
1,5 milliard. Tel est le montant qu’est parvenu à lever l’Association internationale de développement (IDA), suite à sa première émission obligataire depuis sa création, il y a près de 60 ans.
Pour répondre à des besoins de développement parmi les plus urgents, l’IDA a fait dernièrement son entrée sur le marché obligataire.
L’opération, qui marque le lancement du programme d’emprunts de l’IDA sur les marchés financiers internationaux, a permis à de nombreux investisseurs « de saisir cette opportunité de placement dans un actif noté AAA qui leur permettra de soutenir des investissements de nature à changer la donne dans les pays les plus pauvres de la planète ».
Il est à souligner que l’IDA, qui fournit une expertise et des financements à faible coût en faveur de projets et de programmes qui soutiennent la croissance économique et réduisent la pauvreté dans les pays les plus pauvres du monde, n’avait jusqu’à récemment presque jamais eu recours à l’emprunt.
L’une des raisons est que ses fonds propres, estimés à 158 milliards de dollars, lui confèrent une assise financière sans équivalent. En conséquence elle ne voyait pas l’intérêt d’entrer sur le marché obligataire.
Cependant, après la décision en 2016 de ses actionnaires de transformer son mode de financement en utilisant le levier de ses fonds propres, les choses vont évoluer.
Il faut dire que dernière ce changement, l’idée était de lancer un nouveau modèle de financement du développement qui combine les ressources apportées par les donateurs avec des fonds levés sur les marchés, apprend-on sur le site de la Banque mondiale.
Ainsi, avec ce programme d’emprunts, l’association estime qu’elle sera en mesure d’élargir considérablement son action dans le but d’atteindre les Objectifs de développement durable (ODD), tout en offrant aux investisseurs la possibilité de contribuer au développement international.
Comme l’explique le président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, « l’émission obligataire de l’IDA va lui permettre d’exploiter le potentiel des marchés financiers pour relever de grands défis mondiaux et aider des millions de personnes à sortir de la pauvreté ».
Pour rappel, l’IDA est l’une des principales sources de financement pour les pays les plus pauvres du monde. Notée Aaa/AAA par Moody’s et Standard & Poor’s, cette institution fut fondée en 1960 et placée sous la surveillance de ses 173 États actionnaires.
A noter que l’association internationale de développement finance des opérations de développement dans 113 pays. Sur les trois dernières années, ses engagements annuels se sont élevés à environ 18 milliards de dollars en moyenne.
Le moins que l’on puisse dire c’est que ce premier emprunt obligataire de l’IDA « a été accueilli avec enthousiasme par le marché », se réjouit le vice-présidente et trésorière de la Banque mondiale, Arunma Oteh.
Martin Kam