
Assistante exécutive au sein de l’ONG Kongo River depuis cinq ans, Déborah Lomboto Mongoo est également, depuis cette année, la représentante de Visa For Music (VFM) en République démocratique du Congo (RDC). Elle a répondu aux questions de Pagesafrik.com à l’issue de la 12e édition du festival Visa For Music, organisé du 19 au 22 novembre 2025 à Rabat.
PAGESAFRIK.COM : Vous avez été nommée cette année représentante de Visa For Music en RDC. Qu’est-ce que cela représente pour vous et quelles sont vos missions ?
Déborah Lomboto Mongoo : C’est un véritable honneur. Je remercie Visa For Music pour la confiance qu’ils ont accordée à ma modeste personne.
Dans ce rôle, je suis chargée d’identifier les talents de mon pays, de faciliter leur participation au festival et de porter haut la création congolaise sur les scènes africaine et internationale. J’assure également le lien entre les acteurs des industries culturelles et j’œuvre à sensibiliser sur les enjeux de mobilité, de formation et de structuration du secteur.
En parallèle, vous occupez une fonction clé au sein de l’ONG Kongo River. Pouvez-vous nous présenter cette organisation ?
Avec plaisir ! Kongo River organise chaque année le Festival du même nom, considéré comme le premier rendez-vous touristique en RDC. L’ONG défend la mise en valeur et la préservation du fleuve Congo, de son bassin versant et de ses écosystèmes, tout en soutenant les communautés qui en dépendent.
Nous nous appuyons sur l’art, la culture, les échanges scientifiques et le tourisme pour sensibiliser et transmettre.
Comment conciliez-vous ces responsabilités ?
Les deux engagements sont à temps partiel, ce qui me permet de les exercer simultanément et sereinement.
La présence de Kongo River a été très remarquée lors de cette 12ᵉ édition de VFM. Comment comptez-vous capitaliser sur cette visibilité pour l’édition 2026 ?
Nous sommes heureux de cet engouement. Visa For Music est une plateforme unique pour les musiques d’Afrique et du Moyen-Orient. Elle favorise les rencontres professionnelles, encourage les coopérations et participe à structurer les filières artistiques.
Pour nous, cet événement est l’occasion de créer une dynamique commune entre créateurs et acteurs du secteur autour d’une démarche écologique : « Créer pour protéger ». La culture devient un outil puissant de développement durable et de valorisation du bassin du Congo, deuxième poumon écologique de la planète.
Quelles actions avez-vous déjà menées pour sensibiliser à la protection du fleuve Congo et de son bassin ?
Plusieurs initiatives ont été déployées, notamment :
- un concours de poésie dans les écoles publiques ;
- le programme « Eau Congo », pour initier les enfants aux bases scientifiques liées à l’eau ;
- le projet « Pêcheurs de plastique », incluant une formation et un accompagnement financier grâce à Equity BCDC et Vodacom ;
- le conclave artistique du bassin du Congo ;
- l’opération « SOS Kongo River »;
- et, bien sûr, le Festival grand public, point fort de nos activités.
Nous préparons également pour 2026 un nouveau programme intitulé « Héritage », dédié à la sauvegarde du bassin du Congo, avec l’appui d’Africalia et d’Enabel.
Quel message souhaitez-vous adresser aux artistes, aux partenaires et au public en vue de la prochaine édition ?
Je vous remercie pour cet échange. J’encourage les créateurs et les professionnels à mettre l’art et la culture au service de notre continent et de notre planète. Ensemble, nous formons une force immense !
Propos recueillis par Fred Gunther Mbemba.
Pagesafrik est un site d’information indépendant consacré à l’actualité du Congo (Brazzaville et Kinshsa) et de l’Afrique en général.



