Relance et diversification dopent la croissance à court terme de la Chine

Portée par des mesures de relance ciblées et une diversification active de ses débouchés, l’économie chinoise affiche une résilience relative.

Les tensions commerciales avec les États-Unis se sont temporairement apaisées grâce à un accord suspendant une large partie des droits de douane réciproques, note la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) dans sa note de conjoncture du mois d’août 2025 (N° 342).

Minée par une crise immobilière persistante et l’incertitude chronique entourant les relations sino-américaines, la trajectoire de croissance reste cependant vulnérable, souligne ce département relevant du ministère marocain de l’Economie et des Finances.

Selon la même source, au second trimestre 2025, le PIB a progressé de 5,2% (après 5,4% au T1), surpassant les prévisions, porté par une production industrielle robuste et des exportations dynamiques. En revanche, la demande intérieure reste atone, comme en atteste la hausse modérée des ventes de détail. La crise immobilière continue de peser lourdement sur la confiance et entretient des pressions déflationnistes. Sur le 1er semestre, la croissance s’établit à 5,3%, rapprochant la Chine de son objectif annuel de 5%6.

Toutefois, les risques sont orientés à la baisse — déclin du front-loading, hausse des tensions commerciales, perturbations des chaînes d’approvisionnement et fragilités financières — ce qui pourrait peser sur la croissance au second semestre et en 2026.

L’économie chinoise reste confrontée à un ralentissement structurel. Le FMI prévoit en effet un fléchissement de la croissance à 4,8% en 2025 et 4,2% en 20267. Les restrictions commerciales et un environnement mondial volatile pèsent sur les exportations et l’investissement manufacturier.

La croissance bute également sur des fragilités internes : une crise immobilière durable, une
pénurie de compétences et une défiance des ménages, et ce malgré un soutien budgétaire et
monétaire accru.

L’économie reste exposée à des défis structurels, tels que le chômage des jeunes, le déclin
démographique, le vieillissement de la population, le ralentissement de la productivité et un
endettement local élevé.

Les données économiques récentes montrent un essoufflement en début de second semestre.
La demande intérieure faiblit, avec un ralentissement des ventes au détail (+3,7% en juillet après
+4,8% en juin). L’investissement fixe n’a crû que de 1,6% sur janvier-juillet, grevé par l’immobilier
(-12%).

La production industrielle a ralenti en juillet (+5,7% après +6,8%), pénalisée par des intempéries (chaleur et fortes pluies). Néanmoins, la performance reste solide sur la période janvier-juillet (+6,3%).
En outre, l’indice PMI composite (50,8 en juillet après 51,3 en juin) signale une expansion plus modérée de l’activité privée. La production manufacturière s’est contractée (49,5 après 50,4), tandis que les services
ont nettement rebondi (52,6 après 50,6).

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