
LIBRES PROPOS. C’est seulement vendredi soir que je prévenais mes lecteurs sur le piège américain via la signature à Washington de la déclaration des principes entre la RDC et le Rwanda. Je vous expliquais par moult exemples du passé que Paul Kagame ne respecte jamais des accords signés et que renoncer à piller les ressources congolaises est synonyme d’un suicide pour son régime.
Alors qu’a-t-il fait après les accords de jeudi dernier? Il a fait semblant de signer le protocole de Washington stipulant entre autres le retrait de troupes rwandaises du territoire congolais mais en poussant en même temps, une de ses marionnettes, Corneille Nangaa et l’AFC, à ne pas reconnaître le contenu de cet accord. En effet, le soir même de la signature, Nanga déclarait : « Ce qui a été signé entre la RDC et le Rwanda ne concerne pas l’AFC/M23 et la seule négociation qu’on peut accorder à Tshilombo, c’est son exil. L’armée révolutionnaire ne reculera pas. »
Ce qui sort de la bouche de Nanga c’est le message transmis par son boss de Kigali dont le mode opératoire est connu de tous : ´talk and fight’, dialoguer puis signer un pacte de paix aujourd’hui pour continuer la guerre le lendemain.
Nanga dit donc ne pas être concerné par les arrangements entre la RDC et le Rwanda mais tout le monde sait que Nanga qui est une création de Kigali et de Kingataki ne peut prendre position sans l’aval et les directives de son mentor. Comme pour dire que derrière le refus de l’AFC, se profile le RENIEMENT de Paul Kagame contre la signature de son propre ministre de Affaires étrangères.
L’on comprend bien, sur ces entrefaites, l’étrange prise de position belliqueuse de Willy Ngoma faite ce matin de dimanche : “Qui vous dit que la guerre est terminée ? L’AFC/ M23 vient de prendre deux cités stratégiques, notamment Kaziba et Kabamba.” Notez que le 26 avril 2025, soit deux jours seulement après la signature, l’AFC/M23 a relancé une violente campagne militaire en reprenant la cité de Kabamba et celle de Kaziba, très riche en or et située à 95 km de la ville stratégique d’Uvira. Avec comme objectif final de prendre Lubumbashi et Kisangani avant d’exercer la pression sur Kinshasa.
L’histoire récente nous enseigne encore et encore que ces gens-là ne font jamais ce qu’ils disent mais en revanche ils considèrent des accords signés comme piédestal pour atteindre leurs fins politiques. Quae cum ita sint, puisqu’il en est ainsi, Ça a été comme ça à Arusha en 1994 et tout récemment à Doha, il en sera de même avec l’accord de Washington en 2025.
Que conclure ??? Il n’est pas trop tard de réévaluer à notre avantage, la sagesse du grand diplomate H. Kissinger quand il disait : “un accord qui ne règle pas les causes profondes du conflit n’est qu’une pause avant la prochaine guerre”. A chaque congolaise et à chaque congolais d’en tirer les conséquences !!!
Par Germain Nzinga