« Amplifier la lutte contre les comportements déviants des agents de l’Etat »: Exigence capitale des Congolais pour mieux asseoir le développement de leur pays.

« Amplifier la lutte contre les comportements déviants des agents de l’Etat »: Exigence capitale des Congolais pour mieux asseoir le développement de leur pays.

PARLONS-EN. République du Congo. En banlieue Nord de Brazzaville, au Stade de la Concorde de Kintélé, le 16 avril 2026, le Président Denis Sassou Nguesso a prêté serment pour un nouveau mandat de 5 ans, consécutif à son élection au scrutin présidentiel des 12 et 15 mars 2026. Dans son discours d’investiture, le Président Denis Sassou a décliné plusieurs mesures devant servir à l »accomplissement de son programme d’action pour le mandat 2026-2031. De ces mesures, j’en épingle ici une. Cardinale. Elle consiste, d’après les mots du Président Denis Sassou Nguesso à « Amplifier la lutte contre les comportements déviants des agents de l’Etat ». Cette mesure n’est pas accessoire. Elle est la condition sine qua non pour la réalisation de toutes les autres énoncées par le Président Denis Sassou Nguesso. Un programme peut être brillant sur le papier, élaboré par des bureaux d’études spécialisés nationaux ou étrangers. Mais, sans une administration publique qui respecte à la lettre les règles et les principes de son fonctionnement, la gestion saine de l’argent public, les usagers, les méthodes et les horaires de travail en vigueur, ce programme n’atteindra pas les espoirs escomptés. Il échouera dans les bureaux. Dans le cas de la République du Congo, si la mesure dont il est question ne connaît pas une mise en œuvre sérieuse, forte et impartiale dès l’installation du Gouvernement rentrant, quoi que celui ci en fasse, il n’aura pas la marge de manœuvre nécessaire pour un bilan qu’il aurait voulu positif. Ces comportements déviants des agents de l’Etat ne sont pas la spécificité de la République du Congo. Bon nombre des pays du Tiers Monde en souffrent. Ils sont à définir pour les guérir. Sans les hiérarchiser, sont à leur compte, les réseaux de corruption, les dessous de table et autres détournements de fonds. Il est signalé que pour obtenir un acte, un règlement financier, un marché public, l’usager paie la motivation. Il en résulte que les projets coûtent plus chers, les services de base devenant inaccessibles. Ainsi, chaque franc public détourné est un manque pour les écoles, les hôpitaux et d’autres infrastructures sociales. L’absentéisme et les retards chroniques aux postes de travail sont là. Aux services travaillant selon le cycle de la journée continue, l’heure légale d’ouverture des portes, le matin, vacille entre 7h30 et 8 heures. Dans les faits, aux environs de 9-10 heures. La fermerture des bureaux à 15 heures, peu observée. Un dossier réalisable, sur trois jours, peut en prendre une à deux semaines. Le citoyen concerné par l’affaire multiple les allers retours, debourse des frais de transport, sacrifiant ses propres activités, surtout s’il exerce en profession libérale. En fin de compte, l’administration publique devient une machine à produire du découragement. Un guichet vide qui paralyse toute une chaîne. Lorsque, dans les services, l’appartenance prime sur la compétence, des incompétents sont placés aux postes clés, avec le double effet que cela comporte. L’image du service se dégrade avec la baisse de la productivité et les agents méritants se démobilisent. Et l’on s’interroge sur la nécessité de bien travailler si l’avancement se joue ailleurs. Ceci étant, l’Etat se prive de ses cerveaux à même de contribuer au développement du pays. Des situations de falsification des textes officiels sont répertoriés. Avec le sceau de l’Etat, on fabrique de l’illégalité légale. On attribue des marchés, des droits indus. La signature de l’autorité perd toute valeur. Même les textes authentiques deviennent suspects. C’est une attaque directe contre la souveraineté. Dans les services des pièces d’état civil des Mairies et des Départements, plane un air de trafic. Celui-ci touche des cas d’extraits et actes de naissance livrés moyenant dessous de table. Aussi des mariages fictifs, des rajeunissements pour un concours, un recrutement, une prolongation de l’activité. Même le vieillissement pour une retraite. On crée des identités, on en efface d’autres, avec la conséquence que le fichier électoral est faussé, la fraude aux pensions, les infiltrations dans les fichiers du bureau de la solde. En matière de marchés publics, les devis sont grossis pour prétendre à des commissions.Un système de surfacturation organisée, parfois avant le lancement du projet. L’enrichissement, sans cause, de certains agents des régies financières et du Trésor public est étonnant. Des agents qui manipulent l’argent public affichent un patrimoine hors de l’ordinaire. Villas, parc autos, sociétés écrans s’empilent alors que les revenus officiels sont connus. Ce signal visible détruit la confiance. Il installe l’idée que la richesse rapide passe par la prédation des flux publics, incarnés par les impôts, les douanes, les transferts, les dépôts et les décaissements. La violation du principe d’équité de mise à la retraite existe, avec une tendance non convainquante des dérogations pour préserver des réseaux d’autant plus que le pays, source intarissable de ressources humaines, ne pourrait manquer de citoyens pour combler les vides dues au départ à la retraite. La loi fixe un âge. Mais l’application est à géométrie variable. Des agents fictifs perçoivent des salaires. Certains même, après leur mort. Une situation à l’origine d’une triple injustice. Injustice pour les jeunes diplômés qui ne trouvent pas de poste parce que les anciens ne partent pas. Injustice pour l’agent honnête brutalement mis dehors. Injustice pour le Trésor qui paie des morts. C’est la prime à la combine et la punition du mérite. Ce qui mine le pacte social de la Fonction publique. Amplifier la lutte contre les comportements déviants des agents de l’Etat ne peut plus vouloir dire faire comme avant. Les comportements dénoncés forment un système. La surfacturation crée l’argent sale. L’affaiblissement du contrôle permet de le cacher. L’enrichissement visible prouve qu’il circule. La falsification et le trafic d’état civil fournissent les faux papiers pour le blanchir. L’absentéisme et les nominations subjectives garantissent que personne ne posera de questions. L’iniquité dans la retraite montre que la règle ne s’applique pas à tous. Ainsi, amplifier la lutte contre les comportements déviants des agents de l’Etat, repose sur trois objectifs appelés à rendre le contrôle inévitable, la sanction certaine et l’impunité impossible. Aussi faudrait-il activer, avec tout le volontarisme possible

16 avril 2026, au Stade de la Concorde de Kintélé. Puisse le Président Denis Sassou Nguesso allier symboles et actes de la Concorde Nationale

16 avril 2026, au Stade de la Concorde de Kintélé.  Puisse le Président Denis Sassou Nguesso allier symboles et actes de la Concorde Nationale

REPUBLIQUE DU CONGO. Declaré vainqueur par la Cour Constitutionnelle à l’élection présidentielle des 12 et 15 mars 2026, le Président Denis Sassou Nguesso sera investi, selon la règle, le 16 avril 2026. En présence de nombreux invités, particulièrement des Chefs d’Etat et de Gouvernement étrangers, la cérémonie d’investiture se deroulera en banlieue Nord de Brazzaville, au Stade de la Concorde de Kintélé. En choisissant de prêter serment de Chef d’Etat au Stade de la Concorde de Kintélé, j’ose croire que le Président Denis Sassou Nguesso caractérise le lieu de l’événement comme symbole de l’unité et de la cohésion des Congolais ainsi que de leur force collective. La concorde nationale reposant, par principe, sur des valeurs d’unité, dans la diversité, la solidarité et le respect mutuel. Etant, par ailleurs, une des clés du développement du Congo, de la stabilité et de la prospérité des Congolais. Il ne fait pas de doute que les Congolais qui s’empresseront le 16 avril 2026 pour participer à l’événement soient mus par un désir ardent. Celui de voir leur pays connaître un changement en profondeur, au moment où le Président Denis Sassou Nguesso entame un nouveau mandat. Des Congolais fiers d’être un peuple uni par une histoire et une culture communes. Mais, fort préoccupés par l’amélioration de leurs conditions de vie, l’affermissement des valeurs de justice, la répartition équitable des richesses nationales, au regard d’immenses ressources dont recèle le pays et les retards que celui-ci accuse dans sa modernisation. Des Congolais, par ailleurs, soucieux de ce que leur nation a traversé, depuis son indépendance, en août 1960, des périodes de turbulence. Cependant, toujours à même de résister à la destruction de cette nation par un sursaut national. Aujourd’hui, la République du Congo fait face à de nombreux défis. La pauvreté, les inégalités, l’insuffisance d’infrastructures de base, la corruption, les détournements des fonds publics et autre non compatibilité de l’administration étatique avec l’ère du temps sont autant de freins au développement du pays. Du Président Denis Sassou Nguesso, au Stade de la Concorde de Kintélé, face aux Congolais, venus des arrondissements de Brazzaville, représentants symboliques de l’ensemble du peuple congolais, il est attendu des annonces. Des annonces concrètes aux fins de donner un sens réel à la symbolique de son investiture dans une complexe sportif bâti pour symboliser la concorde nationale. Et, en terme d’annonces du Président Denis Sassou Nguesso, ce sont des actes à poser pour matérialiser la concorde nationale. Au compte de ces actes, tels lancer un programme de développement des infrastructures pour les communautés locales et l’aménagement équilibré de l’arrière pays. Aussi, étudier les modalités de la création d’un fonds pour la réconciliation et la cohésion sociale. Travailler des initiatives pour promouvoir la culture et le dialogue intergénérationnel. Equiper en structures étatiques les chefs-lieux de département qui ne le sont encore pour un développement harmonieux de l’ensemble des régions. Achever des chantiers laissés à l’abandon issus des municipalisations accélérées dans les zones concernées. La concorde nationale est une des clés de la réussite des Congolais. Elle leur permet de s’unir, de partager leurs forces et leurs ressources. Bien plus, grace à elle, les Congolais, sûrs des normes de solidarité qu’ils partagent, elle leur permet de travailler ensemble pour un avenir meilleur commun. Le rééquilibrage du développement sur le territoire national est une nécessité pour assurer une croissance harmonieuse et inclusive. D’autant que les disparités régionales sont un frein à la cohésion sociale et à la stabilité du pays. En rééquilibrant les équipements et les infrastructures sur l’ensemble du territoire, sans céder aux relents partisans, il peut être créé des opportunités égales pour tous les citoyens, quel que soit leur lieu de résidence. Ce qui permet de réduire les inégalités, promouvoir la solidarité nationale et renforcer l’unité du pays. Un impératif majeur pour construire un avenir commun et prospère pour tous les Congolais. L’experience de la vie politique a démontré que les déséquilibres du développement urbain et régional placent les parlementaires issus des secteurs en retard, dans des postures politiques gênantes, face à leurs collègues des zones où les projets d’infrastructures ont été réalisés. Ces déséquilibres sont susceptibles de créer des tensions politiques et mettre les élus locaux dans des situations délicates. Aussi est-il crucial de reconnaître que les déséquilibres régionaux et urbains ne sont pas seulement un frein au développement, mais aussi un obstacle à la solidarité nationale. Et les parlementaires se disant lésés sont souvent contraints de défendre les intérêts de leurs électeurs face à des collègues dont les suffragants ont bénéficié de notables d’investissements. En rééquilibrant le développement sur l’ensemble du territoire, les pouvoirs publics créent un environnement politique plus apaisé créant à tous les élus les voies et moyens d’œuvrer ensemble pour l’intérêt général, plutôt que de se concentrer sur des intérêts locaux. Existent, également, dans la logique de la concorde nationale, les cas douloureux bien connus de trois personnalités nationales. Ce sont les Ministres Benoît Koukebene et André Okombi Salissa ainsi que le Général Jean Marie Michel Mokoko, tous sous le coup de lourde condamnation par les tribunaux congolais. La demande de remise en liberté de ces figures est persistante sur l’étendue du territoire national. Le Président Denis Sassou Nguesso, de par les pouvoirs qui lui sont conférés, sortant de leur emprisonnement ces trois compatriotes, donnera à la concorde nationale tout son sens. Point très sensible, ces trois figures nationales recouvrant la liberté, serait un geste fort pour incarner la réconciliation nationale. C’est même un acte de générosité et de sagesse, démontrant l’engagement du Président Denis Sassou Nguesso en faveur de la réconciliation et de la cohésion nationale. Un signal fort de l’attachement du Président Denis Sassou Nguesso à l’unité du pays, permettant ainsi de tourner la page sur des divisions passées et de construire un avenir commun. Dans cet élan d’humanité du Président Denis Sassou Nguesso, puisse ne pas être oublié le triste sort du jeune Fred Makita, agent municipal à Dolisie, détenu dans une prison congolaise, pour un double grief de délit d’opinion et d’outrage à Magistrat.

CONGO/TRIBUNE: Refuser la résignation face au simulacre électoral

CONGO/TRIBUNE: Refuser la résignation face au simulacre électoral

Par Congo de Demain Peuple congolais, à l’approche de l’élection présidentielle des 12 et 15 mars 2026, le pays se dirige une fois encore vers un scrutin dont l’issue paraît largement prévisible avant même l’ouverture des urnes. Ce qui devrait être un moment majeur de souveraineté populaire se réduit à une formalité politique. Une élection démocratique exige des institutions crédibles, une commission électorale indépendante, un accès équitable aux médias, un fichier électoral transparent et un climat politique exempt de pressions. Lorsque ces garanties font défaut, la compétition cesse d’être loyale et devient une mise en scène. Depuis le coup d’État du 5 juin 1997, le système politique congolais s’est complètement refermé : les contre-pouvoirs se sont affaiblis, l’espace d’expression s’est réduit et la confiance entre citoyens et institutions s’est érodée. La longévité du président Denis Sassou Nguesso interroge la vitalité du pluralisme et la possibilité d’une alternance réelle. La stabilité ne peut justifier indéfiniment l’absence de renouvellement démocratique. C’est pourquoi, participer à l’élection organisée dans ces conditions reviendrait à légitimer un processus contesté. Cette position rappelle que la participation citoyenne n’a de sens que lorsque les règles fondamentales du jeu démocratique sont respectées. La défense des principes démocratiques est une responsabilité collective: citoyens, société civile, intellectuels, forces politiques et sociales doivent faire entendre l’exigence d’un véritable processus démocratique. Notre position est claire : nous ne soutenons aucun candidat et refusons les simulacres électoraux des12 et 15 mars 2026. « Lorsque les élections ne sont pas démocratiques, l’abstention devient pour le citoyen un acte de contestation et de résistance politique. » Cette affirmation résume notre choix: il ne s’agit ni de désengagement civique, ni d’indifférence à l’avenir du pays, mais d’un acte de fidélité aux principes démocratiques. Refuser la résignation n’est pas rompre avec la démocratie, mais y rester fidèle, car, la démocratie repose sur la confiance, l’équité et la possibilité réelle pour les citoyens de choisir librement leurs dirigeants. Fait à Paris, le 08 mars 2026,Les signataires,Les signataires, Congo de Demain

République du Congo/Election présidentielle de mars 2026. Un l’emportera, mais convaincra t-il les Congolais?

République du Congo/Election présidentielle de mars 2026. Un l’emportera, mais convaincra t-il les Congolais?

SANS DETOUR. Le 28 février 2026, s’est ouverte, en République du Congo, la campagne électorale pour le scrutin présidentiel des 12 et 15 mars 2026. Y sont en lice, l’actuel Chef de l’Etat, le Président Denis Sassou Nguesso et six autres compétiteurs que sont MM. Melaine Destin Gavet Elongo, Joseph Kignoumbi Kia Mboungou, Anguios Nganguia Egambé, Mabio Mavoungou Zinga, Uphrem Dave Mafoula et Vivien Romain Manangou. Pour l’opinion congolaise, la presse internationale le soulignant également, c’est une élection sans enjeu véritable. Le Président Denis Sassou Nguesso afftontera des concurrents aux moyens limités, au regard des contraintes financières et autres impératifs logistiques qu’impose une campagne difficile, sur un territoire d’accès pas toujours facile, en certains espaces. Si l’élection du Président Denis Sassou Nguesso semble profiler à l’horizon, une question majeure se pose à propos. Qu’apportera de mieux sa manière de gouverner, en cas de victoire? Sous son mandat qui se termine, la République du Congo, riche en ressources naturelles, notamment pétrolières et forestières, peine à se moderniser et à offrir une meilleure qualité de vie à ses citoyens. Les séquences présidentielles du Chef d’Etat Congolais, à la suite du 5 février 1979 exclues, le Président Denis Sassou Nguesso, au pouvoir, depuis le 25 octobre 1997, promet de poursuivre les réformes. De même qu’il s’engage à renforcer le processus systématique d’optimisation des capacités, de la responsabilité et de l’efficacité des institutions du pays. Cependant, les critiques soulignent que le Congo manque de transparence et de rigueur dans la gestion et la définition d’objectifs et d’attentes précis ainsi que les dispositions d’adaptation aux environnements changeants. Ce à quoi s’ajoute un respect non affirmé des lois et règlements établis par le pays lui même. Pour tout dire, le Congo traine le pas dans son développement, au sens plein du terme, et les richesses du pays profitent plus à une minorité qu’a l’ensemble de la population nationale. Il est vrai que le Président Denis Sassou Nguesso a lancé des projets d’infrastructures, telles la modernisation du port de Pointe-Noire et du Chemin de Fer Congo Océan ainsi que la construction de routes. Mais, il reste beaucoup à faire pour améliorer le quotidien du plus grand nombre des Congolais. La problématique de la modernisation du pays est d’autant plus cruciale que la population congolaise est majoritairement jeune et en croissance rapide. Il est donc essentiel de créer des opportunités d’emplois et de formation pour ces jeunes aux fins d’assurer leur avenir et celui du pays. Ceci dit, la question qui taraude l’esprit des Congolais est de savoir si le Président Denis Sassou Nguesso, une fois réélu, serait à mesure d’imposer une autre manière de diriger, plus juste, plus stricte, plus diaphane et moins parentale. En clair, changer son style de gouvernance pour mieux répondre aux attentes congolaises. Ce qui nécessiterait une volonté politique forte de la part du Président Denis Sassou Nguesso et de tous les acteurs politiques du pays qui l’accompagnent dans sa campagne électorale. Des voix s’élèvent pour souhaiter un dialogue, au sortir de l’élection présidentielle, quel qu’en soit le vainqueur. Au gagnant de ce scrutin, donc Chef d’Etat en chaire, d’organiser un tel dialogue. Mais ce sera un rendez-vous sans grand intérêt. Deux motifs à cela. Le Président entrant mettra plutôt en œuvre son projet de société à la base duquel il a été voté. Ensuite, ceux de ses alliés voudront que leur schéma soit intégralement appliqué plutôt qu’une kyrielle de réformes qui sortiraient des contributions populaires rassemblées dans une salle, au risque de perdre les raisons pour lesquelles ils ont soutenu leur champion. Sans compter qu’un dialogue après les élections pourrait être vu comme un moyen pour le nouveau Président de la République de légitimer son mandat. C’est pourquoi, pour beaucoup de Congolais, dans le contexte politique actuel, un dialogue national inclusif, avant les élections, aurait été plus pertinent, pour définir un cadre commun et des priorités nationales, plutôt que de laisser le nouveau Président imposer sa propre vision. Cela n’a pas été possible. Il faut avancer. Quitte à s’en tenir à la manière dont les choses se dérouleront après les élections, une fois installé dans ses fonctions le Président rentrant. Même un gouvernement d’union nationale n’est pas la solution idéale au changement qu’appellent les Congolais de leurs voeux. Ce sera un ordinaire placement des figures de divers horizons qui tableront sur le programme du nouveau Président. Le gouvernement d’union nationale est une clé de façade. Au cas où les parties rassemblées ne partageraient pas une identité de vue, la coalition pourrait se transformer en une simple répartition de postes et de ministères. L’opportunisme politique aura joué, avec tout ce qu’il comporte de manière d’utiliser au mieux les circonstances mettant à profit les occasions favorables, au détriment de l’éthique, de la morale et des causes nationales justes. A tout prendre, un programme commun de gouvernement pourrait être une approche plus intéressante. Mais cela nécessite un niveau de consensus et de compromis très élevé entre les camps concernés. Et même là, les crises pourraient naître, car les intérêts divergeant, les ambitions personnelles pourraient prendre le dessus. C’est pourquoi, il est essentiel que les acteurs politiques congolais soient capables de mettre de côté leurs intérêts personnels, leurs appétits et leurs basses envies de s’enrichir pour le bien du pays. Mais c’est un défi de taille. Que faire alors? Il faudra probablement que les forces de l’opposition et la société civile, mieux organisées, continuent à pousser pour des réformes, même si cela se fait dans des circonstances non aisées. Au demeurant, une prise de conscience des citoyens congolais qui exigeraient des nouveaux dirigeants plus de transparence, plus de responsabilité, plus de sens civique et plus de réussite dans leur action. Ce qui impliquerait une mobilisation et une organisation, pas encore là, mais qui sont à construire. Le Congo est immortel. Paris 28 février 2026 Ouabari Mariotti Ancien Ministre – République du Congo

Congo : lutte clanique de succession, guerre de tranchées, imbroglio électoral sur fond de mécontentements et de remous sociaux (lecture en 4 minutes)

Congo : lutte clanique de succession, guerre de tranchées, imbroglio électoral sur fond de mécontentements et de remous sociaux (lecture en 4 minutes)

PARLONS-EN. La République du Congo est secouée par des rivalités internes féroces au sein du pouvoir, alors que la course à la succession de Denis Sassou Nguesso s’intensifie à la veille de la présidentielle 2026. Plusieurs « axes » s’affrontent, affaiblis par des purges et des scandales, dans un climat de tension palpable où les populations paient le plus lourd tribut. L’éclatement des axes de pouvoir n’est plus à cacher. L’axe Ondébé-Obouya, piloté par Jean-Dominique Okemba et Ndenguet, s’effrite sous les coups de boutoir du président lui-même, qui semble promouvoir l’ascension de Denis Christel Sassou Nguesso. A l’opposé, l’axe Ollombo-Gamboma porté par Oba Pierre, Bruno Jean Richard Itoua (BJRI), Pierre Ngolo, Oba Apounou et Hugues Ngouélondélé houspillé publiquement par Auguste Iloki mais il domine actuellement les Mayolas et Cie (affaiblis par des affaires de détournements de fonds qui les ont conduit à la Cour criminelle avec risque d’emprisonnement). Hugues tente de prendre de l’étoffe. Son clan s’affirme avec un récent rassemblement des natifs de Gamboma le 25 février, boosté par la visibilité d’un récent colloque international sur Mgr Benoît Gassongo, organisé pour propulser subtilement le candidat Sassou. Ces luttes claniques déstabilisent l’appareil économique pillé dès 2016 par des figures comme Jean Jacques Bouya (JJB), BJRI, Gilbert Ondongo et Firmin Ayessa, alors directeur de cabinet de M. Sassou. Les entreprises d’État – SNE (devenue E2C), SNDE (LCDE) et CFCO – ont été démantelées sans audit exhaustif, en dépit des recommandations du FMI et de la Banque mondiale consignées dans leur rapport de mai 2018 sur la gouvernance des entreprises publiques. Seule Congo-Télécom a été audité et épargné au sort, pour l’instant. Isolement de Sassouet guerre de tranchées Le tarissement des leaders alternatifs dans le sud et l’émiettement des forces dans le nord isolent M. Sassou plus que jamais, rappelant les crises de 1977 (mort de Marien Ngouabi) ou 1997 (guerre civile). L’abstention massive guette les urnes, malgré les mobilisations d’Elvis Digne Okombi Tsalissan pour rassurer les Occidentaux de la popularité de M. Sassou. A cela s’ajoutent des frustrations et des divisions entre responsables de campagne et parlementaires sur les fonds qui leurs sont alloués : « certains sont bien servis par Joujou Sassou, d’autres n’ont que des miettes ». En même temps, le PCT et les partisans d’Elvis Okombi Tsalissan se livrent une véritable guerre de tranchées dans les coulisses de la campagne présidentielle, avec des accusations mutuelles de sabotage et de manipulation. Cette escalade interne menace de fracturer l’ensemble de la coalition, tandis que les militants sur le terrain peinent à maintenir le cap. Parallèlement, les réseaux sociaux s’emparent de l’affaire, amplifiant les tensions et exposant au grand jour les dysfonctionnements au sein de la majorité au pouvoir. La réorganisation du secteur pétrole et gaz par BJRI et JJB, dont la gestion in extremis confiée à Raoul Ominga qui montre des failles mais soutenu par Françoise Joly, resserre l’étau sur Sassou et son fils perçu comme fragile et mal entouré. Le puzzle d’un drame shakespearien est en place : chacun choisit son camp, gérant les apparences d’un pouvoir dont la réalité explosive échappe à tout contrôle. Au gouvernement, Christian Yoka stagne : les figures comme Ludovic Ngatsé, Eboucka Babackas, Nyck Fylla, Alphonse N’Silou, Pierre Mabiala, Rigobert Maboundou, etc., perdent en popularité face à un exécutif jugé incompétent par la population qui réclame le changement radical de ce gouvernement. Mais il est à craindre que l’accord du pouvoir initié par N’Silou ( peur de quitter le gouvernement après 23 ans) entre partis de la majorité risque de figer le statu quo, contraignant M. Sassou à maintenir son gouvernement actuel. L’administration et les autres secteurs de la vie sociale ne sont pas en marge des remous. 23 magistrats de la Cour des Comptes et de discipline budgétaire ont refusé de percevoir leurs indemnités sous prétexte que le budget de la CCDB a été vu à la hausse. Ils exigent auprès de la gestionnaire une augmentation de leurs indemnités de trois cents mille à un million de fcfa en dehors de leurs salaires, tandis que les enseignants communautaires, les personnels des hôpitaux, les retraités avec 50 mois d’arriérés, les agents des mairies, continuent de broyer du noir. Quelle responsabilité! Il est certain qu’avec les exigences de ces magistrats, les recrues de la nouvelle formule code 104 d’Aimé Bininga qui sont en route, donneront du fil à retordre à son successeur d’Aimé Bininga pour le paiement de leurs émoluments. Lesdits magistrats qui ignorent les textes, seraient poussé par la chancellerie et Cie pour créer le désordre à 48h00 des élections. Appel aux hommes de foi : sortez de la passivité Face à ce drame Shakespearien, un appel aux leaders religieux : sortez de votre passivité pour proposer une alternative et un renouveau politique lucide plutôt que de se figer dans une posture de spectateurs et regarder le pays se déliter, ils devraient forger une stratégie autonome et promouvoir les leurs pour apporter un nouvel éclairage qui pourrait permettre de sauver le Congo. Dans tous les cas, un aggiornamento politique lucide s’impose pour sortir de l’impasse. Ghys Fortune BEMBA DOMBE

De Gaulle et Sassou Nguesso : la longévité du pouvoir face au jugement de l’Histoire

De Gaulle et Sassou Nguesso : la longévité du pouvoir face au jugement de l’Histoire

Si le général Charles de Gaulle n’avait pas démissionné, les Français lui auraient demandé de rester longtemps. (Denis Sassou Nguesso) PAGE D’HISTOIRE. Dans une interview accordée à un média français, le président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso, répondant à une question sur la longévité de son pouvoir, déclara que si le général Charles de Gaulle n’avait pas démissionné, les Français lui auraient demandé de rester longtemps. À cette affirmation peut être associée une réflexion plus universelle : « À l’épreuve de l’éternité, seule demeure la qualité du service rendu. ». Ces deux phrases, mises en parallèle, permettent d’ouvrir une analyse comparative approfondie sur la nature du pouvoir, sa durée, sa légitimité et la manière dont l’Histoire juge les dirigeants. La longévité : symbole de stabilité ou signe d’enracinement ? La longévité au pouvoir fascine. Elle peut apparaître comme un gage de stabilité, d’expérience et de continuité. Mais elle peut aussi susciter des interrogations sur le renouvellement démocratique et la vitalité institutionnelle. Charles de Gaulle est une figure fondatrice de la France moderne. Chef de la France libre durant la Seconde Guerre mondiale, artisan de la souveraineté nationale restaurée, il revient au pouvoir en 1958 dans un contexte de crise profonde liée à la guerre d’Algérie et à l’instabilité gouvernementale de la IVe République. Il fonde la Ve République, dotée d’institutions solides et d’un exécutif fort. Son autorité repose sur une légitimité historique et populaire. Pourtant, en 1969, après l’échec d’un référendum portant sur la réforme du Sénat et la régionalisation, il démissionne immédiatement. Il avait annoncé que le rejet de sa réforme entraînerait son départ. Fidèle à sa parole, il quitte le pouvoir. À l’inverse, Denis Sassou Nguesso incarne une continuité politique exceptionnelle en Afrique centrale. Son parcours est marqué par plusieurs décennies d’exercice du pouvoir, avec une interruption dans les années 1990 suivie d’un retour à la tête de l’État. Son maintien s’inscrit dans un contexte institutionnel où les révisions constitutionnelles ont permis l’extension ou le renouvellement des mandats. La comparaison révèle ainsi deux logiques distinctes : Une longévité volontairement interrompue au nom du principe démocratique (De Gaulle); Une longévité consolidée par l’adaptation des règles constitutionnelles (Sassou Nguesso). Le rapport personnel au pouvoir Au-delà des institutions, la question centrale est celle du rapport intime du dirigeant au pouvoir. Pour De Gaulle, le pouvoir était une mission historique. Il se percevait comme l’incarnation d’un destin national à un moment critique. Une fois la mission accomplie — stabilisation des institutions, indépendance de l’Algérie, redéfinition du rôle international de la France — son maintien dépendait explicitement de la confiance populaire. Son départ en 1969 constitue un acte politique fort : il accepte le verdict du suffrage universel. Cette décision contribue paradoxalement à renforcer sa stature historique. Il ne s’accroche pas ; il s’efface. Dans le cas de Denis Sassou Nguesso, le pouvoir apparaît davantage comme un instrument de continuité étatique. Dans un pays ayant connu des tensions politiques et des conflits, la stabilité peut être présentée comme un argument central de légitimation. Le maintien au sommet de l’État peut alors être perçu comme une garantie de cohésion nationale. Cependant, cette continuité soulève inévitablement la question du pluralisme politique et de l’alternance. Là où De Gaulle a fait du référendum un mécanisme de validation ou de révocation personnelle, le système congolais a évolué par des ajustements constitutionnels permettant la reconduction du président en exercice. La différence tient donc moins à la durée brute qu’à la philosophie du pouvoir. Institutions, référendums et culture politique Les deux trajectoires s’inscrivent dans des contextes historiques et culturels profondément différents. En France, la tradition républicaine, malgré ses crises, s’est consolidée autour d’un principe d’alternance et de limitation implicite du pouvoir personnel. La démission de De Gaulle s’inscrit dans cette culture politique où la responsabilité devant le peuple est primordiale. En République du Congo, l’histoire politique post-indépendance est marquée par des périodes de parti unique, de transitions conflictuelles et de recompositions institutionnelles. La consolidation de l’État a souvent été priorisée face aux défis sécuritaires et économiques. Comparer les deux dirigeants nécessite donc de prendre en compte ces contextes distincts. Il ne s’agit pas de transposer mécaniquement un modèle sur l’autre, mais d’observer comment chacun a exercé son autorité dans son environnement spécifique. Le développement et le « service rendu » La seconde phrase — « À l’épreuve de l’éternité, seule demeure la qualité du service rendu » — introduit la dimension la plus décisive : celle des résultats. De Gaulle laisse derrière lui des institutions toujours en vigueur, une diplomatie indépendante, une vision stratégique de la souveraineté nationale. Son héritage est institutionnel, symbolique et géopolitique. Pour Denis Sassou Nguesso, l’évaluation historique portera principalement sur : Le développement économique du Congo, La gestion des ressources naturelles, L’amélioration des infrastructures, La stabilité politique, Le bien-être des populations. L’Histoire est exigeante. Elle dépasse les justifications immédiates. Elle juge sur la durée et sur l’impact concret. Un dirigeant peut gouverner longtemps sans laisser d’empreinte profonde. À l’inverse, un dirigeant peut gouverner moins longtemps et transformer durablement son pays. La longévité face à l’éternité La déclaration de Denis Sassou Nguesso suggère que De Gaulle aurait pu rester au pouvoir si le peuple l’avait souhaité. Cette hypothèse est plausible. Mais le fait historique demeure : De Gaulle a choisi de partir lorsque le peuple a exprimé son refus. Ce geste constitue peut-être la clé de son héritage. Il illustre une conception du pouvoir où la légitimité n’est jamais acquise définitivement. À l’épreuve de l’éternité, la mémoire collective retient moins la durée que la portée des actes. Elle retient la capacité à construire, à réformer, à unir — mais aussi la capacité à respecter les règles du jeu démocratique. Conclusion : l’Histoire comme arbitre suprême Comparer Charles de Gaulle et Denis Sassou Nguesso à travers ces deux phrases, c’est interroger la nature du leadership politique. Est-ce la durée qui consacre un dirigeant ? Ou est-ce la trace laissée dans les institutions, l’économie et la conscience nationale ? La longévité peut être un

La présidentielle 2026 au Congo : l’égoïsme des élites amplifie la crise des liquidités et autres (lecture en 3 minutes)

La présidentielle 2026 au Congo : l’égoïsme des élites amplifie la crise des liquidités et autres (lecture en 3 minutes)

PARLONS-EN. Malgré la fin du quinquennat et les turbulences qui secouent le Congo, les gouvernants et leur entourage refusent de calmer le jeu. Loin de se pencher sur la crise multidimensionnelle dont celle du Pool ou sur l’élection présidentielle sans enjeux prévue en mars 2026, les communiquants du pouvoir se vantent sur les canaux officiels des projets ostentatoire. Des gestes que même Denis Sassou Nguesso et sa directrice de communication, Claudia Sassou n’auraient pas osé, alors que le pays frôle la rupture. La campagne électorale ajoute un stress inédit, non seulement politique – avec une obstination aveugle face aux obstacles –, mais surtout logistique et financier. Les dépenses électorales, peu bancarisées, font exploser la demande de liquidités au pire moment : la BEAC resserre l’accès au cash bancaire, le Trésor mise tout sur des adjudications OTA/BTA gérées par Ngondo et ses équipes dans un jeu risqué, et les banques préservent jalousement leurs ratios de trésorerie. L’effet est exponentiel : une ruée sur l’argent liquide désorganise le marché monétaire, renchérit le refinancement de l’État et paralyse la chaîne des paiements publics. Un scénario de « stress aigu » quasi inévitable au premier trimestre 2026 Comme nous l’anticipions dans notre précédent papier, le Congo s’engage dans un scénario hautement probable de tension extrême. Ses marqueurs ? Des taux exorbitants et une sous-couverture sur les adjudications de dette intérieure, l’accumulation d’arriérés, une compression brutale des dépenses publiques, et des arbitrages impossibles entre service de la dette extérieure et paix sociale. Sans intervention rapide, la crise de trésorerie et de crédibilité actuelle basculera en crise de solvabilité, avec un risque de dérapage rapide faute de coordination. L’enjeu du début 2026 n’est ni le solde budgétaire annuel ni le stock de dette, mais la capacité de l’État à honorer ses engagements vitaux. Sans plan de trésorerie d’urgence, un reprofilage crédible de la dette intérieure et une action régionale via la CEMAC et la BEAC, l’enchaînement sera fatal : crise de liquidités, explosion sociale, contagion bancaire, puis risque monétaire régional aboutissant à une dévaluation du franc CFA. Dette intérieure : la bombe systémique sous les élections Le gouvernement navigue en zone de fragilité maximale, entre chocs externes, contraintes monétaires régionales, dette intérieure mal gérée, crise sociale persistante et pression électorale. Les OTA/BTA représentent un péril systémique : leur tension accélérée étouffe le crédit au privé, assèche les liquidités bancaires et menace la stabilité macroéconomique. Encourager une escalade au Pool, tolérer des dépenses de prestige ou exhiber des biens – acquis pendant le mandat 2021-2026 – n’a aucun sens. C’est narguer un peuple épuisé. Claudia Sassou, communicatrice en chef qui a levé le pied sur le Congo le temps qu’elle est restée au chevet de sa fille, conviendrait avec nous que la République vau- l’eau. Le silence de N’Silou, Mvouba, Moughani, Collinet et Cie est blâmable et synonyme de complicité à la déchéance du pays, aux massacres commises dans le Pool et aux sevices que connaissent les populations de ce département au point de s’exiler constamment en RDC. Bref, l’incompétence politique, militaire, morale et technique des élites condamne le pays à l’échec dans une crise qui réclame des techniciens aguerris. À défaut, le Congo risque de devenir le détonateur d’une déstabilisation macro-financière en zone CEMAC en 2026. Dommage, que les techniciens patriotes soient aux carreaux et, la prêtresse Lydia Mikolo qui a fait le tour des départements du Pool et de la bouenza en décembre 2025 avec des mini projets de développement, n’y repartes plus alors qu’elle est réclamé dans ses contrées et… Ghys Fortuné BEMBA DOMBE

Congo : la DGSP prend un camouflé en voulant hypothéquer la paix sans juguler la crise ( lecture en 5 minutes)

Congo : la DGSP prend un camouflé en voulant hypothéquer la paix sans juguler la crise ( lecture en 5 minutes)

HAUT ET FORT. Au lieu de s’attaquer aux problèmes majeurs du pays, les généraux Denis Sassou Nguesso et Serges Oboa ont choisi la pire stratégie et la doctrine de la Bandenbekämpfung. Entre la résurgence des violences dans le Pool et l’organisation d’une présidentielle sans enjeu, les indicateurs financiers, économiques et sociaux passent du rouge au noir . Dimanche 11 janvier 2026, les hordes de soudards de la DGSP se sont rendues dans le département du Pool et du Kouilou pour tuer et semer le chaos, encouragées par leur chef Serges OBOA dont le discours calamiteux, menaçant et condescendant, prononcé lors du port des insignes a suscité indignation et émoi chez les Congolais qui craignent pour leur démocratie. Avec des mots empreints d’autoritarisme, ce général aux pieds d’argile s’est fondu dans une confusion de rôles, crachant sur les dispositions constitutionnelles. À « Mounkala », Ses soudards ont violé le domicile privé de NTUMI, brûlé une moto et menacé de mort, à l’aide d’un poignard, le sieur Brazza. Le convoi d’une dizaine de véhicules, bourré d’éléments, a poursuivi sa route jusqu’au village « NGandou » où ils ont brûlé une deuxième moto. À “Mindu”, ces derniers ont pénétré dans le lieu de culte de Ntumi où ils ont embarqué une moto et son propriétaire. Dans la foulée, les membres du CNR ont prévenu leurs collègues de Mindouli qui ont barricadé la route nationale, revendiquant la remise en liberté du paroissien enlevé, la restitution de la moto et l’arrêt de l’élan machiavélique de la DGSP. La tension est vite montée d’un cran à Mindouli, laissant les coups de feu prendre le dessus. Bilan : 17 morts de part et d’autre. Les combats se sont poursuivis dans la nuit avec les hommes de Ntumi qui ne comprenaient pas pourquoi les corps de Hervé et de Franck ont été brûlés après qu’ils aient été abattus, ou, pour dire mieux, assassinés. En guise de représailles, les éléments de la DGSP à bord de 9 véhicules qui font des allers et retours ont enlevé au village dépôt, MM. Mouanga et Boris qui venaient de la chasse. Quoique l’on dise, c’est un véritable camouflé pour ce corps d’élite qui s’est fait ravir des armes et a enregistré des morts. Les renseignements dont parlait Oboa ne sont que du bla-bla et pures fanfaronades. La preuve, il n’a vu que du feu sur le “voyage” des Américains qui ont fait un aller-retour Washington-Brazzaville via Paris. Pire, il ignore la loi à laquelle il faisait allusion dimanche à Mpila. Or, cette loi n’a jamais été adoptée ni promulguée. Donc, elle ne dispose pas encore de texte d’application. Si Serges Oboa était bien renseigné comme il le prétend, comment n’arrive t,-il pas à se défaire d’un petit nombre de kulunas depuis bientôt 4 mois. À l’évidence, il poursuit cette opération par goût du sang et pour se faire du beurre. S’il veut la tête du criminel ou terroriste Ntumi, pourquoi ne pas agir à l’image de Donald Trump qui a capturé Maduro ? Ntumi n’a-t-il pas signé des accords de paix avec le gouvernement ? Pour ce qui est des élections, les dés ne sont-ils pas déjà pipés ? En tout état de cause, ces élections n’ont pas d’enjeux. Les candidats en lice ne sont que des accompagnateurs du dictateur. Dès lors, il est probable que les violences électorales déstabilisant la paix ne se passent que dans la tête de Serge Oboa qui, disons-le encore, veut se faire du blé et une réputation à la tonton macoute. La paix avec des indicateurs financiers et sociaux au noir intense? Dans son livre « Parler vrai pour l’Afrique », Denis Sassou Nguesso déclare : « La paix signifie la possibilité et la capacité pour nos sociétés et nos économies d’assurer pour chaque humain la satisfaction sans cesse accrue de ses besoins fondamentaux… ». Le vrai problème de la paix, c’est la gouvernance économique, financière et sociale.Selon la loi de finances 2026 (version DGB au 1ᵉʳ octobre), le ministre des Finances Yoka Christian retient un pilotage très « pétrole-centré » tout en affichant un excédent budgétaire global ; mais cet excédent coexiste avec un déficit primaire hors pétrole fortement négatif, ce qui révèle une soutenabilité encore conditionnelle à la rente et au refinancement. Nous y reviendrons avec des chiffres à l’appui. En attendant, il sied de dire haut et fort que la situation du Congo est chaotique contrairement aux mensonges que distillent Anatole Collinet Makosso et ses incompétents qui ont un bilan négatif. Pourquoi n’arrivent-ils pas à payer les 50 mois d’arriérés de pensions de retraite, les bourses, les salaires et émoluments des enseignants communautaures, des agents de santé ou des personnels émargeant au budget de transfert ? Enfin, le communiqué appelant à l’apaisement signé conjointement ce 15 janvier entre les hommes de Ntumi et le ministère de l’intérieur n’accouchera que de souris devant un Serges Oboa qui… Ghys Fortune BEMBA DOMBE