Congo. Le Pool : une crise fabriquée pour conserver le pouvoir

HAUT ET FORT. À l’approche de l’élection présidentielle de mars 2026, le régime de Sassou Nguesso recycle une méthode désormais bien connue : fabriquer la crise pour éliminer l’adversaire politique.

Cette énième crise que le pouvoir de sassou entretient volontairement dans le département Pool a un objectif clair :

Ntumi, en tant que citoyen congolais, dispose pleinement du droit constitutionnel de se porter candidat à l’élection présidentielle de mars 2026, s’il le souhaite.

L’histoire politique récente du Congo montre une constante :

1) Une stratégie répétée depuis 1997 :

Depuis son retour au pouvoir en 1997, Sassou Nguesso s’est systématiquement arrangé pour ne jamais affronter un adversaire de taille, capable de créer un véritable rapport de force politique.

Entre 2007 et 2009, dans la même logique, plusieurs figures politiques majeures disparaissent successivement de la scène :

Résultat : Sassou se présente à l’élection de 2029 sans adversaire crédible et se permet même de fanfaronner publiquement : « Je joue le penalty sans gardien ».

En 2016, malgré le rendez-vous manqué de l’opposition, minée par les égos, les pressions et les intimidations, le pouvoir se retrouve en grande difficulté.

Sassou était clairement battu par Parfait Kolélas et Jean-Marie Michel Mokoko.

L’un finira en prison, l’autre sera contraint, sous pression, de reconnaître des résultats falsifiés, étouffant ainsi toute contestation sérieuse.

Une disparition lourde de conséquences : Sassou se retrouve, une fois encore, sans adversaire.

2) Ntumi, la nouvelle cible :

À la lumière de ces événements, une évidence s’impose :

Sassou Nguesso craint l’adversité et le véritable challenge politique.

Et la guerre actuelle contre Ntumi s’inscrit parfaitement dans cette logique.

Dès lors que ce dernier manifeste son intention de se porter candidat à l’élection de mars 2026, il devient immédiatement un homme à abattre, afin de permettre au pouvoir en place de dérouler, une fois de plus, son tapis électoral sans opposition réelle.

3) Qui veut vraiment le changement ?

Entre ceux qui refusent de participer aux élections par peur d’affronter le système et ceux qui accusent Ntumi sans établir le lien évident avec l’échéance de mars 2026, il devient facile de distinguer ceux qui veulent réellement le changement de ceux qui entretiennent le statu quo.

Après 43 années de confiscation du pouvoir, le Congo reste pris en otage par un régime qui ne survit que par la peur, la manipulation et l’élimination méthodique de toute alternative crédible.

Le changement ne viendra ni de la peur ni du silence, mais du courage de celles et ceux qui refusent de se soumettre à l’injustice. L’histoire nous observe, et chacun devra assumer sa position.

« Les luttes que l’on évite aujourd’hui deviennent les chaînes que l’on portera demain. Le changement n’est jamais offert, il se conquiert. »

Milos HEMILEMBOLO

Secrétaire national aux relations extérieures de la Convergence Citoyenne

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