RD Congo. Face à ces différents nœuds de la crise congolaise et à l’avenir de la RDC…

RD Congo. Face à ces différents nœuds de la crise congolaise et à l’avenir de la RDC…

TRIBUNE. Certes, l’heure est grave en RDC. Mais le plus grand danger à éviter lors d’une crise, c’est la précipitation d’agir sous le coup des émotions, des pensées confuses qui se contredisent les unes des autres, l’ignorance des mobiles secrets des acteurs principaux de la crise et le mélange de paramètres en présence. Toute crise engendre souffrance mais elle détient également le pouvoir d’offrir de nouvelles opportunités. “C’est le moment ou jamais” comme qui dirait, d’autant plus que la sémantique même d’une crise ( grec krisis = séparer, juger) est de séparer les uns des autres les éléments constitutifs de la complexité de la crise en vue de discerner le vrai du faux, le juste de l’inique, ce qui peut accélérer la dynamique du bien-être social contre des forces qui la plombent, ce qui peut faire avancer le pays contre ce qui le fait tourner en rond, les décisions prises pour l’intérêt général contre des choix dictés par un simple opportunisme, bref un véritable travail intellectuel pour bien circonscrire l’identité de chaque acteur-clé de la crise, ses alliances secrètes et ses objectifs cachés derrière l’enchaînement de ses actions ou de ses beaux discours. Ce discernement lucide vous aide à cerner la crise, à comprendre les enjeux vitaux, à garder la tête froide devant l’agitation généralisée, à fixer inlassablement son regard sur le point de chute et surtout à prendre la bonne décision pour évoluer dans la bonne direction vers un changement positif et profond. Voici ci-dessous le schéma de notre compatriote Jean-Paul K. Tsasa qui permet aux congolaises et aux congolais de pouvoir analyser froidement ce qui leur arrive en vue de jauger les différents contours de la crise qui secoue leur pays depuis les élections de décembre 2018. A chacun de se faire une idée globale pour trouver la meilleure direction à donner à notre pays! Par Germain Nzinga (Chercheur indépendant)

RD Congo. Une grande pagaille au palais du peuple…

RD Congo. Une grande pagaille au palais du peuple…

TRIBUNE. Après la convocation d’une plénière par le secrétaire général de l’Assemblée Nationale à 11:00 pour installer le nouveau bureau, Jeanine Mabunda revient sur sa décision et convoque à son tour une autre plénière à 10:00. Une grande pagaille s’en est suivie dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale. Sur la photo l’on peut apercevoir entre autre le député PPRD Fofo entrain de s’interposer contre la démarche de ses collègues celle d’empêcher la tenue de la plénière. Au final cette séance plénière ne s’est pas tenue car renvoyée à une date ultérieure. Mais ça ne s’est pas arrêté là. Au moment où je couche ces lignes, une autre bagarre rangée se déroule en ce moment entre jeunes de l’ union sacrée et ceux du PPRD dans les couloirs du palais du peuple. “La tension est très vive à l’instant même au Palais du Peuple entre pro Tshisekedi et pro Kabila. il y a déjà quelques blessés », a confié un député témoin de ces violences. Et d’ajouter : “ si la police n’intervient pas, il risque d’avoir mort d’homme ». Dans notre impuissance à pouvoir faire mieux pour notre pays, nous levons une prière au Prince de la Paix: “Seigneur, aie pitié de notre peuple abandonné à son triste sort!” tout en lançant la dernière exhortation à nos honorables de deux camps de retrouver au plus vite leurs esprits pour débattre de l’avenir de ce peuple meurtri à cause de leur propre choix erroné… Par Germain Nzinga (Chercheur indépendant)

RD Congo. La dernière ligne droite post-consultations…

RD Congo. La dernière ligne droite post-consultations…

TRIBUNE. N’eût été l’excès de zèle de Peter Kazadi au micro de Top Congo, le billet d’invitation ci-dessous au dernier jour de consultations aurait eu une réponse positive de la part de Fcc car son autorité morale avait déjà donné son quitus sur la participation aux consultations en vue de donner forme à une coalition élargie pouvant aboutir à un gouvernement d’union sacrée composée de Fcc- Cach-Consultés. Le communiqué de Fcc de ce mercredi disant NON aux consultations du palais de la Nation mais OUI au seul respect de l’Accord est une brusque volte-face de dernière minute mais qui s’avère au fond comme un simple acte de langage pour sauver la face. Côté jardin, ils refusent de venir au palais du peuple mais côté cours, les contacts se sont déjà rétablis entre Fatshi et Kabila. À la suite du tout recent échange de vues entre Mike Pompéo et Emmanuel Macron à Paris sur la situation en RDC sans être tous deux parvenus à se mettre d’accord, Félix Tshisekedi qui a tenu tout un peuple en haleine pendant un mois et deux jours est placé devant deux options : celle américaine qui lui demande une rupture totale d’avec son prédécesseur et celle française qui, de concert avec la diplomatie kenyane et égyptienne, demande à Fatshi d’exiger un réaménagement de l’Accord où il verrait sa représentation légèrement accrue mais avec un Fcc toujours en majorité. L’adresse post-consultation de la part d’un Félix Tshisekedi qui n’a pas pu réunir une majorité parlementaire tournera de toute évidence autour de ces deux options. La donne peut toujours changer devant l’énorme pression qu’il reçoit tant de l’extérieur que de l’intérieur du pays mais à l’heure actuelle, c’est le plan de sortie de crise de la diplomatie française qui semble prendre forme au palais de la Nation. Si ce schéma venait d’être appliqué, les grands perdants resteront tous les consultés qui ont accepté de jouer ce vaste théâtre tragi-comique et qui entreront au gouvernement comme dans un processus de phagocytage et d’autodestruction personnelle avant les échéances de 2023. Par ailleurs, dès lors que le peuple s’apercevra qu’il a été le dindon de la farce des promesses mirobolantes du 23 octobre dernier et que finalement le fameux deal se place bien au-dessus des fondamentaux de sa Constitution, il pourra devenir incontrôlable. Et le fait de tourner le dos à son immense aspiration au changement du système en place et de le contraindre à procrastiner son rêve de liberté pourra devenir une véritable épée de Damoclès sur la tête de la coalition élargie. Il suffira à la partie américaine déçue et humiliée par la nouvelle tournure que prennent des événements en RDC de se décider à débaucher et à retourner des généraux contre la coalition élargie pour que nous revivions l’événement du Haut- Commandement du 24 novembre 1965. Le sévère avertissement de FARDC dans le tout récent manifeste adressé en cette même date anniversaire au Chef de l’Etat Congolais peut sonner comme un signal fort de l’éventuel basculement de la situation… Et pour une armée infiltrée jusqu’au sommet et téléguidée à distance, il n’est pas dit qu’un coup de force de la grande muette profitera nécessairement à l’avenir du pays. Au contraire, nous risquons d’entamer alors notre entrée dans un cul-de-sac sans issue, car au bout du compte c’est l’AFDL contrôlant encore toute l’armée congolaise qui se présentera pour la énième fois dans un nouveau format comme le nouveau libérateur d’un Congo pourtant longtemps asphyxié par ses propres sbires… Qu’on se le dise! Par Germain Nzinga (Chercheur indépendant)

RDC : Les quatre scénarios en vue après les consultations?

RDC : Les quatre scénarios en vue après les consultations?

TRIBUNE. Selon le dernier communiqué de la présidence, les consultations qui au départ étaient prévues prendre fin le 8 novembre 2020 ont connu un temps de prolongation pour pouvoir éventuellement se clôturer demain vendredi 20 novembre 2002, jour J prévu où le président de la République s’adressera à la nation tout entière. Si cette promesse est tenue, à quels scenarios doit-on s’attendre ? A la lumière des analyses précédentes d’Adolphe Muzito et de la réalité mouvante du terrain, nous sommes arrivé à ces quatre schémas suivants: Scenario n° 1 : Le président réussit une nouvelle majorité parlementaire Dans ce cas, le président aura réussi à convaincre les parlementaires de Modeste Bahati, à débaucher quelques députés de Fcc et à diviser Lamuka aux fins de s’adjoindre les députés de Katumbi et de Jean-Pierre Bemba. Il se sentira alors en position de force pour requalifier la majorité parlementaire et pousser Le PM de Fcc à la démission en vue de pouvoir nommer un informateur capable de désigner cette nouvelle majorité. Ce sera alors un nouveau départ pour le reste du quinquennat de Félix Tshisekedi pour pouvoir vite réaliser toutes ses promesses électorales et les nombreuses réformes dont le peuple a besoin pour sortir du tunnel noir. Outre le risque significatif de l’épée de Damoclès qui restera suspendue sur Fatshi à cause du caractère mouvant des politiciens congolais facilement corruptibles et débauchables à souhait, ce succès politique ne sera pas sans problème dans la suite car il ira de pair avec la déconfiture de son ancien allié qui est loin de se laisser faire. En perdant la mainmise sur tous ses avantages, le Fcc appliquera de toute évidence ce qu’il avait déjà préparé depuis longtemps, à savoir la politique de la terre brûlée. Des armes lourdes achetées de la Russie, de la Belgique et auprès d’autres partenaires fiables de l’ancien président trouveront le moment de parler. Kabila s’y est préparé contrairement à Fatshi et au peuple congolais qui se contente des paroles et des formules creuses. Lorsqu’Emmanuel Shadary pousse sa base de PPRD à se mettre debout pour PARALYSER le pays ou encore lorsque Kabila appelle à la RESISTANCE sa base à Kingataki via le schéma de conflits et sécessions congolaises de 1960 ou quand il écrit noir sur blanc aux présidents, menaçant de plonger la Rdc dans un bain de sang, les congolais doivent prendre au sérieux, très au sérieux ces déclarations de guerre. Seul bémol à ces ardeurs belliqueuses : Joseph et Zoé Kabila sont interdits de vol vers Lumbumbashi d’où ils ont prévu de lancer les opérations militaires d’envergure. Et l’ultime espoir que le peuple fasse bloc autour du président Fatshi pour neutraliser une fois pour toutes la kabilie. Scenario n° 2 : Le président lève l’option de dissoudre l’Assemblée nationale Pour y arriver, il lui faudra trouver des raisons qui ne sont pas celles énumérées par la constitution qui prévoit cette dissolution uniquement en cas d’UNE CRISE PERSISTANTE évoquée à l’article 148 entre l’Exécutif et l’Assemblée nationale. Jusque là la Chambre basse n’a rien fait qui contrarie ou bloque l’action gouvernementale. Ce qui parait probant, ce n’est pas une crise entre deux institutions de l’Etat mais plutôt un conflit interne au sein d’une alliance politique extraconstitutionnelle et extrainsitutionnelle. Comme cela a semblé lui réussir tout dernièrement avec le coup de force de la nomination et de la prestation forcée des juges à la Cour constitutionnelle, le président prend de nouveau le risque de dissoudre l’Assemblée Nationale pour aller à une nouvelle recomposition parlementaire. Mais pour s’y faire, il lui faudra un blanc-seing du Premier Ministre et des présidents de deux chambres du parlement qui sont de FCC. S’il réussit quand même à surmonter ce double obstacle, il lui faudra alors résoudre la difficile équation de passer aux élections avec une CENI qui n’existe plus depuis la démission de ses principaux dirigeants. Ce qui de toute évidence plongera le pays dans une situation d’inconstitutionnalité avérée suite à l’impossibilité d’organiser les élections législatives dans les soixante jours, conformément à l’article 148, al. 3 de la constitution congolaise. Et comme l’a si bien dit l’ex-premier Ministre Muzito, cette donne juridique d’inconstitutionnalité peut alors pousser la marche du pays dans une période d’exception où le président pourrait s’approprier les compétences du Parlement avec ce risque d’une dérive dictatoriale qui a déjà commencé à donner des signaux rouges avec les intimidations sur Le Karmapa pour son clip sur Mama Yemo, l’arrestation de Tshiala Muana pour son opus « Ingratitude) et depuis hier ce mandat en comparution de nombreux membres de la diaspora congolaise accusés de crime de lèse-majesté. Toujours concernant ce schéma, émerge un troisième problème. Le scrutin organisé en décembre 2018 concernait les élections et législatives et présidentielles. Or dans la tête des initiateurs de l’union sacrée, les élections anticipées ne concerneraient que les législatives au moment où l’institution PRESIDENCE est aussi concernée par la crise de légitimité. La dissolution de la chambre basse mettra inévitablement en exergue cette question de fond : « comment Monsieur Félix Tshisekedi a-t-il accédé à la présidence de la République ? » Bref un schéma assez générateur de problèmes et à l’encontre de Fatshi qui n’a aucune garantie de remporter la majorité en cas des élections anticipées et à l’encontre du peuple qui craint d’être entrainé dans une zone grise où son avenir devient encore plus flou. Car cela entrainera une crise à la fois politique et institutionnelle avec les conséquences sécuritaires et socio-économiques très néfastes. Scenario n° 3 : Le président échoue dans sa démarche de former une Union sacrée Le troisième scénario consisterait à voir le président Félix Tshisekedi qui, ne rassurant pas les uns et les autres à cause de ses nombreuses et récentes voltes-faces dans le passé, échoue dans sa stratégie de former une « Union Sacrée ». Ou encore il réussit à recruter quelques députés, à augmenter son poids au sein de l’Assemblée nationale ainsi que son quota au sein de la coalition FCC-CACH, mais n’arrive ni à avoir une majorité

RD Congo. L’opus de Tshiala Muana ou la guerre psychologique de FCC…

RD Congo. L’opus de Tshiala Muana ou la guerre psychologique de FCC…

TRIBUNE. La sortie de l’opus d’Elisabeth Tshiala Muana intitulé « Ingratitude » et le tollé suscité sur la toile sont tout sauf un hasard. Ils s’inscrivent dans l’ordre d’une guerre psychologique féroce que le camp kabiliste a décidé de livrer à son allié de Cach depuis la semaine dernière. Les congolais ont tort d’ignorer que cette chanson fait partie d’une vaste propagande “noire” de dénigrement qui émane d’une autre source que celle déclarée. Et le fait d’avoir choisi de larguer cette chanson en cette semaine en cours n’est pas non plus aléatoire. Les bonzes du FCC savent que cette semaine clôture les consultations avant que le Chef de l’Etat en tire les conséquences qui s’imposent dans une allocution tant attendue dans quelques jours. Ils sont conscients que leur allié a récolté quelques petits succès dans sa démarche politique de consulter toutes les couches populaires. Pendant qu’il était en train de prendre le dessus sur son adversaire, le FCC lui a décoché une flèche empoisonnée d’injures blessantes aux fins d’égratigner à son amour-propre de chef et de le pousser à la provocation et à l’erreur. Cette réaction de pluie d’injures les plus infâmes telles que tshidingidingi( idiote), matrice matalala (stérile), pindiewu etc. se soldant dans l’arrestation de l’artiste pro- PPRD dans les geôles de l’ANR, les mêmes où a failli finir un autre artiste, la Karmapa il y a un mois après son clip sur Mama Yemo, c’est exactement ce qu’attendait l’adversaire qui a poussé l’autre camp à l’erreur et au désaveu de plus en plus diffus auprès du peuple qui constate avec étonnement le retour en force des méthodes trop brutales propres au mobutisme et au kabilisme longtemps décriées par ceux-là mêmes qui sont au pouvoir aujourd’hui. Ils les ont piégés et poussés à montrer à la face du peuple que les cachots de l’ ANR ne sont jamais fermés comme annoncé auparavant mais qu’au contraire ils continuent à enfermer les congolais accusés injustement d’avoir usé de leur droit à la liberté d’expression. Cette semaine qui devrait être cruciale pour Félix Tshisekedi dans la préparation des esprits et des cœurs des congolais à adhérer à son nouveau plan politique (s’il faut le croire sur parole) devrait être gérée sans faute et avec beaucoup de tact de la part du camp présidentiel en voie de négocier en douceur un nouveau contrat social avec le peuple. Ce traitement trop musclé contre Tshiala Muana qui prétend user de son droit citoyen à dire sa part de vérité pour des consultations auxquelles elle n’a pas été conviée dessert énormément Fatshi. Au demeurant, il constitue même une erreur tactique très grave dans son mode opératoire. Et s’il se confirme, un de ces quatre matins, la rumeur de plus en plus insistante de son déplacement programmé à Kigali avant son adresse du vendredi 20 novembre prochain, alors le consultant aura accumulé assez de bourdes pour s’aliéner une grande partie de l’opinion congolaise avant le jour J. À mon humble avis, je crois comprendre que le FCC évolue de la guerre froide à une guerre totale mais il a choisi de procéder méthodiquement. Il met en œuvre, d’une manière coordonnée, des moyens tels que cette similitude à peine voilée à la fin de Lumumba dans son conflit avec KasaVubu dans son mot à sa base à Kingataki; cette lettre de Kabila aux présidents africains assortie des menaces de mettre le pays à feu et à sang si son allié ne revient pas à l’accord primordial, la récente marche de la jeunesse de FCC pour défendre la constitution et le tout couronné de la sortie de cet opuscule musical largement médiatisé. Tous ces signaux visant à diaboliser l’adversaire ( Kabila est chanté comme ce petit dieu bienfaiteur à côté de l’incarnation du mal congolais assimilé à l’ingrat Fatshi ) servent à orienter les sentiments, la perception et les comportements des congolais en vue de contrecarrer l’influence adverse et de se ménager la sympathie agissante de l’opinion. Et ce, avec l’objectif final de paralyser son projet de l’union sacrée et de se trouver une opportunité en or pour faire accepter son éventuel coup fatal qu’il prépare depuis un moment. À bon entendeur, salut! Par Germain Nzinga (Chercheur indépendant)

RD Congo. KABILA : Toute comparaison n’est pas raison…

RD Congo. KABILA : Toute comparaison n’est pas raison…

TRIBUNE. “En 1960, un président élu grâce à une majorité, une majorité qui n’était pas la sienne, et il décide que, le plus grand ennemi, c’était cette même majorité (..), et le reste c’est l’histoire, l’histoire qui risque de se répéter », a martelé Joseph Kabila devant sa base, mettant ainsi sur la place publique la confidence qu’il avait faite il y a deux ans à Felix Tshisekedi le jour de signature de leur deal. Tout de même , à l’analyser de plus près, cette déclaration contient deux falsifications historiques. La première, c’est l’existence de la prétendue majorité qui existerait aujourd’hui comme du temps de l’élection de 1960 où le parti de Patrice Lumumba remporta la majorité des sièges au parlement. Ici l’on sait que les députés de PPRD n’ont jamais été élus par le peuple mais nommés frauduleusement par Kabila. Car comment comprendre que le peuple congolais qui dans sa majorité a vomi Kabila et le kabilisme puisse voter massivement pour ses représentants? C’est une contradiction interne insurmontable! La deuxième falsification historique se cache dans cette phrase apparemment innocente “ le président élu grâce à une majorité qui n’était pas la sienne “. Le scenario politique du 18 janvier 2019 n’a rien de comparable avec les arrangements entre Kasa Vubu et Lumumba. Ce dernier, pour la paix sociale au Congo, accorda au premier qui venait après lui dans le nombre des voix, l’opportunité de devenir président de République pendant que lui dirigerait le gouvernement. Dans le tableau du pouvoir actuel, la prétendue majorité actuelle n’est pas sortie des urnes et toute nomination qui sortirait d’elle, fût-elle celle d’un président, perd ipso facto toute légitimité et toute légalité. L’histoire est têtue. Le faux ne peut engendrer le vrai mais plutôt la violence pour pouvoir se masquer. Les consultations qui se profilent à l’horizon n’auront que beaucoup du mal à améliorer la donne en RDC tant qu’elles peuvent déchaîner des réactions incontrôlables de la part de l’allié trahi. Il revient au peuple congolais de couper la poire en deux en renvoyant dos à dos ces deux acteurs politiques afin de laver l’opprobre de ces deux falsifications historiques et récupérer sa souveraineté volée en 2019… Par Germain Nzinga (Chercheur indépendant)

RD Congo. Tshisekedi et Kabila nous ont eus !!!

RD Congo. Tshisekedi  et Kabila nous ont eus !!!

OPINIONS. Depuis l’annonce tambour battant d’un message important qui annulait ipso facto la tenue du Conseil gouvernemental, les congolais étaient tout yeux tout oreilles pour savoir de quoi il sera question. 48 heures après l’adresse présidentielle, j’ai beau scruter le contenu de ce fameux message, je le tourne et le retourne dans tous ses angles mais j’ai du mal à saisir sa vraie quintessence dans ce long chapelet de bonnes intentions. Tout en identifiant sans la nommer expressément la source des obstacles qui plombent le fonctionnement de l’état congolais, le président Fatshi n’a pas prononcé un seul instant un quelconque divorce avec le FCC. Il a juste promis de faire des consultations avant de revenir annoncer les résultats. Il a « promis » mais tout congolais sait déjà le vide sémantique de ce mot dans le présent quinquennat. Car comment peut-il promettre passer à un nouvel Accord sans avoir abrogé le premier? En d’autres termes, Tshisekedi temporise et veut gagner du temps. Curieusement il annonce commencer les consultations pendant que la chambre basse du parlement et le gouvernement restent bel et bien en place et que la CENI devant faire le suivi électoral de ces consultations n’a même pas de bureau dirigeant. C’est tout simplement ahurissant ! La vérité est que pendant que le peuple congolais est tout dernièrement monté sur ses chevaux pour en finir avec l’affaire Minembwe allant jusqu’à la convocation de Ruberwa au parlement, Kabila et Tshisekedi mouillés tous deux jusqu’au cou dans ce scandale politico-administratif ont réussi un coup de maître en détournant l’attention du peuple dans la création d’un autre problème dans un problème déjà existant. Le peuple congolais s’est laissé prendre dans leur piège. Dans la suite des événements, qui pourra contrôler l’effectivité de ce revirement politique annoncé urbi et orbi au moment où les deux protagonistes n’ont jamais dit au peuple en quoi consiste le contrat qui les lie et qui a plongé le Congo dans un chaos indescriptible. Les consultations annoncées ne continueront-t-elle pas à se faire à Kingataki et avec son maître des céans? Depuis quand et en vertu de quelle loi un Parlement cesse d’être LA vraie représentation du peuple et qu’il faille en pleine législature, faire un virage à quatre-vingt-dix degrés pour désormais plus s’enticher des forces sociales pour prétendre mieux comprendre les problèmes de la société? Mais ces forces politiques ou sociales n’ont-elles pas voix au chapitre dans ce parlement ? Consulter les forces politiques pour former une Union sacrée ??? Et quand bien même il fasse alliance avec la plate-forme de Modeste Bahati qui détiendrait un nombre important de députés, il faudra d’abord que soit levée la mesure judiciaire pesant sur le concerné. Dans ce cas de figure, avec quelle Cour Constitutionnelle cela devrait-il se faire quand les juges pro-Kabila jurent ne plus vouloir siéger à cette Cour constitutionnelle dont ils réfutent la régularité de trois nouveaux nominés et dont la validité des décisions dépend impérativement du quorum de 9 juges? Au final, à propos de cette union sacrée, n’est-on pas allé déterrer une autre rengaine du temps de la lutte antimobutiste pour mieux nous endormir ? Pendant que tout le peuple tournera durant des mois son regard vers ces fameuses consultations qui peuvent ou ne pas aboutir, on observera que rien n’aura changé à Minembwe et que dans cette confusion entretenue sciemment par la coalition au pouvoir, le deal continuera à fonctionner sous un autre format, plus subtil mais plus nocif. On réalisera que la dépossession territoriale de Minembwe continuera son cours et que la convocation d’Azarias Ruberwa quant à elle sera renvoyée aux calendes grecques. Arrêtez de prendre le silence de Kabila pour l’attitude d’un vaincu. Lui comme son allié savent à quelle partition chacun joue. Ce sont deux alliés et bébés siamois qui ont plutôt réussi à casser la dynamique populaire autour de la défense de l’intérêt supérieur de la Nation congolaise en vue de sauver leur propre peau et leurs intérêts partisans et égoïstes. Ils nous ont vraiment eus! Par Germain Nzinga (Chercheur indépendant)