Antonio Castrignanò enflamme Casablanca avec les rythmes envoûtants du Salento

Retour triomphal du musicien et compositeur italien, 16 ans après sa dernière prestation

CONCERTS. Antonio Castrignanò, célèbre musicien et compositeur de Salento, était de retour à Casablanca pour un concert très attendu par les mélomanes et amoureux des musiques et danses traditionnelles italiennes particulièrement celles du Salento dans la région des Pouilles.

Seize ans après sa prestation mémorable, qui avait réuni quelque 300 personnes au Théâtre Italia (Consulat général d’Italie), le chanteur et joueur de tamburello (grand tambourin salentin) a retrouvé récemment le public casablancais lors d’un concert qu’il a donné dans la cour adjacente du théâtre devant près de 900 passionnés de musique venus des quatre coins de la ville et des environs.

Accompagné de Rocco Nigro (accordéon), Luigi Marra (chant, violon, mandoline), Maurizio Pellizzari (guitares, chœurs), Giuseppe Spedicato (basse), Gianni Gelao (instruments à vent, bouzouki, cornemuse, chœurs) et d’Emanuele Castrignanò (tambourin, synthétiseur), Antonio Castrignanò s’est illustré une fois encore avec talent dans un espace totalement sous son charme.

Dans une ambiance électrique, le chanteur a fait chanter son tambourin et vibrer les cordes de sa mandole, deux instruments qu’il maîtrise à la perfection.

Pendant plus de 90 minutes, l’ensemble a offert aux Casablancais une soirée magistrale avec des morceaux et des sonorités qui ont plongé le public dans une ambiance festive mêlant joie, chants, danses et trémoussements.

A quelques semaines de la saison estivale traditionnellement propice à ce genre d’ambiance, le public n’a pas non plus déçu cette figure emblématique de la musique populaire du Salento qui a, d’ailleurs, eu du mal à contenir son émotion, tant l’enthousiasme ambiant était à son comble.

Il faut dire que le chanteur, renommé pour son talent et sa créativité alliant avec élégance les traditions musicales du Salento à des sonorités modernes et internationales, comme l’a souligné dans un bref message de présentation, la présidente de l’association culturelle italienne Dante Alighieri de Casablanca, Marina Sganga Menjour, ne fait pas dans la dentelle.

Artiste majeur de « La Notte della Taranta », le célèbre festival annuel consacré à la pizzica, Antonio Castrignanò est un géni de la scène musicale qui sait créer de l’ambiance dans ses shows.

Surnommé le roi de la pizzica, il est aussi et surtout un grand communicant qui sait gratifier son public à la fois de mots joyeux et de morceaux très rythmés de façon à faire trémousser même les plus réceptifs à la danse. 

Rappelons que cette ancienne danse que fait revivre Antonio Castrignanò « est une sorte de tarentelle rituelle, qui autrefois avait le pouvoir de guérir à travers la musique, la transe et la danse les personnes mordues par la légendaire Tarentule, une araignée venimeuse qui frappait fréquemment les femmes travaillant dans les champs », a souligné Marina Sganga Menjour.

A la fin de la soirée, le chanteur a remercié le public dans un ton empreint d’émotion. Des remerciements particulièrement profonds qui viennent du fait que « je me suis déjà produit à Casablanca il y a 16 ans. Et ensuite, c’est toujours émouvant de retrouver des personnes que je connaissais et de savoir qu’elles attendaient mon retour. Cela m’a profondément touché », nous a confié l’artiste dont le parcours est enrichi de collaborations internationales prestigieuses, soulignant qu’il existe une véritable histoire entre Casablanca et le groupe, notamment grâce à l’Institut culturel Dante Alighieri, qui l’avait accueilli en 2010.

Auteur d’excellentes compositions pour des bandes originales de films récompensés, le chanteur italien a sorti en 2022 l’album « Babilonia ». Cet opus a rencontré un grand succès à l’échelle internationale et a été classé parmi les albums les plus acclamés au monde.

Preuve de son succès, il a été désigné meilleur album d’Europe au sein du World Music Chart Europe.

Ce concert a été offert par le Consulat général d’Italie et la Dante Alighieri.

Alain Bouithy

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