Women In Business Annual Leadership Meeting 2019 : L’Innovation et la Technologie au Cœur des Débats

Women In Business Annual Leadership Meeting 2019 : L’Innovation et la Technologie au Cœur des Débats

Prolongeant l’engagement de l’AFRICA CEO FORUM en faveur du leadership féminin, le Women in Business Annual Leadership Meeting repose sur une conviction forte : les dirigeantes africaines sont un levier de transformation puissant du continent. Organisé pour la première fois en juillet 2018 à Paris, l’événement a rassemblé plus de 150 femmes parmi les plus influentes du secteur privé africain avec, à la clé, la naissance du Women in Business Network, le premier réseau féminin d’influence panafricain. A l’heure où une minorité de femmes africaines occupent des postes de décisions dans la science et l’innovation, la deuxième édition du Women in Business Annual Leadership Meeting placera au centre des discussions l’impact des nouvelles technologies dans le monde des affaires et la place des femmes dans le domaine scientifique et des technologies. Intelligence artificielle, robotisation, internet des objets : miser sur la science est essentiel pour accélérer la croissance et répondre aux nombreux besoins du continent, dans des domaines aussi variés que l’agriculture, la santé, l’énergie ou la finance. 250 cheffes d’entreprises et d’institutions publiques africaines, dirigeantes de multinationales et de cabinets de conseil actifs en Afrique débattront de ces sujets au cours de conférences interactives. Pendant deux jours, elles échangeront également lors de masterclasses inspirantes et d’ateliers pratiques avec pour objectif de développer leurs capacités de leadership. Parmi les dirigeantes africaines de haut niveau attendues pour prendre part aux débats : Elisabeth Medou Badang, porte-parole et directeur zone MEA, Orange ; Cathia Lawson-Hall, Directrice des institutions financières pour l’Afrique, Société Générale ; Lucy Quist, Co-fondatrice, Women Network ; Toyin Sanni, P-dg, Emerging Africa Group ; Anta Babacar Ngom, DG, SEDIMA ; Habiba Laklalech, DG adjointe, Royal Air Maroc ; Nadia Fettah, DG, Saham Finances ; Ibukun Awosika, Présidente, First Bank PLC ; Massogbé Touré, Présidente, SITA ; Françoise Remarck, PCA, Canal + Côte d’Ivoire ou encore Martine Coffi-Studer, PCA, Bolloré Côte d’Ivoire. AMA

GROHE investit dans l’innovation et inaugure un laboratoire au site Hemer

GROHE investit dans l’innovation et inaugure un laboratoire au site Hemer

GROHE, fournisseur mondial d’accessoires sanitaires, a célébré dernièrement l’inauguration officielle de l’extension de son laboratoire de recherche sur le site de Hemer en Allemagne. En investissant 1,1 million d’euros, GROHE rassemble l’ensemble de ses activités précédemment décentralisées de son laboratoire de recherche à Hemer, facilitant une connexion encore plus importante entre les zones centrales de recherche et de développement. Durant les quelques derniers mois, GROHE a augmenté l’espace du laboratoire de 590 mètres carrés, pour atteindre 1 510 mètres carrés, afin de créer l’infrastructure nécessaire pour des processus de développement efficients plus nombreux et de nouvelles procédures de test. Nouvelles demandes sur la recherche et le développement En plus des accessoires traditionnels, davantage de produits haute technologie trouvent leur chemin vers le portefeuille d’accessoires sanitaires du producteur. Résultat, des innovations comme le système numérique de sécurité de l’eau GROHE Sense Guard et les systèmes d’eau Blue et Red de GROHE font partie désormais du portefeuille des produits GROHE. Les défis pour les concepteurs de produits augmentent, non seulement en raison de la mécanisation croissante des produits, mais aussi parce que partout dans le monde, la clientèle est de plus en plus exigeante et les critères de tests sont de plus en plus sévères ; les temps de développement sont, eux, de plus en plus courts. Ceci aboutit à des processus de développement considérablement plus complexes. Le laboratoire central de recherche devient une partie importante du centre global de compétences sur le site Hemer. Cela permet à GROHE d’investir spécifiquement dans les technologies les plus modernes pour une innovation efficace de produits et de répondre aux requêtes du marché. « Les produits et les innovations développés à Hemer représentent la technologie et la qualité ‘Made in Germany’. Nous deviendrons encore plus dynamiques grâce à l’extension du laboratoire, nous permettant de sortir des sentiers battus. Cela nous permet de même de nous intéresser à de nouveaux segments du marché, comme c’est le cas avec Sense Guard de GROHE, un exemple de numérisation de l’eau. L’extension du laboratoire ne renforce pas uniquement notre site de Hemer, mais augmente par-dessus tout notre attractivité en tant qu’employeur dans la région », a expliqué Thomas Fuhr, directeur exécutif des opérations chez GROHE AG. Hemer, le site de recherche et de développement haute technologie La connexion du laboratoire au département de recherche et de développement favorise les processus de prise de décision et renforce le transfert de connaissance. Le laboratoire joue un rôle clef dans ce cadre, de l’idée initiale aux premiers prototypes. Les fabricants de prototype travaillent déjà avec les processus d’impression en 3D depuis plusieurs années. Comme l’affirme Torsten Meier, vice-président de la recherche et du développement chez GROHE AG : « Pour nous, dans le domaine du développement, l’impression 3D offre de bien meilleures opportunités pour une gestion plus dynamique de notre processus d’innovation. L’expansion du laboratoire signifie que nous pouvons désormais suivre le processus de développement de manière encore plus étroite et intense et le gérer de manière plus judicieuse en utilisant des analyses de tests. Nous gagnons ainsi en vitesse et effectuons un plus grand nombre d’expérimentations à des coûts plus bas, aboutissant à une augmentation du degré d’innovation, mesuré par le nombre de projets innovants entrepris ». Cette année, le nombre de projets innovants en cours a déjà dépassé celui de 2017 de 50%. Des tests de produits aux normes strictes Dans le cadre de l’extension du laboratoire, GROHE a de même effectué des investissements dans de nouvelles stations de test afin d’augmenter les capacités d’essais existantes. Les tests de produits prennent entre deux et douze semaines – pour les composants muraux, les tests peuvent même durer jusqu’à six mois. Le cycle de vie d’un produit peut ainsi être simulé en l’espace de quelques semaines. Les observations se concentrent sur des facteurs comme la dégradation basée sur l’âge du produit, la précision de l’utilisation, la sécurité et la qualité du produit, le confort d’utilisation et les normes du secteur. Durée de vie du produit : Les thermostats, par exemple, sont soumis à 50 000 alternances entre températures chaudes et froides en l’espace de deux semaines, ce qui simule dix années d’utilisation. Les faiblesses potentielles à la surface et à l’intérieur du robinet sont éliminées durant les étapes précoces de développement, en effectuant différents processus de test de température. Durant ces processus, les produits doivent subir la corrosion, la condensation et le jet de sel, sans accuser d’endommagements. Sécurité des produits : En plus de la durée de vie des produits, leur sécurité est contrôlée de manière étroite. Durant les tests de lixiviation, l’eau qui est passée à travers un robinet GROHE est testée pour deux tiers des éléments dans la table périodique. Cela garantit l’absence de lixiviation de substances indésirables dans l’eau lors de l’utilisation du robinet. La précision de ce test est de 1 à 10 000 000 000 (ou 1010). C’est l’équivalent d’un cube de sucre de trois grammes qui a été dissous dans le lac de Kemnade, contenant trois millions de mètres cubes d’eau. Confort et durabilité : Améliorer le confort de la clientèle et optimiser la durabilité sont de même des objectifs principaux de développement. La recherche est ainsi effectuée, par exemple, pour réduire la consommation d’eau d’un pommeau de douche sans réduire le confort de l’utilisateur. Le test de rinçage du shampooing a été développé à cet effet en partenariat avec Henkel, fabriquant de biens de consommation. Le rôle du pommeau de douche est de rincer le shampoing aussi efficacement possible, en d’autres termes avec le moins d’eau possible. Avec le confort du client en tête, les caractéristiques acoustiques des produits sont de même testées et garantissent un plaisir de l’eau des plus silencieux. Tous les résultats de tests produits par le laboratoire de recherché sont directement intégrés au processus de développement et garantissent une technologie et une innovation signées GROHE, dignes d’un ‘Made in Germany’.

Pollutec Maroc braque ses projecteurs sur la ville durable et l’innovation

Pollutec Maroc braque ses projecteurs sur la ville durable et l’innovation

150 éco-entreprises issues de 18 pays dont plus de la moitié d’internationaux (59%) prendront part à la 10ème édition du Salon international des équipements, des technologies et des services de l’environnement, «Pollutec Maroc». Prévu du mardi 2 au vendredi 5 octobre 2018, à la Foire internationale de Casablanca, cet important rendez-vous des professionnels de l’environnement verra aussi la participation de nombreux leaders, ambassadeurs et fidèles du salon ainsi que des primo-exposants (46%) qui viendront présenter leurs équipements, technologies et services aux quelque 6.000 visiteurs professionnels attendus. Organisée conjointement par Forum 7 et Reed Expositions France, sous l’égide du ministère de l’Energie, des Mines et du Développement durable, du Secrétariat d’Etat chargé du Développement durable et du ministère de l’Industrie, de l’Investissement, du Commerce et de l’Economie numérique, la 10ème édition du Salon « Pollutec Maroc » se place sous le signe de l’innovation et de la nouveauté. En effet, le Salon propose cette année de nouveaux événements pour faciliter les rencontres et développer les relations, découvrir les dernières innovations, assister à des conférences sur des sujets d’actualité, selon les organisateurs. « Pollutec Maroc propose à nouveau un large programme de conférences ciblées et accueillera la remise des 4èmes Trophées de l’environnement par un jury d’experts », ont-ils annoncé lors d’une rencontre tenue récemment à Casablanca. Au cours de cette rencontre, organisée sur fond de débat entre divers professionnels, organismes institutionnels et experts, autour des « Enjeux et solutions pour la ville de demain», ces derniers ont également indiqué que « le rayonnement du Salon vers le continent africain se poursuit en offrant cette année à la Guinée Conakry le statut de pays invité d’honneur ». Les organisateurs ont, en outre, assuré qu’elle mettra « à disposition des acteurs souhaitant se développer en Afrique, un lieu de mise en relation avec des délégations de porteurs de projets africains ». Selon le programme concocté cette année, il sera « fait un focus particulier sur l’innovation avec la création de trois nouvelles zones d’animation : l’Espace Pitch, l’Espace de Rencontres B2B, mis en place par l’AMDIE et l’Espace Startups soutenu par Casa-Animation, et donne une place prépondérante à la ville durable ». En braquant ses projecteurs sur la ville durable, en particulier sur les enjeux et solutions pour le développement durable des villes du Maroc, les organisateurs entendent participer à la recherche et à la mise en œuvre « de solutions pour répondre aux problématiques actuelles et futures liées à nos modes de vie urbains». Une contribution que le Salon mettra en lumière à travers l’espace d’exposition et lors de demi-journée de conférences consacrée à cette question. A propos des conférences, on retiendra le Forum « Ville durable », qui portera sur la mise en œuvre de la ville durable dans les secteurs des déchets, de l’eau, de l’air, de l’énergie et de la mobilité urbaine; la 7ème édition du Symposium « Territoires durables », qui dressera cette année l’état des lieux de l’opérationnalisation de la SNDD au niveau territorial et un éclairage sur le rôle des collectivités locales dans sa mise en œuvre. Nouveauté de cette année, la « Finance verte » s’intéressera à l’engagement du secteur financier dans le processus de durabilité et en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique et d’exposer les solutions apportées par le secteur financier pour accompagner les projets verts. De son côté, le « Forum Afrique » s’intéressera aux initiatives de l’économie circulaire en Afrique. Comme l’ont souligné les organisateurs, l’«Espace ville durable » verra la participation pour la toute première fois d’institutionnels tels que le ministère de l’Energie, des mines et du Développement durable, la ville de Casablanca, la ville de Kénitra et celles d’éco-entreprises expertes dont Derichbourg Maroc, Groupe Renault, Groupe Al Omrane, Hyundai, Tramont International. Confiants quant à la réussite de l’édition 2018, les promoteurs de « Pollutec Maroc » ont indiqué que l’événement bénéficie cette année d’un important accompagnement institutionnel de nombreux acteurs environnementaux nationaux. En l’occurrence : l’AMDIE, la CGEM, l’AMEE, l’ONEE, la BMCE Bank of Afrika, la BERD, COZINE, la ville de Casablanca, la région Casablanca-Settat. Sur le plan international, l’événement bénéficiera du soutien de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’energie (ADEME), de Business France, de l’AHK, l’ICE et de l’IPEMED. Signalons que les échanges et débats ayant marqué la rencontre de Casablanca ont été animés par Fatima Mossadeq du Groupe Al Omrane, Victoria Zinchuk de la BERG, Abderrahmane Ouardane, président de l’Association ADEPE, et Zineb Jazouli, directrice du Groupe Renault. Et qu’à cette occasion, les organisateurs ont déclaré que « Pollutec Maroc » restait fidèle à sa vocation initiale de soutien de la démarche volontariste du Royaume en matière d’environnement et de développement durable. Alain Bouithy

La société Wala remporte le Prix MIT Zambezi pour l’Innovation dans l’Inclusion Financière

La société Wala remporte le Prix MIT Zambezi pour l’Innovation dans l’Inclusion Financière

Le Centre Legatum pour le développement et l’entrepreneuriat de l’Institut de technologie du Massachussetts (MIT), en collaboration avec la Mastercard Foundation, a sélectionné la start-up sudafricaine Wala comme Premier Lauréat de l’édition 2018 du Prix MIT Zambezi pour l’innovation dans l’inclusion financière. La cérémonie de remise des prix s’est tenue lors du Sommet Open Mic Africa du MIT à Strathmore University et au Radisson Blu de Nairobi en présence de plusieurs personnalités de l’écosystème africain de l’inclusion financière. Wala met à la disposition des populations non bancarisées une plateforme de services financiers basée sur la technologie du Blockchain. Ces services incluent le transfert d’argent international gratuit, l’achat de crédit téléphonique, le paiement de factures et la circulation d’une nouvelle monnaie virtuelle. Wala fut choisie parmi la liste des 10 start-ups africaines finalistes de l’édition 2018 qui étaient présentes lors du Sommet Open Mic Africa, lequel regroupa plus de 200 entrepreneurs africains et investisseurs autour d’une série d’activités dont un hackathon basé sur le modèle MIT. Wala remporte $100 000 et les sociétés Tulaa (Kenya) et RecyclePoints (Nigeria) remportent chacune $30 000. Les sept autres finalistes, qui ont reçu une enveloppe de $5 000 chacune, sont Apollo Agriculture (Kenya), Bidhaa Sasa (Kenya), FarmDrive (Kenya), Farmerline (Ghana), LanteOTC (Afrique du Sud), MaTontine (Sénégal), et OZÉ (Ghana). La société sénégalaise MaTontine est la seule société de l’Afrique francophone primée lors de la cérémonie. Le Centre Legatum du MIT prévoit de discerner un prix spécial d’une valeur de $5 000 à un jeune entrepreneur africain qui se sera démontré par ses efforts à unir et à supporter l’écosystème africain. Ce prix spécial sera annoncé à la fin de l’année à Boston. « Les sociétés innovantes tels que Wala et les autres finalistes du Prix Zambezi sont des piliers de l’entrepreneuriat africain qui permettent de développer une économie inclusive », s’est exprimée Mme Georgina Campbell Flatter, la directrice exécutrice du Centre Legatum du MIT. « Nous sommes très fiers de supporter le Prix Zambezi », s’est félicitée Mme Ann Miles, directrice du Thought Leadership et de l’Innovation de la Mastercard Foundation. « Ce prix met en valeur la créativité et le talent des jeunes africains, ainsi que leur approche unique pour supporter l’inclusion financière. Leur travail a un impact réel sur la vie des populations défavorisées du continent africain ». Tous les finalistes seront invités à un séminaire du MIT sur le leadership à Boston lors du gala international du MIT Inclusive Innovation Challenge (MIT IIC). En tant que Premier Lauréat du Prix Zambezi, Wala remporte également la première place du MIT IIC dans la catégorie Inclusion Financière. Wala rejoint ainsi trois autres sociétés africaines pour représenter l’Afrique lors du gala international et compétira pour le grand prix global d’une valeur de 1 million de dollars. L’événement IIC fait partie de l’initiative du MIT pour l’économie digitale et, avec les projets du Centre Legatum, des exemples de l’engagement du MIT au niveau mondial pour l’avenir du travail. Les anciens finalistes du Prix Zambezi incluent Kifiya, PlusPeople, MFS Africa, Tugende, Chamasoft, Nomanini, First Access, AgriLife, M-Changa, et mJara. Le Prix Zambezi et le sommet Open Mic Africa sont des piliers de la stratégie africaine du Centre Legatum – une vision mondiale pour exploiter l’écosystème du MIT et améliorer les conditions de vie grâce à un leadership entrepreneurial de principe. La stratégie du Centre Legatum est également une composante essentielle de MIT-Africa – l’initiative qui englobe la priorité du MIT de collaborer avec le continent au niveau mondial. Ali Diallo, le Global Programs Manager du MIT, a tenu à féliciter l’esprit de collaboration qui a permis d’exécuter les initiatives panafricaines du MIT telle que le Sommet Open Mic Africa, le MIT IIC, et le Prix Zambezi. « Nous sommes très reconnaissants envers nos partenaires internationaux, les membres du board du Prix Zambezi et les leaders qui ont servis de juges à nos compétitions. Leur dévouement à l’entrepreneuriat nous a permis de découvrir et d’honorer une nouvelle génération d’innovateurs ». APO

Innovation pour le développement en Afrique : le secteur public

Innovation pour le développement en Afrique : le secteur public

L’innovation a connu bien des définitions au cours des ans, au risque de devenir un concept plutôt rabâché. En réalité, c’est un voyage que les gouvernements et le secteur public doivent entreprendre, avec pour objectif de changer la vie de leurs administrés. Au PNUD, elle se résume en trois principes. 1. L’innovation n’est jamais un phénomène isolé. Elle émerge dans un contexte particulier et est souvent corrélée à la « nécessité de faire mieux ». En Afrique de l’Ouest par exemple, le secteur pharmaceutique est confronté au problème de contrefaçon de médicaments qui met en danger la vie des citoyens. E-Pedigree, un système qui permet de différentier les vrais médicaments des faux, assure la traçabilité des produits depuis l’usine jusque dans les pharmacies. 2. L’innovation n’est pas high-tech. C’est 5 % de technologie, et 95 % d’imagination. 3. S’inspirer sans honte (et apprendre des autres). Dans bien des cas, les meilleures connaissances ne sont pas forcément dans notre environnement immédiat ou habituel. Il y a tout intérêt à s’aventurer en terres inconnues et à explorer différents partenariats pour améliorer ses performances. L’innovation dans le secteur public n’est pas différente de celle des autres secteurs. On y fait souvent appel lorsqu’il est nécessaire d’améliorer les services publics dans un cadre de restrictions budgétaires, et de servir des citoyens dont les attentes ne cessent d’augmenter. Obstacles à l’innovation dans le secteur public Tout d’abord, il y a la taille et la complexité des institutions publiques, ensuite des mentalités cloisonnées, le décalage ou la pénurie de compétences, l’absence de processus de résolution des problèmes, sans compter les responsabilités qui empiètent les unes sur les autres ou les difficultés à communiquer. L’innovation est souvent considérée comme un élément perturbateur indésirable pour le fonctionnement global de l’organisation, et les idées nouvelles sont difficilement acceptées. À cela s’ajoutent d’autres freins, comme les politiques intérieures et extérieures, un environnement de travail bureaucratique et extrêmement réglementé, un leadership qui laisse à désirer, des problèmes budgétaires et une faible valorisation de l’apprentissage. Les cadres du service public et les politiciens craignent souvent d’apporter des changements dont les résultats pourraient être négatifs, en particulier s’ils risquent d’attirer l’attention des médias. Cette aversion au risque, à laquelle s’ajoute la mauvaise habitude de chercher des fautifs, nourrit ce type d’environnement de travail hostile à l’innovation. Pour que l’innovation fleurisse dans le secteur public, il faut introduire et faciliter l’apprentissage et le réseautage. Cela permettra d’unifier l’organisation et facilitera l’accès aux compétences existantes. Il existe d’autres options pour améliorer l’innovation dans le secteur public : encourager les entrepreneurs ou les visionnaires suffisamment déterminés pour faire adopter la nouveauté, ou encore les fonctionnaires qui prennent des initiatives, tout en leur donnant la permission d’innover dans un environnement favorable. Dépoussiérer le système est souvent un mal nécessaire. Nous sommes tous capables d’apprendre et d’innover. Si on la replace dans le contexte de l’évolution humaine, l’innovation, c’est essentiellement la capacité pour les êtres humains de s’émanciper des limites du vieux monde. Par Marc Lepage Spécialiste de l’innovation et du management des savoirs (PNUD Afrique).