Les prix de l’énergie vers leur plus forte flambée mondiale en quatre ans

De graves répercussions sur l’emploi et le développement Mauvaise nouvelle pour les économies fortement dépendantes de l’énergie importée. Selon un rapport de la Banque mondiale, « Commodity Markets Outlook », la guerre au Moyen-Orient est en passe de provoquer la plus forte flambée des prix de l’énergie en quatre ans. D’après l’institution financière internationale, «les prix de l’énergie devraient bondir de 24 % cette année pour atteindre leur niveau le plus élevé depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, alors que la guerre au Moyen-Orient provoque un choc violent sur les marchés mondiaux des produits de base». S’agissant des produits de base, ledit rapport explique que leurs prix devraient augmenter de 16 % en 2026, sous l’effet de la flambée des prix de l’énergie et des engrais ainsi que des niveaux record atteints par les prix de plusieurs métaux clés. La Banque mondiale alerte sur un choc inflationniste et un ralentissement de la croissance C’est assez pour s’en inquiéter et comprendre que les jours à venir risquent d’être sombres pour de nombreuses économies. Et pour cause, comme le relève le document, ce choc aura de graves répercussions sur la création d’emplois et le développement. Comme l’explique Indermit Gill, économiste en chef et premier vice-président du Groupe de la Banque mondiale pour l’economie du développement, «la guerre frappe l’économie mondiale en vagues qui s’accumulent : d’abord par la hausse des prix de l’énergie, puis par celle des prix alimentaires, et enfin par une inflation accrue qui fera monter les taux d’intérêt et renchérira encore davantage le coût de la dette ». De l’avis de cet économiste, «les populations les plus pauvres, qui consacrent la plus grande part de leurs revenus à l’alimentation et aux combustibles, seront les plus durement touchées, tout comme les économies en développement déjà aux prises avec un lourd endettement. Tout cela nous rappelle une vérité implacable : la guerre, c’est le développement à l’envers». Dans le détail, le rapport s’attend à une hausse de 31% des prix des engrais en 2026, en raison d’une envolée de 60 % des prix de l’urée. Pour bien mesurer la gravité de la situation, l’institution rappelle que les engrais n’auront jamais été aussi peu abordables depuis 2022. Ce qui érode les revenus des agriculteurs et menace les rendements agricoles à venir. Par ailleurs, « si le conflit devait se prolonger, ces pressions sur l’approvisionnement et l’accessibilité financière des denrées pourraient plonger jusqu’à 45 millions de personnes supplémentaires dans une situation d’insécurité alimentaire aiguë cette année, selon le Programme alimentaire mondial », prévient la Banque mondiale. Concernant les prix des métaux de base, le rapport estime que l’aluminium, le cuivre et l’étain devraient également atteindre des sommets historiques, en raison de la forte demande liée au développement des centres de données, des véhicules électriques et des énergies renouvelables. L’institution s’inquiète déjà du fait que «les métaux précieux continuent de battre des records de cours et de volatilité, avec une hausse moyenne des prix de 42% attendue en 2026, l’incertitude géopolitique alimentant la ruée vers les valeurs refuges». Tout aussi préoccupant : le renchérissement des produits de base induit par ces chocs va alimenter l’inflation et freiner la croissance mondiale. Et selon les prévisions de la Banque mondiale, l’inflation dans les économies en développement devrait atteindre 5,1% en moyenne en 2026, soit un point de pourcentage de plus qu’anticipé avant la guerre et une progression par rapport au taux de 4,7% enregistré l’année dernière. Selon les perspectives de l’institution, « la croissance des économies en développement se dégradera également, la flambée des prix des produits de première nécessité amputant les revenus et les exportations du Moyen-Orient se heurtant à de sévères restrictions». Le rapport prévoit que ces économies devraient croître de 3,6 % en 2026, soit une révision à la baisse de 0,4 point de pourcentage par rapport aux prévisions établies au mois de janvier. Quant aux économies directement touchées par le conflit, l’organisme estime qu’elles «seront les plus durement affectées ; 70% des pays importateurs de produits de base ainsi que plus de 60% des pays exportateurs pourraient voir leurs taux de croissance revus à la baisse par rapport aux projections de janvier». Toujours selon la Banque mondiale, les prix des matières premières pourraient grimper encore davantage si les hostilités s’intensifient ou si les perturbations de l’approvisionnement dues à la guerre persistent plus longtemps que prévu. Dans ce cas, «les prix du Brent pourraient atteindre en moyenne 115 dollars le baril en 2026 dans un scénario où les infrastructures pétrolières et gazières critiques subiraient davantage de dommages et où les volumes d’exportation mettraient du temps à se redresser », craint l’institution précisant qu’une telle hausse aurait des effets en cascade sur les prix des engrais et des sources d’énergie alternatives telles que les biocarburants. Par ailleurs, l’inflation dans les économies en développement pourrait grimper à 5,8 % cette année, ce qui en ferait le deuxième niveau le plus élevé de la décennie, après 2022. Quoi que réserve l’avenir, «la succession de chocs qu’a connue cette décennie a considérablement réduit les marges de manœuvre budgétaires disponibles pour faire face à la crise d’approvisionnement énergétique historique qui sévit actuellement», note Ayhan Kose, économiste en chef adjoint de la Banque mondiale. De l’avis de ce dernier, par ailleurs directeur de la cellule Perspectives, «les gouvernements doivent résister à la tentation de mesures de soutien larges et non ciblées, qui risqueraient de fausser les marchés et d’éroder les réserves budgétaires ». Selon lui, ils devraient plutôt privilégier un soutien rapide et temporaire, ciblé sur les ménages les plus vulnérables. Alain Bouithy Le baril de Brent devrait s’établir en moyenne à 86 dollars en 2026 : «Les attaques contre les infrastructures énergétiques et les fortes perturbations du transport maritime dans le détroit d’Ormuz, qui concentre environ 35% du commerce mondial de brut par navire, ont provoqué le plus important choc d’approvisionnement pétrolier jamais enregistré, avec une réduction initiale de l’offre de quelque 10 millions de barils par jour. Même après avoir reflué depuis leur récent pic, les cours du Brent restaient supérieurs à la mi-avril de plus de 50% à leur niveau du début de l’année. Le baril
Maroc. L’appel implicite de la Banque mondiale à des réformes profondes

Des fragilités structurelles qui freinent le potentiel économique Entre 2000 et 2024, la population en âge de travailler a progressé près de 2,5 fois plus vite que l’emploi ECONOMIE. « Le Maroc pourrait générer 1,7 million d’emplois de plus d’ici 2035 et augmenter son PIB réel de près de 20 % au-dessus du niveau de référence », révèle la Banque mondiale dans deux rapports analytiques rendus publics mardi 28 avril. L’institution internationale financière estime cependant que « ce potentiel ne se concrétisera que si un programme de réformes ambitieux est mis en œuvre ». Si ces deux rapports, produits en étroite collaboration avec le gouvernement marocain, fournissent à la fois des données probantes et une feuille de route pour faire de cette transformation une réalité, ils envoient surtout plusieurs messages implicites très clairs. Le principal message de ces documents, « Rapport sur la croissance et l’emploi au Maroc » et le « Diagnostic du secteur privé au Maroc » est sans doute un appel explicite à des réformes structurelles profondes. Les réformes actuelles jugées insuffisantes ou incomplètes Bien que dit dans un ton diplomatique, il apparaît que l’organisme juge clairement les réformes actuelles insuffisantes ou incomplètes et suggère d’accélérer sur des chantiers sensibles tels que ceux du marché du travail, de l’éducation, de la concurrence, du rôle de l’Etat, du climat des affaires, entre autres. Pour bien comprendre la signification réelle de ce message, il suffit de se référer à celui délivré sur le même sujet par son alter ego : le Fonds monétaire international (FMI) qui avait dégainé cette même observation en mars dernier. A ce propos, on se souvient que l’organisme avait appelé le Maroc à accélérer les réformes du marché du travail pour stimuler l’emploi durable. Dans un ton tout aussi diplomatique, le FMI avait alors réitéré des recommandations sur ce sujet adressées au terme d’une mission conduite par Laura Jaramillo, du 29 janvier au 11 février au Maroc, lesquelles appelaient à davantage de réformes liées au marché du travail. Le deuxième message implicite est que l’économie marocaine a des marges importantes de progression, mais qu’elle n’exploite pas encore pleinement ses capacités actuelles en termes de productivité, d’emploi et d’investissement. Pour les auteurs desdits rapports, bien que l’économie marocaine ait accompli de véritables avancées, « la croissance ne s’est pas encore traduite par une création d’emplois à la hauteur des besoins, en particulier pour les femmes et les jeunes ». Pour mieux apprécier l’ampleur de la situation, la Banque mondiale rappelle qu’« entre 2000 et 2024, la population en âge de travailler a progressé près de 2,5 fois plus vite que l’emploi. Alors que 40 % des industries évoluent dans un environnement peu concurrentiel, les entreprises peinent à se développer et à accroître leur productivité. Le taux d’activité des femmes demeure parmi les plus faibles au monde, malgré la progression de leur niveau d’études, et continue en outre de s’éroder ». Le troisième message juge insuffisante la croissance actuelle. Selon l’organisme international, le scénario actuel (sans réformes majeures) mènerait à une croissance plus faible, ce qui signifie que la trajectoire actuelle est perçue comme perfectible, voire limitée. Dans son Rapport sur la croissance et l’emploi, l’institution met en lumière les contraintes structurelles et formule des recommandations stratégiques articulées autour de quatre axes. Il s’agit des marchés plus efficaces et plus compétitifs, des entreprises plus dynamiques, des investissements publics à plus fort impact et des marchés du travail plus inclusifs qui se renforcent mutuellement, selon la Banque mondiale. De l’avis des experts de l’organisme, la création d’emplois supplémentaires à l’horizon 2035 et 2050 ainsi que la hausse du PIB réel au-dessus du niveau de référence permettront de concrétiser ainsi « les ambitions du Nouveau modèle de développement en une trajectoire atteignable ». Pour Ahmadou Moustapha Ndiaye, directeur de division à la BIRD pour le Maghreb et Malte, « le Maroc a construit des bases solides et, grâce aux recommandations du Rapport sur la croissance et l’emploi, le Royaume peut aller encore plus loin, créer des millions d’emplois, approfondir les investissements privés et créer de réelles opportunités pour les femmes et les jeunes. Le Groupe de la Banque mondiale s’engage pleinement dans cette entreprise aux côtés du Maroc ». Au final, le message réel n’est pas seulement « le Maroc peut réussir », mais plutôt qu’il pourrait faire beaucoup mieux qu’aujourd’hui, et que cela dépendra de décisions politiques difficiles et rapides. Alain Bouithy
Les infrastructures de transport de Madagascar bénéficient d’un appui majeur du Groupe de la Banque mondiale

Les infrastructures de transport jouent un rôle essentiel dans l’économie malgache. Elles soutiennent le commerce intérieur, l’acheminement des produits alimentaires, le tourisme et les exportations. Cependant, des décennies de sous‑investissement, aggravées par la fréquence des cyclones, ont fragilisé plusieurs axes stratégiques du pays. Pour renforcer l’efficacité, la sécurité et la résilience climatique des infrastructures de transport et de logistique le long des principaux corridors économiques, le Groupe de la Banque mondiale a approuvé un financement de 200 millions de dollars en faveur du Projet multimodal de transport et de logistique de Madagascar. Le projet réhabilitera et renforcera des sections clés de l’emblématique chemin de fer Tananarive–Côte Est, une ligne de 371 kilomètres reliant la capitale au principal port du pays, à Toamasina. Il soutiendra également la construction d’un port sec et d’une plateforme logistique à proximité d’Antananarivo, afin de désengorger le port et de fluidifier la circulation des marchandises entre la côte et l’intérieur du pays. Dans les secteurs maritime et fluvial, le projet appuiera la réhabilitation des ports de Majunga, au nord‑ouest, et de Tuléar, au sud‑ouest, notamment par la remise en état des quais, des infrastructures d’accès et des équipements essentiels. Ces investissements permettront d’assurer un fonctionnement portuaire tout au long de l’année et de renforcer la résilience des installations face aux cyclones. Le projet prévoit également la réouverture et la réhabilitation d’environ 200 kilomètres du canal des Pangalanes, sur la côte est, grâce à des dragages ciblés, à la protection des berges et à l’installation d’aides modernes à la navigation. Il contribuera ainsi à restaurer une voie fluviale essentielle reliant des communautés côtières isolées et à promouvoir un mode de transport résilient face aux changements climatiques. Dans le secteur aérien, le projet financera des améliorations en matière de sécurité, de sûreté et de résilience climatique dans les aéroports régionaux de Toamasina, Fort‑Dauphin et Tuléar. Ces investissements contribueront à maintenir la connectivité intérieure du pays, à soutenir le tourisme et à garantir un accès fiable aux populations, notamment pour les opérations de secours et les interventions en cas de catastrophes. Au total, le projet devrait bénéficier à environ 3,8 millions de personnes, en améliorant l’accès à des transports plus sûrs, plus fiables et plus résilients. Les communautés et les entreprises situées le long du corridor ferroviaire nord, notamment autour d’Antananarivo, bénéficieront de services de fret plus efficaces et d’une réduction de la congestion. Parallèlement, les populations côtières, commerçants, pêcheurs et acteurs du tourisme, profiteront d’un meilleur accès aux marchés grâce à la modernisation des ports et au rétablissement de la navigation sur le canal. Le transport aérien régional renforcé contribuera également à sécuriser les chaînes d’approvisionnement et à maintenir la connectivité dans des régions particulièrement exposées aux cyclones. « L’amélioration des transports est une priorité nationale pour Madagascar. La faible connectivité demeure un frein majeur à l’emploi et à la croissance économique. Ce projet ouvrira de nouvelles opportunités, renforcera la cohésion sociale et contribuera à réduire l’isolement des communautés à travers le pays. Nous remercions le Groupe de la Banque mondiale pour son engagement renouvelé dans un secteur crucial pour l’avenir de Madagascar et pour son investissement dans des infrastructures stratégiques qui permettront de mieux relier les marchés et les populations », a déclaré le Dr Hery Ramiarison, ministre de l’Économie et des Finances de Madagascar. Le projet met également l’accent sur le renforcement des capacités des institutions en charge de la gestion des infrastructures ferroviaires, portuaires et aéroportuaires, ainsi que sur l’amélioration de la supervision en matière de sécurité et la modernisation de la gouvernance du secteur. Ces réformes sont essentielles pour améliorer la qualité des services, assurer la durabilité des investissements à long terme et favoriser une participation accrue du secteur privé, en particulier dans les services ferroviaires et logistiques. « Les Malagasy méritent un système de transport qui fonctionne pour eux, et non un système qui cède à chaque cyclone ou inondation », a déclaré Atou Seck, Représentant du Groupe de la Banque mondiale à Madagascar. « Ce projet vise à construire un avenir plus durable : un pays mieux connecté, où un agriculteur du sud, un pêcheur de la côte est ou un entrepreneur d’Antananarivo peut compter sur des infrastructures opérationnelles tout au long de l’année. En réhabilitant conjointement les chemins de fer, les ports, les voies navigables et les aéroports, nous aidons Madagascar à réduire les coûts de transport, à protéger des chaînes d’approvisionnement vitales et à garantir la continuité des échanges pour les populations et les entreprises, même face aux chocs climatiques. » Le projet multimodal de transport et de logistique vient compléter les investissements en cours du Groupe de la Banque mondiale dans le réseau routier de Madagascar, notamment à travers le Projet de durabilité du secteur routier et le Projet Connecter Madagascar pour une croissance inclusive, qui visent à réhabiliter et moderniser des routes nationales et régionales stratégiques. Ensemble, ces opérations portent l’appui total du Groupe de la Banque mondiale aux infrastructures de transport à Madagascar à 1,1 milliard de dollars et traduisent une approche intégrée visant à renforcer durablement le système de transport du pays — des routes aux chemins de fer, en passant par les ports, les voies navigables et les aéroports. Le projet multimodal de transport et de logistique bénéficiera également d’un cofinancement de la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (AIIB). BM
Gaza : 71 milliards pour survivre et reconstruire

Après deux ans de guerre à Gaza, l’addition est vertigineuse : 71,4 milliards de dollars seront nécessaires sur dix ans pour relever l’enclave palestinienne, selon un rapport de l’Union européenne, de l’ONU et de la Banque mondiale. L’urgence est immédiate : 26,3 milliards doivent être mobilisés dès les 18 prochains mois pour remettre en marche les services vitaux, rebâtir des infrastructures dévastées et relancer une économie à l’arrêt. Un chantier colossal, à la mesure de l’ampleur des destructions et de la crise humanitaire. Au-delà de l’estimation globale des besoins de reconstruction, le rapport détaille également l’ampleur des destructions causées par le conflit et qui sont estimées à 35,2 milliards de dollars. Les pertes économiques sont évaluées à 22,7 milliards de dollars, ce qui porte le montant total estimé des effets du conflit sur les biens matériels à 57,9 milliards de dollars. Le rapport ne se limite pas aux seules pertes financières globales et précise également les secteurs les plus gravement touchés, notamment le logement, la santé, l’éducation, le commerce et l’agriculture. Près de 372 000 logements ont été détruits ou endommagés, plus de la moitié des hôpitaux sont hors service, la quasi-totalité des écoles ont été détruites ou endommagées, et l’économie à Gaza s’est contractée de 85 %. Logement en tête des priorités de reconstruction Au-delà du constat des destructions, le rapport hiérarchise les besoins de reconstruction par secteur. Le logement arrive en tête avec 16,2 milliards de dollars. Suivent l’agriculture et le système alimentaire (10,5 milliards de dollars), la santé (10 milliards de dollars) ainsi que le commerce et l’industrie (9 milliards de dollars). Ces secteurs représentent ensemble près des trois tiers des besoins totaux de reconstruction et constituent les « priorités les plus urgentes », selon le document. Sur le plan géographique, ce sont les gouvernorats de Gaza et du Nord de Gaza qui ont subi les dégâts les plus importants. Par rapport aux conflits de 2014 et 2021, le niveau de destruction dans la bande de Gaza est d’une ampleur tout à fait différente. Emploi, sécurité alimentaire et services sociaux Si les destructions se concentrent dans certaines zones, le rapport élargit le constat aux effets humains dans l’ensemble de la bande de Gaza. Il met en évidence l’impact catastrophique sur le développement humain dans toute l’enclave palestinienne, dont le retard est estimé à 77 ans. Environ 1,9 million de personnes ont été déplacées, souvent à plusieurs reprises, et plus de 60 % de la population a perdu son logement. Près des trois quarts de la population active de Gaza avant le conflit ont perdu leur emploi, ce qui a entraîné un taux d’emploi de 9,3 %. Cette situation, combinée aux pertes d’emploi en Cisjordanie, a entraîné une baisse de treize points de pourcentage du taux combiné pour la Cisjordanie et Gaza, le plaçant parmi les plus bas de la base de données de la Banque mondiale. Face à l’effondrement de l’emploi, le document détaille les priorités immédiates de relèvement. La lutte contre l’insécurité alimentaire, les besoins en matière de protection sociale, les questions d’accès au logement, la reprise de l’éducation, ainsi que le soutien en santé mentale et psychosocial aux populations font ainsi partie des besoins à court terme. Nécessité d’un accès humanitaire sans entrave Le rapport identifie aussi plusieurs autres urgences immédiates, notamment la reprise des services de base tels que la santé, l’eau, l’assainissement et l’hygiène (WASH) et le déblaiement des décombres. Les coûts de déblaiement et de gestion de plus de 68 millions de tonnes de débris s’élèvent à eux seuls à plus de 1,7 milliard de dollars. Ces priorités opérationnelles immédiates supposent toutefois des conditions sécuritaires et humanitaires minimales. Selon l’ONU et ses partenaires, un cessez-le-feu durable et une sécurité adéquate constituent des conditions minimales. « Un accès humanitaire sans entrave doit être le fondement du relèvement », insiste le rapport, relevant que la libre circulation des personnes et des biens à l’intérieur et entre Gaza et la Cisjordanie sont essentiels. « La communauté internationale doit mobiliser des ressources de manière ciblée, séquentielle et coordonnée, et tous les obstacles au déploiement de l’expertise et des équipements doivent être levés rapidement », conclut le rapport. ONU
La Banque mondiale investit dans les réformes du marché du travail : élargir les possibilités d’emploi par de meilleures politiques (Maroc)

500 millions de dollars pour accélérer la création d’emplois et la croissance verte Les institutions financières internationales manifestent un intérêt croissant pour la situation du marché du travail au Maroc, une attention soutenue qui reflète sans doute des préoccupations quant à son évolution et à ses performances actuelles. Pour bien des analystes, cet engouement accru peut être interprété comme le signe que des déséquilibres persistent et que les dynamiques de création d’emplois restent en deçà des attentes, rappelant à ce propos que le Fonds monétaire international (FMI) avait appelé à mi-février dernier à davantage de réformes liées au marché du travail. L’institution internationale avait alors estimé que « la création d’emplois durables demeure une priorité pressante, appelant à un climat des affaires plus propice, un secteur privé plus dynamique, et davantage de réformes liées au marché du travail ». Dans ce contexte, elle avait estimé que « l’accélération des réformes des établissements et entreprises publics visant à améliorer leur performance et leur gouvernance est essentielle pour accroître la concurrence et garantir la neutralité du marché entre les entreprises publiques et privées ». Nouvelle illustration de la vigilance des institutions financières : la Banque mondiale a approuvé un financement de 500 millions de dollars en faveur du Royaume visant notamment à soutenir les objectifs d’emploi. A la rescousse d’un marché du travail vraisemblablement pas si bien portant qu’on pourrait le croire, l’institution de Bretton Woods a indiqué que « cet engagement majeur vise à élargir les possibilités d’emploi grâce à de meilleures politiques du marché du travail ». Tout y est dit. Dans un communiqué, l’organisme international souligne que ce financement est le premier d’une série de trois opérations programmées et précise qu’il vise également «la dynamisation du tissu des petites et moyennes entreprises (PME) et des investissements catalytiques dans les énergies propres, l’efficacité énergétique et les industries pharmaceutiques tournées vers l’exportation». Cet appui soutient la Feuille de route pour l’emploi du Maroc dans des domaines où le changement peut véritablement améliorer la vie de la population, précise l’institution expliquant, en ce qui concerne l’emploi, que « l’objectif est de créer davantage de débouchés pour les jeunes et les femmes en développant les programmes d’intervention sur le marché du travail, au bénéfice de plus de 330.000 demandeurs d’emploi d’ici 2029, et en alignant mieux les systèmes d’éducation et de formation professionnelle sur les besoins du secteur privé ». La Banque mondiale affirme également porter son attention sur l’activité féminine assurant que celle-ci sera soutenue par l’ajout de plus de 40.000 places dans l’offre de services de garde d’enfants agréés et par la création de 1.200 emplois directs pour les femmes dans ce secteur. A noter qu’au-delà des réformes du climat d’investissement, cette opération soutient également des mesures visant à améliorer l’environnement des entreprises, avec un accent particulier sur les PME, ces efforts s’inscrivant dans une démarche plus large de promotion d’une économie plus inclusive et résiliente. Par ailleurs, poursuit l’institution, « ce financement apporte un soutien opportun pour lever les obstacles qui ont jusqu’à présent tenu les investisseurs privés à l’écart. Il vient également appuyer l’essor des services d’efficacité énergétique et le développement de la présence de l’industrie pharmaceutique marocaine sur les marchés internationaux, avec pour objectif d’exportation de multiplier par près de sept d’ici 2029 ». De l’avis d’Ahmadou Moustapha Ndiaye, directeur de division à la Banque mondiale pour le Maghreb et Malte, « ces réformes s’attaquent à l’un des obstacles les plus persistants à la création d’emplois au Maroc, à savoir l’émergence trop lente d’entreprises à forte croissance, en améliorant simultanément l’environnement des affaires, en levant les contraintes sectorielles spécifiques et en soutenant l’essor d’entreprises à fort potentiel ». Alain Bouithy
La croissance de l’Afrique subsaharienne se maintient, mais les risques de dégradation s’accumulent

Une politique industrielle plus avisée peut favoriser la transformation économique et créer des emplois Selon l’État des lieux de l’économie africaine (anciennement Africa’s Pulse), la reprise de l’Afrique subsaharienne après une décennie de chocs mondiaux montre des signes d’essoufflement, avec des prévisions de croissance pour 2026 révisées à la baisse de 0,3 point de pourcentage par rapport aux estimations publiées par le Groupe de la Banque mondiale en octobre 2025. Les risques géopolitiques — notamment le conflit au Moyen-Orient —, le poids élevé du service de la dette et des contraintes structurelles de longue date continuent de peser sur la capacité de la région à accélérer sa croissance et à créer des emplois. Le dernier bulletin semestriel du Groupe de la Banque mondiale sur la situation économique en Afrique subsaharienne prévoit que la croissance se maintiendra à 4,1 % en 2026 (soit le même rythme qu’en 2025), tout en constatant une intensification des risques de dégradation. Le renchérissement des combustibles, des denrées alimentaires et des engrais, conjugué au durcissement des conditions financières, risque fortement de tirer l’inflation à la hausse, de perturber l’activité économique et de toucher plus durement les ménages les plus vulnérables, qui consacrent une part plus importante de leurs revenus à l’alimentation et à l’énergie. « À court terme, les gouvernements doivent concentrer leurs ressources limitées sur la protection des foyers les plus vulnérables. Parallèlement, le maintien de la stabilité macroéconomique — par la maîtrise de l’inflation et une gestion budgétaire prudente — sera crucial pour traverser le choc actuel et permettre aux pays africains de rebondir plus rapidement au sortir de la crise », souligne Andrew Dabalen, économiste en chef du Groupe de la Banque mondiale pour la Région Afrique. Le niveau élevé d’endettement public et le poids croissant du service de la dette continuent de restreindre la capacité des pays à financer leurs priorités de développement et à investir dans les infrastructures de base nécessaires à la création d’emplois en plus grand nombre et de meilleure qualité. Dans l’ensemble, les investissements publics en capital restent inférieurs d’environ 20 % à leur niveau de 2014, tandis que le ratio du service de la dette publique extérieure rapporté aux recettes a doublé au cours des huit dernières années, passant de 9 % en 2017 à 18 % en 2025. En outre, l’inflation devrait atteindre 4,8 % en 2026, sous l’effet principalement des répercussions du conflit au Moyen-Orient. La baisse des financements extérieurs, et en particulier la réduction de l’aide au développement, accentue les pressions pour les pays à faible revenu. Alors que plus de 620 millions de personnes rejoindront le marché du travail africain d’ici 2050, les pays du continent doivent évoluer vers une croissance plus productive, plus diversifiée et davantage portée par le secteur privé, qui sera créatrice d’emplois. Cela nécessitera une action coordonnée aux niveaux régional, national et sectoriel, appuyée par des investissements dans les infrastructures, les compétences et les institutions, de manière à abaisser les coûts pour les entreprises et à attirer les investissements privés. Ce numéro de l’État des lieux de l’économie africaine consacre sa section thématique à la politique industrielle en tant qu’instrument de croissance économique et de création d’emplois. Les pays y ont recours pour développer des secteurs spécifiques et se positionner de manière à tirer parti de la demande croissante dont la production africaine fait l’objet, des minerais indispensables aux technologies émergentes aux produits pharmaceutiques. Le rapport souligne que les pays devraient adopter des politiques qui favorisent un apprentissage rapide et orientent stratégiquement l’économie vers des biens et services à plus haute valeur ajoutée, susceptibles de créer des emplois plus nombreux et de meilleure qualité. Des politiques industrielles bien conçues peuvent contribuer à déverrouiller les gains de productivité et la création d’emploi, dans la mesure seulement où elles reposent sur une appréciation réaliste des possibilités et des contraintes propres à chaque pays et sont utilisées avec modération. Ces politiques doivent pouvoir s’appuyer sur de solides capacités de mise en œuvre et s’inscrire dans des écosystèmes plus larges, à savoir des infrastructures fiables, une main-d’œuvre qualifiée, un accès au financement et une intégration régionale des marchés. La réussite des politiques industrielles en Afrique reposera sur une mise en œuvre rigoureuse, un soutien axé sur les activités économiques et non sur les entreprises, des critères de performance clairs, des stratégies de sortie crédibles, et une intégration régionale plus poussée, notamment dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Sans ces fondements, la politique industrielle risque de déboucher sur des enclaves isolées et inefficaces plutôt que d’impulser une transformation économique générale. B.M.
La Banque mondiale mobilise 135 millions de dollars pour soutenir le système de santé au Sénégal

La Banque mondiale annonce avoir approuvé un financement en faveur de la République du Sénégal à fin de renforcer le système de santé de ce pays d’Afrique de l’Ouest, via le programme NAATANGUE 2030. D’un montant de 135 millions de dollars, ce financement s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du programme de développement du système de santé et de protection financière du Sénégal (NAATANGUE 2030) ll vise concrètement à améliorer la prise en charge sanitaire des femmes, des enfants et des adolescents et assurer une protection financière aux populations vulnérables », a indiqué l’institution financière internationale. Dans un communiqué, la BM précise que ledit programme « est financé par un crédit de 100 millions de dollars de l’Association internationale de développement (IDA), complété par des contributions à titre de don du Mécanisme de financement mondial (GFF) et du Fonds fiduciaire multi-donateurs pour la transformation et la résilience des systèmes de santé (HSTRF), à hauteur respectivement de 20 et 15 millions de dollars ». Selon la même source, pendant toute la durée de sa mise en œuvre, NAATANGUE 2030 « contribuera à élargir l’accès à des soins obstétricaux et néonatals d’urgence de qualité, à renforcer le dépistage de routine et la continuité des soins pour les femmes et les enfants, tout en appuyant l’extension d’une couverture d’assurance santé efficace aux populations vulnérables ». Le programme favorisera également des améliorations systémiques, notamment en matière de disponibilité des médicaments essentiels, de déploiement des agents de santé dans les zones mal desservies, de systèmes d’information et d’utilisation des données, ainsi que de préparation aux chocs sanitaires et environnementaux, grâce à des mécanismes régionaux d’alerte précoce multirisques, souligne-t-on. Cité dans le communiqué, Djibrilla Issa, directeur de division pour le Sénégal, la Mauritanie, le Cap-Vert, la Guinée-Bissau et la Gambie, explique que « ce programme soutient la vision du Sénégal de bâtir un système de santé plus solide, plus équitable et mieux préparé à affronter les défis sanitaires à venir, tout en contribuant à l’ambition du Groupe de la Banque mondiale d’atteindre 1,5 milliard de personnes dans le monde à l’horizon 2030 avec des services de qualité en matière de santé, et de nutrition. » Martin Kam
La Banque mondiale nomme Djibrilla Issa, directeur de division pour le Sénégal, la Mauritanie, le Cap-Vert, la Guinée-Bissau et la Gambie

La Banque mondiale a annoncé (en début de semaine, DNR) la nomination de Djibrilla Issa au poste de directeur de division pour le Sénégal, la Mauritanie, le Cap-Vert, la Guinée-Bissau et la Gambie. Dans l’exercice de ses nouvelles fonctions, M. Issa assurera la coordination de l’engagement de la Banque mondiale dans ces cinq pays, en travaillant en étroite collaboration avec les gouvernements, les partenaires au développement et les parties prenantes. Son action s’articulera notamment autour de la promotion de l’emploi, à travers des investissements stratégiques dans les infrastructures, l’énergie, l’agriculture, la connectivité numérique et le capital humain, en vue de soutenir une croissance inclusive et durable. « C’est un honneur pour moi d’assumer cette nouvelle responsabilité et de renforcer le partenariat du Groupe de la Banque mondiale avec les pays dont j’aurai la charge de soutenir les ambitions de développement », a déclaré Djibrilla Issa, directeur de division pour le Sénégal, la Mauritanie, le Cap-Vert, la Guinée-Bissau et la Gambie. « Je me réjouis de collaborer étroitement avec les autorités nationales et nos partenaires afin de mettre en œuvre des solutions concrètes et adaptées aux aspirations des populations. » De nationalité nigérienne, M. Issa a intégré la Banque mondiale en 2001 en qualité de spécialiste du secteur financier. En 20 ans, il y a occupé des postes de responsabilité dans diverses régions du monde, acquérant une solide expertise opérationnelle et managériale. Avant cette nomination, M. Issa a occupé le poste de directeur sectoriel Finance, compétitivité et investissement pour le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord, l’Afghanistan et le Pakistan. Dans ce rôle, il a conduit le dialogue politique et apporté un soutien opérationnel en faveur d’une croissance inclusive dans des environnements nationaux complexes. Antérieurement à son parcours à la Banque mondiale, M. Issa a exercé des fonctions de direction dans le domaine de la supervision et de la régulation bancaires à la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), tout en contribuant à des travaux de recherche et d’enseignement sur le commerce et l’intégration régionale. M. Issa sera basé à Dakar, au Sénégal, d’où il pilotera l’engagement stratégique et les programmes pays de la Banque mondiale à travers un portefeuille de près de 6 milliards de dollars sur les cinq pays. BM