou il ne voit plus  » clair « . N’Silou est sauvé par son deal avec les partis, l’hospitalité accordé autrefois à Ma Antou mais surtout pour le charnier de…
Le général Mondjo tout comme Émile Ouosso, a été écarté en raison de leur relation amicale avec JDO. Ils ont également été ciblés à cause des querelles discrètes avec Joujou : Ouosso concernant l’électricité et Mondjo pour son soutien à Denis Gokana, qui se retrouve en désaccord avec Joujou sur divers sujets tels que, HEMLA, AOGC, Pétro Congo Puits de pétrole , PétroCongo et autres.

ACM n’est pas revenu à la primature en raison des résultats de son précédent quinquennat, dont les réussites sont difficiles à cerner dans un pays où l’électricité ( pourtant essentielle au développement) fait défaut, et où les décès se comptent quotidiennement, conséquences des choix priviligeant des dépenses de prestiges au détriment d’équipements des hôpitaux de plateaux techniques complet et de payer à juste titre le personnel médical. Son retour, accompagné de son équipe, s’inscrit plutôt dans une logique d’ornementation au sein de l’architecture du pouvoir. ACM apparaît comme un « rideau ya ndako » destiné à absorber l’usure et neutraliser les ambitions concurrentes. Dans un système où la compétence peut devenir une menace, les intrigues et la loyauté restent les seules valeurs sûres.

Tous ces choix interviennent au plus mauvais moment. Les données budgétaires de 2026 sont sans appel, témoins : la loi des finances 2026 affiche un déficit hors pétrole, pression de la dette, marges de manœuvre quasi inexistantes avec des recettes de l’ordre de, 2501, 391 milliards de fcfa, et des dépenses de de 2267,167 milliards, mais aussi un solde primaire hors pétrole négatif de 461,662 milliards fcfa et des charges de trésorerie-financement de 1479,732 milliards de fcfa, dont 800 milliards liés à la dette des OTA/BTA. Dans ce contexte, le Congo a besoin d’un gouvernement résolument tourné vers le redressement économique : gestion de la trésorerie, amélioration de la productivité fiscale, réforme de la gouvernance des entreprises publiques, discipline contractuelle et renégociation financière. Le Congo se retrouve avec un gouvernement d’équilibre politique où Yoka Christian reste aux finances et budget, Djombo, Nzé, Onanga et Mikolo par consensus de 3/4 des premiers ministres et M. Sassou.

Décalage lourd de conséquences

Il faut le dire clairement qu’ACM n’est pas la cause mais le symptôme. Encore faut-il qu’il ait suffisamment appris de ses turpitudes et de ses défaillances. L’histoire politique montre que les systèmes qui refusent de se réformer finissent presque toujours par être rattrapés ( souvent brutalement) par la réalité. A-t-il pris de l’étoffe pour ne plus tomber dans la mesquinerie ? Ses premières déclarations, largement relayées sur les réseaux sociaux sont très bas pour un premier ministre se réclamant « chrétien ». Au lieu de rendre grâce à Dieu où d’exprimer sa reconnaissance envers son bienfaiteur Sassou, il a préféré narguer la population en parlant de « Mokolo Tonga » comme s’il était né avec la fonction de premier ministre. Quant à la digitalisation qu’il met en avant, elle semble lui avoir échappée d’autant qu’il a mis en quarantaine la candidature de Luc Missidimbazi à l’UAT. Pire, aucune initiative numérique, ni société des télécoms n’ont été soutenues durant le quinquennat écoulé ( les acteurs du secteur peuvent le temoigner. Les couacs du premier ministre risques de se multiplier s’il continue avec les mêmes conseillers.

Que devient Sassou ?

À 82 ans, on est plus en totale capacité mentale, la nature imposant des limites. À ce niveau seules subsisteraient les velléités qui s’inscrivent dans un plan jusqu’auboutiste bien réfléchi. Telle est la posture dans laquelle M. Sassou se plaît se mettre, à l’image de Donald Trump qui avait sur son viseur depuis son premier mandat, l’Iran, le canal de Panama, le Groenland, etc. Les congolais par ailleurs, doivent s’identifier aux démocrates qui se sont battus aux USA afin d’éviter l’hécatombe dans laquelle Joe Biden conduisait l’Amérique. Ils doivent croire en l’avenir en travaillant et réfléchissant pour sortir leur pays de la gadoue. Bon vent à tous les ministres. (A suivre)

Ghys Fortune BEMBA DOMBE

Une réponse

  1. La décrépitude annoncée par le fond monétaire international de l’économie congolaise va désormais accélérer sa marche vers la faillite totale. Ils ont dit ensemble accelerons la marche vers le développement mais de quoi parle-t’on ?

    Alors que les indices de croissance économique du pays sont catastrophiques, et les secteurs productifs du pays en faillite ? De quoi parle-t’on quand la redistribution des richesses n’est qu’un recital, discours creux sans substance et que les intérêts du peuple sont bafoués ? La marche vers l’accélération ???
    De quoi parles-t’on ?

    Le bilan de l’exercice du mandat précédent est nul et les actifs de production du pays devenus des sanctuaires et des nids des intérêts familiaux : services publics et l’ensemble de l’environnement économique et politique détenus par un clan au pouvoir, qui viole le contrat social et détruit et remet en cause la légitimité des institutions de la République ?
    De quoi parles-t’on la misère et la pauvreté gangrenent désormais le tissus social et détruit les valeurs morales societales, qui faisaient la fierté du pays ? Quand l’éducation et la santé publique , qui devraient être parmi les axes prioritaires aucune politique sanitaire fiable et sérieuse ni progressive, par des réformes de la santé publique, ne sont engagées. Conséquence taux de mortalité élevé dans les grandes agglomérations du pays,notamment à Brazzaville comme à Pointe Noire,echec d’une absence de réforme structurelle et stratégique sérieuse pour renverser cette courbe inquiétude. Aucune politique responsable n’est résolument engagée, favorisant l’émergence d’une assurance maladie, d’une couverture sociale sérieuse et d’une prise en charge réelle des personnes vulnérables.
    ? De quoi parle-t’on ? Alors que la crise économique persiste, conséquence directe: le chômage des jeunes très avancé, recrudescence de la violence dans les quartiers, précarité des familles, système sanitaire en délabrement accéléré, avec notamment des médecins faisant des trafics honteux dans les blocs hospitaliers contre les malades, des médecins avides de gains qui lorsqu’ils vivent des délestages de leurs émoluments, ils renvoient le châtiment aux patients, afin de servir de moyen de pression contre le ministère de tutelle ?

    Triste constat. Ils disent je cite : renouveler la confiance auprès de monsieur Collinet à la primature ;
    Mais sur quel bilan ? Quel progrès réalisé ? Sur fond de quel progrès social et de quels projets d’envergure sociale et économique accompagnés ?

    On dit souvent qu’on juge l’epoux par sa capacité à prendre soin de son épouse dans sa maison, et que la valeur de ce dernier est jugé à travers son épouse ;
    Et donc si le peuple congolais est l’epouse du chef de l’Etat, alors le peuple congolais jouirait de la valeur de son mari, qui se traduirait par des actes palpables et des resultats concrets. Mais que constatons nous ?
    l’épouse vit dans la précarité pendant que l’epoux vit dans son palais à OYO où il a bati une forteresse et une vie autour des rencontres fastueuses et des festins. Ou l’epoux jubile, danse et festoie, tandis que l’epouse vit de précarité avec les enfants et est abandonnée plusieurs décennies. Un lit conjugal entaché souillé et abject. Et une maison en lambeaux avec des enfants devenus plus tard des délinquants, fautes de moyens et de prise en charge réelle et sérieuse .
    Triste ! Du reste qu’attendre de cette équipe sinon rien de substantiel. 42 ans de de vie de couple sans partage, 42 ans de misère et de précarité. l’épouse n’en peut plus et réclame le divorce. Et la messe à été dite lors du scrutin présidentiel dernier de mars 2026 qui a scellé l’acte du divorce.

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