Politiques financières climatiques : La réorientation des flux financiers reste insuffisante et trop lente

Plusieurs obstacles freinent encore la transition du secteur financier à l’échelle mondiale

Le nombre de politiques financières liées au climat a augmenté de plus de 25 % à l’échelle mondiale entre 2023 et 2025, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Toutefois, l’alignement effectif des capitaux reste encore insuffisant et trop lent, a estimé l’organisme dans une récente étude destinée à éclairer l’action des pouvoirs publics et des investisseurs.

Dans son « Rapport d’examen sur l’alignement de la finance avec les objectifs »,  l’organisation intergouvernementale d’études économiques note que les pouvoirs publics ont progressivement élargi et renforcé l’éventail des politiques climatiques applicables au secteur financier.

Le document publié récemment indique que les responsables publics de 111 pays (ainsi que les institutions de l’Union européenne) ont adopté depuis 2000 plus de 860 politiques applicables au secteur financier et intégrant des considérations climatiques.

L’organisme international précise que « ces initiatives ont pour objectif de gérer les risques climatiques pesant sur la stabilité financière et de préserver l’intégrité des marchés » et que les données issues de son étude montrent que les politiques de transparence demeurent prépondérantes (78%), tandis que les mesures prudentielles progressent (20%) et que les instruments de politique monétaire restent marginaux (2%), a souligné l’OCDE dans son rapport.

En dépit de nombreux obstacles qui freinent encore la transition du secteur financier, l’alignement des flux et des encours financiers avec les objectifs climatiques s’est toutefois amélioré à l’échelle mondiale, indique le rapport qui analyse également l’évolution des politiques climatiques applicables au secteur financier.

Si les investissements dans l’économie réelle bas carbone progressent désormais plus rapidement que ceux dans les énergies fossiles, force est de constater qu’on n’observe pas encore de convergence entre les évolutions dans le secteur financier selon les classes d’actifs.

D’après le rapport, qui évalue par ailleurs le degré de cohérence des flux et des stocks financiers avec les objectifs climatiques et examine les indicateurs climatiques utilisés dans le secteur financier,  l’alignement des actions cotées avec les objectifs climatiques demeure globalement stable depuis 2022.

A l’inverse, « celui des instruments de dette évolue de manière plus contrastée, progressant pour les prêts syndiqués, mais ralentissant pour les obligations », a fait remarquer l’OCDE affirmant que les banques ont fait des progrès pour aligner leurs investissements avec les objectifs climatiques, quand bien même le suivi des financements reste encore difficile dans de nombreux cas.

Enfin, l’organisation recommande aux responsables de l’action publique de diversifier les instruments d’action en s’appuyant sur l’apprentissage mutuel, d’élaborer des cadres de données harmonisés afin de mieux repérer les insuffisances de l’action publique et les possibilités d’investissement, et d’améliorer l’évaluation des effets des politiques mises en œuvre dans l’économie réelle et le secteur financier en s’appuyant notamment sur des cadres de données coordonnés et des analyses de scénarios.

Alain Bouithy

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