Congo/Développement : Une politique définie pour la recherche et l’innovation

Congo/Développement : Une politique définie pour la recherche et l’innovation

Le Premier ministre, Anatole Collinet Makosso, a reçu des mains de la ministre en charge de l’Enseignement supérieur, Delphine Edith Emmanuel, le 5 octobre à Brazzaville, le document de politique nationale de la recherche scientifique et de l’innovation technologique qui contribue au développement socio-économique du pays. « Le document, rendu disponible à un moment où le pays vient de lancer son Plan national de développement à l’horizon 2026, va servir de boussole », a déclaré le chef du gouvernement, en présence notamment de la communauté scientifique, des partenaires dont les agences du système des Nations unies.  Selon la ministre Delphine Edith Emmanuel, l’utilisation des systèmes de science, technologie et innovation est un impératif pour atteindre les objectifs de développement durable. Il est, en effet, nécessaire de s’appesantir sur la recherche appliquée au développement, en vue d’apporter des réponses aux problèmes auxquels les communautés sont confrontées. La recherche scientifique et l’innovation technologique sont à la base du développement dans plusieurs secteurs : environnement, énergies renouvelables, tourisme, santé, éducation, agriculture et bien d’autres.   « La mise en œuvre de cette politique axée sur la mobilisation des ressources humaines, juridiques, politiques, financières sera appréciée par des indicateurs au plus grand bonheur du peuple congolais », à en croire la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation technologique. L’Unesco, qui a contribué à l’élaboration de cette politique de la recherche scientifique et de l’innovation technologique, est disposée à accompagner le Congo dans la mise en œuvre de celle-ci, selon sa représentante, Fatoumata Marega.

Cahiers économiques du Rwanda : Doper les exportations en misant sur la technologie, l’innovation et le commerce des services

Cahiers économiques du Rwanda : Doper les exportations en misant sur la technologie, l’innovation et le commerce des services

La dernière édition des Cahiers économiques du Rwanda, paru vendredi 23 septembre, prévoit un fléchissement de la croissance nationale en 2022, après la reprise vigoureuse enregistrée l’année dernière. En cause notamment, les effets de la guerre en Ukraine et la menace que continue de faire peser la pandémie de COVID-19 sur les grandes économies. Selon le 19e numéro de cette publication, disponible en anglais sous le titre Boosting Exports Through Technology, Innovation and Trade in Services, la croissance du PIB rwandais n’atteindra que 6 % en 2022, contre un taux de 11 % en 2021. L’inflation continue de monter, la hausse des cours internationaux des produits de base et la perturbation des chaînes d’approvisionnement mondiales ayant entraîné une augmentation importante des prix de l’énergie, des transports et des denrées alimentaires.  « La montée de l’inflation au Rwanda, alors même que l’emploi n’a pas encore retrouvé son niveau d’avant la pandémie, risque de réduire à néant des progrès durement acquis sur le front de la réduction de la pauvreté et du développement du capital humain. Il est essentiel que les pouvoirs publics poursuivent leurs actions pour protéger les plus vulnérables, en s’appuyant sur le système de filets sociaux du pays », souligne Rolande Pryce, chef-pays de la Banque mondiale pour le Rwanda. Dans un dossier spécial consacré aux échanges commerciaux, le rapport se penche sur des résultats du Rwanda en matière d’exportations. Il en ressort que les entreprises rwandaises ont vu leur participation au commerce international augmenter au cours de la dernière décennie (en particulier dans le secteur des services), pour atteindre des niveaux supérieurs à ceux des autres entreprises de la région et du continent. Parmi les principaux facteurs qui déterminent les performances commerciales, le rapport met notamment l’accent sur l’obtention d’une certification à une norme de qualité internationale, telle que celles produites par l’Organisation internationale de normalisation (ISO). Ces certifications sont un sésame qui facilite l’ouverture des entreprises à l’international : les entreprises certifiées ISO ont 36 % plus de chances d’exporter que celles qui ne le sont pas. Or, cet aspect reste un frein majeur pour le Rwanda, où seules 3 % des entreprises avaient obtenu une certification ISO en 2019. Le rapport met également en évidence une corrélation importante entre passage au commerce en ligne et participation aux échanges internationaux, en soulignant les avancées limitées des firmes rwandaises dans ce domaine. « Compte tenu du lien étroit entre commerce électronique et export, et sachant que les entreprises du Rwanda mettent systématiquement en avant le manque d’informations sur les marchés étrangers, il apparaît important d’investir dans les infrastructures internet pour garantir aux entreprises isolées, tant en milieu rural que dans les zones urbaines sous-développées, un moyen d’accès à bas prix aux marchés et aux clients, et étendre ainsi la participation des entreprises locales au commerce international », explique Calvin Djiofack, économiste senior à la Banque mondiale. Le rapport rappelle que le Rwanda a largement misé sur le développement des services pour accroître l’emploi, les revenus et les recettes d’exportation. Le pays est toutefois confronté à un déficit de compétences qui, s’il n’est pas comblé, limitera la croissance des exportations de services hautement qualifiés. Afin d’y remédier à court terme, le rapport préconise notamment de pallier la pénurie de compétences en reconnaissant les qualifications des professionnels de la région et en les dispensant de l’obligation de permis de travail.

Partech Shaker et LaStartupFactory signent un partenariat en vue d’accompagner les scaleups européennes sur le marché africain

Partech Shaker et LaStartupFactory signent un partenariat en vue d’accompagner les scaleups européennes sur le marché africain

MAROC. Partech Shaker et LaStartupFactory, deux acteurs majeurs de l’accélération des startups, ont décidé de s’unir pour créer des ponts d’innovation entre l’Europe et l’Afrique. Partech, considéré comme l’un des fonds de capital-risque les plus actifs au monde, et l’entreprise privée citoyenne annoncent avoir conclu un partenariat dans le cadre du programme Chapter54 (lancé par Partech Shaker) qui vise à créer des « ponts d’innovation » entre l’Europe et l’Afrique via l’accompagnement des meilleures scaleups (startups en phase de croissance forte à l’international) européennes cherchant à se développer sur le marché africain. « Nous avons décidé de travailler avec LaStartupFactory car elle propose plusieurs atouts à nos scaleups », a déclaré Vincent Previ, Directeur de Chapter54. Cité dans un communiqué, ce dernier estime qu’«au-delà d’un très bel espace d’accélération à Casablanca, c’est surtout sa connaissance fine de l’écosystème des startups, son expérience cumulée à travers les multitudes de programmes d’appui déjà réalisés et surtout les nombreuses opportunités de networking à travers son réseau de corporates au Maroc et en Afrique qui seront des atouts décisifs pour nos scaleups ». « En tant que Hub d’innovation qui crée des ponts entre les startups installées au Maroc et notre cher continent, nous sommes ravis de ce partenariat avec Partech Shaker et nous sommes prêts à accueillir leurs scaleups européennes pour les orienter dans leur développement en Afrique », s’est pour sa part réjoui Mehdi Alaoui, Directeur de LaStartupFactory. Et d’ajouter: « Nous comptons aussi organiser plusieurs événements et rencontres entre elles et notre écosystème pour bénéficierde leur retour d’expérience en matière de mise à l’échelle de solutions technologiques innovantes. » Martin Kam

AIM for Climate cherche à doubler les investissements dans l’agriculture intelligente et l’innovation des systèmes alimentaires d’ici à la COP27

La Mission d’innovation agricole pour le climat (AIM for Climate), une initiative mondiale dirigée par les Émirats arabes unis (EAU) et les États-Unis (USA) avec le soutien de plus de 140 partenaires gouvernementaux et non gouvernementaux, a annoncé un nouvel objectif visant à faire passer les engagements d’investissement de 4 milliards de dollars, promis lors de son lancement en 2021, à 8 milliards de dollars d’ici la 27e Conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP27) à Sharm El-Sheikh, en Égypte. L’objectif d’investissement ambitieux a été annoncé lors de la première réunion ministérielle d’AIM for Climate, qui s’est tenue à l’Expo 2020 de Dubaï, où les partenaires gouvernementaux ont discuté des priorités de l’initiative et des plans pour la COP27. Lors de cette réunion, AIM for Climate a accueilli le Chili, le Costa Rica, l’Égypte, la Commission européenne, la Guyane, le Mozambique et la Turquie au sein de sa coalition, a annoncé AIM for Climate Ideations, une nouvelle opportunité de coopération pour les partenaires pour 2022, ainsi que des domaines d’intervention pour les sprints d’innovation qui seront lancés lors de la COP27.  Son Excellence Mariam bint Mohammed Almheiri, ministre du changement climatique et de l’environnement des EAU, a déclaré : « L’agriculture et les systèmes alimentaires offrent d’immenses opportunités pour l’action climatique mondiale. En catalysant l’innovation dans l’agriculture intelligente face au climat, nous pouvons réduire les émissions nocives et capturer le carbone dans le secteur, augmenter durablement la productivité pour nourrir une population mondiale croissante, et soutenir les agriculteurs en première ligne pour renforcer la résilience et s’adapter aux impacts du changement climatique. Si l’initiative AIM for Climate a connu un début remarquable lors de la COP26, nous plaçons la barre plus haut pour mobiliser des investissements encore plus importants et un soutien coordonné afin de conduire la transformation des systèmes alimentaires mondiaux. En travaillant ensemble et en nous appuyant sur les diverses connaissances et expériences des pays et des acteurs de la chaîne de valeur, nous pouvons permettre un bond en avant de l’innovation agricole et relever nos défis climatiques communs. » Le secrétaire américain à l’agriculture Tom Vilsack a ajouté : « Les partenaires gouvernementaux de AIM for Climate ont démontré aujourd’hui leur ferme engagement à travailler ensemble pour combler le déficit d’investissement dans l’agriculture intelligente face au climat et dans l’innovation des systèmes alimentaires, nécessaires pour relever le double défi de la faim dans le monde et de la crise climatique.  Nous sommes fiers du large éventail de partenaires de l’initiative AIM for Climate qui s’efforcent de fournir des solutions efficaces pour tous les peuples. AIM for Climate cherche à étendre son réseau encore plus loin avec de nouveaux participants du monde entier. Les États-Unis se réjouissent d’accueillir tous les partenaires AIM for Climate à Washington, au printemps 2023, pour le sommet AIM for Climate, afin d’examiner nos progrès et de tracer les importants travaux à venir. » Lors de la réunion ministérielle, les codirecteurs de AIM for Climate, les Émirats arabes unis et les États-Unis, ont lancé des AIM for Climate Ideations pour offrir aux partenaires des possibilités d’accueillir des événements et des activités tout au long de l’année afin de soutenir l’avancement des objectifs de l’initiative. Cette « conceptualisation d’idées » tournera autour du partage d’idées, de la collaboration en matière d’innovation, du renforcement des capacités institutionnelles, de la coordination ou de la démonstration et du déploiement.  Les partenaires gouvernementaux de AIM for Climate fournissent la base cruciale de l’initiative grâce à une vague de nouveaux investissements publics dans l’agriculture intelligente face au climat et l’innovation des systèmes alimentaires. Mais d’autres secteurs, y compris les entreprises, la philanthropie et d’autres partenaires non gouvernementaux, sont invités à s’appuyer sur cette fondation avec des sprints d’innovation : des investissements dans des efforts spécifiques, impactants et accélérés, ou en fournissant des connaissances essentielles pour identifier les lacunes d’investissement, les défis et les opportunités de collaboration. Représentant 200 millions de dollars d’investissements accrus de la part des partenaires non gouvernementaux, AIM for Climate comporte neuf sprints d’innovation, avec l’ajout le plus récent de l’accélérateur de durabilité IBM (IBM Sustainability Accelerator). AIM for Climate encourage toute personne intéressée à prendre contact avec les points de contact des sprints d’innovation disponibles sur le site Web. AIM for Climate accepte actuellement les propositions de sprints d’innovation pour 2022 et a identifié quatre domaines focaux pour les sprints d’innovation qui seront lancés lors de la COP27 : les petits exploitants agricoles dans les pays à revenu faible et intermédiaire, la réduction du méthane, les technologies émergentes et la recherche agroécologique. Lancé lors de la 26e Conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP26), AIM for Climate galvanise le soutien et les investissements en faveur de l’agriculture intelligente face au climat et de l’innovation dans les systèmes alimentaires pour permettre des solutions à l’intersection de la faim dans le monde et de la crise climatique.

Le 5e sommet Africa Fintech se tiendra virtuellement

Le 5e sommet Africa Fintech se tiendra virtuellement

Le cinquième sommet Africa Fintech sera organisé virtuellement cette année via la plateforme Accelevents les 9, 10 et 12 novembre 2020. Le sommet a lieu dans le contexte de la pandémie mondiale COVID-19 qui a entraîné un besoin sans précédent de commerce et de financement numériques et a positionné Fintech comme un élément clé de la reprise économique.Cette année, le sommet accueillera plus de 1 000 participants et plus de 60 intervenants provenant de 10 fuseaux horaires différents sur les 6 continents. Le thème de chaque journée a été conçu pour explorer les nouvelles perspectives que nous avons découvertes en préparant le rapport qui sera bientôt publié, Africa Fintech : State of the Industry 2020, un rapport de 63 pages consacré aux esprits brillants et aux innovations. Parmi les panélistes, on retrouve les génies qui sont à l’origine des innovations qui ont mené l’industrie : Olugbenga Agboola, co-fondateur et PDG de Flutterwave ; Tayo Oviosu, fondateur et PDG de PAGA ; Yemiru Chanyalew, fondateur et PDG d’Amole ; Djiba Diallo, conseiller principal en matière de technologie financière auprès d’EcoBank ; Coen Jonker, co-fondateur et PDG de TYME Bank ; Iyin Aboyeji, fondateur et partenaire général de Future Africa ; Viola Llewellyn, co-fondatrice et présidente d’Ovamba ; et Ham Serunjogi, co-fondateur et PDG de ChipperCash. L’AFTS a établi des partenariats stratégiques avec le Bureau mondial des partenariats (GOP) du Département d’État Américain pour aider à rassembler les leaders d’opinion de tout le continent Africain. Cette initiative fait suite au partenariat entre le GOP et l’AFTS, dans le cadre duquel une délégation technique Américaine s’est rendue à l’ATFSAddis19 en novembre dernier. La journée d’ouverture du sommet se concentrera sur les principaux écosystèmes fintech régionaux du continent, avec des sessions distinctes consacrées à l’Afrique de l’Ouest, de l’Est, du Nord, centrale et australe. Le deuxième jour sera consacré aux modèles commerciaux basés sur les technologies de pointe, et à l’analyse de la manière dont les technologies de pointe fournissent une base pour l’innovation dans des secteurs tels que le commerce électronique, les soins de santé et l’agriculture. Il y aura également une session consacrée aux modèles commerciaux de paiement par répartition (PayGo) qui ont connu une augmentation significative de leur popularité en raison de leur capacité à faciliter l’accès à des services cruciaux mais souvent inaccessibles. « The Business of Fintech » est le titre de notre troisième et dernier jour. Nous invitons ici les investisseurs de Fintech, les experts financiers décentralisés et les leaders d’opinion des entreprises les plus prospères à discuter des meilleures pratiques pour relever les défis communs des innovateurs, y compris l’expansion du marché, la mobilisation de capitaux, l’applicabilité de la chaîne d’approvisionnement, le ciblage de la dernière étape et la sélection de partenaires potentiels de Fintech. Le sommet se termine par la demi-finale régionale et la compétition de pitch pour la Coupe du monde des start-ups, dont le vainqueur disputera une étape sur une scène de la Silicon Valley pour 1 million de dollars US. L’Africa Fintech Summit (AFTS) est la première initiative mondiale consacrée à l’écosystème fintech Africain. L’AFTS se tient traditionnellement à Washington, D.C., chaque année en Avril pendant la semaine de réunion annuelle de la Banque mondiale et de la SFI, et dans une ville Africaine différente chaque année en Novembre (dernièrement, Lagos et Addis Abeba). Soutenue par un conseil consultatif composé de leaders d’opinion et de pionniers de la technologie, l’AFTS est un espace unique où les idées sont explorées, les investissements mobilisés, les partenariats et les collaborations formés à travers les secteurs et les zones géographiques. Cette année, l’AFTS est organisée en partenariat entre le groupe de conseil stratégique Dedalus Global de Washington, D.C. et la société de conseil Ibex Frontier axée sur l’Éthiopie. Par APO

Libérer le potentiel de la jeunesse tunisienne au service de l’innovation

Libérer le potentiel de la jeunesse tunisienne au service de l’innovation

Quelques coups de peigne dans les cheveux après le maquillage. Et voilà Maroua Khemiri préparée pour une journée qui s’annonce pleine. Jeune ingénieure, elle a décroché un contrat chez Eleone-Tech en Tunisie. Après avoir gravi les échelons, elle occupe désormais le poste de responsable du système d’exécution. « Lorsqu’une société est stable, elle vous donne un environnement favorable pour travailler. C’est rassurant parce qu’on trouve les moyens et l’opportunité de s’épanouir, de grandir petit à petit. Cela donne envie d’avancer et de mettre la barre un peu plus haut », résume fièrement Maroua. Elle réside à Bizerte au Nord-Ouest de la Tunisie avec ses parents. Dans ce pays nord-africain, Maroua assure qu’être femme ingénieure « n’est pas chose commune, surtout dans le domaine industriel ». « A la fin de mes études, je ne trouvais pas d’emploi. Cela m’a frustrée au point de penser à m’expatrier. Aujourd’hui, je suis cheffe de projet. C’est la première fois qu’une femme occupe ce poste dans le groupe. Je me sens très fière et épanouie et très heureuse d’être responsabilisée. Cela m’a redonné confiance », affirme-t-elle, à haute voix. Soutien d’un secteur privé moteur de croissance et de développement en Tunisie, la Banque africaine de développement a accompagné le développement et l’émergence d’entreprises technologiques dans le pays. Ces dernières procurent des opportunités d’emplois à une nouvelle génération de jeunes tunisiens, à l’image de Maroua. Environ 2 500 emplois ont été créés depuis 2011. « Nous croyons énormément au talent de ces jeunes, souligne Slim Sellani, directeur général d’Eleone Tech. C’est grâce à leurs qualités que nous avons pu nous développer et assurer une belle croissance ces dernières années. Nous avons un groupe jeune et grâce à leurs talents, nous avons pu développer et fabriquer des produits de haute technologie et de bonne qualité ». Avec un investissement conséquent au cours de la dernière décennie, Eleone Tech ambitionne de porter l’innovation à un niveau supérieur en recrutant les jeunes talents tunisiens. Permettant à l’entreprise de passer de la production de câbles à celle de composants électroniques. Une spécialisation qui occupe la majorité de ses 4 200 employés. Ce virage vers l’innovation, associé à la volonté de créer des emplois, a été soutenu, à travers une participation dans le fonds Africinvest, par la Banque africaine de développement et ce, afin de promouvoir le développement du secteur privé et de l’innovation, de stimuler l’emploi et de créer des opportunités. « Notre entreprise travaille avec EleoneTech. C’est notre fournisseur historique de cartes électroniques pour les compteurs d’énergie. Appartenir à un écosystème aussi puissant, aussi efficace, nous permet de croître, d’innover et d’offrir de nouvelles opportunités d’embauche afin de résorber le chômage des jeunes diplômés des universités tunisiennes », explique Mongi Jelassi, directeur de Siama, une société industrielle d’appareillage et de matériels électriques. Modèle de réussite en Tunisie, Eleone Tech, comme de nombreuses autres entreprises tunisiennes, envisagent désormais d’exporter son expertise sur tout le continent africain. « J’ai vu des clients qui ont décidé de venir investir en Tunisie, après des visites sur sites. Cela a permis de donner une nouvelle image au pays qui ne se limite plus au secteur touristique ou textile. Nous sommes confiants et nous sommes en train de progresser. Nous avons des atouts et des compétences qui vont nous permettre d’assurer la transition vers le futur et vers des horizons prometteurs en Afrique », assure Slim Sellami.

Le Maroc améliore son rang dans le classement de l’innovation

Le Maroc améliore son rang dans le classement de l’innovation

Le Maroc a un peu amélioré son rang au classement mondial des pays les plus avancés en matière d’innovation, si l’on en croit le dernier rapport de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI). Selon l’édition 2019 de l’Indice mondial de l’innovation, le Royaume a gagné deux nouvelles marches sur le podium des pays considérés comme les plus innovants, pointant désormais au 79ème rang sur 129 pays passés au scanner. Il devance le Panama (75ème), la Bosnie-Herzégovine (76ème) et le Kenya (77ème) mais arrive juste derrière la Biélorussie (72ème) et l’Argentine (73ème) et. Dans ce classement, publié conjointement par l’OMPI, l’Université Cornell et l’INSEAD, le Maroc n’obtient qu’un score de 31,63 sur 100, loin de la Suisse qui conserve sa première place dans ce classement avec 67,24 sur 100. Le pays le plus innovant au monde est suivi de la Suède (63,65), des Etats-Unis (61,73), des Pays-Bas (61,44) et du Royaume-Uni (61,30). A l’échelle du continent africain, le Maroc s’installe dans la troisième marche du podium, derrière l’Afrique du Sud qui pointe au 63ème rang avec un score de 34,04 sur 100 et la Tunisie (70ème, 32,83/100). Selon l’Indice mondial de l’innovation, qui propose un classement des capacités et des performances des économies en matière d’innovation, le Royaume devance, en revanche, le Kenya qui se place au 77ème rang mondial avec un score de 31,13 sur 100, la Mauritanie (82ème ; 30,61/100), l’Egypte (92ème ; 27,47/100), le Botswana (93ème ; 27,43/100), le Rwanda (94ème; 27,38/100) et le Sénégal (96ème; 26,83/100). A noter que l’Indice de 2019 a été établi sur la base de 80 indicateurs, allant des instruments de mesure classiques comme les investissements dans la recherche-développement, les demandes internationales de brevet et les demandes d’enregistrement international de marques, jusqu’aux nouveaux indicateurs, notamment la création d’applications mobiles et les exportations de produits de haute technologie, selon l’OMPI. Soulignons qu’il tient compte également du contexte économique. Ce qui permet, par exemple, à l’organisation de faire observer qu’en dépit des signes de ralentissement de la croissance économique mondiale, «l’innovation continue de prospérer, en particulier en Asie». S’agissant des indicateurs liés aux institutions, le Maroc se classe au 72ème rang mondial avec un score de 61,1. Il occupe le 75ème rang en ce qui concerne le «capital humain et recherche» avec un score de 27,8 où il obtient la 47ème place dans le domaine de l’«éducation » (54). Pour ceux liés aux «infrastructures», le pays se situe au 61ème rang avec un score de 48 et une place acceptable en ce qui concerne le développement durable (47ème, 43,6). Avec un score de 65,6, le Maroc se place au 49ème rang dans les domaines du commerce et de la concurrence, alors qu’il occupe un rang peu enviable dans celui du «perfectionnement des affaires» (122ème) avec un score de 19,8 seulement. Par ailleurs, dans ses observations, l’OMPI fait aussi savoir que depuis 2012, les économies de la région «Afrique subsaharienne ont été plus nombreuses à obtenir des résultats relativement bons en matière d’innovation, par rapport à leur niveau de développement économique, que dans toute autre région», citant le cas du Kenya, de l’Afrique du Sud, du Rwanda et du Mozambique qui se sont distingués cette année en matière d’innovation. S’agissant de l’Afrique du Sud, le rapport indique que ce pays «bénéficie d’un marché du crédit et des placements relativement perfectionné, comme le montrent des indicateurs tels que le crédit interne au secteur privé et la capitalisation boursière des entreprises», soulignant d’autres indicateurs de bons résultats telles que la rémunération de la propriété intellectuelle et la qualité des publications. Quant au Rwanda, il ressort que ce pays «a fait des progrès considérables qui lui ont permis d’avancer de cinq places par rapport à 2018 pour atteindre la quatre-vingt-quatorzième position», ce qui lui vaut le titre de meilleure économie du groupe des pays à faible revenu. Selon l’organisation, le pays des mille collines a affiché de «bons résultats s’agissant de la formation de capital, la facilité d’accès au crédit, la formation professionnelle offerte par les entreprises et les importations de produits de haute technologie». Commentant le classement, le directeur général de l’OMPI, Francis Gurry, a estimé que «l’Indice mondial de l’innovation nous montre que les pays qui donnent la priorité à l’innovation dans leurs politiques ont enregistré une progression importante dans leur classement». A souligner que ce classement a été également publié avec les experts partenaires de l’édition 2019 de l’Indice mondial de l’innovation, la Confédération des industries indiennes, Dassault Systèmes – the 3DEXPERIENCE Company, la Confédération nationale de l’industrie du Brésil et le Service brésilien d’aide aux microentreprises et petites entreprises (Sebrae). Alain Bouithy

Habib El Malki : “Un modèle de développement orienté vers l’export s’impose comme l’alternative la plus adoptée au nouveau contexte d’ouverture et de globalisation des économies”

Habib El Malki : “Un modèle de développement orienté vers l’export s’impose comme l’alternative la plus adoptée au nouveau contexte d’ouverture et de globalisation des économies”

Comme à l’accoutumée, le Centre marocain de conjoncture (CMC) a proposé un nouveau débat approfondi sur une question d’actualité, mercredi 26 à Casablanca. L’Observatoire privé et indépendant de l’économie marocaine a choisi, cette fois-ci, de braquer ses projecteurs sur la stratégie d’exportation à moyen-long terme au Maroc, à travers le thème du jour : « Le modèle d’exportation à l’horizon 2025 : transformation structurelle, diversification et innovation ». La réflexion concernant cette problématique n’est pas nouvelle, a d’emblée indiqué son président, Habib El Malki, notant qu’elle constitue même un axe principal de sa contribution au débat économique national depuis plusieurs années. Et de rappeler la publication de plusieurs communications et études concentrées au commerce extérieur et aux accords de libre-échange. Pour le président du CMC, les analyses et réflexions menées au fil des années par le Centre marocain de conjoncture ont abouti à un constat, actuellement longuement partagé aussi bien par les décideurs publics que les opérateurs économiques, particulièrement du privé : «Le modèle de croissance actuel, qui est centré sur la demande intérieure, a fini par montrer ses limites intrinsèques ». Un exemple qui traduit ce constat : «Depuis une dizaine d’années, le taux de croissance au Maroc évolue autour de la moyenne de 3,5% par an », a-t-il souligné. Insistant sur l’épuisement graduel du potentiel de croissance, Habib El Malki a également attiré l’attention des participants sur le fait que « le marché intérieur est relativement exigu, il est étroit aussi bien par sa taille que par son pouvoir d’achat ». Ce qui, à l’entendre, devrait inciter à une révision des options stratégiques présidant au modèle de développement dans sa globalité. Ainsi, « un modèle de développement orienté vers l’export s’impose comme l’alternative la plus adoptée au nouveau contexte d’ouverture et de globalisation des économies », a-t-il soutenu. Ce, avec toutes ses implications quant aux priorités en matière de politique économique et aux déterminants relatifs au positionnement à l’international. Dans ce cas, comment pourrait-on rattraper le retard et faire de l’économie marocaine une économie fortement exportatrice, c’est-à-dire une économie compétitive ? « Nous pensons au niveau du Centre que le concept de transformation structurelle représente une véritable boîte à outils », a indiqué le fondateur du CMC, notant que ce concept implique la réalisation d’une économie par la diversification productive. Entendu : la modernisation de l’économie et l’amélioration des infrastructures. Pour toutes ces raisons, la voie devant conduire à un nouveau modèle implique l’engagement de l’économie marocaine, plus que par le passé, dans un effort global d’industrialisation. « Sans industrialisation, il ne pourra y avoir une véritable force de frappe exportatrice. Ceci est largement confirmé par le niveau stationnaire de la part de l’industrie dans le PIB où il évolue aux alentours de 14%. C’est un taux qui reste relativement faible ». Par contre, le secteur des services et activités assimilées représente plus de la moitié de la valeur ajoutée. Dans tous les cas, la somme de ces taux tend à expliquer largement pourquoi la productivité au Maroc reste relativement faible et le système productif limité. Mais au-delà de ce constat, qui semble très réaliste et objectif, « il semble que le Plan d’accélération industrielle (PAI), engagé ces dernières années, a donné des résultats probants que nous considérons comme encourageants, particulièrement dans les secteurs porteurs de nouvelles dynamiques », a admis Habib El Malki. Il a estimé que « l’évolution de ce plan montre la voie à suivre pour la restructuration de l’économie et la diversification des produits et des marchés ». Poursuivant ses analyses, Habib El Malki a également indiqué que la transformation industrielle et structurelle est intimement liée à l’industrialisation et que c’est la condition indispensable au développement des débouchés à l’extérieur. « Sans cette mise en relation entre la transformation structurelle via l’industrialisation, il serait extrêmement difficile de faire de notre économie, une économie largement exportatrice. Parce que les contraintes de la globalisation imposent non seulement l’ouverture mais aussi la compétitivité », a-t-il conclu. A noter que plusieurs intervenants ont apporté leurs contributions sur le thème du jour lors de cette journée. Ils représentaient la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), l’Association marocaine des exportateurs (ASMEX), le Haut-commissariat au plan (HCP), la Direction des études et des prévisions financières (DEPF), l’Office des changes, le Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales (GIMAS) ainsi que des entreprises qui ont partagé leurs succes story à l’instar de l’OCP et SOMACA. Alain Bouithy