Page d’histoire : Il était une fois le M22 de Goma Tsé-tsé

Marien Ngouabi présente deux cadavres à la population RETRO. Le mardi 24 avril 1973, il y a exactement 54 ans, le président de la République du Congo, le commandant Marien Ngouabi, présente à la population, qui avait été convoquée à un meeting au stade de la Révolution à Brazzaville, deux cadavres. Ce sont les corps de l’ancien lieutenant Ange Diawara et de son adjoint Jean-Baptiste Ikoko. Les deux hommes auraient été tués au cours d’une opération de l’armée contre le maquis du M22. Mais c’est quoi le M22 ? Les fondateurs du PCT Le 31 décembre 1968, le commandant Marien Ngouabi devient, à l’âge de 30 ans, le troisième président de la République du Congo. A la suite de la démission du président Alphonse Massamba-Débat. En vue de consolider son pouvoir, Marien Ngouabi organise du 29 au 31 décembre 1969, le congrès constitutif du nouveau parti unique : le Parti Congolais du Travail (PCT), d’obédience communiste. Parmi les 40 fondateurs de ce parti, on trouve les noms de Marien Ngouabi, Raoul Alfred, Ange Diawara, Joachim Yhomby Opango, Denis Sassou-Nguesso, Henri Lopez… Il s’appelait Ange Diawara Ange Diawara était le commandant de la Défense civile, la branche armée de la JMNR (Jeunesse du parti du président Massamba-Débat). Après la chute de ce dernier, Ange Diawara ayant préféré éviter l’affrontement avec l’armée nationale, la Défense civile est dissoute et ses éléments reversés dans l’Armée Populaire Nationale (APN). Ange Diawara devient lieutenant dans l’armée de terre. Membre du Bureau politique du PCT, Diawara est nommé par le président Ngouabi en avril 1970 ministre chargé des Eaux et Forêts. Il a 29 ans. Rivalité interne au sein du PCT Mais assez vite, il va se démarquer de l’entourage du président Ngouabi dont il dénonce de tendances à l’embourgeoisement, à la corruption et au népotisme. Il crée le concept d’Obumitri (oligarchie bureaucratique militaro-tribaliste) qu’il va populariser à travers le pays. Lors de la session extraordinaire du Comité Central du PCT du 27 au 31 décembre 1971, Diawara et ses camarades (Noumazalaye, Ndalla, Kimbouala-Nkaya, Combo-Matsiona, Bongou, Assoua) tentent de mettre le président Ngouabi en minorité. Ils lui reprochent son apathie face à la recrudescence de la corruption et une gestion ethnique du pouvoir. Mais ils échouent. En réaction, Ngouabi limoge Ange Diawara du gouvernement et du Conseil d’Etat. Mais Diawara reste au Bureau politique. La tentative de coup d’Etat du 22 février 1972 Le 22 février 1972, le président Marien Ngouabi est en séjour de travail à Pointe-Noire. Ange Diawara lance alors une opération de coup d’Etat contre le président Ngouabi. Lui et ses hommes prennent possession de la radio nationale et de l’aéroport de Brazzaville. Ils arrêtent plusieurs responsables politiques dans la capitale. Denis Sassou Nguesso, le commandant du groupement aéroporté, se trouve à Pointe-Noire où il a accompagné le président de la République. C’est le chef d’état-major de l’APN, le commandant Yhomby-Opango, qui va réagir énergiquement en faisant échec à la tentative de putsch. Dans le camp des putschistes, les ministres Prosper Matoumpa Mpolo et Elie Itsouhou ainsi que l’artiste-musicien Franklin Boukaka, auteur-compositeur de talent qui prônait l’unité de deux Congo dans sa célèbre chanson » Pont sur le Congo « , sont tués. Revenu en urgence à Brazzaville dans la soirée, le président Marien Ngouabi, à travers les hommes que le commandant Denis Sassou Nguesso a déployé dans la ville, reprend le contrôle de la situation. Ange Diawara entre en rébellion et crée le M22 Des dizaines de personnalités sont arrêtées à la suite de cette tentative de putsch. Parmi lesquelles, on peut citer : Lissouba, Noumazalaye, Ndalla, Combo Matsiona, Jean-Pierre Assoua, Alfred Raoul, Camille Bongou, Atondi-Momandjo. Les meneurs, Ange Diawara, Jean-Baptiste Ikoko et quelques-uns de leurs camarades, parviennent à s’échapper. Ils vont s’établir aux environs de Goma Tsé-tsé, à une cinquantaine de kilomètres de Brazzaville. Ils y créent un maquis à l’instar des maquis de Che Guevara en Amérique latine ou le maquis de Laurent-Désiré Kabila à Hewa-Bora à l’Est de la RDC. Leur mouvement prend le nom de M22 ; c’est-à-dire le mouvement du 22 février. Ces révolutionnaires congolais ont comme modèle le M26 (Mouvement du 26 juillet) du cubain Fidèle Castro. Crée en 1955, le M26, après des années de lutte contre le régime du dictateur Baptista, finira par prendre le pouvoir à Cuba en janvier 1959. 40 ans après la création du M22 d’Ange Diawara, le 6 mai 2012 en RDC, des officiers congolais des FARDC créent leur M23 (Mouvement du 23 mars) et entre en rébellion, avec le soutien du Rwanda, contre le gouvernement de Kinshasa. La défaite du M22 Après une année semée d’escarmouches entre les combattants du M22 et l’armée nationale, cette dernière entreprend, au mois de février 1973, des opérations militaires d’envergure dans la région de Goma Tsé-Tsé en vue de démanteler le maquis d’Ange Diawara. Les hommes de Ngouabi vont réussir à écraser les rebelles au moins d’avril 1973. Et l’histoire du M22 s’arrête brutalement lorsque le président Marien Ngouabi exhibe le 24 avril 1973 les corps d’Ange Diawara et de Jean-Baptiste Ikoko au stade et dans les rues de Brazzaville. Néanmoins, cette exposition macabre va choquer la sensibilité bantoue de nombreux congolais qui vouent un respect presque religieux aux morts. La mort d’Ange Diawara Il existe une autre version sur la mort d’Ange Diawara et Jean-Baptiste Ikoko. Ils auraient réussi à échapper aux forces loyalistes et à traverser le fleuve Congo pour se réfugier au Zaïre. Arrêtés par les militaires de Mobutu, ils ont été livrés (vivants ou déjà morts ?) au commandant Marien Ngouabi. Une façon pour le président Mobutu de renvoyer l’ascenseur à son homologue du Congo qui avait facilité l’extradition de Brazzaville de Pierre Mulele en 1968. Mais ce 24 avril 1973, journée de son triomphe sur le M22, le président Marien Ngouabi ne pouvait s’imaginer que lui-même serait abattu par balles le 18 mars 1977; comme l’a été Ange Diawara 4 ans plus tôt ! A suivre ! Par Thomas LUHAKA LOSENDJOLA Avocat au barreau de Kinshasa-Gombe Chercheur indépendant
Congo – gouvernement : blocage ou choix de l’immobilisme devenu une doctrine ? ( lecture en 5 minutes )

PARLONS-EN. La reconduction d’Anatole Collinet Makosso (ACM) au poste de Premier ministre, acté par décret n°2026-174 du 22 avril 2026, suivie du maintien d’environ 95% des membres de son équipe gouvernementale deux jours plus tard ( décret n° 2026-176 du 24 avril ) n’est pas une surprise. C’est un signal d’un pouvoir qui, face à l’usure, choisit non pas de se réinventer, mais de se replier. Nous l’avons dit, le président Denis Sassou Nguesso n’a plus des coudées-franches pour rompre avec les combines, et nommer utilement des personnalités qui tiendraient tête aux caciques du PCT. Il reste otage des contingences claniques, des allégeances amicales et des pressions politiques qui n’offrent aucune perspective heureuse pour le bien être des congolais. Bis repetita ! Le Congo continuera avec les mêmes Hommes, les mêmes méthodes, et assurément les mêmes résultats. Car, il ne faut pas se tromper sur le gouvernement à quadruple tête : ACM, Jean Jacques Bouya (JJB), Françoise Joly et Julienne Nguesso (Joujou). JJB, patron de l’axe Bokouelé – Tchikapika a sous lui, Christian Yoka, Prince Bahamboula, Eboucka Babackas, Lydia Mikolo, Paul Valentin Ngobo, Pierre Mabiala, Rigobert Maboundou, Ludovic Ngatsé, il est le véritable Premier ministre qui doit ramener l’argent qu’il a placé çà et là. Il lorgne le fauteuil présidentiel même s’il n’a pu propulser Serges Oboa à l’interieur et Gilbert Ondongo dircab. Les Hydrocarbures bien que gérés par Stev Onanga, sont une chasse gardée familiale via Joujou, liée à l’axe Gamboma-Ollombo-Oyo. Le maintien de Rosalie Matondo, Hugues Ngouélondélé, Ngouonimba Rodrigues et l’arrivée de Christ Kaba Mboko sont du ressort dudit axe. De même, Pierre Oba et Bruno Jean Richard Itoua après toutes les bourdes ont été maintenus par Joujou et Junior Omar Denis Bongo. Ce dernier vient d’entrer en scène, surtout par l’économie numérique. L’eldorado qu’ils vont gérer à partir du think tank « Initiative pour la Prospérité en Afrique Centrale (IPAC) ». Il rassemble une équipe d’économistes de renommée internationale, dont Hervé Assah Matsika, Ha-Joon Chang, (Pr. Cambridge, SOAS) Spécialiste des questions de politiques industrielles, ayant travaillé avec l’Union Africaine, les États Brésilien, Ethiopien et Sud-Africain ainsi qu’avec Efosa Ojomo (Harvard), spécialiste des questions d’innovation, Directeur du Groupe de Recherche sur la Prospérité Mondiale à l’Institut Clayton Christensen. La sécurité est confiée au Général Ollessongo pour discipliner et repréciser le rôle de chaque entité ( gendarmerie, DGSP-GR, CID, la police et la DGAF ou Innocent Pea confond tout dans l’obsession d’accéder au grade de général.Florent Ntsiba pistonne Malanda Rodrigues pour continuer le pillage après le Figa ou il ne voit plus » clair « . N’Silou est sauvé par son deal avec les partis, l’hospitalité accordé autrefois à Ma Antou mais surtout pour le charnier de…Le général Mondjo tout comme Émile Ouosso, a été écarté en raison de leur relation amicale avec JDO. Ils ont également été ciblés à cause des querelles discrètes avec Joujou : Ouosso concernant l’électricité et Mondjo pour son soutien à Denis Gokana, qui se retrouve en désaccord avec Joujou sur divers sujets tels que, HEMLA, AOGC, Pétro Congo Puits de pétrole , PétroCongo et autres. ACM n’est pas revenu à la primature en raison des résultats de son précédent quinquennat, dont les réussites sont difficiles à cerner dans un pays où l’électricité ( pourtant essentielle au développement) fait défaut, et où les décès se comptent quotidiennement, conséquences des choix priviligeant des dépenses de prestiges au détriment d’équipements des hôpitaux de plateaux techniques complet et de payer à juste titre le personnel médical. Son retour, accompagné de son équipe, s’inscrit plutôt dans une logique d’ornementation au sein de l’architecture du pouvoir. ACM apparaît comme un « rideau ya ndako » destiné à absorber l’usure et neutraliser les ambitions concurrentes. Dans un système où la compétence peut devenir une menace, les intrigues et la loyauté restent les seules valeurs sûres. Tous ces choix interviennent au plus mauvais moment. Les données budgétaires de 2026 sont sans appel, témoins : la loi des finances 2026 affiche un déficit hors pétrole, pression de la dette, marges de manœuvre quasi inexistantes avec des recettes de l’ordre de, 2501, 391 milliards de fcfa, et des dépenses de de 2267,167 milliards, mais aussi un solde primaire hors pétrole négatif de 461,662 milliards fcfa et des charges de trésorerie-financement de 1479,732 milliards de fcfa, dont 800 milliards liés à la dette des OTA/BTA. Dans ce contexte, le Congo a besoin d’un gouvernement résolument tourné vers le redressement économique : gestion de la trésorerie, amélioration de la productivité fiscale, réforme de la gouvernance des entreprises publiques, discipline contractuelle et renégociation financière. Le Congo se retrouve avec un gouvernement d’équilibre politique où Yoka Christian reste aux finances et budget, Djombo, Nzé, Onanga et Mikolo par consensus de 3/4 des premiers ministres et M. Sassou. Décalage lourd de conséquences Il faut le dire clairement qu’ACM n’est pas la cause mais le symptôme. Encore faut-il qu’il ait suffisamment appris de ses turpitudes et de ses défaillances. L’histoire politique montre que les systèmes qui refusent de se réformer finissent presque toujours par être rattrapés ( souvent brutalement) par la réalité. A-t-il pris de l’étoffe pour ne plus tomber dans la mesquinerie ? Ses premières déclarations, largement relayées sur les réseaux sociaux sont très bas pour un premier ministre se réclamant « chrétien ». Au lieu de rendre grâce à Dieu où d’exprimer sa reconnaissance envers son bienfaiteur Sassou, il a préféré narguer la population en parlant de « Mokolo Tonga » comme s’il était né avec la fonction de premier ministre. Quant à la digitalisation qu’il met en avant, elle semble lui avoir échappée d’autant qu’il a mis en quarantaine la candidature de Luc Missidimbazi à l’UAT. Pire, aucune initiative numérique, ni société des télécoms n’ont été soutenues durant le quinquennat écoulé ( les acteurs du secteur peuvent le temoigner. Les couacs du premier ministre risques de se multiplier s’il continue avec les mêmes conseillers. Que devient Sassou ? À 82 ans, on est plus en totale capacité mentale, la nature imposant des limites. À ce niveau
Congo : entre parenté clanique, amitiés sordides et partenariat politique véreux, le cœur de M. Sassou balance ( lecture en 4 min )

PARLONS-EN. L’os des compromissions qui lui ont permis d’être réélu est décidément difficile à avaler. Le » nouveau » président peine à nommer son Premier ministre. Les jours s’égrènent, une semaine déjà, depuis son investiture, et les congolais continuent de scruter en vain le ciel du plateau pour voir apparaître la » fumée blanche » annonciatrice du nouveau locataire du palais de la primature. Décidément, sa réélection cache bien de choses que l’homme du 16 avril ne parvient pas à démêler. Si M. Sassou a été réellement plébiscité, pourquoi passe t-il tant de temps pour choisir l’homme idéal?. À peine investi, voilà que la pédale d’accélérateur est grippée. Le président a perdu pied. Cela indique clairement que sa victoire n’est pas le fait d’un vote populaire, mais elle participe plutôt des manœuvres de tricherie orchestrées par le clan et autres compères. Finalement, M. Sassou n’a pas de coudées franches pour rompre avec les combines, et nommer une personnalité qui tiendrait tête aux caciques du Pct. Il reste prisonnier des contingences claniques et des pressions politiques qui n’offrent aucune perspective heureuse pour le bien- être des Congolais. Selon les textes en vigueur, inspirés du modèle français, dès la prestation de serment du président de la République, le gouvernement démissionne suivie de la nomination du directeur de cabinet ( qui vient d’être reconduit par décret n°2026-172), puis du premier ministre qui forme son gouvernement. Tout cela doit être fait en un temps record. Par ailleurs, il est important de signaler, que, le premier ministre et ses ministres sont responsables devant le Parlement et le peuple (article 119 de la constitution de 2015). Toutes les malversations, les défaillances observées (inflation, pénuries, dysfonctionnements sanitaires et autres) au cours du quinquennat passé, mettent directement en cause le Premier ministre ainsi que plusieurs membres du gouvernement, en particulier ceux en charge de la Santé, des Affaires sociales, de l’Intérieur et du Commerce qui peuvent être poursuivis par la haute Cour de justice et différents tribunaux (article 120 de la même constitution) pour des infractions telles que : la corruption, le détournement des fonds, ou encore l’homicide involontaire. Rosaire Ibara par exemple, qui a à son actif des vrais faux diplômes qu’il a fabriqués à l’université Marien Ngouabi et dont les détenteurs y sont intégrés, des recrutements de nombreuses filles et femmes, continue de garder par devers lui les clés des serveurs de peur qu’on y découvre plusieurs faux diplômes ( Licence, Dut, Masters pour les facultés en particulier ). Au-delà du niveau politique, plusieurs hauts responsables administratifs à l’instar de l’inspecteur général de la santé, du directeur de la police administrative sont également pointés du doigt pour ne pas avoir fermé 568 cabinets médicaux et laboratoires d’analyses biomédicaux dépourvus d’expertise ainsi que des établissements secondaires et supérieur. Bref, le manque des plateaux techniques complets, la prolifération de structures médicales non conformes, le laisser aller de la clinique d’Omar Junior Bongo qui applique les tarifs très exorbitants, et qui profitera plus de la Camu,et le retour controversé de certains agents sanctionnés, illustrent de graves dérives institutionnelles. La question de la reddition des comptes devient centrale. Entre exigences juridiques et pression de l’opinion publique, les autorités sont désormais attendues sur des mesures concrètes pour restaurer la confiance et garantir une gouvernance plus rigoureuse. Le premier ministre du nouveau quinquennat qui sera nommé doit avoir des coudées forts sinon, Françoise Joly-la vipère qui vient de remettre le Congo sur la scène diplomatique et le peuple vont l’enterrer. Ghys Fortune BEMBA DOMBE
Congo : la mort de Firmin Ayessa révèle la persistance des rites Andzimba au cœur du pouvoir ( lecture en 3 minutes )

PARLONS-EN. La mort de Firmin Ayessa, cadre historique du régime et figure des Andzimba, déclenche un deuil national boudé par beaucoup pour son caractère sélectif. Loin d’une simple nécrologie, cet événement expose les tensions entre l’État moderne et les rites ancestraux qui régissent encore la disparition des puissants. « Ave Caesar Sassou, morituri te salutant », pourrait-on dire : le défunt salue le pouvoir en emportant plusieurs secrets rituels bien qu’il ait pû initier de nombreux jeunes. Journaliste chevronné, ministre d’État à la Fonction publique et député du Parti congolais du Travail (PCT), Ayessa (75 ans) incarnait l’homme-pont postcolonial : formé à la communication et à l’administration occidentale, mais ancré dans les cosmogonies locales des Andzimba, société initiatique dont il était Mwéné (chef rituel). Le décret 2026-86 du 21 février impose drapeaux en berne et deuil national. Mais un autre récit surgit : exposition du corps aux quatre vents, dessiccation lente des tissus, refus de l’embaumement chimique. Ces pratiques, confirmées par des rumeurs persistantes, transforment la mort en processus rituel étiré, vecteur de continuité ontologique pour le pouvoir. La mort d’Ayessa à quelques jours de la présidentielle, comme celle de Guy Brice Parfait kolelas, soulève des interrogations. Cependant, il faut reconnaître qu’au nom de la paix et pour que soient autorisés les obsèques à Makoua, M. Sassou a dû intervenir en envoyant Gilbert Ondongo supplier les sages de la localité, » d’ouvrir la terre » qui était » fermée » depuis la disparition du fils de maman Angèle parti chercher du gravier et autres collées sur des Andzimbas dirigés par le de cujus.Il est vrai, les sacrifices de sang existent partout, mais dire que M. Sassou en a besoin pour gagner sa présidentielle, cela ne tient pas la route devant ses faire valoir de candidats. Choc des temporalités : État républicain contre cosmogonie Andzimba L’État exige rapidité, hygiène et clôture symbolique. Les Andzimba imposent lenteur et redistribution des forces vitales au plus fort – un rituel de stabilisation métaphysique. Ayessa, qui avait rompu tôt avec la franc-maçonnerie au profit des rites endogènes, illustre cette ambivalence. « Ces sociétés ont leurs propres technologies du sacré », glissent des témoignages. Son corps, rapatrié de nuit par des « agents funéraires » municipaux (soupçonnés Andzimba), devient un enjeu de souveraineté : mise à l’écart d’acteurs incompatibles, débat sur les objets rituels. Qui gouverne la mort des gouvernants ? L’État, la famille ou les initiés ? Un miroir des rivalités élitaires congolaises Cette friction traverse les élites depuis l’indépendance. Saturnin Okabé, Akwa comme Ayessa, fut inhumé dans l’indifférence ; Ayessa, lui, primait l’Andzimba sur les imports européens. À l’approche des échéances politiques sous Denis Sassou Nguesso, sa disparition rappelle les failles et soupçons : d’empoisonnement d’Adouki Lambert, mort d’Auxence Ickonga (1989), d’Alphonse Foungui (2004), du Général Emmanuel Avoukou (2013), de Charles Emile Apesse (2025). Rivalités Oyo-Makoua, éviction d’Athanase Ngassaki pour Jean Baptiste Ondaye (2022), emprisonnement de Jean-Marie Michel Mokoko depuis 2016… Obtenir la caution Andzimba, arrachée par Ayessa contre vents et marées, exige désormais un aggiornamento des axes Bokouélé-Tchikapika. Le Congo de 2026 n’est pas seulement fait de lois et de budgets : il repose sur rites et mémoires profonds. La fin de l’histoire à la Fukuyama ? Pas ici.(À suivre) Ghys Fortuné BEMBA DOMBE
Congo : luttes de pouvoir qui secouent le PCT, la Grande Loge du Congo et les Télécoms ( lecture en 5 min )

PARLONS-EN. Depuis le 18 octobre 2025 à l’est de Brazzaville, des remaniements spectaculaires agitent les cercles influents du pouvoir, du parti au pouvoir aux loges maçonniques et au secteur numérique (NTIC), signe d’une redistribution des cartes sous l’égide de Denis Sassou Nguesso. Après le 6e congrès de fin 2025, il y a eu remaniement choc au Parti congolais du travail (PCT) où le secrétariat permanent a été serieusement renouvelé : sur 15 membres, seuls Parfait Iloki et Pauline Issongo ont été conservés, tandis que des commissions ont été créées mais peinent à décoller faute de missions claires. Gilbert Ondongo, Jean-Jacques Bouya et Christel Denis Sassou Nguesso, qui visaient le contrôle, ont été évincés par une décision ferme de M. Sassou. Normalement, les membres de ces commissions devront choisir entre fonction gouvernementale et rôle de contrôle, évitant les conflits d’intérêts. Confusion à la grande loge du Congo (GLC) À la GLC, la disparition récente de figures tutélaires comme Jean Lounana Kouta, Sébastien Souza Sayeto et Serge Mombouli a créé un vide rituel, favorisant des dérives comme les « conversions de décors » accélérées et une politisation des rites. JDO, Député Grand Maître, serait accusé d’avoir caporalisé l’obédience au profit d’alliances politiques, minant la régularité maçonnique. La disparition desdites figures ressemble à une décapitation mémorielle qui a ouvert un vide où le fil de la transmission (la « chaîne d’union » réelle, pas seulement cérémonielle) s’est distendu. Le diagnostic est double. D’une part, la diaspora des élites maçonniques congolaises (dont Mombouli était un symbole, entre New York et Brazzaville) a irrigué la GLC par des circulations doctrinales, des arbitrages, une exposition aux standards internationaux de régularité. D’autre part, à l’intérieur, l’érosion du magistère des anciens a laissé la place à une modernisation opportuniste : montée en puissance d’un Rite d’York « utilitaire », conversion de décors au gré des alliances et des protections, glissement d’une grammaire initiatique vers une grammaire de carrière. Là où les Rites imposaient une ascèse, une économie du temps, une discipline de l’emblème, on a vu fleurir des parcours accélérés, des équivalences bricolées, des « multi-appartenances » qui ont dilué le sens. L’unité symbolique de la GLC n’était plus garantie par la compatibilité des rites mais par la pragmatique des réseaux. Pourtant, la maçonnerie est un ordre et non un club d’anciens élèves ni une confrérie de notables : Sans régularité, il reste l’organisation ; sans mémoire, il reste l’appareil. La crise rituelle n’était donc pas un sous-chapitre : elle était le chapitre. Et le Convent 2025 qui annonçait chaotique a vu M. Sassou élever, contre toutes attentes, Alexis Vincent Gomez (AVG), Pro Grand Maître, au grand dam de JDO, Ouosso et leurs affidés. Nos enquêtes révèlent, que, dans l’architecture d’une obédience, la fonction de Député Grand Maître est un organe de continuité. Or, à la GLC, cette fonction a été progressivement recentrée sur une logique d’efficience politique : intégrer, pacifier, fidéliser avec deux dérives qui ont brisé l’édifice :1) la « conversion de décors ». La multiplication de cas comme des gens passées d’AP à M en 6 mois !) où ils changeaient de rite comme l’on change d’habit (sans respecter les filières, les temps d’épreuve, les correspondances doctrinales ) on désacralise l’office. Ce n’est pas l’inter-ritualité qui était en cause (elle peut être féconde) : le décor serait devenu une monnaie, et le rite, un accessoire. Dans le lexique maçonnique, on parle de profanation par confusion des signes. 2) la caporalisation rituelle par le politique. Lorsque l’arbitrage des conflits a surgit, au lieu d’obéir aux Constitutions et aux usages (commissions doctrinales, conférences de Grands Officiers, recours aux obédiences sœurs), c’est la logique de la sécurité qui a prévalu. On le voit dans les bifurcations biographiques : de jeunes frères « nés au Rite d’York » ont propulsés à des charges incompatibles; des équivalences « de circonstance » ont écrasé des années d’apprentissage sous le sceau d’une urgence d’affichage. Dès lors, la position de JDO devenait difficile d’être à la fois le garant des rites et le guichetier des convergences. On a voulu faire de la crise à la GLC une affaire d’hommes (décès éminents, fragilités, rivalités), ou une affaire de politique (équilibres, proximités, clientèles). En réalité, la crise serait rituelle : la régularité au sens maçonnique a été moins surveillée au moment où l’emprise du politique sur l’Ordre s’intensifiait. Ces « poignards tirés » préfigurent-elles un ministère de la Sécurité et de l’Ordre public opposant JDO à Philippe Obara, ex-Sérénissime Grand Maître du GOLAC ? Moralité : si des dignitaires trichent avec leur spiritualité et emmènent leurs divergences au sommet de l’État, alors ils ne peuvent qu’entrainer le Congo dans l’abîme. Ils doivent donc être remplacé par d’autres compétences .Nous reviendrons mardi avec la Bataille rangée entre les tiers aux télécoms. Ghys Fortune BEMBA DOMBE
Congo/UPADS : une opposition de façade au service du pouvoir

LIBRES PROPOS. L’annonce par l’Union Panafricaine pour la Démocratie Sociale (UPADS) de sa non-participation à l’élection présidentielle de mars 2026 ne constitue en rien une surprise pour les observateurs avertis de la scène politique congolaise. Depuis le scrutin présidentiel de 2021, le positionnement réel de ce parti est devenu de plus en plus lisible. Après avoir longtemps entretenu une ambiguïté politique savamment calculée, l’UPADS, héritière politique de l’ancien président Pascal Lissouba, apparaît aujourd’hui comme un acteur officieux de la majorité présidentielle. Cette posture équivoque, oscillant entre opposition déclarée et soutien tacite au pouvoir en place, est illustrée de manière éloquente par la participation d’un membre de son bureau politique au sein d’un gouvernement dirigé par le Parti Congolais du Travail (PCT). Dans les faits, l’UPADS s’apparente désormais à un PCT bis, contribuant ainsi à une configuration politique où le pouvoir contrôle simultanément la majorité présidentielle et une opposition dite « républicaine », largement inféodée et dépourvue de véritable autonomie politique. Le président de l’UPADS, Pascal Tsaty Mabiala, vient d’acter cette réalité en reconnaissant publiquement l’incapacité de son parti à présenter un candidat, invoquant l’absence de moyens financiers nécessaires, estimés à 25 millions de francs CFA (environ 38 481 euros). Il a par ailleurs annoncé qu’en temps opportun, des consignes de vote seraient données à ses militants. Dès lors, il ne fait guère de doute que l’UPADS appellera à la réélection du président sortant Denis Sassou Nguesso, confirmant ainsi son alignement stratégique avec le pouvoir en place, d’autant plus qu’elle participe déjà à l’action gouvernementale. Or, dans une démocratie véritable, une telle situation ne saurait être acceptable qu’à travers un cadre clairement défini : coalition politique assumée, gouvernement d’union nationale ou exécutif de salut public, fondé sur une feuille de route consensuelle et transparente. Tel n’est manifestement pas le cas aujourd’hui. Les citoyens congolais ne sont plus dupes. Cette collusion entre pouvoir et opposition factice, incarnée par le tandem PCT–UPADS, participe à l’affaiblissement de la démocratie et conduit inévitablement à une impasse politique préjudiciable à la nation. « Le menteur à qui l’on retire son masque ressent la même indignation que si on le défigurait. » Jean Rostand « Quoi qu’on en dise, c’est au visage qu’il faut regarder les hommes, mais il ne faut pas prendre leur masque pour leur visage. » Joseph Joubert Fait à Nantes, le 27 janvier 2026 Evrard NANGHO Le Patriote Engagé
Internationale socialiste : Marvell Nkouka, SG de la Convergence Citoyenne, s’indigne de l’adhésion du Parti Congolais du Travail (Vidéo)
La Convergence Citoyenne appelle au retrait du PCT de l’Internationale socialiste

Actée en novembre 2025 lors du Conseil mondial de Malte, l’admission du Parti congolais du travail (PCT) comme membre observateur de l’Internationale socialiste suscite une vive polémique parmi les acteurs démocratiques et progressistes, dont la Convergence Citoyenne. Dans une tribune publiée à ce sujet, la formation politique congolaise, par la voix de son Secrétaire général, Marvell Nkouka, appelle au retrait immédiat du PCT de l’Internationale socialiste, dénonçant « une forme de légitimation politique internationale d’un régime autoritaire, en contradiction flagrante avec les principes que cette organisation est censée défendre ». L’intégralité de cette tribune est consultable ci-dessous : « Affaire PCT – Internationale socialiste : une adhésion qui fait polémique En novembre 2025, lors du Conseil mondial tenu à Malte, le Parti congolais du travail (PCT) a été admis comme membre observateur de l’Internationale socialiste. Une décision qui suscite une vive controverse et de profondes inquiétudes au sein des forces démocratiques et progressistes. Pour de nombreux observateurs, cette adhésion apparaît en totale contradiction avec les valeurs historiques de la gauche, fondées sur la démocratie, la justice sociale et le respect des droits humains. Le PCT constitue en effet le pilier central d’un système politique autoritaire qui confisque le pouvoir en République du Congo depuis plus de quarante ans. Sous la direction de Denis Sassou Nguesso, au pouvoir depuis près de quarante-trois ans, toute perspective d’alternance démocratique demeure illusoire. Les processus électoraux y sont régulièrement dénoncés comme verrouillés, les libertés publiques sévèrement restreintes et la corruption profondément institutionnalisée. À cela s’ajoutent de nombreuses atteintes aux droits fondamentaux, notamment l’emprisonnement d’opposants politiques, la répression systématique des voix dissidentes et la négation de toute expression démocratique pluraliste. Dans ce contexte, l’intégration du PCT au sein de l’Internationale socialiste est perçue comme une forme de légitimation politique internationale d’un régime autoritaire, en contradiction flagrante avec les principes que cette organisation est censée défendre. Face à cette situation, la Convergence Citoyenne, par la voix de son Secrétaire général, appelle au retrait immédiat du PCT de l’Internationale socialiste, estimant que cette décision porte atteinte à la crédibilité morale et politique du mouvement socialiste international. Au-delà des instances partisanes, cet appel se veut un acte de solidarité avec le peuple congolais, qui continue de lutter pour la démocratie, la liberté et la dignité. Solidarité avec le peuple congolais ».